mardi 7 avril 2009

BD - Hommes bavards


Les hommes aussi tombent amoureux. Tel pourrait être l'autre titre de ce recueil de nouvelles illustrées. Gilles Lahrer raconte, Sébastien Vassant dessine. Une quinzaine de témoignages comme autant de relations possibles entre les hommes et les femmes. 

Chaque récit est précédé d'une explication, face au lecteur, du principal protagoniste. De Massimo, agent commercial à Ferdinand, écrivain, autant de cas particuliers dans lesquels il est possible de se reconnaître. 

Cela va du graveleux au poétique, du pathétique à l'émouvant. Aucune relation ne ressemble à une autre. Les femmes apprécieront, les hommes auront parfois du mal face à ce miroir déformant.

« La voix des hommes qui se mirent », Futuropolis, 22 euros 

lundi 6 avril 2009

BD - Débuts courts de Chester Brown


Chester Brown, avec Joe Matt et Seth, est un des piliers de la BD indépendante nord-américaine. Logiquement, la nouvelle collection des éditions Delcourt reprend « Le petit homme », compilation de ses histoires courtes parues entre 1980 et 1995. Ses premières œuvres, très surréalistes, encore hésitantes, côtoient des récits autobiographiques beaucoup plus longs et aboutis. 

Dans cette dernière catégorie, Helder est un classique, suivi d'un « making of » très instructif sur sa méthode de travail. Le tout est une nouvelle fois mis en abîme par de longues notes commentant ces histoires, les remettant dans leur contexte historique. Un magistral cours de BD et de création.

« Le petit homme », Delcourt, 14,95 euros 

dimanche 5 avril 2009

Mes BD souvenirs (7)


En cette année 1976, j'ai multiplié les chocs graphiques. Et découvert des univers que je ne soupçonnais pas. Exemple les BD publiées dans Métal Hurlant. Le mensuel de science fiction, créé par Moebius, Druillet et Dionnet, alternait déjà récits classiques, souvent en hommage à un âge d'or révolu, et séries résolument futuristes et novatrices. Là aussi c'est une couverture de Solé, un Père Noël évidemment, qui m'a donné l'envie de posséder le numéro de décembre 1976. J'avais feuilleté un peu les précédents numéros, mais de savourer tranquillement ces 100 pages a radicalement changé ma vision de la BD. C'était l'époque où Moebius laissait dériver son imagination au gré des errances de Jerry Cornélius. Un Garage Hermétique qui l'était souvent pour moi aussi mais à la virtuosité graphique inégalée. Et cette pointe de folie qui donnait l'impression qu'on comprenait où l'auteur voulait nous conduire alors qu'en fait ce dernier ne le savait pas du tout...

Il y avait déjà Serge Clerc (mais pas encore Chaland), Montellier, Margerin, Pétillon et Masse. Les histoires de ce dernier me laissaient très perplexe. Dessiné avec une application laborieuse, tout en gros nez et lunettes rondes, ces récits complets présentaient des mondes inquiétants, en marge, où tout un chacun se questionnait. J'étais très réceptif à ces personnages tortueux car très mal à l'aise dans ma peau à l'époque. Masse a toujours été un auteur incompris. Il a d'ailleurs depuis arrêté la BD. Il a également collaboré à (A Suivre) (voir la couverture ci-contre datant de 1984). Certaines de ses histoires se passaient dans une foule compacte où les protagonistes, serrés comme des sardines, suivaient le mouvement, perdant totalement leur libre arbitre. Je me reconnaissais complètement dans ces personnages et cette situation. Depuis, j'ai horreur de la foule.

