mercredi 31 août 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES - Montrez ce sein


"Marianne a le sein nu, Marianne n'est pas voilée, elle est libre !" déclarait Manuel Valls lundi soir à Colomiers. Décidément les politiques français sont obsédés par les vêtements féminins. Toute cette fin d'été ils se sont écharpés au sujet du burkini. Le Premier ministre, hostile à cette tenue préconisée par l'islam, franchit donc un pas en préconisant indirectement le port du monokini. Juste pour prouver sa liberté. Alors tous à poil ? Car nous les hommes, quels vêtements devrons-nous adopter ? Le bermuda, long et ample, est-il liberticide ? Faut-il, comme Franck Dubosc dans Camping, porter ces slips de bains si moulants qu'ils ne dissimulent rien de notre anatomie ?

Et si plus simplement on regardait la réalité en face. Marianne sur ses nombreuses représentations a effectivement un ou deux seins à l'air, ce n'est cependant pas pour représenter l'allégorie de la mère nourricière, ni parce qu'elle est libre. Peut-être, tout simplement, car c'est beau. Oui, depuis la nuit des temps, le galbe d'un sein fait partie des choses si agréables à dessiner et admirer. Manuel Valls, tout Premier ministre qu'il soit, est un homme avant tout. Donc sensible à la beauté d'une poitrine féminine.

Mais parfois, montrer est moins explicite que les subterfuges pour cacher. Le burkini en soi couvre le corps de la femme, mais en sortant de la mer, elle se transforme sans le vouloir en candidate à un concours de tee-shirt mouillé. Et ceux qui pensent que j'ai l'esprit mal tourné n'ont qu'à objectivement se souvenir de leur premier émoi sexuel. Dans une grande majorité des cas, l'apparition subreptice d'un téton a suffi à changer leur vision de la vie.

BD - Les bons et mauvais robots de "Rock & Stone"


Les intelligences artificielles, pour quelques visionnaires, sont les ennemis de demain. Créées par les humains, elles risquent de rapidement les dépasser. Malgré quelques règles simples de robotique (merci Asimov), il y a toujours une possibilité qu'elles se retournent contre leur créateur. C'est ce qui s'est passé sur la planète Caldoria, vaste champ minier exploité intensivement par des milliers de machines. Une entité nommée IAVHÉ contrôle tous les robots. Seul son inventeur, réfugié dans une station orbitale, peut contrecarrer ses projets hégémoniques. 
Sur place, il a le renfort de son fils adolescent, Stan, protégé par un robot de combat non relié au réseau. Imaginée par Nicolas Jean et dessinée par Yann Valeani, cette série de science-fiction parfois un peu trop classique permet de découvrir un dessinateur réaliste au trait précis et expressif. Une belle surprise.
« Rock & Stone » (tome 2), Delcourt, 14,50€

mardi 30 août 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES : Pokémon (livres) Go

Il ne faut jamais désespérer des modes. Cet été le jeu Pokémon Go a déferlé sur la France. L'engouement pour cette chasse aux bestioles virtuelles finira bien par retomber. Plus intéressant, certains y ont trouvé des idées pour ajouter un zeste de culture. Une directrice d'école belge a décidé d'utiliser les "Pokéstops" (lieux où les Pokémon sont nombreux) pour y déposer les livres en fin de vie de la bibliothèque scolaire. Le principe du bookcrossing combiné à la géolocalisation. Des dizaines de livres aban'donnés' ont leur page sur un groupe Facebook dédié avec la possibilité de savoir où ils ont été déposés et de les suivre à la trace. Car le principe, une fois l'ouvrage lu, est de lui permettre de prolonger son voyage. Une initiative belge concentrée sur la partie francophone du pays.

L'idée a fait des émules en France, notamment en Gironde. Mais le succès est moindre. Plus de 52 000 membres pour le groupe belge contre seulement 83 près de Bordeaux. Mais en une seule journée !
En ces temps de rentrée littéraire, il est toujours bon de saluer les initiatives favorables à la lecture. Plus de 600 romans vont tenter de trouver leur public sur deux petits mois. Il y aura forcément beaucoup de déçus. Alors messieurs les éditeurs, au lieu de confier tous vos invendus au pilon, chargez des brigades de "chasseurs de livres" d'en dispatcher une partie un peu partout en France. Une seconde chance pour certains auteurs et la certitude de donner envie de lire à des hommes et femmes qui n'en ont pas les moyens financiers.

