lundi 9 octobre 2017

Romans : La sélection des poches du dimanche

Houdini enquête

San Francisco, juillet 1899. Le jeune magicien Harry Houdini, en tournée en Californie avec sa charmante épouse Bess, fait alors sensation avec son tour Metamorphosis (ou la malle des Indes). Dans Chinatown, un riche négociant en soie lui demande de retrouver sa nièce, kidnappée à son arrivée à San Francisco. Entre mafia chinoise, corruption et tours de magie, un portrait passionnant de Houdini.

➤ « Metamorphosis », Vivianne Perret, 10/18, 7,10 €

Terreur alpine

Le village de Gryon, dans les Alpes vaudoises, est en émoi : dans le temple gît un cadavre, nu, allongé sur la table sainte à l’image du Christ crucifié. À l’extrémité du couteau qui lui a transpercé le cœur, un message : « Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres !» L’inspecteur Andreas Auer est convaincu que ce meurtre est le premier acte d’une mise en scène macabre et symbolique.

➤ «Le dragon du Muveran », Marc Voltenauer, Pocket, 8,50 €

Livre : Randonnée et Pyrénées, toutes les passions d’un grand montagnard



Il se revendique comme un des premiers « pyrénéens ». Gérard Caubet a ces montagnes dans la peau. Il a été un des précurseurs du métier d’accompagnateur en montagne. Un marcheur, escaladeur, tout terrain, dans cette chaîne si particulière, unique au monde. Il a fait des émules et cela a donné La Balaguère, tour-opérateur spécialiste des Pyrénées. La marque de fabrique de la Balaguère : raconter en randonnant. Les accompagnateurs, comme Gérard Caubet, vous font partager leur connaissance du paysage, des vallées, des hommes. Plus qu’une promenade, c’est une immersion dans un monde qui est proposé. Des années durant, Gérard Caubet a traversé, exploré et aimé ces Pyrénées. Du nord au sud, de l’Atlantique à la Méditerranée, sans exclusive. Un conteur hors pair, qui a décidé de mettre sur papier ces histoires, ces paysages qu’il connaît si bien.
■ Le fond du Capcir
« Étonnantes Pyrénées » est sa dernière production et passionnera tous ceux qui aiment les beaux paysages et les récits qui se cachent derrière certaines cartes postales. Des montagnes à découvrir à travers des chapitres thématiques ou géographiques. Dans la partie vallées, on retiendra le focus sur le Capcir, cette région surnommée « petite Sibérie » mais que Gérard Caubet nomme « petit Canada », trouvaille des locaux car « touristiquement plus glamour ». Ce climat rude en hiver et un relief doucement vallonné permettent l’émergence de la pratique de ski de fond « à portée de toutes les bourses et en réaction au ski alpin trop cher, trop frime, trop tout ». Du Capcir, à partir du milieu des années 70, le ski de fond a essaimé des écoles sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne.
Volet historique passionnant avec le sentier cathare soustitré «Châteaux à gogo ! » Gérard Caubet y retrace l’invention du sentier, surfant sur la mode du catharisme, cette religion perdue, devenue presque philosophie de vie avec ses principes simples. Un chapitre qui lui donne l’occasion de sortir du cadre strict de la montagne, le sentier débutant dans les Corbières et la visite de ses nombreux exploitants viticoles. Il y a châteaux et châteaux. Et gare à la gueule de bois si on ne consomme pas avec modération certaines productions locales gouleyantes et goûteuses. 
➤ « Étonnantes Pyrénées » de Gérard Caubet, La Balaguère et Rando éditions, 25 €

De choses et d'autres - Inclusifs, inclusives...

Nouvelle donne dans le débat sur le genre. Certains tentent depuis quelques années de promouvoir l’écriture inclusive. En clair, oublier la prédominance du masculin sur le féminin. Si on rédige un texte en écriture inclusive, il faut systématiquement proposer les deux genres quand ils existent. Une révolution préconisée par les partis d’extrême-gauche et mise en pratique pour la première fois dans un manuel scolaire.

L’idée n’est pas à proprement parler idiote, mais elle alourdit considérablement le message. Exemple : « Il peut aussi y avoir des modifications de programme de dernière minute, liées notamment aux disponibilités d’un.e intervenant.e ou d’un.e invité.e » Cet extrait est tiré du programme de la dernière université d’été du NPA (Nouveau parti anticapitaliste) à Port Leucate. Les organisateurs sont aussi organisatrices, les militants.es. Mais cela ne fonctionne pas avec tout. Un leader ne devient pas leadeuse et une tête d’affiche, déjà au féminin, le reste. Car si le masculin prédomine, on ne sait pas exactement pourquoi, certains mots ont un genre. Sans que cela soit clairement justifié. Pourquoi un nez et une oreille, une bouche et un œil ?

