jeudi 30 septembre 2021

Série Télé - Cobayes de luxe dans « Nine perfect strangers »


Les centres de remise en forme ont le vent en poupe. Parfois très efficaces, ils permettent aussi à quelques escrocs de faire de substantiels bénéfices avec quelques artifices. Et puis il y a Tranquillum, lieu à l’écart de tout, imaginé et dirigé par la très intrigante Masha (Nicole Kidman). Nine Perfect strangers, série, diffusée actuellement sur Amazon Prime Vidéo au rythme d’un épisode par semaine, raconte le séjour à Tranquillum de neuf personnes venues de différents horizons. Un couple, une famille (parents et fille) et des individus, souvent mal dans leur peau, cachant des secrets inavouables. 

Neuf « cobayes » sélectionnés par Masha qui est persuadée que c’est l’alchimie du groupe qui va permettre à chacun d’aller mieux. Mais rapidement l’ambiance se dégrade, les accrochages entre patients se multiplient et seuls les smoothies servis au petit-déjeuner (et bourrés de drogues psychotropes), permettent de poursuivre l’expérience. Si Nicole Kidman en grande prêtresse est moyennement convaincante, par contre tous les autres participants de la série sont formidables dans leurs interprétations de ces grands écorchés vifs. 

Melissa McCarthy, comique de service, sait jouer la romancière désespérée. Bobby Cannavale, en ancienne gloire du foot tombée dans l’oubli après une blessure, est très convaincant. Regina Hall, l’enthousiaste de service, toujours partante pour les activités et résolument optimiste cache au fond d’elle une violence sans limite. Reste le cas de Lars (Luke Evans). Ce journaliste d’investigation tente de découvrir qui se cache derrière Tranquillum. Mais lui non plus n’est pas forcément équilibré dans sa tête. Au fil des épisodes, cela devient de plus en plus extrême. Une tension savamment orchestrée par le concepteur de la série, David E. Kelley

mercredi 29 septembre 2021

Netflix - Horreur, une série avec des chatons !


Défenseurs des animaux, ne vous risquez pas à jeter un œil sur la dernière mini-série horrifique mise en ligne par Netflix. Dans Brand new cherry flavor, vous pourrez voir la naissance de quelques chatons. Le miracle de la vie ? Non, une sorte d’enfantement dans la douleur de boules de poils synonymes de malheur et de drames à venir.

Mais avant que ces chatons horrifiques n’entrent en scène, on fait la connaissance de Lisa Nova, le personnage principal de cette histoire tirée d’un roman de Todd Grimson et adaptée par Nick Antosca et Lenore Zion. Dans les années 90, cette apprentie cinéaste arrive à Hollywood avec dans ses valises les bobines de son court-métrage tourné en noir et blanc. Le petit film d’horreur a tapé dans l’œil de Lou Burke (Eric Lange), célèbre producteur. Lou est dans une mauvaise passe. Il n’a pas produit le moindre succès depuis quelques années. Il flaire dans cette histoire une opportunité d’exploser le box-office. Lisa signe un contrat avec lui. Mais qui finalement s’avère un piège pour la jeune fille. Le filou récupère les droits du film et demande à un de ses protégés de le réaliser. 

Lisa, désespérée et très énervée décide de se venger. Vengeance qui prend forme quand elle croise la route de Boro (Catherine Keener), une sorcière qui va deviner dans Lisa un potentiel magique insoupçonné. C’est à ce moment que les chatons font leur apparition. Chatons qui sortent de la bouche de Lisa et servent de monnaie d’échange dans la vengeance mise en place par Boro.

Cette simple mise en bouche plante le décor d’une série qui flirte avec l’ambiance des films de David Lynch. Mais les créateurs ont fait le choix de ne pas occulter les parties résolument gore et de pimenter le tout avec quelques scènes de sexe soft. Bref, Brand new cherry flavour va vous surprendre de bout en bout, à l’opposé de tout formatage vu et revu dans des productions plus ternes et consensuelles qui prolifèrent sur les plateformes de streaming par abonnement. 

mardi 28 septembre 2021

DVD et bluray - « L’étreinte » de la cinquantaine


Pour son premier film, Ludovic Bergery a donné le rôle principal à une femme de 50 ans. Dans « L’étreinte » (Pyramide Vidéo), Margaux, interprétée par Emmanuelle Béart, vient de perdre son mari. Elle doit faire son deuil et commencer une nouvelle vie de veuve. Mais que veut dire « être veuve ? » Il y a la mort dans cette expression alors que cette femme, au contraire, découvre que rien n’est terminé. Elle décide de reprendre des études en littérature et fait face à une forte envie de ressentir de nouvelles émotions, d’aimer tout simplement. Un film sensible sur le deuil, l’absence et l’instinct de survie