Dans Métal Hurlant, les dessinateurs de grand talent pullulaient. Si je n'ai jamais accroché à Druillet, par contre je restais des heures devant les planches de Caza, Voss, Macedo ou Jeronaton. Des spécialistes d'un certain réalisme académique, au service d'une imagination débridée. J'ai été un fidèle inconditionnel de la revue. Suivant tous les délires de Philippe Manœuvre. J'avais même réussi à compléter ma collection. Quand la revue a cessé de paraître, en 1987 au numéro 133, il ne m'en manquait qu'une poignée. Métal en quelques années et à peine plus de 100 numéros avait durablement marqué la BD européenne. Je les avait tous regroupés dans un gros carton. Il y a trois ans, au cours d'un énième déménagement, vers la Martinique cette fois, n'ayant pas pu mettre ce carton dans le container, je le laissais en dépôt dans le studio d'un ami. Ce dernier, devant déménager dans l'urgence, sans ouvrir le carton, l'a déposé dans la rue pour s'en débarrasser. D'autres cartons ont suivi, notamment ceux contenant mes fascicules de Tintin des années 1974 à 1980. Quand il m'a appris cela au téléphone, j'ai quasiment tourné de l'œil. Aujourd'hui, près de quatre ans plus tard, j'ai fait mon deuil. Et je me dis qu'un jour, chez un bouquiniste, je trouverai un très beau lot de Métal ou de Tintin, en parfait état...

Si c'est avec Métal Hurlant que je suis véritablement devenu un collectionneur, par la suite ce sont de très nombreux titres que je suivais régulièrement, grossissant sans cesse les cartons de mes déménagements...

(A suivre dimanche prochain) 

samedi 4 avril 2009

BD - Le casting des super-héros


Si aux Etats-Unis les super-héros sont souvent pris au premier degré, en Europe, les auteurs prennent un malin plaisir de se moquer de ces vaillants et invincibles guerriers au service du Bien. Il y a eu le « Captain Biceps » et Tébo et Zep mais avant, dans les années 90, Mauricet, alors jeune dessinateur débutant, avec Janssens au scénario, a proposé dans les pages de l'hebdo Spirou sa version des héros de la loose : « Cosmic Patrouille ». 

Une série éphémère mais qui trottait encore dans la tête de Mauricet. Résultat, en plus de sa série fétiche, « Basket Dunk », il a décidé de reprendre, seul, cette série de gags qui a trouvé refuge chez Bamboo, éditeur qui s'est imposé en peu de temps leader au rayon des BD humoristiques. Le second tome met toujours en vedette Tarentule et Batmec sans oublier Robinou, à la recherche d'une première mission et qui n'a toujours pas le droit de conduire la batbagnole.

Dans cette quarantaine de gags, souvent, deux ou trois membres de la Cosmic Patrouille auditionnent des héros postulant à intégrer cette célèbre armée du Bien. Systématiquement, les vieux de la vieille ne recrutent les nouveaux que pour détourner leur pouvoir. Ainsi le « Moutard fantôme » ne servira que de barbecue pour un pique-nique, Le « Magicien » sera très utile (grâce à se lapins) pour assurer le ravitaillement en viande, « Sergent USA » et son bouclier (transformé en plateau) fera un malheur au poste de serveur, enfin « Bête-à-cornes » se révèlera (grâce à ses sens surdéveloppés, notamment l'ouïe) un radar mobile tout bénéfice pour la police. 

Une série très réussie qui n'est pas spécialement réservée aux amateurs de comics américains.

« Cosmic Patrouille » (tome 2), Bamboo, 9,45 € 

vendredi 3 avril 2009

Thriller - Le festin des anges

Le commissaire Edwige Marion, flic mais également mère, se retrouve face à un pédophile. Un polar signé Danielle Thiéry.


On a beau être commissaire principal, pas évident de s'imposer au sein d'un nouveau service. Surtout quand on arrive de province et que l'on est une femme. Edwige Marion a déjà vécu quelques aventures sous la plume de Danielle Thiéry dans la région de Lyon. Grand changement avec ce roman puisque la jeune femme vient de prendre le commandement de la police des gares. Des centaines d'agents sous ses ordres, quelques fortes têtes et peu d'enquêtes passionnantes.

Dans les premières pages, le lecteur découvre le quotidien de ces policiers de base, obligés de se coltiner tous les paumés de la capitale qui profitent de ces lieux de passage pour tenter un mauvais coup et se fondre dans la foule. Prostituées, trafiquants de drogue, resquilleurs, tagueurs et squatters échouent régulièrement dans les locaux en sous-sol du nouveau royaume d'Edwige Marion. Cette dernière a bien du mal à s'intégrer.