Pour revenir à l’écriture inclusive, elle complique encore plus les accords. On relève d’ailleurs des fautes dans le reste du programme du NPA : «Les militants.es présentés». Désolé, il fallait écrire «présenté.es». Une erreur sans doute débattue lors de l’AG «non-mixte» du NPA avec juste des femmes, on pourrait presque en rire.

En y réfléchissant, Pierre Desproges a été l’un des premiers à me faire rigoler avec l’écriture inclusive. Du temps du « Tribunal des flagrants délires » sur France Inter, il débutait toujours ses réquisitoires par « Français, Françaises, Belges, Belges ».

samedi 7 octobre 2017

De choses et d'autres - CV comme Carrière Virtuelle

Tous ceux, trop nombreux ces 20 dernières années, qui ont tâté du chômage, ont systématiquement dû passer par un atelier CV. Comme si le plus important dans le travail, c’était de présenter joliment ses expériences, parcours et hobbies... Les auteurs (Babor Lelefan, Matthieu Barrère et Marion Ducasse) de ce livre iconoclaste et drolatique sont certainement passés par là. Et ont imaginé comment 50 personnalités connues ont accédé à la célébrité.

On se glisse dans la peau d’un DRH (directeur des ressources humaines) et on reçoit la candidature d’un certain Jon Snow résidant à Westeros. Après un BTS épée, il a été précédemment « Roi du Nord ». Parmi ses centres d’intérêts, il a créé une association anti-PETA « afin de pouvoir continuer à porter des manteaux de fourrure en vrais poils. » Pour lui, ce sera un stage d’élevage de chèvres.

Où caser le dénommé Vador, Dark de son prénom ? Il n’habite pas la porte à côté, «Dans une galaxie lointaine, très lointaine ». Mais possède des capacités manuelles extraordinaires « Je peux soulever, pousser, tirer, visser... à distance ». Bon pour l’atelier mécanique.

Quant au petit Mark Zuckerberg, pas sûr qu’il soit retenu pour le poste de comptable alors qu’il explique, concernant ses prétentions financières : « Je suis plus riche que vous malgré le fait que je sois roux ». 

➤ « Embauchez-les tous ! », Jungle, 12,95 €

Cinéma - La mort aussi est une « Happy end »


Revenu bredouille du festival de Cannes, « Happy End » de Michael Haneke est pourtant un très grand film, abouti et d’une inexorable évidence. Un drame sur la vie et surtout ce qui la conclue, cette « happy end » que les pessimistes nomment « mort ».

Le film emprunte au début aux nouvelles techniques de narrations. Un prélude sous forme de petites séquences tournées au smartphone, commentées sous forme de sms par Eve (Fantine Harduin), une jeune adolescente de 13 ans. Elle filme sa mère dans son quotidien de femme seule et dépressive. On sent beaucoup d’amertume chez Eve. De rage aussi. Une petite expérience plus tard sur le hamster de la famille, et la jeune fille se retrouve chez son père, à Calais. Ce dernier a refait sa vie. Il n’a pas le temps, sa nouvelle femme vient d’avoir un bébé. Aussi il confie Eve à sa sœur Anne (Isabelle Huppert).

Le film débute véritablement avec cette plongée dans le quotidien de cette famille bourgeoise. Une réminiscence de l’ancien temps.

■ Esclaves modernes

Anne vit dans un hôtel particulier en compagnie de son père Georges (Jean-Louis Trintignant) et de son fils adulte, devenu directeur de la société de travaux publics qu’elle préside. Leur quotidien est rythmé par le travail et les repas sinistres, servis par un couple de Maghrébins, « les esclaves de la maison » comme les appelle par provocation en public le fils quand il n’en peut plus de cette vie de faux-semblant. L’arrivée de la fillette va bouleverser le fragile équilibre.

Le fils va craquer et tout envoyer balader, la mère vendre la société. Mais ce qui va surtout se passer c’est la rencontre entre Eve et Georges. La petite fille secrète et le grand-père presque grabataire. Ils vont avoir en commun de vouloir tous les deux de mettre fin à leurs jours. La première en avalant une forte dose des médicaments de sa mère. Le second en empruntant une voiture de la société de sa fille et en embrassant volontairement un platane en bord de route.

