vendredi 18 juin 2021

De choses et d’autres - Pas de couvre-feu dans le XVIe !

L’affaire a fait grand bruit et ne va pas améliorer l’image de président des riches qui colle de plus en plus à Emmanuel Macron. Vendredi soir, la seconde demi-finale de Roland-Garros s’éternise. Djokovic bataille ferme pour dégager le squatteur de la terre battue : Nadal. Et, comme désormais le tournoi continue qu’il pleuve ou qu’il fasse nuit, on se rapproche inéluctablement de l’heure du couvre-feu.

Mais à quelques minutes de la fin de la permission de sortie des quelques milliers de privilégiés bon chic bon genre (un billet d’entrée à Roland-Garros n’est pas à la portée de toutes les bourses…), le speaker annonce que le gouvernement autorise le public à voir la conclusion du match, même après 23 heures. Envolés, le couvre-feu et les restrictions sanitaires dans cette partie du XVIe arrondissement de Paris.

Et les amateurs de balle jaune d’entonner spontanément un « Merci Macron ! » qui vient du cœur. Le problème, c’est qu’à quelques kilomètres de là, dans le VIIe, sur l’immense esplanade des Invalides, d’autres personnes ont décidé de s’octroyer la permission de minuit. Mais là, pas de grâce présidentielle. Juste une bonne charge de CRS contre ces milliers de dangereux fêtards. À l’avenir, les petits jeunes devraient réviser leur plan.

Première solution, faire la fête, mais dans les jardins du Trocadéro. Comme ils sont dans le XVIe, difficile d’interdire ce qui est permis à trois kilomètres de là.

Autre option, inviter Nadal et Djokovic. Si les champions viennent danser avec une raquette en main et en short, quel est le CRS assez fou qui va oser les asperger de gaz lacrymogène ? 

 

jeudi 17 juin 2021

BD - Politique très terre à terre


Ancien ministre, tombé pour malversation financière, Henri-Xavier de Lapègre est obligé de revenir aux fondamentaux de la politique : faire campagne auprès des électeurs. Manque de chance, il doit convaincre des électeurs d’un petit village perdu dans ce monde qui lui est totalement inconnu : la campagne.

Campagne à la campagne, tel est le titre du second recueil de gags de la série Homo Politicus, écrite par Nena et dessinée par Soulcié. Attention, on est dans le domaine de la caricature à gros trait. Quand son staff lui demande s’il a déjà été à la campagne, il demande, « le bois de Vincennes ça compte ? » Sur place il s’attend à de l’air pur, mais le village est aussi le siège d’une vieille usine chimique.

Écologie, pollution, tradition, loto du 3e âge, corruption… toutes ces thématiques sont passées à la moulinette dans cette BD qui parfois s’approche étonnamment de la réalité des campagnes des régionales et des départementales en cours.

« Homo politicus » (tome 2), Fluide Glacial, 9,90 €, parution le 16 juin 

mercredi 16 juin 2021

BD - Presque dans l’espace


Quand une fusée russe qui veut rejoindre la station spatiale internationale explose au décollage, c’est la panique car une organisation terroriste affirme être à l’origine du sabotage. Dans l’espace, l’évacuation est ordonnée mais un irréductible décide de rester seul en poste. Rapidement, il va perdre pied.

Par chance il est contacté par les membres de la mission Mars Base. Eux aussi voient leur quotidien chamboulé. Y a-t-il un terroriste infiltré ? Amir, belgo-marocain, se retrouve suspecté. Une aberration pour ce jeune scientifique parfaitement athée. Il va être cuisiné par la capitaine de Mars Base, même si la nuit, ils se retrouvent secrètement pour s’envoyer en l’air.

Cette BD en noir et blanc de 180 pages de Max de Radiguès est une brillante réflexion sur la conquête de l’espace, ses difficultés et les sacrifices qu’elle implique dans la vie d’hommes et de femmes ayant fait le choix de sacrifier une vie familiale sur l’autel de la science. 

« Alerte 5 », Casterman, 15 € 

mardi 15 juin 2021

BD - Monstres visibles et invisibles


Un peu de freaks (le film de monstres de Tod Browning des années 30), un soupçon de fantastique, le tout sur fond de road trip : telle est la recette de la nouvelle série écrite par Eric Corbeyran.

C’est Emmanuel Despujol qui se charge de la dessiner et son trait entre réalisme et caricature fait des merveilles pour passer d’un univers à l’autre.

Le héros c’est Charly. Au début de l’histoire un gamin qui découvre qu’il a le pouvoir de faire fuir les monstres invisibles comme les vampires ou les lamies, ces femmes qui tuent les hommes après avoir abusé d’eux. Adulte, il capture une lamie qui reprend son aspect originel, celui d’une fillette de 7 ans. La police les cherche et ils trouvent refuge dans un cirque itinérant.

Un univers très touchant.

