dimanche 7 janvier 2018

Silence, ça tourne - Duel à l'épée au pied des remparts de la Cité de Carcassonne pour le chevalier Jean Marais

Aude et Pyrénées-Orientales, terres de tournages

Même très loin de la capitale, nos deux départements offrent suffisamment d'intérêt pour que des cinéastes reconnus plantent leurs caméras sur nos terres. Des dizaines de films, des plus anciens aux plus récents, témoignages immortels de nos paysages et de ses habitants, souvent sollicités pour faire de la figuration. L'Indépendant a souvent fait des reportages sur ces tournages, événements d'ampleur pour les villes et villages concernés. Dans les archives nous avons retrouvé des témoignages et des clichés prises par les photographes du journal. Alors place à six plongées dans l'univers cinématographique, du « Miracle des Loups » d'André Hunebelle en 1961 à la Cité de Carcassonne aux « Municipaux » des Chevaliers du Fiel à Port-Vendres dont la sortie est prévue en avril, en passant par Collioure, Les Cabanes de Fleury, Cerbère, Perpignan, Castans et Gruissan. Des lieux mais aussi des vedettes, de Bourvil à De Funès en passant par Belmondo, Jean Marais ou Béatrice Dalle.

Une esquive, deux pas en avant, trois en arrière, Jean Marais est en mauvaise posture. Une grosse épée en main, il tente de se défaire de quelques malandrins qui lui en veulent. Un combat déséquilibré mais acharné. Nous sommes le 6 avril 1961 sur le pont mérovingien de Rieux-en-Val. Le comédien français interprète le chevalier Robert de Neuville, héros du film d'André Hunebelle, « Le Miracle des loups ». Jean Marais vient de tomber dans une embuscade, se défend bec et ongle mais doit s'incliner face à des adversaires en surnombre. Blessé, les malfrats se saisissent de son corps et le jettent par dessus la balustrade en pierre. Devant des centaines de spectateurs venus assister au tournage, Jean Marais plonge dans la rivière et s'extrait péniblement du courant. Cette scène n'est pas la plus spectaculaire du film mais elle a marqué le petit village du Val de Dagne. Le pont, toujours dans son jus après de multiples restaurations, est le témoin de cette grande production française de cape et d'épée du début des années 60.

Si l'équipe d'André Hunebelle a choisi l'Aude, ce n'est pas pour la beauté bucolique et champêtre des vignes et collines de la région mais pour son emblématique Cité de Carcassonne. Les remparts et tours sont censés être ceux de Péronne où se déroule l'intrigue. Le réalisateur a les pierres, il lui faut désormais des centaines de figurants pour les scènes grandioses d'arrivée de Louis XI. Le 2 avril dans la presse locale, un appel à la figuration est lancé. Plus de 300 volontaire sont recrutés, essentiellement des jeunes qui immédiatement essaient les habits en fonction de leurs affectations. L'Indépendant du 7 avril raconte que les figurants sont classés « par rang de taille. Des uns on fit des seigneurs, des ecclésiastiques, des bourgeois, des autres des hommes de guerre et des gens du peuple. »

La suite du tournage se déroule à Carcassonne dans les petites rues montant à la Cité. Au niveau de la Porte d'Aude, problème pour l'équipe. L'enthousiasme des habitants, voulant voir absolument, perturbe les prises. Une solution est trouvée selon l'Indépendant du 8 avril : « On avait mis à l'une des portes où les curieux étaient particulièrement nombreux un homme d'armes de Charles le Téméraire. Quelle que soit l'époque, le prestige de l'uniforme demeure le même. A voir ce personnage casqué, botté et armé, chacun était impressionné et chacun obéit lorsque d'une voix grave, ce soldat d'un autre temps dit aux curieux en s'effaçant : « Et maintenant, passez braves gens ».

Le 10 avril, grand jour. La plus grandiose des scènes est au menu de l'après-midi. Malgré une météo capricieuse, les centaines de figurants et la vingtaine d'hommes en armes et à cheval rendent pour quelques minutes toute leur grandeur aux lieux. Un roi entre en ville. Les gens l'acclament. Et certains, figurants mais patriotes dans l'âme, ne peuvent s'empêcher de crier « Vive de Gaulle ».

