lundi 16 août 2021

BD - Simple bonheur


Entre la BD intimiste et le livre de développement personnel, ce nouveau tome de la série Le jour où… de Beka et Marko offre une multitude de recettes pour prendre conscience du bonheur qui nous entoure. Les différents protagonistes des histoires précédentes se retrouvent pour un week-end. 

Ils apprennent à se connaître et pour cela décident de se raconter ces petits bonheurs qui font que la vie est toujours une expérience extraordinaire. Du sourire d’un enfant à l’odeur d’une fleur, du balancement de la balançoire au bruit des pas qui crisse dans la neige, il y a tant de bonheurs simples. Et vous, quel est le vôtre ? 

« Le jour où le bonheur est là ! », Bamboo, 15,90 €

Cinéma - « Pil », le nouveau dessin animé produit à Toulouse met l’Occitanie à l’honneur

Le nouveau film d’animation de TAT productions, « Pil », arrive sur tous les écrans de France ce mercredi.


Si longtemps les films d’animation n’avaient que deux origines possibles, Disney aux USA et les nombreuses sociétés japonaises, depuis quelques décennies le secteur s’est grandement diversifié. Ainsi TAT Production, société créée et toujours implantée à Toulouse a fait une entrée remarquée sur ce marché. Une petite structure qui a osé prendre des risques et se lancer dans un grand projet de long-métrage. Les As de la jungle ont remporté un beau succès en France mais surtout partout dans le monde. Résultat TAT s’est agrandie (150 collaborateurs, essentiellement des infographistes) et monté de nouveaux projets.

Ce mercredi c’est le 3e long-métrage de la jeune entreprise occitane qui déboule sur les écrans de l’Hexagone. Pil, film d’animation en 3D de Julien Fournet, est proposé sur une combinaison de 500 copies. Pour la première fois, TAT a voulu mettre en avant son ancrage régional. L’histoire de Pil, une petite orpheline du Moyen-Âge, se déroule dans la cité de Roc-en-Brume qui ressemble fort à la Cité de Carcassonne. De même, l’ambiance générale est très occitane, avec seconds rôles aux accents chantants et expressions typées.

Logiquement, la région Occitanie a participé au financement à hauteur de 228 000 € et la Métropole de Toulouse pour 100 000 €. De jolies sommes même si elles restent minimes face au coût global du projet qui dépasse les 8 millions. 


Un ménestrel aux airs de Francis Cabrel

Le film, visible dès ce mercredi, a été présenté il y a deux semaines à la cinémathèque de Toulouse par Jean-François Totsi, un des fondateurs et gérant de TAT productions. Il a tenu à rappeler l’importance de cette société aujourd’hui vaisseau amiral de la filière animation en Occitanie. « L’inscription dans un univers médiéval aux couleurs d’Occitanie était par ailleurs, capitale pour nous qui sommes la seule société de production en France à être exclusivement implantée en province » a-t-il précisé à la Dépêche du Midi. 
Julien Fournet, scénariste et réalisateur du film a expliqué dans ses notes de productions comment il a imaginé le monde de l’espiègle Pil : « Pour le Moyen-Âge, on a cherché à s’inspirer de ce que pourrait être un Moyen-Âge du XIVe siècle dans le sud de la France pour se démarquer de l’esthétique celtique des films anglo-saxons et se rapprocher des teintes qu’on trouve en Occitanie, entre les châteaux cathares et un cadre méditerranéen. »

Le résultat est remarquable. Quand Pil, avec son ami Rigolar et le garde Crobar (les trois héros du film avec les fouines de la fillette), partent à l’aventure pour retrouver une sorcière vivant en ermite dans le Bois Maudit, ils traversent cette campagne riante où on ramasse des fruits, on moissonne et où les vignes produisent déjà ces raisins qui, une fois foulés aux pieds, donneront le vin de la région. Un périple en chanson, sur des airs de ménestrels de l’époque dont le chef de troupe parle et chante comme un ancêtre de Francis Cabrel.

L’ensemble est distrayant, très marrant, avec une bonne dose d’émotion, pour les petits comme les grands. 

 

dimanche 15 août 2021

BD - Panique sur la plage


On retrouve Carbone au scénario de la première aventure de Bonnie et Clovis. La première est une chienne, le second un adolescent obligé de passer ses vacances chez sa mémé. Au dessin c’est une autre locale qui s’illustre puisque Pauline Roland de Port-la Nouvelle dessine ces aventures trépidantes. 

De mornes et tristes, les vacances de Clovis vont se transformer en tornade quand un globigobtout apparaît après une tempête. Ce monstre est constitué de tous les plastiques abandonnés en bord de mer. Il gobe une vache et pourrait être le responsable de la disparition de pépé René, le pêcheur de poulpes. 

