Le violeur et sa complice
La mère d'Antoine, bourgeoise un peu prétentieuse, a rencontré Jean-François Laborde quand Antoine était adolescent. Il ne sait pas exactement dans quelles circonstances, mais ce maire de droite, ambitieux, a été charmé par cette parent d'élève très active. Elle se retrouve sur la liste, est élue, devient adjointe et bras droit de Laborde. Antoine, un peu rebelle, n'en tire aucune fierté. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que sa mère est la maîtresse de Laborde. Et que derrière le vernis de rigueur et de moralité exemplaires, se cache une vie sexuelle dissolue. Le scandale éclate quand deux employées de la mairie portent plainte pour viol. Laborde est accusé, la mère d'Antoine suspectée d'être sa complice, sa rabatteuse. Démission, mise en examen, honte… Du jour au lendemain, la vie d'Antoine bascule. Il s'isole puis trouve une oreille compatissante en la personne de Lætitia, la fille de Laborde. Elle aussi est victime du scandale. "Être la fille de Jean-François Laborde la dégoûtait. La détruisait. Elle ne supportait plus le regard qu'on portait sur elle. (...) Je connaissais ça par cœur. En dépit de tout ce que je pouvais prétendre, être le fils de ma mère était un calvaire. Être insulté ou pris en pitié était un calvaire". Tous les deux ils disparaîtront, se cacheront, tenteront d'oublier ce passage de leur vie. Ce roman est celui de l'adolescence blessée, de la famille explosée, du scandale des politiques qui se croient tout permis. On s'identifie au narrateur, comprend sa volonté de disparaître, de ne plus souffrir d'une étiquette qu'il n'a pas choisi. Un droit à l'oubli mais à fort prix."La renverse" d'Olivier Adam, Flammarion, 19 euros.
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