Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
jeudi 28 décembre 2017
Livres de poche - Mots voraces
lundi 25 décembre 2017
De choses et d'autres : Bise ou pas bise ?
La décision de la maire de Morette, village de la communauté de Sud Isère a causé grand bruit parmi ses collègues élus. Dans un mail, elle explique que désormais, elle n’embrassera plus personne lors de son arrivée aux réunions. Rien de religieux ni de féministe derrière cette décision radicale. Aude Picard-Wolff explique simplement qu’elle n’en peut plus de « faire la bise » à tout le monde. Et de noter que souvent elle est arrivée exprès en retard à une réunion communautaire, juste pour éviter la longue tournée des bisous.
Et vous, au boulot, bise ou pas bise ? Cette pratique typiquement française se dé- cline de surcroît en un, deux, trois voire quatre exemplaires en fonction des régions. Personnellement je soutiens absolument la maire de Morette. Une bise reste un contact physique pas du tout innocent. Et comme par hasard, les hommes aiment bien embrasser leurs collègues femmes sans jamais leur demander leur avis, beaucoup plus rarement leurs collègues hommes.
Pourquoi ne pas démocratiser la poignée de main ? Simple, efficace, sans affect: elle place tout le monde sur le même pied d’égalité. Attention messieurs cependant, apprenez à doser votre force. Car si certains ont la poignée de main un peu mollassonne, d’autres ont la mauvaise habitude de vous broyer les métacarpes. A choisir, même la maire de Morette préférerait une bise.
Enfin reste l’argument ultime, le meilleur, celui qui règle tous les problèmes. Une bonne grosse grippe de derrière les fagots. Quand vous arrivez, vous saluez à la cantonade et faites bien comprendre : « ne m’approchez pas si vous ne voulez pas que je vous contamine avec mes microbes ! » Souvent cela suffit largement à éloigner tous les amateurs de bisous.
dimanche 24 décembre 2017
Roman - Quand la gazelle se transforme en lionne
■ Où l’honnêteté ne paie pas
Chouchou du chef de service de neuro-chirurgie du plus grand hôpital de Tel Aviv, le Dr Ethan Green se voit contraint d’accepter une « mutation » à l’hôpital Soroka de Beer-Sheva, petite ville au milieu du désert. Plein d’illusions et d’intégrité, Ethan, lorsqu’il s’aperçoit que son patron touche de grosses enveloppes pour opérer prioritairement tel ou tel patient, le dénonce au directeur de l’hôpital... lequel lui fait bien comprendre que le procédé est non seulement connu mais apprécié. Sa propre épouse, Liath, pourtant inspecteur de police, l’encourage elle-aussi à ne pas faire de vagues. Après tout, ils ont deux petits garçons et un emprunt immobilier. Mais Ethan a l’impression d’étouffer dans la poussière de cette petite ville, dans l’étroitesse de son propre esprit. Une nuit de fin de garde, il prend son 4X4, fait hurler à fond le moteur et Janis Joplin, et se lance sur les pistes du désert.
Quatre heures du mat, la plus belle lune de sa vie, la sensation de liberté et d’ivresse qu’il recherche depuis si longtemps atteint son paroxysme. Jusqu’au choc. Terrible.
Quatre heures du mat. Une piste dans le désert. Personne. Pourtant, il vient de percuter un homme. Paniqué, il constate très vite que la tête de l’Erythréen n’a aucune chance face au solide pare-choc – indestructible, disait le vendeur. Sa décision est vite prise, finalement.
Quatre heures du mat. Une piste dans le désert. Personne. Il repart, laissant agoniser l’homme dans la nuit. Et là, pour Ethan, commence le pire des cauchemars.
samedi 23 décembre 2017
BD - Les Forêts d’Opale reverdissent
Nouvelle époque, nouveaux personnages et nouveau cycle pour « Les Forêts d’Opale », série écrite par Arleston et dessinée par Pellet. De longues années après le sacrifice du titan de Darko, un équilibre précaire règne dans ce monde imaginaire désormais mis en images par Cédric Fernandez. Un maître archéologue recrute un petit prestidigitateur un peu escroc sur les bords, Luksand, et va tenter d’extorquer un bijou magique à une redoutable femme de pouvoir. On apprécie les animaux imaginaires, les rebondissements et la beauté de l’autre héroïne, Altä.
« Les Forêts d’Opale » (tome 10), Soleil, 14,50 €
vendredi 22 décembre 2017
BD - Le cauchemar Bumidom
Durant les années 60, l’Etat français a organisé un véritable exode forcé pour quantité de jeunes Antillais et Réunionnais. Un exil pour atténuer la pression démographique de ces petites îles et tenter de repeupler une métropole vieillissante. Ce passé coupable, tout le monde veut l’oublier, tant les organisateurs que les « victimes ». Jessica Oublié, fille d’Antillais, née en France justement, a enquêté et signe un album (dessiné par Marie-Ange Rousseau) de témoignages très forts. Entre réveil de conscience et regrets éternels, le Bumidom pour « Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer » aura amplifié le sentiment de déracinement de ces « Iliens ».