Alors que les adultes, dans leur pitoyable comédie tentent de continuer à faire semblant de vivre dans une société qui les a complètement formatés, le vieil homme et la fillette, après un long travail d’apprentissage mutuel, se comprennent. Se soutiennent et s’aident même pour obtenir cette « Happy end » tant désirée. Loin d’être un film plombant et sinistre, ce nouvel opus de l’œuvre de Michael Haneke est un regard lucide sur le présent de notre société. Un plaidoyer pour le droit de choisir comment mener sa vie. Ou, dans le pire des cas, de choisir sa mort.

➤ "Happy end", drame de Michael Haneke (France, 1 h 48) avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz.

jeudi 5 octobre 2017

De choses et d'autres - Littérature tue-l'amour

Il y a 52 ans, Pascal Jardin, écrivain et scénariste, engendrait Alexandre. Le père, dans les années 60, a certainement croisé la route de Michel Audiard, autre génie du cinéma français à qui l’on doit cette réplique de légende : « Les cons, ça ose tout, c’est à ça qu’on les reconnaît ». Quel rapport avec Alexandre ? Un tweet que l’écrivain (qui, il y a moins de six mois était persuadé de remporter l’élection présidentielle alors qu’il n’a finalement obtenu que 165 parrainages) a brièvement publié mardi dernier. Un chef-d’œuvre de suffisance et de goujaterie. Bref, l’exemple par A + B de la triste réalité de la tirade d’Audiard. Dans ce tweet, l’écrivain fanfaronnait : « Bonheur de lire à voix haute un chapitre de mon livre, au café, à un couple qui se roulait une pelle merveilleuse... Je les ai interrompus ! »

Culotté le petit Alexandre. Et sans gêne surtout. Parce que franchement, quand on est en plein « roulage de pelle » comme il dit un peu vulgairement, on aime se concentrer sur le moment et son ou sa partenaire. Aussi, si votre voisin de terrasse se met à déclamer un texte, forcément on s’interrompt. Et si on est normal, on traite l’importun de tous les noms, voire on lui explique plus brutalement qu’il est de ces moments à respecter. Un direct du droit multiplié par 1 000 sur les réseaux sociaux car ils furent très nombreux à brocarder cet empêcheur de galocher en paix. Et à le parodier dans sa suffisance.

Un de ces mauvais quarts d’heure virtuels de plus en plus fréquents sur le net. Pour une fois, avouons-le, totalement justifié. Alors chers amoureux, si vous n’y tenez plus et que l’envie d’un bisou est plus forte que tout, allez-y, embrassez-vous en public. Mais vous êtes pré- venus, vous aurez toujours le risque de tomber sur Alexandre ou l’un de ses clones, tue-l’amour assurés. 

mercredi 4 octobre 2017

Cinéma - Mariez-vous, ils font tout le reste

LE SENS DE LA FÊTE. Immense éclat de rire avec le nouveau film d’Éric Toledano et Olivier Nakache.


Devenus des incontournables du cinéma français depuis « Intouchables », Éric Toledano et Olivier Nakache reprennent la veine de la comédie pure et dure dans « Le sens de la fête » qui raconte l’organisation d’un mariage, de A à Z. Un film choral avec Jean-Pierre Bacri en vedette qu’ils ont présenté l’été dernier dans une longue tournée de 40 dates dont Perpignan et Narbonne. Avant-premières concluantes. Beaucoup de rire dans les salles, les gags s’enchaînant comme une belle mécanique bien huilée au gré des péripéties de ce mariage où rien ne se passe comme prévu.

■ Bacri chef d’orchestre

Le rôle principal, celui de l’organisateur, est tenu par Jean-Pierre Bacri. Un personnage créé sur mesure par les deux réalisateurs et scénaristes. Bacri en petit patron, angoissé par un possible contrôle de l’Urssaf, les demandes de dernière minute d’un marié tatillon et à l’ego surdimensionné ou la mésentente chronique entre son adjointe et le disc-jockey. Sans compter les défections de certains serveurs, la fronde des autres refusant de porter des perruques ou les crises du photographe officiel, ne supportant plus la vue d’un smartphone, cet engin du diable synonyme de la fin de son métier. 

Un film choral avec un chef d’orchestre qui mène son petit monde à la baguette, même quand il semble complètement dépassé. D’autant qu’il a de son côté des problèmes personnels : son couple bat de l’aile, sa maîtresse le plaque et la vente de sa société reste à finaliser. De la mise en place des tables, à la répétition du discours en passant par la cuisine, le bal et le feu d’artifices, c’est toute la nuit qui est condensée dans ces deux heures de folie. Car en coulisses, les catastrophes s’accumulent et l’équipe, malgré son sens de la fête, sa solidarité et son professionnalisme, frôle à plusieurs reprises le fiasco complet.

