Scénariste compulsif, Joann Sfar ne cesse d'imaginer des mondes et des personnages. Il se les garde pour lui, parfois. Mais souvent offre ce découpage à des dessinateurs heureux de bonifier son monde de fantaisie.
Sa rencontre avec Tony Sandoval, illustrateur mexicain, permet de découvrir un album totalement fou et merveilleusement dessiné. Joann Sfar a voulu réécrire l'histoire des dragons. Ces bêtes légendaires vivent cachées. Il y en a des dizaines à Paris. Camouflées sous des statues, des gargouilles notamment.
Ils vont tous se réveiller en cette année 1900 et semer la terreur sur la capitale.
La faute à la reine Kapa'akea, maori qui gagne sa vie en se battant dans les foires. Elle est trop romantique l'héroïne (qui aime aussi donner de sacrées mandales aux hommes prétentieux). Quand elle découvre un groupe de comploteurs qui ont capturé une sirène. Ils ont l'intention de la sacrifier. Kapa'akea la sauve. Une bonne action ? Pas sûr, car sans ce sacrifice, les dragons se réveillent.
La suite de l'album est une longue course poursuite dans Paris, avec affrontements entre les deux jeunes femmes et quantité d'adversaires. La capitale va-t-elle être rasée de la carte de France ?
Dommage que la solution trouvée par la reine et la sirène ne puisse pas être transposée dans tous les conflits meurtriers de notre époque violente et sans nuances.
« Le Paris des dragons », Glénat, 104 pages, 20,50 €
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