samedi 30 décembre 2017

De choses et d'autres - 7 d'un coup

Les grands barons de la drogue n’ont qu’à bien se tenir : la police nationale de Loire-Atlantique veille et, à deux jours de Noël, a mis le paquet pour améliorer ses quotas de saisies. Tout semble parti d’une information venant du personnel de l’hôpital psychiatrique de Saint-Jacques à Rézé : de la drogue circule entre les patients. Alors la direction de l’établissement de santé, en collaboration avec la police, organise une journée de fouille complète de toutes les chambres de tous les bâtiments.

Cette opération de sécurisation est programmée le 23 décembre et le jour J, 24 policiers sont mobilisés avec l’appui de deux chiens spécialisés en recherche de stupéfiants. Une « Belle collaboration » selon le compte Twitter Police Nationale 44 qui dévoile également le bilan de la journée «7 gr de résine découverts dans la chambre d’un patient ». Alors forcément, 24 policiers pour 7 grammes, cela propulse le prix de revient du shit à celui de la cocaïne pure à 100 %.

Et les réponses moqueuses ont fusé sur le réseau social. « 7gr d’un produit qui est considéré comme thérapeutique dans pas mal de pays » fait remarquer OlivM. Piet est assez radical « on a abattu des cochons truffiers qui trouvaient plus que vous. » Beaucoup évoquent une fake news à la Gorafi tant les chiffres sont risibles et d’autres sur un second degré assumé clament à qui veut l’entendre « Quel exploit, je me sens plus en sécurité maintenant. »

De cette histoire, il faut sur- tout retenir que la police, parfois, devrait se méfier des nouveaux moyens de communication. Des petites saisies, tous les jours des agents en réalisent. C’est leur métier, leur quotidien. La lutte contre la drogue passe aussi par là. Par contre, elles ne bénéficient pas d’un tweet ronflant donnant des armes aux pro de la légalisation.

De choses et d'autres - Les mots de votre génération

Trouvé sur Internet un tableau reprenant les mots emblématiques apparus chaque année dans la langue française depuis la fin des années 40 selon les nouveautés affichées par le Petit Robert.


Cela permet de se dresser une sorte de portrait chinois en fonction de sa date de naissance. Parfois on se reconnaît idéalement comme ce membre de Facebook, né en 1976 et qui conserve un attrait certain pour la musique rasta et les couleurs fluos. Un autre, de 2000, n’a pas trop le choix entre bobo et zénitude. Plus compliqué pour le natif de 1997 face au dilemme entre les redoutés spams et les délicieuses panna cotta... Je plains par contre les natifs de 1980. Ils sont la génération perdue ayant vu la naissance de deux symboles de modernités n’ayant pas dépassé la décennie : le minitel et le walkman...
Perso, né en 1961, si j’ai beaucoup utilisé le magnétoscope pour rattraper mes retards en films, je n’ai par contre jamais mis le pied sur la moindre planche de surf. Rire en regardant une vieille VHS de « Jaws », d’accord, risquer de me faire boulotter un mollet voire de me noyer en vrai, pas question.
Plus on se rapproche des dernières années, plus on s’aperçoit que tout ce qui tourne autour d’internet prend le dessus. Comme si les nouveaux terrains d’exploration de l’humanité étaient devenus irrémédiablement virtuels. 1984 : hacker. 1993 ADSL. 1994 : email. 1995 : Gif. 2001 : Wifi. 2009 : hashtag. 2013 : selfie... Pour cette année 2017, le net affirme encore sa supré- matie avec spoiler et emoji.
Et 2018 ? Dans deux jours, quel mot va faire la course en tête ? Quelle mode va envahir nos vies ? Rares sont ceux qui en ont la moindre idée. Et cela reste tout l’attrait de la nouveauté. 

vendredi 29 décembre 2017

BD - Hommage à un animal génial


Depuis la jungle de Palombie, des dessinateurs venus de tous les horizons ont rêvé au Marsupilami. Plusieurs jeunes générations ont imaginé, un jour, s’attaquer à la représentation graphique de la création de Franquin. Son pelage et surtout sa queue permettant une infinité de variations. 
De son vivant, le créateur du Marsu l’a confié à Batem, mais les éditions Dupuis ont donné leur chance à plusieurs auteurs de se frotter à l’animal génial. Des histoires courtes vues dans le journal Spirou et reprises dans ce gros volume de 100 pages. Du très décalé au fantastique sombre en passant par l’humour simple ou l’hommage aux films de guerre, il y en a pour tous les goûts. Mais à chaque fois il n’y a qu’un seul et unique vainqueur : le Marsupilami.
➤ « Marsupilami », Dupuis, 19€

