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mercredi 17 mai 2023

Cinéma - Toutes les horreurs, de l’Espagne au Japon, en DVD

Parfois plus convaincants que les grosses productions américaines, les films d’horreur espagnols et japonais sortent du lot. Faites-vous peur avec les versions vidéo de The communion girl et de Dark Water.


The communion girl.
Dans un petit village près de Tarragone en Catalogne, une légende prétend qu’une jeune communiante erre dans la campagne. Si vous la voyez, vous êtes maudit. C’est ce qui arrive à Sara (Carla Campra). Un film d’horreur signé Victor Garcia sur base de religion, de maltraitance et de rejet de l’étranger. Si le début du film est tout dans l’ambiance, avec image vintage (l’action se déroule à la fin des années 80), la suite se permet quelques effets spéciaux dont une communiante très effrayante. Une belle surprise, sortie directement en vidéo chez Wild Side.


Dark Water.
The Jokers ressort dans de superbes éditions collector les trois plus célèbres films d’horreur japonais contemporains : Audition (1999) de Takashi Miike, Ring (1998) et Dark Water (2002) de Hideo Nakata. Si les trois s’avèrent indispensables et n’ont rien perdu de leur capacité à filer une trouille terrible, on avoue une petite préférence pour le dernier cité. Cette histoire d’une mère en instance de divorce et sa fille qui échouent dans un immeuble qui va s’avérer bien pire que juste vétuste et humide, est non seulement un sommet absolu d’angoisse mais aussi un mélodrame remarquable !



 

mercredi 6 avril 2022

DVD et blu-ray - Quatre films récents à rattraper en vidéo chez vous

First Cow. Film de Kelly Reichardt (Condor)


Septième film de Kelly Reichardt, First Cow se déroule de nouveau dans son Oregon, état sauvage de la côte ouest. En 1820 c’est encore des forêts primitives. Dans ces bois souvent hostiles, des trappeurs tentent de survivre. Cookie (John Magaro) est le cuisinier d’un petit groupe cherchant à rejoindre un comptoir. La nuit, il aide un homme en fuite, King Lu (Orion Lee). Quand le cinéma s’approche le plus de la poésie. Avec en bonus un long entretien avec la réalisatrice. 

Madeleine Collins. Film d’Antoine Barraud (Blaq Out)


Le thème de la double vie secrète est au centre de Madeleine Collins, film avec Virginie Efira en vedette. Judith est mariée à Melvil (Bruno Salomone). Ils ont deux garçons et vivent en France. Mais pour son boulot d’interprète, Judith doit se rendre très souvent à l’étranger pour des périodes de 5 à 10 jours. En réalité elle ne quitte jamais la Suisse où elle élève une petite Ninon avec le père Abdel (Quim Gutiérrez).

Un héros. Film d’Asghar Farhadi (Mémento)


Rahim (Amir Jadidi), un Iranien, est condamné à de la prison pour une dette qu’il n’arrive pas à rembourser. Lors d’une permission, il trouve un sac rempli d’argent et va le rendre à une inconnue, il va devenir un héros. Momentanément. 

Ce film, implacable, montre toute la mécanique de la rumeur et de la médisance. Rahim, malgré sa bonté, son sourire et sa volonté de s’en sortir pour refaire sa vie et aider son fils handicapé, va se retrouver pris au piège de sa propre histoire.

Oranges sanguines. Film de Jean-Christophe Meurisse (The Jokers)


Il existe encore des films qui aiment mordre. À sang. Et méchamment. Personne n’est épargné dans Oranges sanguines. En premier lieu, les politiques et leurs conseils. Un ministre (Christophe Paou) est pris la main dans le sac. Il va demander à son ami et avocat (Denis Podalydès), de trouver la solution pour qu’il conserve son poste. Son châtiment sera très visuel…


mercredi 17 novembre 2021

Cinéma - “Oranges sanguines” : caricature de notre société trop pressée


Saluons ce Oranges sanguines, de Jean-Christophe Meurisse, dans ce qu’il permet de constater que dans notre société de plus en plus aseptisée, il existe encore des artistes qui aiment mordre. A sang. Et méchamment. Personne n’est épargné. En premier lieu, les politiques et leurs conseils. Un ministre (Christophe Paou) est pris la main dans le sac. Exactement en train de transférer de grosses sommes sur un compte dans un paradis fiscal. Il va demander à son ami et avocat (Denis Podalydès), de trouver la solution pour qu’il conserve son poste. Et son argent. 

Une des nombreuses intrigues du film qui raconte aussi comment des retraités endettés tentent de faire patienter les banquiers avides, en dansant le rock ; comment une adolescente qui veut faire l’amour avec ce garçon si beaux va finir au tribunal après avoir fait manger ses testicules à un détraqué sexuel. Au final, tout s’imbrique, avec coups de théâtre et, surtout, description d’une société française complètement déboussolée, folle. 

La critique est acerbe, violente, sanglante, comme ces oranges qui ont le goût des Gilets jaunes. Le réalisateur ose tout, même de faire jouer son propre rôle à un Patrice Laffont oublié du grand public et obligé de présider un jury de concours rock. Une comédie salutaire pour nous ouvrir les yeux sur nos propres turpitudes. 