■ Casting royal

Les deux réalisateurs ont mis trois ans à monter ce projet. Ils se sont entourés de comédiens d’horizons très divers. Du monstre sacré Jean-Pierre Bacri, aux vieux routiers Jean-Paul Rouve ou Gilles Lellouche en passant par la valeur sûre Hélène Vincent, le sociétaire de la Comédie française Benjamin Lavernhe, le « théâtreux » exigeant Vincent Macaigne, le comique en devenir Alban Ivanov (lire ci-contre) et la totale inconnue (débutante mais très talentueuse) Eye Haidara. Avec tous ces ingrédients, divers et variés, mais soigneusement choisis, Éric Toledano et Olivier Nakache ont concocté une savoureuse comédie, promise à un beau succès. 

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Alban Ivanov, le rire venu du Narbonnais

Ils ont tous « Le sens de la fête », mais parmi les acteurs du film d’Olivier Nakache et Éric Toledano, deux nouvelles têtes crèvent l’écran : Alban Ivanov et Eye Haidara. Le premier connait bien Narbonne. « Je suis né à Narbonne. J’ai quitté la ville à 4 ans, mais ma mère avait un appartement à Narbonne plage, j’y ai donc passé tous mes étés ». Surtout, celui qui a l’humour chevillé au corps, passé par le Jamel Comedy club, a été saisonnier plusieurs étés d’affilée. « Serveur au Tahiti, se souvient-il, tous les soirs on sortait et la journée je suais de la vodka ».

Dans le film, il interprète le cousin d’Adèle (Eye Haidara), l’adjoint du patron. Elle lui promet de lui trouver une place dans la brigade. En extra. Il se révèle une véritable calamité. Un rôle de composition pour Alban Ivanov, même s’il avoue avoir fait quelques gaffes à Narbonne plage. « Je me souviens d’une paella renversée sur un client », se remémore-il en souriant. Pourtant ce n’est pas pour ses talents de gaffeurs qu’Alban Ivanov s’est retrouvé au générique du film. « Jamel Debbouze nous l’a vendu, avec conviction, explique Olivier Nakache. Pourtant les essais n’ont pas été très concluants, mais Alban a besoin de se mettre en danger pour donner le meilleur de lui-même ».

Le danger c’est de se retrouver face à des grands du métier. « Je suis passé direct en ligue des champions, confirme l’acteur d’origine audoise. Bacri ou Hélène Vincent, c’est comme si je jouais avec Zizou ou Deschamps ». Son personnage de grand enfant rêveur légèrement ignare est une source inépuisable de gags. Sa composition ne passera pas inaperçue et s’il revient à Narbonne plage, ce ne sera certainement pas en tant que serveur. 

➤ "Le sens de la fête", comédie d’Éric Toledano, Olivier Nakache (France, 1 h 57) avec JeanPierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche.

DVD et blu-ray - L’autre visage de l’Australie dans la saison 2 de la série « The code »

Longtemps renommée pour ses séries destinées aux adolescents (Hartley cœur à vif), l’Australie a bonifié sa production télé ces dernières décennies. Preuve que l’émergence d’un bon cinéma est toujours synonyme d’amélioration de l’ensemble de la production audiovisuelle.

Meilleur exemple avec « The Code », série inventée par Shelley Birse et qui revient dans une saison 2 aussi passionnante bien que certains ingrédients majeurs de la saison 1 ont été abandonnés en cours de route. Notamment l’Outback, le désert australien qui lui donnait un air si sauvage, authentique. Cette fois l’exotisme est tropical avec une partie de l’action se déroulant en Papouasie luttant pour son indépendance. Par contre les auteurs ont conservé le trio vedette, les deux frères et la jeune Hani. Ned Banks (Dan Spielman), journaliste d’investigation s’occupe de son frère Jesse (Ashley Zukerman), geek et hacker, presque autiste et réellement asocial.

Mais Jesse, la vingtaine révolue, veut enfin vivre par lui-même. D’autant qu’il a rencontré Hani (Adele Perovic), cette fille sauvage d’origine iranienne qui le comprend, l’aime. Le trio, après s’être dé- chiré, va devoir s’unir pour éviter l’extradition. Les deux premiers vers les USA pour espionnage, la troisième vers l’Iran, son pays de naissance. Ils seront recrutés par les services secrets australiens pour faire tomber un réseau clandestin sur le net qui vend de tout, des armes aux enfants pour les pédophiles.