jeudi 28 décembre 2017

Livres de poche - Mots voraces

Bernard Pivot raconte l’histoire d’un homme qui, malgré ses succès de romancier – invitation à Apostrophes, consécration au Goncourt –, a toujours eu l’impression d’être mangé par les mots. D’être leur jouet plutôt que leur maître. Un hommage malicieux, inventif et drôle aux hôtes du dictionnaire, une déclaration d’amour fou à notre langue !
➤ « Au secours ! Les mots m’ont mangé », Points, 5,60 €


Trois correcteurs (dont une correctrice) décortiquent plaisamment règles casse-tête et étrangetés de notre langue, puisant leurs exemples en grande partie dans la presse. L’orthographe et ses peaux de banane, le mystère des termes grammaticaux, la langue de bois des médias, des questions de lecteurs, l’évolution du français, la typographie, voilà quelques-uns des chemins sur lesquels ils vous invitent à les suivre.
➤ « Retour sur l’accord du participe passé », Points, 7,40 €

lundi 25 décembre 2017

De choses et d'autres : Bise ou pas bise ?

La décision de la maire de Morette, village de la communauté de Sud Isère a causé grand bruit parmi ses collègues élus. Dans un mail, elle explique que désormais, elle n’embrassera plus personne lors de son arrivée aux réunions. Rien de religieux ni de féministe derrière cette décision radicale. Aude Picard-Wolff explique simplement qu’elle n’en peut plus de « faire la bise » à tout le monde. Et de noter que souvent elle est arrivée exprès en retard à une réunion communautaire, juste pour éviter la longue tournée des bisous. 

Et vous, au boulot, bise ou pas bise ? Cette pratique typiquement française se dé- cline de surcroît en un, deux, trois voire quatre exemplaires en fonction des régions. Personnellement je soutiens absolument la maire de Morette. Une bise reste un contact physique pas du tout innocent. Et comme par hasard, les hommes aiment bien embrasser leurs collègues femmes sans jamais leur demander leur avis, beaucoup plus rarement leurs collègues hommes. 

Pourquoi ne pas démocratiser la poignée de main ? Simple, efficace, sans affect: elle place tout le monde sur le même pied d’égalité. Attention messieurs cependant, apprenez à doser votre force. Car si certains ont la poignée de main un peu mollassonne, d’autres ont la mauvaise habitude de vous broyer les métacarpes. A choisir, même la maire de Morette préférerait une bise. 

Enfin reste l’argument ultime, le meilleur, celui qui règle tous les problèmes. Une bonne grosse grippe de derrière les fagots. Quand vous arrivez, vous saluez à la cantonade et faites bien comprendre : « ne m’approchez pas si vous ne voulez pas que je vous contamine avec mes microbes ! » Souvent cela suffit largement à éloigner tous les amateurs de bisous. 

dimanche 24 décembre 2017

Roman - Quand la gazelle se transforme en lionne


Les lions ont tendance à somnoler, sauf quand il s’agit de se repaître de la proie que les femelles ont chassée pour eux. Paru à la rentrée littéraire de septembre, il nous a semblé judicieux de « Réveiller les lions » à la manière d’Ayelet Gundar-Goshen, qui nous fait connaître là des voix dont nous, les Occidentaux, n’entendons parler que de très loin. Tout en abordant des thèmes récurrents et universels tels que l’amour, le courage, l’amitié mais aussi le racisme quotidien, l’humiliation, les trafics mafieux d’une société israélienne hyper réglementée et catégorisée, elle nous raconte une histoire haletante, bouleversante, dans laquelle chacun de nous pourrait se reconnaître.

