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mercredi 12 avril 2023

De choses et d’autres - Prénoms à savourer

Une récente analyse des prénoms des petits Français depuis ces dernières années laisse apparaître une tendance étonnante. De plus en plus de parents délaissent le calendrier classique pour affubler leur progéniture de noms d’aliments.

Une mode pas si récente quand on voit la prolifération des Cerise, Prune et autre Clémentine dans les écoles, collèges et lycées. La différence de la nouvelle mode serait dûe au fait que les parents choisissent d’appeler leur enfant comme leur aliment préféré.

Voilà pourquoi on a désormais des Miel ou des Fraise qui font leur apparition sur les registres de l’état-civil. Les Anglo-Saxons seraient en pointe dans ce mouvement, qui semble très marqué par le véganisme. Car ce sont essentiellement des noms de fruits qui sont choisis.


Les amateurs de bidoche et de salé ne semblent pas attirés par cette tendance. Pourtant je verrai bien un faire-part de naissance de ce style. « Marcelle et Gérard Alamodkan ont la joie d’annoncer la naissance de leur petite fille, Tripe ». En espérant que les goûts culinaires ne soient pas radicalement différents dans un couple.

Le papa veut que sa fille s’appelle Côtelette alors que la maman revendique Macaron si c’est un garçon. Une mode qu’on pourrait régionaliser.

Ainsi, à Cambrai, les Bêtises seraient majoritaires ; les Nougat s’imposent à Montélimar et à Castelnaudary, toute une génération sera traumatisée après avoir reçu le prénom de Cassoulet. Pour ma part, c’est tout, vu : si j’avais un fils, actuellement, il prendrait pour premier prénom Rougail.

Et en seconde position, Saucisse, Cabri ou Tomate.

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le mercredi 29 mars 2023

vendredi 17 septembre 2021

De choses et d’autres - Vite, changez de prénom

Zemmour candidat à la présidentielle ? Il maintient le suspense et dans ses (très nombreuses) interventions en tant que grand timonier de la pensée de droite, il distille ses propositions.

Tel Pétain, il a la famille chevillée au corps. Voilà pourquoi il veut que désormais, en France, ne soient donnés aux nouveau-nés, que des prénoms en provenance des calendriers français. Rien de nouveau puisqu’il s’appuie sur une loi votée le 1er avril 1803 (non, ce n’est pas un poisson d’avril) mais abrogée en 1993. Cette idée saugrenue a suscité nombre d’interrogations chez nos concitoyens.

Mais alors mon prénom, est-il autorisé ou pas ? Pour en avoir le cœur net des petits malins ont donc mis au point un logiciel en accès libre sur le net. Sur le principe de vitemadose qui renseigne sur les lieux et dates de vaccinations disponibles près de chez soi, le site vitemonprenom.com a connu un succès fulgurant.

Les inventeurs sont partis du postulat que Zemmour, élu en mai prochain, a remis en place cette loi. Il suffit donc d’inscrire son prénom et on sait si on doit en changer. Le site dit même quel sera votre nouveau patronyme s’il n’est pas valable. Personnellement, Michel entre dans les clous. Dommage, je n’ai jamais véritablement aimé ce prénom très commun et vieillot.

J’ai ensuite testé des prénoms au hasard et force est de constater que le petit logiciel ne manque pas de malice. Mohamed, donné en exemple par Zemmour, doit se transformer en Maxime. Plus étonnant, Marine n’est plus permis et doit se faire appeler Marie. Les milliers de Dylan devront devenir des Odilon. La honte…

Par contre les Kevin, aussi bizarre que cela paraisse, sont autorisés.

Enfin j’ai testé ce qui se fait de plus Français et désormais vous ne devrez plus dire Général de Gaulle mais Gontran de Gaulle. Je suis sûr que Charles, de là où il est, doit bien se marrer.

Le plus étonnant c’est que comme pour vitemedose, si vous n’avez pas un bon prénom, vous pouvez cliquer pour prendre un rendez-vous afin de vous mettre en conformité avant le 31 décembre 2022. Cela vous conduit directement sur la page de servicepublics.fr permettant réellement de changer de prénom.

Chronique parue (partiellement) en dernière page de l’Indépendant le vendredi 17 septembre 2021