Le DVD offre dans ses bonus un entretien avec l’actrice et le réalisateur et le court-métrage « L’accara rouge », premiers pas de Ludovic Bergery à la réalisation. 

lundi 27 septembre 2021

De choses et d’autres - Un influenceur + un influenceur = zéro

En tant que Boomer (ça y est, j’ai passé le cap des 60 piges), je ricane en découvrant l’audience calamiteuse d’une série télévisée portant sur le monde des influenceurs. Vous savez, ces jeunes qui revendiquent des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et qui feraient, désormais, la pluie et le beau temps dans l’opinion publique, selon eux.

NRJ12, la chaîne de la TNT qui s’illustre essentiellement par ses programmes de téléréalité, décide de se lancer, elle aussi, dans le feuilleton avec, tous les soirs à 18 h, un épisode de la série « Influences ». La vie au quotidien d’une agence d’influenceurs.

On est dans le cœur de cible du public visé, avec cependant cette nuance : la série entend raconter les coulisses de ce monde nouveau. Comment on fabrique une star ? Comment elle peut gagner des millions, sans avoir le moindre talent ? Comment une fausse histoire d’amour peut relancer deux carrières en berne ?

La chaîne n’a pas un gros budget, plusieurs rôles sont, donc, confiés à des… influenceurs. Et comme le scénario ne fait pas dans la délicatesse, l’ensemble semble étrangement plus factice que les émissions de téléréalité déjà très éloignées de la vie quotidienne.

Voilà comment le feuilleton, après de timides débuts à moins de 30 000 téléspectateurs (sur l’ensemble de la France), a signé lundi un record peu enviable. Seulement 3 000 personnes selon Médiamétrie pour regarder « Premier succès », l’épisode 6 qui portait très mal son nom. La fameuse part d’audience est donc de 0 % tout rond pour cause de chiffre inférieur à la marge d’erreur.

Comme quoi ces influenceurs ne sont finalement pas la panacée.

dimanche 26 septembre 2021

De choses et d'autres - Information en perdition

Un jour ou l’autre, on perd tous quelque chose auquel on tient. Une bague qui vient des grands-parents, un livre dédicacé qu’on relit régulièrement ou, c’est souvent plus compliqué pour la suite, ses papiers d’identité avec carte de crédit, clés de la voiture et de la maison.

Et puis il arrive que des objets disparaissent, mais on ne sait pas comment et surtout pourquoi son propriétaire y tient tant. Exemple avec cette information diffusée par France Bleu Creuse à propos d’un Belge venu participer au championnat européen de la coupe mulet. Arrivé à vélo depuis Mons en Belgique (600 km juste pour l’aller), il a perdu « le 7 septembre, entre Châtelus-le-Marcheix et Le Châtenet-en-Dognon », sa perruque mulet fétiche. Il lance donc un appel à la radio pour retrouver ce postiche qui a fait tout le voyage avec lui. Il y tient essentiellement pour sa valeur symbolique car une perruque mulet (c’est peut-être la seule information valable de l’article) coûte à peine 15 euros.

Un peu plus cher et encombrant cet objet perdu le 13 septembre au-dessus des Landes. Un « cylindre de couleur bleu, qui fait 10 cm de diamètre et mesure 1,90 m de long » L’appel est lancé par l’armée de l’air car ce que l’avion militaire, un Mirage 2000, a perdu ce jour-là, c’est tout simplement une bombe.

Cela a fait les gros titres de quelques sites en mal de clics. Sites qui n’ont précisé qu’en tout dernier lieu que la bombe est inerte et factice, ne représentant donc aucun danger. Aux dernières nouvelles, ni la perruque mulet ni la fausse bombe n’ont été retrouvées.

samedi 25 septembre 2021

De choses et d’autres - Capsules trompeuses

Je me dois de partager avec vous mon fou rire du jour. D’autant que je me suis un peu reconnu dans le portrait peu flatteur que cette femme fait de son mari.

Elle publie une petite annonce sur le net et explique que « pour cause de mari débile » elle vend une « boîte de 30 capsules Nescafé Dolce et Gabano ou je sais plus quel truc qui rime en O ». Elle lui avait demandé des capsules Nespresso et précise un poil énervée : « Ça fait 8 ans qu’on a la machine ! »

Chère madame, je me permets de vous faire remarquer que malheureusement, les hommes ont souvent des problèmes avec les listes de courses. Moi en particulier. J’ai deux problèmes quand je suis seul au magasin en mission commandée : je ne trouve pas ce qui est demandé et quand je crois l’avoir déniché, je me trompe.

