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mardi 2 août 2022

Cinéma - Les gendarmes fêtent “L’année du requin”

Un requin sème la panique sur une plage du Sud-Ouest, mais les gendarmes veillent. Cette réalisation des frères Boukherma oscille entre comédie et série Z. 


Les habitants et touristes de La Pointe, station balnéaire du Sud-Ouest de la France (sorte de mélange d’Arcachon et de Capbreton), l’été venu, aiment se planter le cul dans le sable à regarder. C’est du moins ce que nous apprend le narrateur (Ludovic Torrent, déjà vu dans Teddy) de L’année du requin, film des frères Boukherma. Ces derniers n’ont pas posé leur cul sur le sable mais entre deux chaises. Ils n’ont pas su choisir entre la pure comédie et le film d’horreur classique avec action et attaque de requin. Le spectateur se retrouve donc face à un objet hybride, allant du pire des films de gendarmes quand ils se ridiculisaient à Saint-Tropez au presque plus risible long-métrage de série Z avec requin en carton-pâte.

Pourtant, ils sont prometteurs ces frères. Ils ont de l’idée et on sent bien qu’ils ont beaucoup regardé de chefs-d’œuvre avant de se lancer. Le résultat est encore très bancal, mais à n’en pas douter, ils trouveront leur voie avec le temps

A quelques jours de la retraite 

Tout commence par la canicule. Au moins, ça ne nous changera pas de notre quotidien. Maja Bordenave (Marina Foïs), gendarme à 4 jours de la retraite, s’ennuie ferme. Mais en secourant deux touristes allemands coincés sur un banc de sable, elle voit passer à un mètre de son hors-bord un requin de cinq mètres. Pour elle, il faut fermer les plages, interdire la baignade et se lancer à la chasse au squale. Sauf que tout le monde lui rit au nez. Il n’y a pas de requins dans la région. Jusqu’à la découverte des restes d’un paddliste (il l’a bien mérité !).

Maja va en faire un combat personnel, jurant à son naïf de mari (Kad Mérad) qu’elle allait capturer le mangeur d’hommes avant son pot de départ. La première partie est clairement comique avec un Jean-Pascal Zadi un peu mieux exploité, pour une fois. La suite se veut dramatique, elle n’est souvent que pathétique.

À l’arrivée, plus qu’une galéjade sudiste ou un remake du pauvre Jaws de Spielberg, on a l’impression de voir un film de Jean-Pierre Mocky. La réalisation est parfois bordélique, les dialogues bourrés de références à l’actualité et nombre de comédiens ont des tronches, comme le génial réalisateur du Miraculé aimait en truffer ses créations. Genre Ludovic Torrent, pur Cérétan, arrivé sur Teddy presque par erreur et qui décroche un joli petit rôle dans L’année du requin.

Film français de Ludovic et Zoran Boukherma avec Marina Foïs, Kad Merad, Jean-Pascal Zadi

 

mercredi 16 juin 2021

Cinéma - “Teddy”, l’ado solitaire qui se rêvait en loup

Ce film d’horreur très décalé a été tourné en 2019 dans le Vallespir

Anthony Bajon, une fois encore, est excellent dans le rôle d’un asocial du genre velu. Il interprète Teddy, un jeune provincial qui croit au grand amour avec Rebecca (Christine Gautier). The Jokers 

Teddy peut enfin se faire les griffes sur les grands écrans des cinémas. Le film des frères Boukherma, tourné au printemps 2019 dans le Vallespir dans les Pyrénées-Orientales, a vu sa sortie être décalée à plusieurs reprises. Un loup-garou craint les balles en argent, mais ce qu’il y a de plus redoutable en ce moment pour ces créatures légendaires c’est un coronavirus qui provoque la fermeture de tous les cinémas de France et d’Europe durant plu sieurs mois. Le taux d’incidence étant redescendu sous les 50 et les cinémas pouvant enfin repasser à jauge pleine, Teddy sort du bois.

Dans un petit village des Pyrénées, Teddy (Anthony Bajon) s’ennuie à mourir. Orphelin, il vit chez sa tante très handicapée et son ami Pépin (Ludovic Torrent). Il n’a pas d’ami dans ce village un peu caricatural de la France profonde. Le film s’ouvre par un dépôt de gerbes au monument aux morts. Marseillaise, appel aux morts et puis Teddy met son grain de sel. La gendarmerie est carré ment obligée d’intervenir et d’évacuer le fauteur de troubles manu militari. Alors Teddy monte dans son van et roule à fond avec du hard rock dans les oreilles. Il va rêver sur le terrain paumé dans la montagne où il espère construire sa maison (avec pergola, important la pergola) afin d’y vivre avec sa petite amie, Rebecca (Christine Gautier). Les deux réalisateurs, eux-mêmes originaires du Lot-et-Garonne, aiment à présenter la province sous un jour peu reluisant. 

■ Personnages cabossés 

Un peu comme un Jean-Pierre Mocky ou un Bruno Dumont, ils ont soigné leur casting. Pas de « belles gueules ». Ils sont tous plus ou moins cabossés, acteurs professionnels comme amateurs recrutés dans les parages du tournage. Cela donne un grand loto dans la salle des fêtes qui sonne juste. 

Pour ce qui est du fantastique, Teddy ne montre pas. Quelques scènes un peu gore, mais pas de gros effets spéciaux. Quand Teddy est mordu dans le bois, on ne sait pas exactement par quoi. Et quand il débute sa « transformation », c’est peut être aussi les conséquences de sa consommation excessive de champignons hallucinogènes. Mais au final, un loup, qu’il soit garou ou solitaire, n’a jamais sa place dans notre société. C’est aussi cette réalité vécue par la majorité des adolescents de province que Teddy raconte. 

➤ Film français de Ludovic et Zoran Boukherma avec Anthony Bajon, Christine Gautier, Ludovic Torrent