« Bonnie & Clo » (tome 1), Jungle, 12,95 €

BD - Bientôt 20 ans après le 11 septembre


Un seul homme peut-il changer la face du monde ? Oui si l’on en croit l’intégrale du Prince des ténèbres, mini-série dans le cadre de la collection Jour J qui ressort sous forme d’intégrale. Cet homme c’est Bob, agent secret américain, persuadé avant tout le monde que Ben Laden est un redoutable ennemi pour son pays.

Donc avant que les commandos ne fondent sur les tours jumelles le 11 septembre 2001, Bob, aidé d’O’Neill, un agent du FBI qui a cru aux craintes de Bob, neutralise les terroristes. Dans cette uchronie écrite par Duval et Pécau et dessinée par Kordey, Bob est toujours sur la piste de Ben Laden.

Mais entre-temps Saddam Hussein a été destitué par un printemps arabe. C’est donc dans cette région toujours aux prises à de graves troubles que le duo va, en dehors de toute légalité, poursuivre son travail pour mettre le monde occidental à l’abri des agissements de ces fous de Dieu.

C’est plein de clins d’œil politiques (De Villepin, Obama) et totalement crédible. Ensuite, difficile de dire si ce serait mieux que notre triste présent…

«11 septembre», Delcourt, 19,95 € 

samedi 14 août 2021

BD - La brigade des souvenirs voit double


Deux scénaristes BD de la région, Carbone des Pyrénées-Orientales (même si elle a quitté le département cet été pour s’installer en Martinique) et Cee Cee Mia de Carcassonne dans l’Aude ont conjugué leur imagination pour signer une nouvelle série prometteuse aux éditions Dupuis. La brigade des souvenirs est composée de trois ados, Tania, Théo et Alban. Ils découvrent par hasard dans les ruines d’une école, une boîte de biscuits contenant une lettre où une certaine Toinette, désespérée, déclare sa flamme à un certain Ernest. Les trois intrépides (et curieux), se mettent alors à la recherche de ces amoureux. Juste pour savoir si l’histoire a bien terminé. 

Le récit, alternant scène d’aujourd’hui sur l’enquête et retours en arrière, lors du drame de Toinette, est dessiné par Marko. Et comme le programme éditorial a été bousculé à cause des confinements successifs, le tome 2 parait au même moment que le 1. Une double ration d’enquête dans le passé. Mon île adorée aborde le problème de l’exil forcé des jeunes Réunionnais dans la Creuse durant les années 60. Chaque album permet de passer de l’humour (Alban est un rigolo) à l’émotion (Tania est très romantique). Et un cahier pédagogique complète ces BD tirées d’histoires vraies. 

« La brigade des souvenirs » (tomes 1 et 2), Dupuis, 12,50 €.  

Thriller - Ombres monstrueuses au "Carnaval des ombres" de R. J. Ellory

Les véritables amateurs de littérature américaine ne jurent plus que par lui. R. J. Ellory construit une œuvre dense et exemplaire, racontant l’Amérique à travers des faits de société et autres histoires de petites gens ordinaires. Paradoxalement, l’écrivain est un citoyen 100 % britannique…

Plongée dans une Amérique du passé dans Le carnaval des ombres. Nous sommes en 1959 et on suit l’agent spécial Michaël Travis. Il est envoyé dans la petite ville rurale de Seneca Falls, dans le Kansas. Une région rurale, secouée par la découverte d’un cadavre près du chapiteau d’un cirque spécial. Pas d’animaux ni de clowns au programme du spectacle, mais des monstres et autres bizarreries humaines, les fameux « freaks » exhibés dans des mises en scènes vulgaires.

Travis va être plongé dans ce monde où la magie et les illusions font que la vérité est parfois impossible à atteindre. Un roman magistral, parfait pour se faire frissonner en plein été.

« Le carnaval des ombres », R. J. Ellory, Sonatine, 24 €

vendredi 13 août 2021

Roman - Loghauss, la sinagrie, veille sur Montrafet


Splendide fresque familiale, Les Contreforts de Guillaume Sire nous plonge au cœur des légendes des Corbières audoises. Pourtant l’histoire est contemporaine. Mais sur ces terres rudes et pauvres, les traditions sont encore ancrées dans la mémoire collective. Notamment quand il s’agit des sinagries. Ces « démones invisibles », aiment hanter certains pics. « Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, et n’agissent pas à proprement parler ; mais elles existent et quand un enfant disparaît, si elles ne sont pas coupables, elles n’y sont pas non plus pour rien : elles n’ont pas avalé l’enfant, mais ne l’ont pas sauvé. Elles sont là. » Une présence palpable autour du château de Montrafet, à quelques kilomètres de Carcassonne. La sinagrie qui tourne autour de ce bâtiment qui tombe en ruine se nomme Loghauss. Un monument en ruines et une famille qui s’accroche à cette possession depuis des siècles. 