Presque une malédiction sous le signe du beurre doux à la place du demi-sel, de la pâte brisée à la place de la feuilletée. J’avoue, seul en courses, je suis catastrophique. Pas au point du mari aux mauvaises capsules, cependant.

Dans la petite annonce, l’épouse en remet une couche : « L’autre fois je lui demande un pot de gommage moussant et il m’a ramené un pot de houmous. » Le meilleur pour la fin, le mari, pour justifier son achat argumente : « C’est dommage, on aurait pu en donner à notre fils de 8 ans au petit-déjeuner ».
Réponse définitive de madame : « Le 7, c’est l’intensité du café, pas une recommandation de jeu vidéo, pauvre nouille ! ». Les nouilles, c’est quel rayon déjà ? 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le lundi 27 septembre 2021

vendredi 24 septembre 2021

De choses et d’autres - Rire, mais en duo avec Poiret et Serrault

Ils étaient la coqueluche de Paris dans les années 50. Le duo Poiret et Serrault a débuté au cabaret en interprétant des sketches où la fantaisie se battait en duel avec l’absurde. Des sketchs parfois oubliés retrouvés et publiés dans ce livre que tous les humoristes d’aujourd’hui devraient lire de toute urgence. Leur spécialité au début étant la parodie d’interview. Ainsi en cette période de prix littéraires, le sketch sur les œuvres (et la prétention) du romancier Stéphane Brineville semble encore tout à fait d’actualité en pleine résurgence de l’autofiction

Mais le plus flagrant est le sketch sur M. Schnops, réfugié politique venu demander l’asile en France. Poiret, en bon journaliste demande à Serrault s’il a fui l’URSS ou un pays communiste (on est en pleine guerre froide), mais ce dernier avoue qu’il est Suisse. Mais pourquoi quitter ce pays démocratique et pacifique ? 

« Car la tyrannie du régime helvétique pèse sur tout… Toutes les libertés sont réduites à néant. » 

Vous ne trouvez pas que la parodie ressemble à l’actualité d’aujourd’hui ?

« Poiret et Serrault, les sketchs », chez Calmann-Lévy, 18,90 €  

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le samedi 25 septembre 2021

jeudi 23 septembre 2021

De choses et d’autres - Les pubs du monde d’avant sont de retour

Pour ceux qui doutent du retour en force du monde d’avant, il leur suffit d’aller jeter un œil à leur boîte aux lettres. S’ils n’y ont pas apposé l’autocollant « Stop à la pub », ils ont constaté que les prospectus arrivent de nouveau en quantité.

Mercredi, c’est plus d’un demi-kilo de dépliants et catalogues divers qui ont atterri chez moi. Comme si la reprise de la consommation ne suffisait pas, il fallait en plus pousser les Français à acheter encore et encore. Mais que nous conseille-t-on d’acquérir en ces temps sombres entre pandémie et fin du monde pour cause de dérèglement climatique ? Des canapés et des téléviseurs encore plus grands pour les enseignes spécialisées.

La pub s’adresse aussi aux gens dans le coup puisqu’on propose une banquette-lit en palettes pour 300 €. Ce sont de fausses palettes, sans doute plus confortables, mais ne vaut-il pas mieux faire avec le matériau original qui est souvent gratuit ?

Dans les grandes enseignes, les promos touchent surtout ce qui se mange. Des pages et des pages de photos de viande sanguinolente ou de poissons à l’œil éteint. Feuilleter ces prospectus permet de voyager à moindres frais. Saumon de Norvège, agneau de Nouvelle-Zélande, crevettes d’Équateur ou avocats du Kenya, tous les continents s’offrent à nos papilles.

Attention, ces pubs d’un autre âge continuent à plomber notre bilan carbone. Même recyclé ce papier n’est pas neutre. Et savoir que le « trafic est fluide pour la Normandie », jeu de mot approximatif pour promouvoir de la crème légère, ne m’apporte pas grand-chose.

Finalement, je vais moi aussi accoler l’autocollant « Stop à la pub ». Même si j’y perds certainement quelques idées de chroniques…

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le vendredi 24 septembre 2021

mercredi 22 septembre 2021

De choses et d’autres - Entre Montpellier ou la planète Mars, faut choisir

Ainsi donc, la ligne à grande vitesse entre Perpignan et Montpellier avance. Pas trop et pas trop vite, mais elle avance. Le calendrier est de nouveau mis à plat et au regard des dernières décisions gouvernementales, des délais normaux pour le foncier et, bien évidemment, la phase de construction, on arrive désormais à la date approximative d’après 2040.