La série, palpitante, aborde quantité de thèmes actuels, du fameux darknet à la manipulation des Etats en passant par les luttes de libération de peuples opprimés. Avec en toile de fond la belle histoire d’amour entre Jesse et Hani, sortes de Bonnie and Clyde du cloud. La saison 2, composée de six épisodes d’une heure, s’accélère dans les deux derniers chapitres. Révélations et coups de théâtre la transforment en grand cinéma. Et on est soulagé au final car on a toutes les chances de retrouver les deux jeunes héros pour une troisième saison.

➤ « The Code » (saison 2), Universal, 14,99 € le coffret de deux DVD

mardi 3 octobre 2017

De choses et d'autres - Nouvelles bêtes de foire

Vous avez aimé détester Eric Zemmour ? Vous allez adorer vilipender Raquel Garrido. La télévision française aime fabriquer de toute pièce puis donner en pâture aux télé- spectateurs ses nouvelles bêtes de foire.

Depuis cette rentrée l’attraction vedette est une responsable de la France Insoumise et... chroniqueuse dans la nouvelle émission de Thierry Ardisson sur C8, chaîne appartenant à Vincent Bolloré. Vous vous souvenez, Bolloré, ce milliardaire dont tout le monde parlait au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy. A cause de son yacht, lieu de villégiature très bling bling. Yacht qui, au passage, ne sera plus imposé sur la fortune.

Raquel Garrido savait où elle mettait les pieds quand elle a signé ce contrat. Cette avocate, déjà très exposée lors de la présidentielle, faisait partie des grandes gueules récurrentes de tous les plateaux télés. Chacun est libre de se reconvertir. Mais cela ne passe pas dans les réseaux sociaux qui l’attendent au moindre dérapage. Il y a 15 jours, elle souligne la réussite de la mobilisation de la manif de Mélenchon contre les ordonnances. Mais des grincheux lui font remarquer, méchamment, que l’émission du dimanche est enregistré le jeudi, soit deux jours avant le rassemblement. Et Raquel Garrido de récupérer l’étiquette de Madame Soleil, voyante politique toute tendance.

Nouvelle pique ce week-end. Dans un tweet elle établit la comparaison entre les budgets des clubs de football de Paris et d’Amiens pour expliquer l’accident de barrière. Un raccourci malvenu. Elle est incendiée et retire le tweet. Pourtant le vrai scandale était ailleurs car dans ce message, elle expliquait assister au match PSG-Bordeaux. Alors l’Insoumise, en plus de travailler pour le Capital, va voir les matches du club du Qatar... Vivement que Jean-Luc soit au pourvoir pour changer ça. 

lundi 2 octobre 2017

De choses et d'autres - Encerclés par la violence

Photo : N. Parent

Une armée de robocops, matraques à la main fonce sur la foule, prend d’assaut les écoles, casse les portes, emporte les urnes. Dans l’action, des personnes tombent, sont blessées. Se relèvent le visage en sang. Hier la démocratie n’est pas sortie grandie de la détermination de l’état espagnol d’empêcher les Catalans de se prononcer en faveur ou non de l’indépendance. En Europe, en 2017, à quelques kilomètres de la France. Des images que l’on croyait réservées à ces pays encore sous le joug de dictateurs accrochés à leurs privilèges, jamais avares de démonstrations de force pour mater le peuple récalcitrant. 

D’ordinaire la police, dans nos pays européens qui ont érigé la démocratie et la liberté en principes inaliénables, est là pour protéger les citoyens. Hier, Barcelone était plombée par une impression de recul en arrière, de précédent qui stigmatisera dorénavant tous les discours sécuritaires, les rendra encore un peu plus indigestes.

Et l’Espagne n’est pas le seul pays européen à être mis au ban des Nations unies cette semaine. En région parisienne, des parents d’élèves, pour dénoncer la pollution chimique d’une usine installée à une rue de l’école, ont bloqué l’accès du site pollueur. Les CRS sont intervenus. Comme en Catalogne, contre des gens anonymes pacifiques, statiques, faisant juste barrage de leurs corps. Pas de quartier : coups et gaz lacrymogènes.

On préfère la police dans son véritable rôle. Comme hier après-midi à Marseille. Un homme attaque des voyageurs au couteau dans la gare Saint-Charles. De la violence encore. Deux femmes sont mortes, deux innocentes. Les militaires de Sentinelle abattent l’agresseur.

Au même moment, à Barcelone, des policiers bastonnent des pompiers qui tentent de s’interposer. Cherchez l’erreur.