Professionnellement et humainement. Avec sa fille adoptive, Nina, elle a trouvé un appartement dans un quartier peu sûr. Et c'est un soir, en sortant d'un cours de théâtre, que Nina et une amie, Ange-Lou, se font agresser par un mystérieux homme conduisant "un gros 4x4, tapis dans l'ombre épaisse, tous feux éteints. L'obscurité ne permettait pas de distinguer son conducteur, mais Nina eut l'intuition qu'il n'était pas au volant. Ange-Lou s'était figée, agitée de tremblements. Quelque chose claqua derrière elles. Elles tournèrent la tête en même temps, les jambes fauchées par la peur. L'homme en noir braquait sur elles un petit fusil qu'il tenait d'une seule main. Il fit deux pas en avant et se retrouva si près d'elles que Nina perçut son odeur. Déplaisante." Le "méchant" fait peur. L'auteur, également commissaire divisionnaire dans le civil, a particulièrement soigné la description de "l'enfoiré" comme le surnomme rapidement Edwige Marion. Mêlée personnellement à cette affaire, Edwige découvrira que l'enquête est confiée à Kerman, flic ambitieux qui fut son amant. Pas à pas, on suit la progression des policiers, fourmis besogneuses visionnant des heures de vidéo surveillance, questionnant les voisins... Au final on se retrouve avec un dénouement qui offre son lot de surprises et de rebondissements. Un bon polar à la française, alternant les passages techniques et ceux beaucoup plus psychologiques.

"Le festin des anges" de Danielle Thiéry. Editions Anne Carrière. 20 euros 

jeudi 2 avril 2009

BD - Terreur en forêt


Si l'on feuillette distraitement cet album, on pourrait penser à une BD pour enfants, entre Sibylline, pour le côté animaux de la forêt, et Olivier Rameau pour les petits personnages ronds et insouciants. Il faut arriver à la page 6 pour comprendre que non seulement c'est un récit adulte, mais qu'en plus on se trouve en présence d'une histoire sortant véritablement de l'ordinaire. 

En fait, c'est tellement original et inhabituel que déflorer le principe du récit, ce coup de théâtre de la page 6, enlèverait beaucoup au plaisir de la découverte. Cette chronique sera donc volontairement peu informative. Sachez cependant que le scénario est de Fabien Vehlmann et le dessin de Kerascoët, sur une idée de Marie Pommepuy (la moitié de Kerascoët, pseudonyme d'un couple de dessinateurs). 

L'histoire d'une petite fille et de son monde imaginaire, en rose bonbon, où les princesses sont belles et coquettes, les princes charmants et valeureux. Une fillette qui voit défiler les saisons, du joyeux printemps au rude hiver. « Jolies ténèbres » se lit d'une traite, mais la « digestion » est plus longue... Certainement la BD la plus remarquable de ce début d'année.

« Jolies ténèbres », Dupuis, 16 € 

mercredi 1 avril 2009

BD - Hôtel oppressant


Le blizzard souffle sur un petit hôtel perdu au cœur du Nebraska en 1898. Trois hommes descendent du train et vont se réchauffer dans la bâtisse. Parmi eux, Svante Jonasson, un Suédois. Il est aussi inquiet que les deux autres voyageurs car l'endroit ne respire pas la sérénité. L'accueil est glacial. L'ambiance se détend quand le propriétaire des lieux propose une partie de poker. Le Suédois refuse de jouer, ne daignant même pas de donner son nom. 

Svante, à l'attitude très étrange, se met à délirer et affirme haut et fort qu'il va mourir avant la fin de la nuit. Une nuit tumultueuse qui ne fait que commencer. Ce roman graphique de 100 pages est l'adaptation d'une nouvelle de Stephen Crane. 

Devant la table à dessin on retrouve Christophe Gaultier, dessinateur de la série « Guerres civiles » avec Morvan et Ricard au scénario. 

Gaultier qui parvient à donner du mouvement et du corps à ce huis-clos oppressant et pesant. Des planches très sombres, qui font la part belle aux tronches des principaux protagonistes, le Suédois notamment, maigre, les cheveux longs et filasses, yeux exorbités, à la limite de la folie.