Encore près de 20 ans à attendre, telles des vaches dans le pré qui ruminent en regardant passer les tortillards. Mais, attention, 2040 c’est pour la jonction avec Perpignan.

La ligne entre Montpellier et Béziers, elle, pourrait être mise en service beaucoup plus tôt. Enfin, pas tant que ça, les prévisions les plus optimistes évoquant l’année 2033.

Cette ligne est en train de devenir la Sagrada Familia du sud de la France. Un chantier qui n’en finit plus. Chaque année qui passe rajoute deux ou trois ans à la date finale des travaux.

En comparaison, les Américains estiment qu’ils pourront lancer un vol habité vers Mars en 2033 ou, plus certainement, lors de la fenêtre de tir suivante de 2037. Dans tous les cas de figure, il semble plus simple d’aller sur Mars que de prendre un véritable TGV de Perpignan à Montpellier.

De toute manière, si cela continue à ce rythme, les dernières traverses des rails seront posées vers 2070, au moment même où une équipe d’ingénieurs mettra au point la téléportation instantanée rendant totalement caduques toutes ces installations.

Et, à ceux qui me rétorquent que c’est de la pure science-fiction, je répondrais que cette ligne TGV en a aussi tous les airs.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 23 septembre 2021

mardi 21 septembre 2021

De choses et d’autres - M. et Mme Exemple ont de l’argent

L’inflation repart à la hausse et, par conséquent, le smic va être un peu augmenté en octobre. Après cette étrange période de crise sanitaire où les milliards d’aides en tout genre ont déferlé sur la France, où en sont les Français avec leurs finances ?

Difficile de dresser des tendances, chaque cas étant particulier et la relation avec l’argent, quelque chose de très personnel. Se contenter de deux catégories (fourmis qui épargnent et cigales dépensières) est trop réducteur.

J’ai pourtant eu un petit indice quand une personne, pour expliquer qu’elle n’arrivait pas à utiliser son application d’une banque, a partagé une capture d’écran. Un exemple, pour preuve ce sont les comptes de M. et Mme Exemple qui sont détaillés. Le compte de M. est crédité de 2 540 €, le compte joint de M. et Mme de 6 643 € et le livret A (de M. encore) de 17 922 €.

Les réactions portaient, essentiellement, sur les montants. Pour certains, jamais ils n’ont eu plus de 500 € sur le Livret. D’autres soulignaient qu’ils étaient tous les mois à découvert. Les plus pragmatiques s’étonnaient d’une telle somme sur le compte courant qui ne rapporte pas…

Bref, la majorité trouvait M. et Mme Exemple très riches.

Personnellement, ce qui me gênait dans le tableau, c’est la répartition des comptes. Si M. Exemple peut utiliser, comme il l’entend, les trois comptes, soit une somme de près de 27 000 €, Mme doit se contenter du compte joint et des 6 600 €. Mais, il est vrai que les banques ont longtemps freiné l’indépendance financière des femmes. N’oublions pas que ces dernières ne peuvent ouvrir un compte à leur nom que depuis le 13 juillet 1965.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 22 septembre 2021 

lundi 20 septembre 2021

Série Télé - « Post Mortem » ou la malédiction des croque-morts


Rien ne va plus pour la petite entreprise Hallangen dans la ville de Skarnes en Norvège. Elle a pignon sur rue et propose ses services à la population depuis quatre générations. Mais voilà, plus personne ne meurt à Skarnes, sous-titre de la série télé Post Mortem depuis peu sur Netflix. Les Hallangen sont croque-morts depuis des générations. Le fils, Odd (Elias Holmen Sørensen), se prépare à succéder à son père. La fille, Live (Kathrine Thorborg Johansen) est infirmière dans une maison de retraite. 

Tout débute quand les policiers locaux (un couple hilarant formé par un pur local, amoureux de Live quand il était à l’école primaire et une Femme en surcharge pondérale originaire d’Afrique mais dotée du flegme inébranlable des Norvégiens) découvrent un corps dans la campagne. C’est Live. Conduite à la morgue, c’est au tout début de l’autopsie que les médecins s’aperçoivent que finalement elle est vivante. 