BD - Mythologie indienne


Comment puiser dans la mythologie pour renouveler le western ? Xavier Dorison, scénariste d'Ulysse 1781 a trouvé la solution. Le héros, un mercenaire téméraire, est chargé de convoyer à travers les montagnes de cette Amérique du Nord encore sous la coupe des Anglais un bateau sur roues. Mais son équipage s'aventure dans une vallée maudite et il doit affronter un Wendigo, esprit sacré indien incarné dans un géant. 
Dessiné par Hérenguel, le second tome de cette série prometteuse est presque entièrement consacré au combat entre Ulysse et le monstre. Beaucoup d'action et des décors gigantesques dans ces 50 pages se terminant par un double rebondissement, pour Ulysse mais également pour sa femme, restée en ville et convoitée par d'infâmes soldats britanniques.
« Ulysse 1781 » (tome 2), Delcourt, 15,50€

lundi 29 août 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES - Bouchon dur

470 kilomètres
de bouchons sur les routes de France samedi pour le dernier chassé-croisé des vacances. Un chiffre abstrait sauf quand on se retrouve au cœur de ce grand embouteillage. Prudents, pour revenir dans le sud après une semaine de vacances, nous avons, mon épouse et moi, préféré anticiper et avaler vendredi les 1 195 kilomètres entre Oisquercq (Belgique) et Pollestres (Occi... pardon, Pays catalan). Bonne pioche à part un petit ralentissement à Montpellier. Radio bloquée sur le 107,7 Mhz, celle de l'autoroute, les incidents signalés ne nous concernent heureusement pas : beaucoup de morceaux de pneus sur la chaussée, un piéton sur le terre-plein central, un semi-remorque immobilisé suite à la rupture de son arbre de transmission et même un sanglier écrasé.

Passé Lyon, cela se complique. Mais uniquement pour les malheureux obligés de quitter le soleil du Midi pour les froidures du Nord (même si ce week-end, on y constatait des températures bien plus élevées). Sur trois voies et une cinquantaine de kilomètres, voitures et camions se retrouvent à l'arrêt. Un carambolage ? Non, selon les journalistes, de simples "ralentissements" dus à des "coups de frein". Même pas un embouteillage, encore moins un bouchon.
Il semble que dans ce milieu, un bouchon corresponde minimum à une heure d'immobilisation. Quand ce temps est dépassé (comme ce fut le cas samedi), la radio de l'autoroute parle de "bouchon dur". J'ai appris quelque chose. Par chance, je ne l'ai pas vécu.
Et maintenant, en route pour les nouvelles aventures de la rentrée.

BD - Les petits riens du délire quotidien



Geoffroy Monde, auteur de « De rien », recueil d'histoire courtes, avoue être influencé par Goossens. En réalité, ses nouvelles graphiques ressemblent à du Goossens tout craché. Totalement absurdes, ces sortes de sketches auraient tout à fait leur place dans Fluide Glacial. Parmi les quelques perles de ces 160 pages, ne manquez pas « L'interrogatoire ». Dans une cave, deux policiers tentent de faire parler un suspect. A grand renfort de gifles? ils veulent des réponses « Donne le C horizontal, ordure. Allez, crache. 7 lettres, putain. » Ou comment faire ses mots croisés sans se fatiguer... 
Beaucoup plus mouvementée la scène avec Jackie Chan en vedette. Dessin numérique en couleur, décor au trait : Geoffroy Monde est de plus un excellent illustrateur au style très personnel.
« De rien », Delcourt, 17,95€