« Le Suédois », Futuropolis, 18 € 

mardi 31 mars 2009

BD - Le zoo de Bilal


Étrange futur que celui décrit par Bilal dans son nouvel album, "Animal'z", paru chez Casterman. Un grand coup de froid, dérèglement climatique à l'envers, a rendu les terres invivables. Seuls quelques privilégiés ou chanceux survivent sur des petits bateaux. Cet album raconte l'errance d'un groupe de ces survivants. Des hommes à l'agonie face à des animaux ayant en partie réussi leur adaptation. 

Bilal, dans ces 100 pages d'une virtuosité toujours inégalée, aborde le thème de la mutation génétique. Et si pour survivre, il suffisait de se réincarner, provisoirement, en dauphin ? Certains des personnages sont des cobayes, découvrant leurs mutation en cours. Notamment la belle Kim, attiré par les bêtes, les comprenant. On croise également, dans cet univers gelé, un sous-marin nucléaire échoué, une famille de cannibales et deux duellistes solitaires. L'auteur aime truffer ses dialogues de citations, toutes pertinentes. 

Reste le dessin. Couleurs directes, sur un fond gris bleu. Beauté des personnages, perfection des animaux. Chaque planche se laisse admirer longuement. Comme une plongée au cœur du futur. Tout simplement magistral.

« Animal'z », Casterman, 18 € 

lundi 30 mars 2009

Roman - Cinquantenaire branchée

Comment retrouver l'amour quand on a plus de 50 ans ? Ariel Ricaud a la solution : les sites de rencontres sur le net. Mais gare aux désillusions.


Charlotte est amère. Charlotte est seule. Charlotte risque de déprimer. Pourtant l'héroïne de ce roman d'Ariel Ricaud a tout pour être heureuse. Grande bourgeoise totalement à l'abri du besoin, elle a longtemps conjugué réussite professionnelle et familiale. Patronne d'une agence de communication, elle gère une petite équipe de jeunes femmes modernes et efficaces. Elle est aussi toujours dans le coup. Malgré ses 58 ans elle « assure » : svelte et sportive, elle en fait 15 de moins. Pourtant Charlotte est seule depuis près d'un an. 

Après 25 ans de mariage, trois enfants et deux petits-enfants, son médecin de mari l'a quittée pour une plus jeune rencontrée au cours de ses interminables parties de golf. Si dans un premier temps elle a compensé en travaillant d'arrache-pied, force est de constater que cette solitude commence à lui peser. Ses soirée en tête à tête avec une tranche de jambon (régime oblige) deviennent de plus en plus pénibles.

Flashée par Bel Ami

Tout changera quand elle reviendra d'un déjeuner d'affaire et découvrira ses employées regroupées devant l'écran de l'ordinateur d'Isabelle. Cette trentenaire, cherchant toujours le grand amour, s'est inscrite sur un site de rencontres, « Love-paradise.com ». Ses discussions avec divers prétendants passionnent ses collègues. Dans un premier temps, Charlotte juge sévèrement cette pratique : « Vous êtes vraiment des gamines ! Quelle idée saugrenue, vous avez du temps à perdre, Isabelle, jeune et jolie comme vous êtes, vous n'avez sûrement pas besoin d'Internet pour vous trouver un mari. » Mais, solitude aidant, Charlotte va se laisser prendre au jeu et s'inscrire, en secret, sur le site. Rapidement elle sera « flashée », se lançant dans des discussions virtuelles qui remplaceront ses soirées solitaires. Et deux des prétendants vont faire le forcing pour la rencontrer. Deux grosses déceptions car même à 50 ans passés, la priorité des hommes reste de coucher, rapidement, avec leur conquête.

Différence d'âge

Ariel Ricaud, dans cette première partie du roman, décrit avec justesse ces nouvelles pratiques de rencontres amoureuses. Son récit bascule quand Charlotte, malgré les premiers échecs, se laisse séduire par un « Bel Ami » érudit, énigmatique et patient. Derrière le pseudo de cache Alex, à peine 40 ans, presque trop beau. Ariel Ricaud bascule dans le roman psychologique, avec les interrogations d'une femme tentée de refaire sa vie avec un homme beaucoup plus jeune qu'elle. Mais est-ce le grand amour ou le piège d'un gigolo astucieux ?