Série horrifique avec quelques scènes gores, Post Mortem est avant tout l’histoire d’une famille en déroute. Live souffre d’un mal héréditaire qui l’empêche de mourir et la pousse à boire du sang humain. Loin de se concentrer sur elle, le scénario raconte comment Odd, raté parmi les ratés, tente désespérément de remettre l’entreprise à flot, quitte à transporter de la drogue dans des cadavres en provenance de Suède ou pire, utiliser les combines des « forces de vente » pour obliger les clients (la famille en deuil), à acheter le cercueil et la cérémonie la plus coûteuse. 

Bref le noir n’est pas réservé aux costumes lors des enterrements mais aussi à l’humour distillé dans cette série très transgressive.

De choses et d’autres - Quand le n’importe quoi fait foi

On vit une époque formidable ! L’expression, popularisée dans les années 70 par un album de dessins d’humour de Reiser, est encore plus valable aujourd’hui. C’est du côté de la pandémie que l’on trouve le plus de faits et gestes qui se rapprochent de l’esprit de la maxime.

Prenez Fabrice Di Vizio, un des plus actifs dans le monde des antivax. Dans une vidéo où il a l’air clairement illuminé, il affirme que face à l’épidémie « les moines ont sauvé des millions de vies par la prière silencieuse. » Finalement Pfizer et Moderna sont des nains inefficaces face à ces sauveurs de l’Humanité.

Une autre déclaration autour des effets secondaires des vaccins contre le Covid a poussé le ministre de la Santé de Trinidad et Tobago à préciser que jamais la vaccination n’a provoqué « le gonflement des testicules ». Une allégation lancée par Nicky Minaj, chanteuse pop célèbre dans le monde entier et originaire de ces îles des Caraïbes.

Enfin, dans cette « époque formidable », on apprend, mais là c’est du très sérieux, que l’armée américaine a inventé une machine à faire taire l’ennemi. Exactement, ce système informatique provoque, sur les ondes de communication, un écho tellement perturbant que plus personne ne comprend.

Dommage qu’elle ne soit pas en vente libre pour les civils, je l’utiliserai avec plaisir pour en faire taire certains un peu trop présents sur les ondes pour raconter leurs salades.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mardi 21 septembre 2021

dimanche 19 septembre 2021

Série télé - « Into the night » redécolle

Projet belge s’internationalisant de plus en plus, la série arrive sur Netflix pour une seconde partie. Si la première saison se déroulait essentiellement dans l’avion (un dérèglement du soleil tue toute personne exposée. Il fallait donc rester de l’autre côté de la Terre, en pleine nuit), la suite se déroule dans le bunker où les survivants ont trouvé refuge. 

Dans ce monde cloîtré, les jeux de pouvoir vont rapidement faire exploser la solidarité et transformer la vie en survie. Et comme ce type d’histoire doit être plein de rebondissements, quelques personnages pourtant essentiels vont mourir et surtout, l’avion va redécoller pour, tout simplement, tenter de sauver l’Humanité.

De choses et d'autres - Record du monde, il a vu le même film au cinéma 203 fois !

Samedi dernier, à 18 heures dans un cinéma de Reims, Arnaud Klein est allé voir le film Kaamelott premier volet. L’information ne semble pas particulièrement palpitante ni essentielle, j’en conviens.

Mais derrière la séance du film d’Alexandre Astier se cache un record du monde. Car c’était la 203e fois qu’Arnaud Klein visionnait les aventures du roi Arthur au cinéma.

Un marathon lancé par boutade il y a sept semaines : « Je te parie que je vais aller voir Kaamelott plus de 200 fois ! » a-t-il affirmé à des copains un peu vite. Et voilà le jeune homme embringué dans un truc qui va rapidement le dépasser. Car à l’heure des réseaux sociaux, il partage chaque séance (un selfie avant et la photo du ticket d’entrée), récoltant des milliers d’abonnés.

Finalement, pour être sûr de battre le record du monde détenu par un Américain (Avengers Endgame vu 191 fois), il décide qu’il ira voir le film 203 fois. S’il s’est senti parfois seul (le cinéma de Reims a conservé jusqu’au bout les quatre séances quotidiennes pour lui permettre d’arriver au score voulu), la fin du parcours a attiré des dizaines de supporters. Même Alexandre Astier est allé voir son propre film en sa compagnie.

Samedi, ils étaient plus de 200 dans la salle pour la séance du record. Si certains trouvent Arnaud « abruti et débile », en ces temps de ‘sous-marinsgate’, couler le record d’un Américain ne peut pas faire de mal à la grandeur de la France.