■ Où l’honnêteté ne paie pas

Chouchou du chef de service de neuro-chirurgie du plus grand hôpital de Tel Aviv, le Dr Ethan Green se voit contraint d’accepter une « mutation » à l’hôpital Soroka de Beer-Sheva, petite ville au milieu du désert. Plein d’illusions et d’intégrité, Ethan, lorsqu’il s’aperçoit que son patron touche de grosses enveloppes pour opérer prioritairement tel ou tel patient, le dénonce au directeur de l’hôpital... lequel lui fait bien comprendre que le procédé est non seulement connu mais apprécié. Sa propre épouse, Liath, pourtant inspecteur de police, l’encourage elle-aussi à ne pas faire de vagues. Après tout, ils ont deux petits garçons et un emprunt immobilier. Mais Ethan a l’impression d’étouffer dans la poussière de cette petite ville, dans l’étroitesse de son propre esprit. Une nuit de fin de garde, il prend son 4X4, fait hurler à fond le moteur et Janis Joplin, et se lance sur les pistes du désert.
Quatre heures du mat, la plus belle lune de sa vie, la sensation de liberté et d’ivresse qu’il recherche depuis si longtemps atteint son paroxysme. Jusqu’au choc. Terrible.
Quatre heures du mat. Une piste dans le désert. Personne. Pourtant, il vient de percuter un homme. Paniqué, il constate très vite que la tête de l’Erythréen n’a aucune chance face au solide pare-choc – indestructible, disait le vendeur. Sa décision est vite prise, finalement.
Quatre heures du mat. Une piste dans le désert. Personne. Il repart, laissant agoniser l’homme dans la nuit. Et là, pour Ethan, commence le pire des cauchemars. 
Fabienne Huart 
➤ "Réveiller les lions", Ayelet Gundar-Goshen, Les Presses de la Cité, 22,50 €

samedi 23 décembre 2017

BD - Les Forêts d’Opale reverdissent


Nouvelle époque, nouveaux personnages et nouveau cycle pour « Les Forêts d’Opale », série écrite par Arleston et dessinée par Pellet. De longues années après le sacrifice du titan de Darko, un équilibre précaire règne dans ce monde imaginaire désormais mis en images par Cédric Fernandez. Un maître archéologue recrute un petit prestidigitateur un peu escroc sur les bords, Luksand, et va tenter d’extorquer un bijou magique à une redoutable femme de pouvoir. On apprécie les animaux imaginaires, les rebondissements et la beauté de l’autre héroïne, Altä.

« Les Forêts d’Opale » (tome 10), Soleil, 14,50 € 



vendredi 22 décembre 2017

BD - Le cauchemar Bumidom



Durant les années 60, l’Etat français a organisé un véritable exode forcé pour quantité de jeunes Antillais et Réunionnais. Un exil pour atténuer la pression démographique de ces petites îles et tenter de repeupler une métropole vieillissante. Ce passé coupable, tout le monde veut l’oublier, tant les organisateurs que les « victimes ». Jessica Oublié, fille d’Antillais, née en France justement, a enquêté et signe un album (dessiné par Marie-Ange Rousseau) de témoignages très forts. Entre réveil de conscience et regrets éternels, le Bumidom pour « Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer » aura amplifié le sentiment de déracinement de ces « Iliens ».
➤ « Peyi an nou », Steinkis, 20 €

jeudi 21 décembre 2017

De choses et d'autres - Des pulls et des couleurs

Vu à la machine à café avant-hier, un petit mot anonyme demandant aux employés du journal de venir travailler ce jeudi habillé d’un pull moche de Noël. Désolé, pas pour moi. Non seulement je refuse de suivre les modes idiotes lancées outre-atlantique (sauf quand il y a des sabres-lasers), mais en plus je suis toujours sapé avec la dernière élégance. (Ah zut, 90 % des personnes me connaissant se sont littéralement étouffées en lisant ces lignes.)

En réalité, dire que j’apporte peu d’importance à mon look est mille fois en des- sous de la réalité. Je suis de ceux qui s’en contrebalancent totalement. Une chemise repassée me donne de l’urticaire, c’est dire.

À la limite, le pull moche de Noël me ferait presque envie. Au détail près que je ne supporte pas les pulls. La laine me gratte, le synthétique bourré d’électricité statique me donne l’impression de me transformer en torche humaine. De plus ma femme a toutes les qualités, dont celle de ne pas savoir tricoter (et de détester ça).

Ensuite, le pull moche est forcément sujet à controverse. Pourquoi un renne du père Noël souriant de toutes ses dents dans des couleurs criardes est plus vilain qu’un pull Desigual, version art contemporain du vêtement bariolé ?

Si la journée mondiale du pull moche de Noël est de- venue une institution planétaire, navré de doucher les espoirs de celui ou celle qui a collé le post-it à la machine à café, mais cette journée tombe chaque année le 3e vendredi de décembre.

La semaine dernière donc. Être ridicule, passe encore, mais avec sept jours de retard, c’est au-dessus de mes forces.

Des idées cadeaux de films, séries et coffrets...