Le lecteur se laisse porter par les états d'âme de l'héroïne partagée entre son bonheur fou de l'instant et ces apparences qui passent mal auprès de sa famille et de ses connaissances professionnelles. Si la première partie est tout à fait dans l'air du temps, la seconde est plus profonde et universelle, plongeant ses racines dans une question vieille comme la nuit des temps : une femme peut-elle aimer un homme qui pourrait être son fils ?

« Love-Paradise.com », Ariel Ricaud, Fleuve Noir 19 € (« Vivement demain », précédent roman d'Ariel Ricaud, vient de paraître en poche chez Pocket) 

dimanche 29 mars 2009

Mes BD souvenirs (6)

Encore adolescent de la campagne, sans conscience politique ni ouverture au monde, j'ai en grande partie découvert la vie dans les BD. Pour jeunes dans un premier temps. Du premier degré, très agréable, idéal pour mon envie d'évasion d'un quotidien qui me semblait forcément étroit. Interne, dans un lycée technique donc fréquenté par 98 % par des mâles acnéiques, rapidement les discussions ont porté essentiellement sur le sexe. Un sujet sur lequel j'avais tout à apprendre. Et ce n'est pas auprès des nombreux obsédés avec qui je partageais le dortoir que je me suis éveillé mais en lisant des revues dont je n'imaginais même pas l'existence trois mois plus tôt : L'Echo des Savanes, Pilote ou Fluide Glacial.

Le mercredi, je traînais dans les librairies et maisons de la presse. Pour acheter Spirou et découvrir quantité d'autres titres. Certains, au début, me brûlaient les doigts car les couvertures étaient particulièrement suggestives. Gros seins, verges en érection, les mœurs étaient libres et s'affichaient. Premier gros choc avec l'Echo des Savanes. Je me décidais d'acheter un exemplaire en cette fin d'année 76 en raison d'un dessin de Solé. Un body-builder, tous muscles dehors, gonflait un biceps en forme de sein. A l'intérieur, tout me semblait extraordinaire.

L'œil attiré par les dessins plus classiques, je dévorais une parodie d'Alice au pays des merveilles de Wallace Wood. « Malice au pays des merveilles » mettait en scène une héroïne aux formes de femme épanouie, entièrement nue. Quand elle se penchait pour cueillir une fleur, un lapin libidineux au sexe énorme la prenait par derrière. J'apprenais par la suite le parcours compliqué et la fin tragique de ce dessinateur talentueux de Mad. Marcelé aussi dessinait des femmes aux formes épanouies, moins fermes mais tout aussi suggestives. Au sommaire également une histoire complète de Jack Palmer, première époque. Dans les numéros suivants, je plongeais dans l'histoire la plus parano de toute la BD : « L'hôpital » de Ted Benoit. Il était loin de Blake et Mortimer à l'époque. Un malade, hospitalisé pour un petit bobo, en sortait, plusieurs mois plus tard, amputé de divers membres. J'avoue n'avoir rien compris aux BD de Mandryka, le rédacteur en chef de l'époque.

L'Echo des Savanes qui l'année suivante ouvrait ses pages aux punks de Bazooka. Là non plus ne je comprenais pas tout (voire rien du tout, car finalement il n'y avait peut-être rien à comprendre...) mais cela me plaisait. Je m'intéressais à autre chose qu'à la ligne claire... Au lycée, loin de la cellule familiale, je lisais ces BD underground, audacieuses, dures et osées. De retour à la maison, les week-ends, je reprenais mon habit de petit garçon, rêvant sur des histoires plus classiques, presque plus de mon âge. Je ne les rejetais cependant pas, ce n'était pas un style à la place d'un autre. En fait je cumulais, rallongeant sans cesse mes lectures (je continuais à lire un ou deux romans par semaine), découvrant alors que mon nom me collais de plus en plus à la peau : oui je serai celui qui « lit tout ».

En même temps que l'Echo des savanes, je découvrais les autres titres de BD adultes. Chacune dans son genre, toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Avec une petite préférence pour Métal Hurlant et sa SF très novatrice.

(A suivre dimanche prochain)