Par contre à l’issue de ce parcours on ne sait pas ce que pense véritablement Arnaud du film, mais il a dû un peu apprécier pour arriver à tenir son pari. Car voir un mauvais film c’est assez pénible, alors imaginez voir 203 fois le même navet ?

Reste à savoir si le défi sera relevé. Est-ce qu’un autre « débile et abruti » tentera de voir Kaamelott second volet 204 fois quand il sortira ? La réponse dans quelques années puisque le tournage n’a pas encore débuté.

samedi 18 septembre 2021

Série télé - Les grands espaces sur Arte


Arte est devenue un rendez-vous incontournable en matière de séries de qualité. Loin des clichés trop formatés américains, la chaîne franco-allemande propose des productions en provenance de tous les pays. En cette rentrée, vous pouvez vous évader en Nouvelle-Zélande, puis en Finlande (avec un crochet en Grèce). 

One Lane Bridge, toujours à l’antenne le jeudi soir et sur la plateforme Arte.tv, se déroule dans la ville de Queenstown dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Dans ce sud sauvage, froid et montagneux, Ariki, un policier d’origine maori, va devoir enquêter sur la mort d’un fermier. Il est retrouvé en contrebas d’un pont à une voie de sinistre réputation. Suicide ou homicide ? Ariki (Dominic Ona-Ariki) penche pour la seconde solution. Mais son chef, Stephen (Joel Tobeck), qui a fait toute sa carrière sur place et connaissait parfaitement la victime, croit plutôt au suicide. 

La série, sur six épisodes, offre des images somptueuses de ces montagnes désertiques peuplées de fermiers bourrus et de centaines de moutons. Avec un soupçon de magie, Ariki ayant un don de double vue, notamment quand il est sur le fameux pont. 


Grâce à L’homme de la chambre 301, (à l’antenne à partir du 23 septembre et déjà sur Arte.tv), cap sur les bois de la Finlande. La série porte sur les mensonges tenaces dans une famille bourgeoise. L’action se déroule en 2007, lors d’un drame qui va marquer durablement les différents protagonistes. La suite, de nos jours, montre ces individualités brisées tentant de survivre, d’Helsinki à la Grèce lors de vacances où le mystère de l’homme de la chambre 301 fait son irruption. 

Une série à l’ambiance trouble où on ne sait jamais exactement où se cache la vérité. Du suspense de haut niveau.

De choses et d’autres - Emballage et emballement

L’art contemporain, parfois aussi beau qu’incompréhensible, a beaucoup fait parler de lui cette semaine. Comme si, sur les réseaux sociaux, les gens n’avaient que ça à se mettre sous la dent, alors qu’il y a la campagne passionnante de la primaire écologiste ou le congrès essentiel des petites villes de France en présence de Jean Castex.

Non, on préfère s’étriller sur la pertinence d’emballer l’Arc de Triomphe et on s’extasie devant la statue monumentale érigée en hommage à Johnny Hallyday.

L’emballage passe mal. Comme si cacher un monument équivalait à le raser. Rappelons, dans un premier temps, que c’est temporaire. Le dimanche 3 octobre, ils seront sans doute des millions à regretter la fin de cet exceptionnel happening, le dernier voulu par l’artiste récemment disparu.

Par contre, du côté de la future esplanade, Johnny Hallyday, face à la salle de Bercy, tout le monde s’est extasié au moment du dévoilement de la statue hommage. Un manche de guitare vertical avec au sommet une Harley Davidson cabrée. L’artiste ne s’est pas foulé, mais c’est souvent l’impression que donne l’art contemporain. Et, franchement, ce n’est pas une grande réussite.

Alors, après le 3 octobre, si on ne sait pas quoi faire des toiles de l’Arc de Triomphe, pourquoi ne pas en récupérer une partie pour emballer l’hommage à Johnny ? Et pas provisoirement si possible !

 

vendredi 17 septembre 2021

Streaming - Décevant « Chaos Walking »


Certains films semblent un peu maudits. Pourtant à la base, tout était réuni pour que Chaos Walking fasse un carton dans les salles. Un roman à succès, deux acteurs dans le vent (Tom Holland alias « Spiderman » et Daisy Ridley alias Rey dans Star Wars) et Robert Zemeckis derrière la caméra. Mais finalement la très grosse production a été réalisée par Doug Liman, le tournage s’est étalé dans le temps et au final, la production qui a coûté la bagatelle de 125 millions de dollars sort directement sur Amazon Prime. Raté ce film ? Pas totalement, mais il ne reste pas dans les mémoires. 