Ce tournage a marqué les mémoires car Jean Marais, présent durant deux semaines, était une star incontournable du cinéma français de l'époque. Gentil, abordable, il se prêtait aisément aux séances d'autographe ou de photographie avec ses fans. Après le succès du Bossu ou du Capitaine Fracasse, il affectionnait ces films en costumes d'époque où il pouvait tant jouer de sa séduction que de sa force et de son habileté. Il a été mis à rude épreuve dans cette histoire. Il a beaucoup manié le fléau d'armes. En répétition et durant la scène finale dite du « Jugement de Dieu ». Là encore, la Cité est utilisée comme image de fond. Sur une colline, des centaines de Carcassonnais interprètent la foule avide de violence dans ce combat à mort. Comme à son habitude, Jean Marais ne se fait pas doubler, contrairement au « méchant » joué par Guy Delorme. Il chute, prend des coups, se relève, est blessé… Le duel dure quelques minutes à l'écran. André Hunebelle prendra plusieurs heures pour le mettre en boîte. Il voulait, selon un dossier réalisé par Isabelle Debien pour Languedoc-Roussillon Cinéma (consultable sur internet à l'adresse http://www.languedoc-roussillon-cinema.net) que « cette séquence soit mouvementée et farouche comme il doit en être entre rivaux qui se veulent « male mort » ».

Le soir, l'équipe se retrouve autour du réalisateur au cinéma l'Odeum pour visionner les scènes tournées les jours précédents. L'Indépendant a eu le privilège d'assister à ce débriefing. « André Hunebelle, les acteurs, les techniciens étaient là, faisant des mots d'esprits, riant parfois et critiquant beaucoup. Cependant M. Hunebelle, à quelques détails près, ne cachait pas sa satisfaction partagée par les membres de son équipe, heureux eux-mêmes d'avoir accompli du bon travail. » Le fin mot de l'histoire, on le trouve toujours dans l'Indépendant du 14 avril. Une tirade qui concerne les scènes du duel à cheval mais qui donnent le ton général de ce tournage : « Cela était beau à voir. Toutes choses, jusque dans le moindre détail, avaient été parfaitement reconstituées : aménagement des lieux, costumes, armures. Au fond, les murailles de la Cité contribuaient superbement à porter l'illusion à son comble. »

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Un making-of d'époque

En plus des reportages dans les journaux locaux, notamment dans l'Indépendant, un document exceptionnel permet de comprendre le grandiose de l'événement. Georges Savi, cinéaste amateur, a obtenu l'autorisation de filmer les coulisses du film. Un document en 8mm, making-of avant l'heure, intitulé « L'envers du décor » est visible sur YouTube. On apprécie la longue séquence sur le pont de Rieux-en-Val et les différentes mises en place de l'entrée triomphale de Louis XI. Georges Savi a expliqué en 2011 à l'Indépendant qu'il « filmait pendant les répétitions car la caméra faisait trop de bruit ». Il a aussi mis en vedette les deux doublures locales des rôles titres lors des essais d'éclairage au bord du lac de Saint-Ferréol. Car en plus de la Cité et du Val de Dagne, l'équipe technique a planté ses caméras dans la Montagne Noire durant une journée.

 Le scénario

Tiré d'un roman d'Henry Dupuy-Mazuel, « Le miracle des loups » a pour toile de fond la rivalité entre le Duc de Bourgogne Charles le Téméraire et son cousin le roi de France Louis XI, mais le premier n’a en réalité d’autre intention que de lui ravir son trône. Courtisant Jeanne de Beauvais, filleule du roi, il est fort marri qu’elle rejette ses avances. Il la fait enlever et fait accuser le chevalier Robert de Neuville de ce forfait. Neuville se retrouve en prison mais il s’échappe, retrouve la trace de la belle Jeanne et se dresse sur la route de Charles le Téméraire.

Un précédent en 1924 

La Cité de Carcassonne avait déjà servi d'écrin pour le tournage d'un film sur le roman de Dupuy-Mazuel. « Le Miracle des loups » de 1924 est une super production menée par Raymond Bernard, rival d'Abel Gance à l'époque. Ce ne sont pas des centaines de figurants qu'il utilisa pour filmer une scène d'attaque mais des milliers. Des milliers d'Audois qui déferlent sur les remparts de la cité dans la fumée des tirs de canons. Impossible de faire plus spectaculaire. Mais le film est muet et a mal vieilli.

Roman - Routine conservatrice de "La méthode Sisik"


Entre roman philosophique et saga de science-fiction, « La méthode Sisik » de Laurent Graff fait partie de ces petits romans qui, l’air de rien, pourraient avoir beaucoup de conséquence sur notre quotidien. La fameuse méthode est mise au point par le dénommé Sisik, retraité des archives, casanier et solitaire. Pour lui, chaque jour doit être identique au précédent. Comme s’il figeait sa vie. Le temps. Et en répétant minutieusement cette journée-vie, il se découvre presque immortel. Une méthode analysée, décortiquée, répétée pour envoyer un équipage d’astronautes vers une planète éloignée de plusieurs années lumière de la terre. 
Le récit, de routinier, se transforme en exploration des espaces infinis, avec un grain de sable qui remet tout en cause. Un roman qui comme dans la vie se révèle trop long dans le normal et trop court dans l’exceptionnel.

