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vendredi 20 mai 2022

DVD - Les "Tromperies" selon Desplechin et Philip Roth


DVD et Blu-ray.
Philip Roth, écrivain juif américain, est le personnage principal de « Tromperie » (Le Pacte Vidéo) film d’Arnaud Desplechin, tiré du roman du même nom sorti en 1990. Philip (Denis Podalydès), écrivain originaire de New York, vit en exil à Londres. Il quitte sa femme (Anouk Grinberg) tous les matins pour rejoindre un studio qui lui sert de bureau. Là, il écrit. Il passe surtout des heures en compagnie de sa maîtresse anglaise (Léa Seydoux). Ils font l’amour et parlent. 

Léa Seydoux, lumineuse, d’une beauté incandescente dans les bras de son romancier qui sait si bien l’écouter, alterne moments de pur bonheur (quel sourire craquant), à d’autres de tristesse infinie. Car Philip, tout en lui conseillant de divorcer, de quitter son mari qu’elle n’aime plus, ne peut rien lui offrir que ces moments de plaisirs charnels doublés de longues discussions.

vendredi 10 décembre 2021

Cinéma - « Tromperie » d’une muse trop inspirante

Du Philip Roth dans le texte, mais dit par Léa Seydoux et Denis Podalydès dans ce film très cérébral d’Arnaud Desplechin


Pionnier de l’autofiction, Philip Roth aime mêler sa vie à son œuvre. Ou baser une intrigue de fiction sur des personnages de ses connaissances. L’écrivain juif américain devient donc le personnage principal de Tromperie, film d’Arnaud Desplechin, tiré du roman du même nom sorti en 1990. Philip (Denis Podalydès), écrivain originaire de New York, vit en exil à Londres. Il quitte sa femme (Anouk Grinberg) tous les matins pour rejoindre un studio qui lui sert de bureau. Là, il écrit. Il passe surtout des heures en compagnie de sa maîtresse anglaise (Léa Seydoux). Ils font l’amour et parlent. Le film prend alors des airs de psychanalyse passionnelle entre une femme malheureuse et un romancier qui a besoin de se nourrir de la vie des autres pour en imaginer de nouvelles. En questionnant son amante sur son mari, si elle couche toujours avec lui, si son métier lui plaît, pourquoi elle vient tous les jours dans ce studio et au tres sujets divers et variés, le roman se façonne comme par enchantement.  

L’homme qui écoute les femmes 

 Voilà en fait comment Philip Roth, « l’écouteur » imagine ses romans. Au risque de blesser ces femmes qui ont jalonné les différentes périodes de sa vie. Rosalie (Emmanuelle Devos), une très ancienne amie, qui meurt d’un cancer dans un hôpital à New York, lui demande dans quel roman elle apparaît. Comme une évidence. Découpé en chapitres, ce film d’Arnaud Desplechin fait la part belle aux performances de comédiens. Denis Podalydès dans le rôle du romancier, clairvoyant mais plein de contradictions, transmet une puissance phénoménale quand il écoute sa maîtresse. Il fait passer dans son regard cet amour fou pour une femme dont il veut comprendre le fonctionnement, la passion, le désespoir. Léa Seydoux, lumineuse, d’une beauté incandescente dans les bras de son romancier qui sait si bien l’écouter, alterne moments de pur bonheur (quel sourire craquant), à des moments de tristesse infinie. Car Philip, tout en lui conseillant de divorcer, de quitter son mari qu’elle n’aime plus, ne peut rien lui offrir que ces moments de plaisirs charnels doublés de longues discussions. Un livre aussi, ce roman qui raconte leur relation et qui est parfaitement adapté par un Arnaud Desplechin visiblement grand amateur de l’écrivain.

➤Film d’Arnaud Desplechin avec Denis Podalydès, Léa Seydoux, Anouk Grinberg, Emmanuelle Devos.

lundi 23 août 2021

Cinéma - “France” lacrymale

Journaliste vedette à la télévision, France De Meurs craque. Des pleurs en direct, c’est bon pour l’audience ça Coco !

France (Léa Seydoux), star du petit écran, aime se mettre en scène lors de ses reportages. Roger Arpajou / 3B

De façon quasi sibylline, Bruno Dumont présente ainsi France, son dernier film, en compétition au dernier festival de Cannes : « C’est à la fois le portrait d’une femme, journaliste à la télévision, d’un pays, le nôtre, et d’un système, celui des médias. » On peut aussi, de façon plus prosaïque, expliquer que « c’est une femme puissante qui découvre qu’elle peut pleurer ». Ceux qui s’attendent à un brûlot contre les médias-spectacles en seront pour leur argent. Le début du film va quand même un peu les contenter, avec un habile trucage qui met France de Meurs (Léa Seydoux), la journaliste télé star, au même niveau que l’interviewé : Emmanuel Macron. En début de conférence de presse, elle papote avec un collègue. Le président la reprend. Elle pose ensuite une question rentre-dedans et jubile dans la foulée au lieu d’écouter la réponse. Ce qui compte dans ce petit monde du buzz et des « pouces en l’air », ce sont les réactions du public à la question, en aucun cas à la réponse.  

La carrière de France est orchestrée par Lou (Blanche Gardin), la femme de l’ombre, celle qui agit pour la vedette, sa star, son produit. Et quand elles voient les courbes d’audience augmenter, elles se lancent des « mains en forme de cœur » comme des collégiennes. Mais en réalité dans ces formes géométriques mimées, on ne voit plus que les orifices des confrères à qui France la met bien profond. 

Le ton du film change quand la journaliste vedette, qui alterne présentation en plateau et reportages en zone de guerre, renverse un deux-roues dans les rues de Paris. Du pain béni pour les journaux people qui aiment salir ce que le public vénère.  Obligée de faire son mea culpa en direct, France craque et pleure à chaudes larmes. Et dès lors à la moindre contrariété, la belle et rayonnante star ne cesse de pleurer, comme horrifiée par son personnage, ses agissements et la misère du monde qui lui permet d’être célèbre. 

Femme multiple

En reportage sous les obus : elle pleure. En plein gala de charité : elle pleure. En cure de remise en forme : elle pleure. Quand elle apprend que son amant de passage l’a trahie : elle pleure. Léa Seydoux a dû produire quelques litres de liquide lacrymal tout au long de ces plus de deux heures parfois déconcertantes tant ses réactions sont en opposition avec l’image de la femme brossée durant la première demi-heure. 

Sans doute moins incisif que les premières réalisations de Bruno Dumont (L’Humanité est un chef-d’œuvre), ce France laisse comme un goût d’inachevé. Car au final, on ne sait pas exactement qui est France. Une femme dévorée par l’ambition, une dépressive qui s’ignore, une bipolaire incontrôlable ? À moins que toutes ces interrogations ne soient le véritable sujet du film et le message du réalisateur porté par une Léa Seydoux inspirée : La femme est naturellement multiple et plus complexe que les hommes si faciles à déchiffrer.

Film de Bruno Dumont avec Léa Seydoux, Blanche Gardin, Benjamin Biolay