L’idée que ces pionniers sur une autre planète soient victimes d’une maladie qui les rend tous télépathes, devinant ainsi ce que pensent les autres, incapables de masquer leurs propres pensées, est difficile à rendre à l’écran. Quant à la disparition totale des femmes, elle n’est pas crédible une minute. Les deux acteurs principaux sont sous-exploités et même Mads Mikkelsen, excellent en méchant, manque de crédibilité. Si les romans forment une trilogie, le film risque de se retrouver très isolé.


De choses et d’autres - Vite, changez de prénom

Zemmour candidat à la présidentielle ? Il maintient le suspense et dans ses (très nombreuses) interventions en tant que grand timonier de la pensée de droite, il distille ses propositions.

Tel Pétain, il a la famille chevillée au corps. Voilà pourquoi il veut que désormais, en France, ne soient donnés aux nouveau-nés, que des prénoms en provenance des calendriers français. Rien de nouveau puisqu’il s’appuie sur une loi votée le 1er avril 1803 (non, ce n’est pas un poisson d’avril) mais abrogée en 1993. Cette idée saugrenue a suscité nombre d’interrogations chez nos concitoyens.

Mais alors mon prénom, est-il autorisé ou pas ? Pour en avoir le cœur net des petits malins ont donc mis au point un logiciel en accès libre sur le net. Sur le principe de vitemadose qui renseigne sur les lieux et dates de vaccinations disponibles près de chez soi, le site vitemonprenom.com a connu un succès fulgurant.

Les inventeurs sont partis du postulat que Zemmour, élu en mai prochain, a remis en place cette loi. Il suffit donc d’inscrire son prénom et on sait si on doit en changer. Le site dit même quel sera votre nouveau patronyme s’il n’est pas valable. Personnellement, Michel entre dans les clous. Dommage, je n’ai jamais véritablement aimé ce prénom très commun et vieillot.

J’ai ensuite testé des prénoms au hasard et force est de constater que le petit logiciel ne manque pas de malice. Mohamed, donné en exemple par Zemmour, doit se transformer en Maxime. Plus étonnant, Marine n’est plus permis et doit se faire appeler Marie. Les milliers de Dylan devront devenir des Odilon. La honte…

Par contre les Kevin, aussi bizarre que cela paraisse, sont autorisés.

Enfin j’ai testé ce qui se fait de plus Français et désormais vous ne devrez plus dire Général de Gaulle mais Gontran de Gaulle. Je suis sûr que Charles, de là où il est, doit bien se marrer.

Le plus étonnant c’est que comme pour vitemedose, si vous n’avez pas un bon prénom, vous pouvez cliquer pour prendre un rendez-vous afin de vous mettre en conformité avant le 31 décembre 2022. Cela vous conduit directement sur la page de servicepublics.fr permettant réellement de changer de prénom.

Chronique parue (partiellement) en dernière page de l’Indépendant le vendredi 17 septembre 2021

jeudi 16 septembre 2021

Streaming - « Le bal des folles », pratiques glaciales


Du grand et du bon cinéma français débarque sur Prime Vidéo d’Amazon. Réalisé par Mélanie Laurent, « Le bal des folles » est adapté du roman de Victoria Mas. À la fin du XIXe siècle à Paris, les femmes considérées comme folles étaient internées à la Salpêtrière. Eugénie (Lou de Laâge) prétend voir et entendre les morts. Cela suffit à son ambitieux père pour l’enfermer dans ce sinistre endroit. 

Les « malades » sont traitées au laudanum ou à l’hydrothérapie technique consistant à être plongée dans de l’eau glaciale. Un film de femmes sur les femmes et surtout les brimades d’hommes qui étaient tout-puissants à cette époque. 

Décors somptueux, interprétation léchée, intrigue captivante : ce film est l’excellente surprise de cette rentrée sur les plates-formes de streaming par abonnement

De choses et d’autres - Quand la politique devient violence

Durant de longues années, l’extrême droite n’a plus eu droit de cité en Allemagne. Il est des crimes difficiles à oublier ou à assumer. Finalement, comme partout en Europe, les thèses nationalistes les plus nauséabondes ont refait surface.

Et certains partis se réclament ouvertement du nazisme comme « La Troisième voie » qui vient de lancer une campagne d’affichage dans l’Est du pays. Il y est simplement écrit : « Pendez les Verts ». Un appel au meurtre, clair et précis.

De quoi se poser des questions dans un pays qui a exterminé, le siècle dernier, des millions de personnes quand il était dirigé par des nazis. En France, j’en connais certains qui aimeraient aussi qu’on pende les Verts, mais ils n’oseraient jamais le dire aussi directement. La justice le leur interdit.