Film français de Jean-Christophe Meurisse, avec Alexandre Steiger, Christophe Paou, Lilith Grasmug

mercredi 16 juin 2021

Cinéma - “Teddy”, l’ado solitaire qui se rêvait en loup

Ce film d’horreur très décalé a été tourné en 2019 dans le Vallespir

Anthony Bajon, une fois encore, est excellent dans le rôle d’un asocial du genre velu. Il interprète Teddy, un jeune provincial qui croit au grand amour avec Rebecca (Christine Gautier). The Jokers 

Teddy peut enfin se faire les griffes sur les grands écrans des cinémas. Le film des frères Boukherma, tourné au printemps 2019 dans le Vallespir dans les Pyrénées-Orientales, a vu sa sortie être décalée à plusieurs reprises. Un loup-garou craint les balles en argent, mais ce qu’il y a de plus redoutable en ce moment pour ces créatures légendaires c’est un coronavirus qui provoque la fermeture de tous les cinémas de France et d’Europe durant plu sieurs mois. Le taux d’incidence étant redescendu sous les 50 et les cinémas pouvant enfin repasser à jauge pleine, Teddy sort du bois.

Dans un petit village des Pyrénées, Teddy (Anthony Bajon) s’ennuie à mourir. Orphelin, il vit chez sa tante très handicapée et son ami Pépin (Ludovic Torrent). Il n’a pas d’ami dans ce village un peu caricatural de la France profonde. Le film s’ouvre par un dépôt de gerbes au monument aux morts. Marseillaise, appel aux morts et puis Teddy met son grain de sel. La gendarmerie est carré ment obligée d’intervenir et d’évacuer le fauteur de troubles manu militari. Alors Teddy monte dans son van et roule à fond avec du hard rock dans les oreilles. Il va rêver sur le terrain paumé dans la montagne où il espère construire sa maison (avec pergola, important la pergola) afin d’y vivre avec sa petite amie, Rebecca (Christine Gautier). Les deux réalisateurs, eux-mêmes originaires du Lot-et-Garonne, aiment à présenter la province sous un jour peu reluisant. 

■ Personnages cabossés 

Un peu comme un Jean-Pierre Mocky ou un Bruno Dumont, ils ont soigné leur casting. Pas de « belles gueules ». Ils sont tous plus ou moins cabossés, acteurs professionnels comme amateurs recrutés dans les parages du tournage. Cela donne un grand loto dans la salle des fêtes qui sonne juste. 

Pour ce qui est du fantastique, Teddy ne montre pas. Quelques scènes un peu gore, mais pas de gros effets spéciaux. Quand Teddy est mordu dans le bois, on ne sait pas exactement par quoi. Et quand il débute sa « transformation », c’est peut être aussi les conséquences de sa consommation excessive de champignons hallucinogènes. Mais au final, un loup, qu’il soit garou ou solitaire, n’a jamais sa place dans notre société. C’est aussi cette réalité vécue par la majorité des adolescents de province que Teddy raconte. 

➤ Film français de Ludovic et Zoran Boukherma avec Anthony Bajon, Christine Gautier, Ludovic Torrent 



vendredi 11 juin 2021

Cinéma - Sauter d’effroi avec « La nuée »

Virginie (Suliane Brahim) prise au piège de sa serre remplie de sauterelles. The Jokers / Capricci 

Cela n’en a pas l’air, à première vue, mais La Nuée de Just Philippot, film de genre (thriller, horreur et fantastique) est aussi un excellent brûlot sur les difficultés de l’agriculture française. Car, si tout dérape dans la vie de Virginie (Suliane Brahim), c’est en raison des dettes contractées pour faire marcher l’exploitation familiale. 

Cette femme, élevant seule ses deux enfants, était aide-soignante. Son mari avait cette ferme et un élevage de chèvres. Sa mort plonge la famille dans le désespoir. Et Virginie décide une reconversion. Terminés les patients, bonjour les sauterelles. Il y a plus de protéines dans les sauterelles que dans la viande. C’est l’avenir pour nourrir la planète. 


■ L’aliment miracle 

Elle élève des centaines de ces insectes dans des serres en plastique pour les revendre, sous forme de friandises grillées et aromatisées (gingembre ou curcuma…) ou transformées en farine, notamment pour l’alimentation animale. Un nouveau type d’élevage qu’elle ne maîtrise pas, à son grand désespoir.

Le rendement est faible, les revenus insuffisants pour subvenir aux besoins de ses enfants, Laura (Marie Narbonne), adolescente qui ne supporte plus qu’on se moque d’elle en la traitant de la fille de la folle des sauterelles et Gaston, plus jeune et passionné de foot. Par hasard, Virginie découvre qu’un certain aliment décuple la reproduction des sauterelles et leur permet de se développer plus rapidement. De devenir plus grosses, aussi. C’est la solution. Reste à en assumer les risques… 

Parfaitement réalisé, interprété à l’unisson de Suliane Brahim, sociétaire de la Comédie française, La Nuée, sans abuser d’effets trop gores, remplit son contrat : nous faire frissonner, puis carrément paniquer à la vue de la moindre bestiole dotée de grandes pattes poilues. 

➤ Film français de Just Philippot avec Suliane Brahim, Sofian Khammes, Marie Narbonne