La famille Testasecca exploite quelques hectares de vignes et débite sa forêt pour en faire du bois de chauffage. Il y a Paul, le père, tel le Minotaure, force de la nature, impétueux, toujours volontaire. Inconscient aussi du danger et des difficultés financières. Diane, la mère, essaie de sauver les meubles. Au sens propre comme au figuré, jonglant avec les prêts à la consommation, les formulaires d’aides incompréhensibles de la communauté européenne et son charme pour adoucir l’impatience des créanciers. Clémence, la fille, bientôt 18 ans, est une sauvageonne bricoleuse. Elle répare et entretient la propriété. Pierre, le dernier, passe ses journées à chasser et braconner dans la garrigue avec son fidèle chien Bendicò. A l’âge de dix ans, Pierre, selon la légende, a été sauvé des flammes d’un feu de forêt par Loghauss « à la condition qu’il devienne sa marionnette ; puis un jour elle le tuerait, elle mangerait son âme, et transformerait son corps en arbre noueux et blanc aux fruits empoisonnés. » Pierre surnommé depuis par les villageois « le Baron perché ». 

Une ambiance fantastique mais des problèmes très terre à terre dans ce roman qui dresse aussi le portrait d’une Aude besogneuse mais en proie à des graves difficultés. Tout bascule pour les Testasecca quand le très technocratique service des Monuments historiques considère que « le château, classé au patrimoine national depuis 1840, était sous le coup d’un arrêté de péril. » En clair, des réparations urgentes doivent être réalisées par les propriétaires. Sinon il sera saisi les Testasecca chassés de leurs terres. Incapables de trouver de nouveaux financements, victimes d’aigrefins, les quatre décident dès lors de défendre leur bien. Quitte à passer hors la loi et devoir subir l’assaut de dizaines de gendarmes lourdement armés. 

Guillaume Sire, enseignant à Toulouse, a voulu rendre hommage à la terre de son enfance. On retrouve dans ce roman picaresque toute la beauté des Corbières, leur âpreté. Vivre sur les contreforts de Montrafet se mérite. Et si vous n’en êtes pas digne, gare à Loghauss, la sinagrie qui veille sur ces terres.

« Les contreforts » de Guillaume Sire, Calmann-Lévy, 19,90 €

 


BD - "Phobos" c'est Secret Story… direction Mars


Publiée sous forme de romans, la saga Phobos, de Victor Dixen, bénéficie d’une adaptation sous forme de bande dessinée. C’est le Brésilien Eduardo Francisco qui dessine les aventures de Léonor et de ses 11 colocataires.

L’intrigue a tout d’un scénario de téléréalité. Six filles et six garçons, enfermés chacun dans des appartements séparés, ont une année pour former six couples. Mais pas d’élimination possible, puisque l’émission est réalisée dans un vaisseau spatial lancé vers Mars. Une fois arrivés, les six couples pourront former la première colonie martienne.

Associer téléréalité et conquête de l’espace est l’idée de génie de Victor Dixen, romancier français qui vend des millions d’exemplaires, partout dans le monde. Et, comme dans Secret Story, chaque participant a un lourd secret qui risque d’hypothéquer le succès de l’opération.

Une série qui s’adresse plus spécialement aux adolescents.

« Phobos » (tome 1), Glénat, 16,90 €

jeudi 12 août 2021

Roman - Duel à la Défense

Marius et Priscilla sont deux jeunes et brillants managers d’une grosse multinationale basée à la Défense. Ils sont aussi dévorés d’ambition et quand le grand chef est remercié par le conseil d’administration, ils vont se retrouver en concurrence pour le poste suprême. Ce roman de Marin de Viry raconte comment ces nouveaux prédateurs du grand capitalisme s’entre-dévorent avec une méchanceté démentielle

L’occasion pour le romancier de brocarder ce monde qui, par chance, est étranger à la majorité des gens normaux. Mais il va beaucoup plus loin, imaginant un rapprochement des deux belligérants et l’adjonction de nouveaux joueurs. Et comme dans les romans à l’eau de rose, tout finit par un double mariage. Mais pour le bonheur, on repassera.  

« L’arche de mésalliance », Marin de Viry, Éditions du Rocher, 17,90 €

Polar - Afghanistan, nid d’espions

Les espions français sont toujours en action partout dans le monde. Cédric Bannel raconte leur quotidien dans une série de romans ancrés dans le réel.

Dans ce nouveau volume paru début juillet et sobrement intitulé L’espion français, on retrouve Edgar, 33 ans, élément essentiel du renseignement français même si officiellement il ne travaille pas pour l’État. C’est un des membres d’une entité chargée des dossiers les plus sensibles. Sa mission : éliminer physiquement des ennemis parfois intouchables. Le roman se déroule en grande partie en Afghanistan.

Un pays qui est en train de basculer aux mains des Talibans. Sur place, une Française, Alice Marsan, surnommée la veuve blanche, est à la tête d’une armée de djihadistes et sème la terreur. Mais Edgar osera-t-il, pour la première fois de sa carrière, abattre de sang-froid une femme ?

Quand le roman d’espionnage rejoint l’actualité. C’est très bien renseigné et parfois, cela fait froid dans le dos.

« L’espion français », Robert Laffont, 19,90 €