➤ « La méthode Sisik » de Laurent Graff, Le Dilettante, 15 € (en vente le 10 janvier)

BD - Le Vétéran se bat pour la vérité


Blessé à la tête à la bataille de Waterloo, ce soldat français en partie amnésique se retrouve dans une position inconfortable. Présenté par la belle Mathilde comme étant son mari, le colonel Brunoy, riche noble de province, il a par ailleurs l’impression de n’être que Maxime Danjou, ancien capitaine au 7e Hussards. Ce dilemme qui frise la folie est raconté dans le premier tome de cette série historique écrite par Frank Giroud et dessinée par Gilles Mezzomo.

À la fin, coup de théâtre, Brunoy est accusé du meurtre sauvage de sa femme. La seconde partie de l’histoire vire clairement vers l’enquête policière. Danjou-Brunoy s’évade avant son jugement et avec l’aide d’un détective va tenter de dénouer les fils de cette machination. Les multiples coups de théâtre (avec autant de suspects) sont parfaitement amenés. Et à la fin...

➤ «Le vétéran » (Tome 2/2), Glénat, 15,50 € 

BD - La nouvelle Babylone du "Prince de la nuit"


Un seul homme peut-il changer la face du monde ? Oui si l’on en croit le troisième tome du « Prince des ténèbres », mini-série dans le cadre de la collection Jour J. Cet homme c’est Bob, agent secret américain, persuadé avant tout le monde que Ben Laden est un redoutable ennemi pour son pays. Donc avant que les commandos ne fondent sur les tours jumelles, Bob, aidé d’O’Neill, un agent du FBI qui a cru aux craintes de Bob, neutralise les terroristes. 

Dans ce troisième tome, écrit par Duval et Pécau et dessiné par Kordey, Bob est toujours sur la piste de Ben Laden. Mais entre-temps Saddam Hussein a été destitué par un printemps arabe. C’est donc dans cette région toujours aux prises à de graves troubles que le duo va, en dehors de toute légalité, poursuivre son travail pour mettre le monde occidental à l’abri des agissements de ces fous de Dieu. C’est plein de clins d’œil politiques (De Villepin, Obama) et totalement crédible. Ensuite, difficile de dire si ce serait mieux que notre triste présent...

➤ «Jour J » (tome 31), Delcourt, 15,50 €

vendredi 5 janvier 2018

De choses et d'autres - Bon string et bonne année

Le maire de Baillargues dans l’Hérault ne manque pas d’humour. Chaque année, il innove en présentant ses vœux à la population. L’an dernier, quelques mois avant les présidentielles, il avait offert un mini-Babybel à ses administrés, histoire qu’ils ne se fourvoient pas en votant. Dans sa ligne de mire François Hollande et ses cinq ans de fromage à pâte molle...

Cette année, Jean-Luc Meissonnier a placé la barre un peu plus haut. Constatant année après année la diminution des dotations de l’État, il a voulu dénoncer cette situation. Sur la carte de vœux, en plus de la phrase « Pour que votre maire ne se retrouve pas sans culotte, la Ville de Baillargues a le plaisir de vous offrir ce string républicain », il a effectivement placé un string dans l’enveloppe. Sur le petit bout de tissu, une cocarde bleu blanc rouge et les initiales R.F. Revendiquant une politique peu institutionnelle, le maire de Baillargues, à défaut de remplir ses caisses, tente de détendre l’atmosphère.

Pas certain que tout le monde apprécie. Car un string, qu’on le veuille ou non, a une connotation un peu vulgaire. Et franchement, la ficelle entre les fesses, je ne sais pas qui peut supporter ça toute une journée. C’est un peu comme s’il avait offert des chocolats aux personnes âgées, mais qu’ils étaient fourrés au piment.

Hier jeudi, sur le site du Midi Libre, il affirmait avoir déjà son idée pour 2019 : « du lourd ». Après le string, la feuille de vigne ? 

jeudi 4 janvier 2018

De choses et d'autres - Après le bêtisier

Avouez, durant ces vacances de Noël, encore une fois, vous avez craqué et êtes resté de longues minutes devant un bêtisier. L’avantage du bêtisier, c’est qu’il n’est jamais terminé. 2017 à peine terminé, les magnétoscopes se mettent de nouveau à tourner pour le programme de fin 2018.