« Sideshow » (tome 1), Soleil, 14,95 €  

lundi 14 juin 2021

BD - Magouilles non républicaines


Philippe Richelle est devenu le spécialiste BD de la politique contemporaine. Il relance trois « Affaires d’État » pour explorer ces magouilles qui ont ébranlé la République ces dernières décennies. Celle consacrée à l’extrême droite, dessinée par Pierre Wachs, reprend des pans de l’histoire d’un parti qui est devenu tout-puissant.

Pourtant, à la base, c’est une captation d’héritage qui est racontée dans ce premier tome. À côté, on découvre comment un des « penseurs » du groupuscule, devenu un peu trop important, va être froidement abattu. Qui est le commanditaire ? Mystère pour le lecteur ainsi que le commissaire de police chargé de l’enquête.

Une BD à clé, avec quelques évidences (le chef du parti, ancien para) et d’autres moins connues mais qui nous rappellent à point nommé d’où vient ce parti. 

« Affaires d’État, Extrême droite » (tome 1), Glénat, 14,50 € 

dimanche 13 juin 2021

De choses et d’autres - L'histoire du mari infidèle trahi par sa Fitbit

La fin programmée du télétravail est redoutée par certains, vivement souhaitée par d’autres. Par exemple les maris infidèles. Le retour au bureau sera l’excellente occasion pour nombre d’entre eux de prétexter une réunion tardive pour aller rejoindre leur maîtresse.

Tromper sa femme est un art typiquement français. Il y a des bases qu’il faut apprendre pour ne pas se faire prendre. Vérifier les traces de rouge à lèvres, éviter les suçons, chasser les cheveux sur les épaules et se méfier du parfum. Pour cette dernière problématique, le plus simple est d’acheter la même marque aux deux femmes.

Mais avec les nouvelles technologies, les pièges se multiplient. Un téléphone portable peut-être traçable. Mais la plus belle façon de découvrir le pot aux roses est racontée par cette femme à sa meilleure amie. Quand cette dernière lui demande comment la pauvre cocufiée a su, elle explique qu’elle a accès au compte de la Fitbit de son mari, la montre connectée qui surveille son rythme cardiaque. Elle a remarqué des pics à 130 battements par minute les soirs où il reste au bureau pour « des réunions », suivies d’une phase de repos. Et il doit un peu culpabiliser puisqu’il lui écrit à chaque fois un petit SMS juste après la séquence.

Je ne sais pas si un relevé cardiaque à distance peut-être utilisé comme preuve d’adultère dans un divorce compliqué, mais il est certain que dans ce cas précis, le mari infidèle a été trahi par sa Fitbit. 

samedi 12 juin 2021

De choses et d’autres - La cicadapocalypse

Aux USA, sur la côte Est, ce n’est plus la pandémie qui est sur toutes les lèvres mais la cicadapocalypse. Ce mot charrette est composé d’« apocalypse » que tout le monde connaît, en anglais comme en français et de « cicada » qui veut dire cigale.

Oui, en ce début juin, les Américains craignent que l’apocalypse soit provoquée par des cigales et cela donne ce mot-clé omniprésent sur les réseaux sociaux : #cicadapocalypse. Ces cigales n’ont rien à voir avec celles qui font le charme de notre Sud.

Elles chantent, mais sont surtout beaucoup trop nombreuses. Des millions, voire des milliards qui sortent de terre depuis quelques jours. Un phénomène d’autant plus redouté qu’il ne se produit que tous les 17 ans.

Ces cicadas sont surnommés cigales zombies puisqu’elles arrivent à l’air libre tel un mort vivant s’extrayant de sa tombe. Elles ne provoquent pas de dégâts sérieux aux plantations comme les sauterelles africaines, se contentant de chercher à survivre quelques jours pour se reproduire et pondre leurs œufs qui écloront dans… 17 ans.

En fait l’apocalypse se résume à une sortie de route sans gravité à cause d’une bestiole trop curieuse. A noter également : les radars météo de Washington ont totalement perdu la boule. Les sons des cigales font comme si des pluies diluviennes s’abattaient sur la région.

Le pire reste quand même la mise en garde des autorités car des hurluberlus proposent des recettes à base de cicadas. Si elles apportent effectivement pas mal de protéines, elles sont aussi composées de chitine, la carapace des insectes quasiment impossible à digérer.

En réalité, comme trop souvent, ce ne sont pas les cicadas qui risquent de provoquer l’apocalypse mais la bêtise des humains. 

vendredi 11 juin 2021

De choses et d’autres - La danse de la vaccination

Ceux qui nous ont prédit l’avènement d’un monde nouveau post pandémie ont tout faux. En réalité ce n’est pas un monde, mais deux, radicalement opposés qui doivent désormais cohabiter.

D’un côté, les plus nombreux : les pro-vaccination. De l’autre, aux rangs plus clairsemés mais beaucoup plus vindicatifs et médiatiques : les anti-vaccination, antivaxs dans le langage courant.

Aux repas de famille, on est souvent sommé de choisir pour un camp ou l’autre. Comme si la ligne de démarcation était nette et infranchissable. Le plus désolant dans ces deux conceptions de la santé qui s’opposent, ce sont les réactions souvent exagérées. Constatation valable pour les deux camps.

