Quand un adolescent amateur de hard rock doit survivre dans le froid et la neige, face à un tueur, il découvre sa véritable personnalité.
Certains auteurs de polars sont parfois avares d'action et de rebondissements. Ce n'est certainement pas le cas de John Gilstrap. Dans « Les yeux de la mort », il ne laisse pas un moment de répit à ses héros et par la même occasion au lecteur. Il y a en fait dans ce roman la matière à trois thrillers classiques de facture classique. Sans compter les à-côtés...
Le roman débute par la présentation des trois personnages principaux. Scott, adolescent fan de hard-rock, Sherry, sa mère, célèbre écrivain et Brandon, le père, divorcé de Sherry mais qui a obtenu la garde de leur unique enfant. Sherry et Scott sont pour quelques jours en vacances dans une station de ski huppée de l'Utah. Mais Scott passe très peu de temps avec sa mère, préférant dévaler les pentes et sortir avec ses copains. Il décide même d'aller assister à un concert de Metallica. Voyage en avion avec un ami aux commandes. Mais en plein blizzard le petit engin se crashe dans les montagnes.
Seul face aux loups.
Un seul survivant, Scott. Les secours ne peuvent pas encore le savoir mais ils font le maximum pour retrouver l'épave. Le maximum à leur niveau, pas selon Brandon qui a développé un lien très fort avec son fils. Il est persuadé qu'il est sauf. Et qu'il a les moyens de s'en tirer car il a suivi des stages de survie en montagne l'hiver dernier. Effectivement, Scott a mis en pratique ses connaissances. Mais quand il se retrouve face à une meute de loup, il doit improviser avec un pistolet lance-fusée retrouvé dans les décombres de l'avion : « Le grondement se mua en une sorte d'horrible rugissement guttural tandis qu'il (le loup) bondissait dans la neige avec une vélocité que Scott n'aurait pu imaginer. L'adolescent n'eut pas le temps de viser, ni même de tirer, mais sans trop savoir comment le pistolet tressauta violemment dans sa main et l'air s'emplit de la puanteur du magnésium calciné. Le projectile frappa le chef des loups en pleine gueule. La bête retomba dans la neige dans un geyser de sang. » Un premier problème de résolu.
Tueur et complot.
Après il devra se coltiner le reste de la meute. Et ce n'est pas finit puisque les recherches sont abandonnées et Scott erre dans la forêt enneigée. Il parviendra cependant à rejoindre une maison isolée. Là, il sera accueilli à coups de fusil... Décidément le jeune Scott n’a pas de chance puisqu’il vient de déranger un tueur de la pire espèce. Début du second acte. Après les rigueurs du climat, Scott va devoir affronter un fou de la gâchette, complètement paranoïaque.
Mais John Gilstrap ne va pas se contenter de cette seconde intrigue puisqu’il y greffera par-dessus un possible attentat contre le président des USA justement en villégiature dans la station de ski toute proche. Sans oublier la guerre que se livrent Brandon et Sherry sur la responsabilité de chacun dans les mésaventures de Scott. Pas un temps mort, écriture sèche et enlevée, ce thriller, malgré ses outrances (la survie de Scott semble quand même tirée par les cheveux) se dévore d’une traite, persuadé que l’on est de découvrir un nouveau rebondissement en tournant chaque page.
« Les yeux de la mort », John Gilstrap, Presses de la Cité, 19,80 € (également disponible en Livre de Poche)
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