Ce volume publié chez Léo Scheer (20 euros, dans toutes les bonnes librairies), reprend sa correspondance de début 2010 à mi 2013. On y apprend, dans l'ordre chronologique, qu'il a voté Mélenchon au 1er tour de la présidentielle puis Hollande (il regrette son choix très rapidement...), qu'il rompt douloureusement avec sa dernière conquête, qu'il défend bec et ongles DSK et qu'il a un cancer. Le tout dans un joyeux désordre, les destinataires des émiles n'étant désignés que par leur prénom. Les grandes envolées sur l'art d'écrire côtoient les considérations bassement matérielles des fins de mois difficiles car si Matzneff publie beaucoup, il vend peu. Celui qui a longtemps existé grâce à ses extravagances semble lassé de cette foire aux apparences. Il décline sèchement une invitation : "Je n'ai aucune envie de déjeuner avec votre monsieur passionné de littérature. La littérature, je m'en torche."
L'impression laissée à la lecture de ce livre est que Matzneff n'est plus de son temps. Au lieu d'avancer, il donne l'impression de reculer. Né au XXe siècle, il aimerait mourir au XIXe.
"Les nouveaux émiles de Gab la rafale", Gabriel Matzneff, éditions Léo Scheer, 20 euros
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