Comme cette directrice d’un cours de pole dance à Troyes dans l’Aube. Les cours reprennent ce mercredi mais elle a prévenu par mail qu’elle refuserait tous les élèves qui sont… vaccinés. Elle prétend que les vaccins sont encore en phase de test et qu’elle ne veut donc pas prendre de risque.

Comme si attraper le covid-19 était moins dangereux que de se trouver à côté de quelqu’un qui pourrait avoir mal au bras après la piqûre ou souffrir de maux de tête passagers. Et jusqu’à preuve de contraire, une thrombose n’est pas contagieuse…

Mais ils sont comme ça les antivaxs, à toujours chercher la petite bête. Pourtant, sur le site de l’école, il est bien précisé que « pour toute inscription, un certificat médical précisant qu’il n’y a aucune contre-indication à la pratique de la danse acrobatique, devra obligatoirement être fourni ».

Mais ne voyons que le bon côté des choses. Mesdames, si vous ne voulez pas danser avec ce bellâtre qui vient de vous inviter, pas la peine de chercher une excuse bidon, dites juste la formule magique : « Désolée, je suis vaccinée… » 

Cinéma - Sauter d’effroi avec « La nuée »

Virginie (Suliane Brahim) prise au piège de sa serre remplie de sauterelles. The Jokers / Capricci 

Cela n’en a pas l’air, à première vue, mais La Nuée de Just Philippot, film de genre (thriller, horreur et fantastique) est aussi un excellent brûlot sur les difficultés de l’agriculture française. Car, si tout dérape dans la vie de Virginie (Suliane Brahim), c’est en raison des dettes contractées pour faire marcher l’exploitation familiale. 

Cette femme, élevant seule ses deux enfants, était aide-soignante. Son mari avait cette ferme et un élevage de chèvres. Sa mort plonge la famille dans le désespoir. Et Virginie décide une reconversion. Terminés les patients, bonjour les sauterelles. Il y a plus de protéines dans les sauterelles que dans la viande. C’est l’avenir pour nourrir la planète. 


■ L’aliment miracle 

Elle élève des centaines de ces insectes dans des serres en plastique pour les revendre, sous forme de friandises grillées et aromatisées (gingembre ou curcuma…) ou transformées en farine, notamment pour l’alimentation animale. Un nouveau type d’élevage qu’elle ne maîtrise pas, à son grand désespoir.

Le rendement est faible, les revenus insuffisants pour subvenir aux besoins de ses enfants, Laura (Marie Narbonne), adolescente qui ne supporte plus qu’on se moque d’elle en la traitant de la fille de la folle des sauterelles et Gaston, plus jeune et passionné de foot. Par hasard, Virginie découvre qu’un certain aliment décuple la reproduction des sauterelles et leur permet de se développer plus rapidement. De devenir plus grosses, aussi. C’est la solution. Reste à en assumer les risques… 

Parfaitement réalisé, interprété à l’unisson de Suliane Brahim, sociétaire de la Comédie française, La Nuée, sans abuser d’effets trop gores, remplit son contrat : nous faire frissonner, puis carrément paniquer à la vue de la moindre bestiole dotée de grandes pattes poilues. 

➤ Film français de Just Philippot avec Suliane Brahim, Sofian Khammes, Marie Narbonne



jeudi 10 juin 2021

De choses et d’autres - L’étrange casting du RN aux élections régionales

À chaque élection locale on y a droit. Le Rassemblement National, version dédiabolisée du Front National éprouve quelques difficultés pour trouver suffisamment de candidats pour être présent partout. Le parti de Marine Le Pen n’a jamais caché que ces scrutins sont aussi pour lui des machines à cash, chaque voix permettant au RN d’augmenter sa « part de marché » et de toucher des subsides de l’État au prorata.

Alors forcément, certains candidats sont parachutés, d’autres choisis un peu au petit bonheur la chance. Vient ensuite la vérification de leur cursus. Et là, quelques erreurs de castings sont relevées.

Comme ce candidat de la Creuse qui ne terminera pas la campagne pour cause d’emprisonnement. Cinq mois ferme pour violences conjugales. Ou cette autre candidate en Corrèze, désinvesties après avoir demandé qu’on fasse « sauter » les mosquées.

Des presque anonymes qui ne doivent pas cacher les barons du RN qui eux aussi dérapent ou ont dérapé mais continuent à bénéficier du soutien du parti d’extrême droite. Comme Julien Odoul, tête de liste en Bourgogne, qui a plaisanté sur le suicide d’un agriculteur ou s’est moqué, sur un plateau de télévision, de la « blondeur » d’une des invitées.

Et puis il y a Philippe Vardon. Second sur la liste des Alpes-Maritimes, c’est aussi le directeur de campagne de Thierry Mariani. Cet ancien membre du groupuscule Unité Radicale a été filmé entonnant des chants nazis au milieu d’autres militants le bras tendu.

« Une erreur de jeunesse » selon Thierry Mariani. C’est bien tout le problème de cette dédiabolisation : voter pour le Rassemblement national c’est toujours prendre le risque de confier le pouvoir à des individus aux idées plus rassies que rassembleuses.