Et pour les bêtises, on peut faire confiance à Christophe Barbier. L’homme à l’écharpe rouge, éditorialiste sérieux (de droite en langage politiquement correct), longtemps directeur de l’Express, écume les plateaux télé depuis des décennies. Récemment, il est passé de l’autre côté des projecteurs, endossant le soir venu le costume d’acteur sur des scènes parisiennes. Et pour se faire remarquer, il a donné un coup de jeune à sa plume en écrivant ses éditos sous forme de rap.

Le 2 janvier, à la radio, il a accepté de « chanter » son texte sur les 40 ans de Macron. Déjà, du rap, c’est pas fameux à écouter. Mais du rap de vieux, sur un faux rythme, c’est carrément rebutant.

Visiblement, Christophe Barbier en cette année 2018 a décidé de se lâcher. Hier matin, dans la matinale de BFMTV, un sujet sur les célébrités qui se montrent en train de faire de l’exercice les lendemains de fêtes a dégénéré. Carla Bruni fait des pompes ? Le présentateur aussi ! Et Christophe Barbier, seul dans son coin, a tenté le tout pour le tout pour se faire remarquer : il s’est lancé dans un poirier sur la table de présentation. A moitié réussi, mais suffisamment pour que toute la toile s’en empare et se moque de l’éditorialiste devenu rappeur puis équilibriste...

Donc en 2018, pour faire passer ses idées, il faut le faire avec force et agilité. Il me tarde de voir Jean-Michel Apathie (France Info) faire une roue, Thomas Legrand (France Inter) un salto arrière et Patrick Cohen (Europe 1) un triple saut périlleux (ses audiences sont vraiment à la traîne). Michel Litout

mercredi 3 janvier 2018

DVD et blu-ray - Qui sont "Les Proies" en temps de guerre ?

Film étouffant que ces « Proies » de Sofia Coppola. En pleine guerre de sécession, l’immense demeure d’une plantation à l’abandon sert de dernier refuge à une institution pour jeunes filles. Six femmes, de 12 à 45 ans, vivent cloîtrées, entendant au loin le son du canon. 

Quand une des plus jeunes, en cherchant des champignons dans les bois, dé- couvre un soldat yankee blessé à la jambe, sa charité chrétienne la pousse à l’aider et à le ramener à la propriété. Un homme, six femmes : le huis clos peut débuter, chargé de tensions sexuelles et de non-dits. Le soldat (Colin Farrell), aurait pu être dénoncé immédiatement aux Sudistes, mais la maîtresse de maison Miss Martha (Nicole Kidman), sur la demande insistante de Edwina (Kirsten Dunst), décide de le soigner. Quelques jours de répit pour qu’il reprenne des forces. Mais cet homme, dépendant car blessé, tourneboule les têtes des jeunes filles et la nuit des drames se jouent.

Remake d’un film de Don Siegel, « Les Proies » de Sofia Coppola prend le parti des femmes. Exactement, la réalisatrice donne la vision des faibles femmes face au soldat, habitué à violenter et tuer. Un film présenté à Cannes et qui a surtout marqué par son esthétique très léché. Costumes, décors, éclairages : tout est travaillé au millimètre. Un peu aux dépens de l’intrigue, assez molle. Mais dans l’ensemble le film donne l’occasion à tous les acteurs de réaliser des performances trop rares dans le cinéma américain.

DVD et blu-ray proposent deux making-of, un sur la genèse du projet et le choix du casting, l’autre plus orienté vers l’adaptation et le travail maté- riel, décors et costumes.

➤ « Les Proies », Universal, 16,99 € le DVD, 19,99 € le blu-ray

DVD et blu-ray - A Noël aussi on peut avoir très peur avec "Watch out"

Vous n’en pouvez plus de voir et revoir tous ces téléfilms américains sur Noël multidiffusés sur les chaînes privées et dégoulinants de bons sentiments ? « Watch out » est pour vous. Ce film de genre australien utilise les grands classiques du genre, mais transforme le tout en cauchemar absolu.

Dans une banlieue chic, le père et la mère vont passer la soirée chez des amis. Ils laissent leur fils unique Luke (Levi Miller) en compagnie de la baby-sitter Ashley (Olivia DeJonge). Luke, 13 ans, est amoureux transi d’Ashley, 18 ans. Il se dit que cette soirée en tête à tête est l’occasion de sa vie pour la séduire. Avec son meilleur ami, il va tenter de lui faire peur lors du triptyque classique : film fantastique, coups de fil muets et apparitions dans le jardin. Mais la belle Ashley n’est pas dupe et démasque rapidement l’ado.