L’hiver est terminé

Pour ceux qui ont raté le phénomène « Game of Thrones » ces dernières années, voilà l’occasion parfaite de tout découvrir d’un coup. Les sept saisons dans un gros coffret, pour des heures et des heures de plongée dans cet univers violent et inquiétant. Avec en plus quantité de bonus. Et si vous êtes attentif, vous pourrez reconnaître certains lieux de tournage, notamment Gérone en Catalogne.
➤ Coffret Game of Thrones, Warner home vidéo, environ 100 €

Parisiennes

Elles sont cinq. Cinq femmes dans Paris. Valeria Bruni-Tedeschi, Anaïs Demoustier, Naidra Ayadi, Lou Roy-Lecollinet, Zabou Breitman interprètent ces Parisiennes modernes qui vivent, aiment, jouissent et se posent des questions. Ludique et passionnant.
➤ "Paris, etc », Studiocanal

Frenchy-space

Tiré de la BD de Christin et Mézières, l’adaptation de Valérian par Luc Besson est une superbe réussite. Effets, spéciaux, humour, 3D, monstres... Le film n’a rien à envier aux superproductions américaines. A déguster dans son canapé à la vitesse de la lumière.
➤ « Valérian », EuropaCorp

Bébél éternel


Jean-Paul Belmondo (qui pourrait de nouveau tourner prochainement), a longtemps assuré ses cascades lui-même. Ce coffret reprend six de ses films les plus mouvementés dont « L’alpagueur » tourné en grande partie à Perpignan. Du cinéma efficace et spectaculaire.

➤ « Belmondo cascadeur », Studiocanal

------------------

Entre cape, épée et comédie US


Son nom s’est peu à peu effacé de la mémoire collective mais André Hunebelle n’en reste pas moins un grand réalisateur français du XXe siècle. Si la trilogie Fantômas et OSS 117 sont ses films les plus populaires, le cinéaste a aussi révélé Louis de Funès (il lui a donné son premier rôle dans Taxi, Roulotte et Corrida), Bourvil, Jean Marais (avec qui il a tourné « Le Miracle de Loups » dans la Cité de Carcassonne) et même le scénariste et dialoguiste Michel Audiard. Pathé ressuscite deux de ses œuvres issues de sa période de cape et d’épée : « Les Trois Mousquetaires » et « Le Capitan ». Les Trois Mousquetaires est un véritable monument de la littérature française. En 1953, André Hunebelle en fait une adaptation drôle et musclée sur des dialogues de velours. Il faut dire que le scénario est signé Michel Audiard.

Un an après avoir réalisé Le Bossu, André Hunebelle signe Le Capitan en 1960, adapté du roman éponyme de Michel Zévaco, avec la même équipe à succès. Le réalisateur retrouve en effet Jean Marais et Bourvil dans des rôles similaires avec, en prime, Guy Delorme, éternel méchant des films de cape et d’épée, aussi bien chez Hunebelle que chez Bernard Borderie. Une fois encore, le casting est épatant. Jean Marais apporte une touche d’émotion et de justesse à son rôle. Coloré, historiquement fidèle et majestueusement décoré, Le Capitan est une pépite du genre. Vif, rocambolesque et rythmé, le film joue sur les scènes d’action et d’aventure qui se succèdent avec panache.


Qui se souvient de Preston Sturges ? Pas assez de cinéphiles malheureusement alors voilà l’occasion de se replonger dans l’œuvre de ce grand maître de la comédie hollywoodienne, artiste avant-gardiste enfin célébré à sa juste valeur par un objet d’exception ! Ce coffret reprend six trésors restaurés et présentés pour la première fois en HD. Sarcastique dans « Le Gros Lot » avec Dick Powell, Jimmy MacDonald rêve de remporter le gros lot du concours de slogans. Ses collègues lui font croire qu’il a gagné… Il se lance alors dans de folles dé- penses pour ravir sa famille et sa fiancée. Romance dans « Un cœur pris au piège » avec Barbara Stanwyck et Henry Fonda. Après un voyage en Amazonie, Charles Pike, riche héritier, rencontre sur le bateau du retour une femme fatale en quête de mari, Jean Harrington. Elle va bientôt jeter son dévolu sur lui.
Dans le coffret vous retrouverez un livre exclusif grand format (24x30cm à l’italienne) de 188 pages, rassemblant à la fois un texte inédit de Philippe Garnier (ainsi que des textes sur chacun des films), la biographie de Preston Sturges signée Marc Cerisuelo et un album photo dédié à chacun des films, tiré d’archives rares.
➤ Coffret Hunebelle, Pathé.
➤ Coffret Preston Sturges, Wild Side Vidéo