➤ « Peyi an nou », Steinkis, 20 €
jeudi 21 décembre 2017
De choses et d'autres - Des pulls et des couleurs
Vu à la machine à café avant-hier, un petit mot anonyme demandant aux employés du journal de venir travailler ce jeudi habillé d’un pull moche de Noël. Désolé, pas pour moi. Non seulement je refuse de suivre les modes idiotes lancées outre-atlantique (sauf quand il y a des sabres-lasers), mais en plus je suis toujours sapé avec la dernière élégance. (Ah zut, 90 % des personnes me connaissant se sont littéralement étouffées en lisant ces lignes.)
En réalité, dire que j’apporte peu d’importance à mon look est mille fois en des- sous de la réalité. Je suis de ceux qui s’en contrebalancent totalement. Une chemise repassée me donne de l’urticaire, c’est dire.
À la limite, le pull moche de Noël me ferait presque envie. Au détail près que je ne supporte pas les pulls. La laine me gratte, le synthétique bourré d’électricité statique me donne l’impression de me transformer en torche humaine. De plus ma femme a toutes les qualités, dont celle de ne pas savoir tricoter (et de détester ça).
Ensuite, le pull moche est forcément sujet à controverse. Pourquoi un renne du père Noël souriant de toutes ses dents dans des couleurs criardes est plus vilain qu’un pull Desigual, version art contemporain du vêtement bariolé ?
Si la journée mondiale du pull moche de Noël est de- venue une institution planétaire, navré de doucher les espoirs de celui ou celle qui a collé le post-it à la machine à café, mais cette journée tombe chaque année le 3e vendredi de décembre.
La semaine dernière donc. Être ridicule, passe encore, mais avec sept jours de retard, c’est au-dessus de mes forces.
Des idées cadeaux de films, séries et coffrets...
Pour ceux qui ont raté le phénomène « Game of Thrones » ces dernières années, voilà l’occasion parfaite de tout découvrir d’un coup. Les sept saisons dans un gros coffret, pour des heures et des heures de plongée dans cet univers violent et inquiétant. Avec en plus quantité de bonus. Et si vous êtes attentif, vous pourrez reconnaître certains lieux de tournage, notamment Gérone en Catalogne.
➤ Coffret Game of Thrones, Warner home vidéo, environ 100 €
Parisiennes
Elles sont cinq. Cinq femmes dans Paris. Valeria Bruni-Tedeschi, Anaïs Demoustier, Naidra Ayadi, Lou Roy-Lecollinet, Zabou Breitman interprètent ces Parisiennes modernes qui vivent, aiment, jouissent et se posent des questions. Ludique et passionnant.
➤ "Paris, etc », Studiocanal
Frenchy-space
Tiré de la BD de Christin et Mézières, l’adaptation de Valérian par Luc Besson est une superbe réussite. Effets, spéciaux, humour, 3D, monstres... Le film n’a rien à envier aux superproductions américaines. A déguster dans son canapé à la vitesse de la lumière.
➤ « Valérian », EuropaCorp
Bébél éternel
Jean-Paul Belmondo (qui pourrait de nouveau tourner prochainement), a longtemps assuré ses cascades lui-même. Ce coffret reprend six de ses films les plus mouvementés dont « L’alpagueur » tourné en grande partie à Perpignan. Du cinéma efficace et spectaculaire.
➤ « Belmondo cascadeur », Studiocanal
Un an après avoir réalisé Le Bossu, André Hunebelle signe Le Capitan en 1960, adapté du roman éponyme de Michel Zévaco, avec la même équipe à succès. Le réalisateur retrouve en effet Jean Marais et Bourvil dans des rôles similaires avec, en prime, Guy Delorme, éternel méchant des films de cape et d’épée, aussi bien chez Hunebelle que chez Bernard Borderie. Une fois encore, le casting est épatant. Jean Marais apporte une touche d’émotion et de justesse à son rôle. Coloré, historiquement fidèle et majestueusement décoré, Le Capitan est une pépite du genre. Vif, rocambolesque et rythmé, le film joue sur les scènes d’action et d’aventure qui se succèdent avec panache.
Dans le coffret vous retrouverez un livre exclusif grand format (24x30cm à l’italienne) de 188 pages, rassemblant à la fois un texte inédit de Philippe Garnier (ainsi que des textes sur chacun des films), la biographie de Preston Sturges signée Marc Cerisuelo et un album photo dédié à chacun des films, tiré d’archives rares.
➤ Coffret Hunebelle, Pathé.
➤ Coffret Preston Sturges, Wild Side Vidéo
mercredi 20 décembre 2017
De choses et d'autres - Ecrits perdus
Aujourd’hui sort au cinéma (voir dans la page dédiée au 7e art dans notre édition de ce mercredi), l’adaptation de «La promesse de l’aube », roman de Romain Gary. Gary, poussé par sa mère, a raconté comment, dès son enfance, il était persuadé de s’imposer dans son rayon, la littérature. Effectivement, il a remporté le Goncourt en 1956 pour « Les racines du ciel ». Et pour entrer définitivement dans le panthéon des lettres françaises, il a décidé d’obtenir un second Goncourt.