Les 20 premières minutes, entre parodie et hommage aux films de genre laissent le spectateur un peu sur sa faim. Mais rapidement Chris Peckover, le réalisateur, dévoile son véritable scénario et là, terminée la rigolade. Gore et pas du tout politiquement correct, «Watch out » prouve une nouvelle fois le formidable dynamisme du cinéma en Australie. Le making-of nous apprend que le film a été tourné en plein été austral par 30°, les comédiens devant faire comme s’ils se gelaient dans de la neige artificielle.

➤ « Watch out », Wild Side, 14,99 € le DVD, 19,99 € le bluray

mardi 2 janvier 2018

De choses et d'autres - Les cartes d'hier et de demain

La tempête Carmen qui a déferlé sur l’ouest du pays a placé des dizaines de département en vigilance orange et nous a remis une bonne dose de cartes sous les yeux pour ce premier jour de 2018. Qu’elles soient au trésor ou météo, les cartes appartiennent à ce langage commun acquis très tôt tant à l’école que dans notre imaginaire. Qui n’a pas rêvé en tournant la mappemonde, de trouver le coin le plus éloigné de son monde connu ? La Tasmanie et les Aléoutiennes m’ont longtemps fasciné. Poser un jour le pied sur l’île Rodrigue fait partie de mon fantasme ultime.

Mais les cartes, grâce aux nouvelles technologies présentent aussi une autre utilité. Prenez l’empire romain. On sait tout de son règne, mais on n’a pas véritablement conscience de la difficulté de son édification. Des chercheurs de l’université de Stanford ont encodé des milliers de données pour savoir comment on se déplaçait à l’époque. Combien de temps pour aller d’un point à un autre et à quel coût. Pour se rendre de Narbonne à Toulouse, 4 jours étaient nécessaires. Par contre, Narbonne - Barcelone, en bateau, ne prenait que 2 jours alors que par la route il en aurait fallu près de 10... Du moins si vous voyagiez normalement en mulet, moyen le plus commun pour se déplacer à l’époque.

Autre carte vue hier au gré des bonnes années des uns et des autres, celle des vols entre Asie et USA qui vous permettent de reculer dans le temps. Avec le décalage horaire et le franchissement de la ligne de changement de date (située au milieu du Pacifique), vous partez le 1er janvier 2018 de Tokyo et arrivez le 31 décembre 2017 à San Francisco. Parfait pour les grands amateurs de réveillon, deux pour le prix d’un.

Je ne l’ai pas vécu, mais la carte, par procuration, m’en a fait dé- couvrir toutes les subtilités. 

lundi 1 janvier 2018

De choses et d'autres - En 2018, faisons simple

Pour cette première chronique de l’année, je n’aurai pas la prétention d’énumérer mes bonnes résolutions que je ne tiendrai de toute façon pas. Ni de lister ce qui me ferait plaisir tout en sachant parfaitement que je ne profiterai pas de la moitié. Par exemple, pourquoi désirer une nouvelle télé (connectée, plus grande, HD...) si elle n’est pas livrée avec une extension de journée pour en profiter ? Alors plus modestement, pour cette année 2018, je vais tenter de « faire simple ». 

Si je dis oui, c’est oui. De la même manière, si je dis non, c’est réellement non, pas un « peut-être pas si...» Avez-vous remarqué comme la nuance nous bouffe la vie ? Du moins ceux qui comme moi sont du signe de la balance (ne manquez pas notre grand horoscope annuel dans cette édition de l’Indépendant. Ceci est une publicité simple, oui). 

A vouloir peser le pour et le contre, on est sans cesse dans l’indécision. Et si en face vous avez quelqu’un qui au contraire a des idées tranchées, c’est invivable. Car le temps que vous vous décidiez, votre interlocuteur a changé trois fois d’avis (plus on a de certitudes, plus on est versatile). Donc, quelle que soit votre position finale, vous avez toutes les chances d’avoir déçu l’autre. Dans ce cas de figure, il semble impossible, même avec toute la simplicité du monde, de bien commencer l’année. 

A moins de considérer que la simplicité soit de mettre en place ce concept de raisonnement (fallacieux mais tant pis) : « vous avez raison, j’ai tort », « vous savez tout, je suis un ignare », « vous êtes au top, je suis nul ». En sens unique, c’est sans espoir, mais si chacune des parties l’applique, vous verrez que la vie se révèlera véritablement plus simple.