En Allemagne aussi, les juges ont été saisis à propos de ces messages d’une rare violence. La campagne a été retoquée, dans une première ville, par un tribunal, mais autorisée à Zwickau, grosse bourgade de 90 000 habitants. Les juges estiment qu’interdire cette campagne serait une atteinte à la liberté d’expression. Le tribunal a cependant assorti la décision d’une condition, que les affiches appelant à la pendaison des militants écologistes soient placardées à plus de 100 mètres des affiches des Verts, car l’Allemagne est en pleine campagne électorale pour la succession d’Angela Merkel.

Face à ce jugement, plusieurs partis politiques de la région ont décidé de réagir sur le terrain. Ils devaient, la nuit dernière, placarder des affiches des Verts à peu près partout dans Zwickau, obligeant, de ce fait, la police à décrocher toutes les affiches « Pendez les Verts » devenues illégales, car situées à moins de 100 mètres. 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 16 septembre 2021

mercredi 15 septembre 2021

Cinéma - Cauchemar de veuve


Une grande maison isolée entre forêts et lac. Toute l’angoisse de La proie d'une ombre, film de David Bruckner, est contenue dans cette bâtisse d’architecte en bois. Elle aurait pu être lumineuse, bruyante des cris et chahuts des enfants du couple formé par Beth (Rebecca Hall) et son mari Owen (Evan Jonigkeit). C’est au contraire une sorte de tombe où tous les cauchemars prennent forme. Beth, professeur, rentre chez elle tout habillée de noir. Elle vient d’enterrer son mari. Il s’est suicidé. Au milieu du lac. Sans raison. 

Double vie

Elle tente de comprendre pourquoi ce geste. Se repasse les vidéos du mariage ou de la construction de la maison. Le temps du bonheur. Abusant de l’alcool, clairement dépressive, Beth croit entendre du bruit dehors. Sur l’embarcadère. Puis c’est une radio qui s’allume en pleine nuit. Son téléphone reçoit des messages. Cartésienne et pragmatique, elle commence pourtant à se demander si les fantômes n’existent pas. Et c’est en cherchant des signes dans le quotidien d’Owen qu’elle découvre sa double vie, ses pires déviances. Le cauchemar actuel a débuté il y a très longtemps sans qu’elle s’en aperçoive. 

Le film repose à 99 % sur les épaules de Rebecca Hall, parfaite dans la peau de cette femme navigant entre désespoir, rébellion et envie de se venger.

"La proie d'une ombre", film américain de David Bruckner avec Rebecca Hall, Sarah Goldberg, Evan Jonigkeit

De choses et d’autres - Les smoothies de la discorde

Peut-on mélanger irrévérence et commerce ? Visiblement non. Du moins pas en France. La marque de smoothies allemande True Fruits (vrais fruits) s’est spécialisée dans l’emballage iconoclaste. En fonction de l’actualité ou du pays, les bouteilles sont gravées, comme pour des éditions spéciales.

Pour cette rentrée 2021, à destination des élèves, True Fruits a transformé la bouteille en mur recouvert de graffitis. Pas des gentils smileys mais de ces messages que l’on peut lire parfois sur les murs ou toilettes publiques. Pas distingués du tout, même carrément très vulgaires comme « Céleste à poil », « Fuck le système » sans oublier les dessins simplistes d’étrons ou de sexe en érection.

En vente dans plusieurs magasins français, c’est Monoprix le premier qui a retiré ces produits après qu’un syndicat de police a découvert, bien en évidence sur la bouteille, un « ACAB », acronyme définitif pour ceux qui détestent la police. Le produit ne se contentait pourtant pas des policiers puisqu’on peut lire aussi cette pensée lumineuse « Celui qui lit ceci est un bâtard ».

Cette mauvaise publicité (les appels au boycott se multiplient depuis le début de la semaine) ne doit pas cacher les autres trouvailles de True Fruits. Notamment un bouchon « moulin à épices » qui est « parfait pour toutes les herbes. TOUTES. » Sur la photo, pas de doute, on se trouve devant des herbes très odorantes mais aussi très interdites en France.

Enfin dans le genre sous-entendu graveleux, ne manquez pas le petit film sur le compte de la société montrant une banane être enfoncée dans une bouteille pleine de smoothie à la banane. Le tout filmé au ralenti avec cette remarque « C’est satisfaisant quand tout rentre d’un coup hein ? » Mais quel tact, quelle délicatesse… 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 15 septembre