Normalement, c’est impossible car un lauréat ne peut être sélectionné de nouveau. Qu’importe pour celui qui a transformé sa vie en roman, il lance dans le bain un certain Emile Ajar. Et sans coup férir, il remporte le prix en 1975 pour « La vie devant soi ». Une supercherie qu’il dévoilera peu de temps plus tard.
Par contre pas de Nobel pour ce génie de la littérature. À l’époque les spécialistes suédois ont préféré Claude Simon, chantre du Nouveau roman. Avec un peu de recul, ont-ils fait le bon choix ? Car une nouvelle affaire d’imposture littéraire vient de faire grand bruit. Des admirateurs de Claude Simon ont sélectionné un extrait d’un de ses romans paru en 1962. Ils l’ont envoyé à 19 éditeurs nationaux. Résultat 12 réponses négatives et 7 qui n’ont même pas daigné donner des nouvelles…
Au mieux, on se dit que les goûts littéraires d’aujourd’hui ont changé. Au pire que les comités de lecture sont dramatiquement nuls et incultes. Car expliquer son refus par « les phrases sont sans fin, faisant perdre totalement le fil au lecteur » paraît un poil prétentieux quand il s’agit de lignes écrites par un prix Nobel. Dans ces conditions, si Romain Gary était toujours de ce monde (il s’est suicidé en 1980), il aurait eu le Nobel, mais pas sûr qu’il soit toujours publié sous un faux nom.
DVD et blu-ray - Cette blonde, c’est de la bombe
Charlize Theron en «Atomic Blonde » c’est de l’action toutes les 30 secondes, du charme toutes les minutes et des rebondissements tous les quarts d’heure. Un film survitaminé, sorte d’ovni à base d’espionnage, se déroulant entre Berlin Ouest et Est, les trois jours au cours desquels l’Histoire a basculé et le Mur abattu. Reste que sur place, les différents services secrets sont toujours actifs et en plein chambardement. Une liste, recensant tous les agents en poste à Berlin, des deux côtés, est mise à prix. Tous la veulent, des Britanniques aux Russes en passant par les Français et bien évidemment les Américains.
Le meilleur agent anglais abattu, le MI décide d’y envoyer Lorraine Broughton (Charlize Theron) pour récupérer la liste et surtout démasquer un agent double. Le film de David Leitch en plus de nous plonger dans le Berlin de la fin des années 80 (avec la bande originale top de chez top, de David Bowie à The Clash en passant par Nena et son 99 luftballons), film Charlize Theron sous toutes les coutures, habillée, peu vêtue, entièrement nue. Belle ou amochée. Car l’espionne prend beaucoup de coups au cours du film et plus on approche du dénouement, plus ses jolis yeux sont cernés, ses lèvres explosées et ses jambes couvertes de bleus.
De l’action et un beau retournement de situation dans les dernières minutes. Du grand art.
➤ « Atomic Blonde », Universal vidéo, 14,99 € le DVD, 17,99 € le blu-ray
mardi 19 décembre 2017
De choses et d'autres - On dirait le Sud
Certains ne s’encombrent pas de consultation populaire pour déterminer le nouveau nom de leur région. Là où Carole Delga a lancé une vaste enquête ouverte à tous les habitants des Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon défuntes, d’autres ont décidé unilatéralement. Après le Nord Pas-de-Calais Picardie devenu du jour au lendemain Hauts-de-France, c’est la région PACA pour Provence, Alpes-Côte-d’Azur qui vient d’être rebaptisée.
Un choix de Renaud Muselier, le nouveau président. Qui ne s’est pas trop pris le chou pour trouver son idéal. Xavier Bertrand a abandonné le Nord ? Qu’à cela ne tienne, Muselier préempte le Sud. Il s’en explique dans un tweet : « Notre territoire c’est le soleil, la mer, la montagne, le bien-vivre. Il était indispensable de donner à notre région un nom valorisant tous nos atouts : le Sud. ». Au moins, il n’aura pas de difficulté pour trouver un hymne, la chanson de Nino Ferrer étant encore dans toutes les mémoires.
Si c’était aussi simple... J’imagine déjà les millions de Provençaux qui vont manifester, lancer des pétitions, saisir le Conseil d’Etat pour avoir perdu leur identité dans leur nouvelle appellation. Sans compter que le Sud de la France, a priori (tous les professeurs de géographie vous le confirmeront), ne se limite pas à ce territoire. Aude et Pyrénées-Orientales, par exemple, se situent plus au sud que Marseille ou Nice. Et franchement, nous sommes certainement plus nombreux à nous sentir « sudistes » dans notre région que dans l’ancienne PACA.
De toute manière, Renaud Muselier a pris quelques précautions. Ce n’est pas seulement région Sud mais «Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur ». Alors rien que pour l’énerver, au lieu de dire Sud, je propose qu’on dise SudPACA, ou mieux encore SPACA.