dimanche 28 août 2016

DVD - Vacances tragiques autour d'une piscine

Remake très modifié de "La piscine" de Jacques Deray, "A Bigger Splash" de Luca Guadagnino avec Tilda Swinton, Ralph Fiennes et Dakota Johnson est le film parfait pour rester dans l'ambiance caniculaire de cet été 2016. Sur une petite île italienne au large de la Sardaigne, avec la Tunisie en ligne d'horizon, une rock star cherche calme et tranquillité. Opérée des cordes vocales, elle doit rester muette encore de longues semaines. Installée dans une villa luxueuse avec son boyfriend du moment, elle se partage entre balade dans la garrigue, séances de bronzette et plouf dans la piscine. 
Un séjour paisible qui vole en éclat quand son ancien amant et mentor dans la musique, débarque à l'improviste avec sa très jeune fille. Ce ménage à quatre provoque de fortes tensions, jusqu'au point de rupture. Ce huis clos au grand air offre un formidable rôle à Ralph Tiennes, exubérant au possible, passionné, manipulateur et sorte de démon de la star. 
Dakota Johnson, dans la fille lascive et provocante est parfaite et Tilda Swinton, partagée entre son passé tumultueux et son présent sage, ne sait plus quoi faire. Le film vaut essentiellement pour les performances d'acteurs au summum de leur art.
"A bigger splash", Studiocanal, 19,99 euros

samedi 27 août 2016

Cinéma - L'inexorable envie de fuite en avant de "Rester vertical"


Face à l'adversité il faut "Rester vertical", titre du film d'Alain Guiraudie au cours duquel ses personnages semblent en permanence chercher un ailleurs inaccessible.


Si "L'inconnu du lac" a fait scandale lors de sa sortie, "Rester vertical", dernier film d'Alain Guiraudie ne devrait pas lui non plus passer inaperçu. Le réalisateur filme des scènes d'amour sans détour, avec un réalisme qui se moque des apparences et des codes du genre. Côté politique, il aborde également des sujets très clivants comme l'euthanasie assistée ou, de façon indirecte, la GPA, gestion pour autrui réclamée par la communauté homosexuelle. Reste que ce n'est pas l'essentiel du film, ancré dans le réel, mais avec surtout des personnages déboussolés, perdus dans leur propre vie qu'ils n'assument plus.


La fermière et le scénariste
Le héros, Léo (Damien Bonnard) est un scénariste en perdition. Son producteur lui réclame un début d'histoire, quelques scènes, juste de quoi justifier les nombreuses avances déjà consenties. Mais Léo est sec. Il erre sur le Causse Méjean, homoncule dans une nature grandiose. Il croise le chemin de Marie (India Hair), jeune bergère. Elle surveille son troupeau de brebis, un fusil à l'épaule. Les attaques de loups se multiplient. Léo et Marie, presque comme dans un film romantique à la "Farrebique", se plaisent, s'aiment. Le scénariste abandonne ses tracas d'écriture pour vivre le parfait amour dans cette ferme appartenant au père de Marie, Jean-Louis (Raphael Thiéry). Un an plus tard, Léo cache pourtant bien des choses à Marie, la mère de son enfant. Il va régulièrement dans une petite bourgade pour tenter de rencontrer Yoann, jeune éphèbe qu'il rêve de faire apparaître dans son prochain film. Léo a la sexualité aussi sinueuse que les routes de Lozère où est tourné le film, comme toujours dans les créations d'Alain Guiraudie, parfait exemple de récits politiquement non corrects. Quand Marie quitte la ferme, abandonnant le bébé à un Léo désemparé, le film bascule dans la fable sociale grinçante. Un homme seul, avec un bébé, sans domicile fixe ni revenus ? Difficile de s'intégrer dans le paysage français policé. La suite du film consiste à plusieurs allers-retours entre la ferme sous la menace des loups, le marais poitevin et une druidesse très nature, et Brest, sa grisaille et ses clochards. En passant par Séverac-le-Château, village d'Aveyron où Léo fausse compagnie à des gendarmes, personnages récurrents de tous les films de Guiraudie. Pour boucler cette histoire, il fallait l'intervention d'un élément extérieur fort. Le loup, dont la menace a plané tout le long du film peut entrer en scène.
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Partir, toujours partir

Moins extravagant que ses précédents longs-métrages, "Rester vertical" d'Alain Guiraudie charme par ces magnifiques paysages d'une nature dure et généreuse. Les scènes sur Causse donnent une furieuse envie d'aller s'y balader, seul, comme Léo, avec un simple petit sac à dos. À moins que les plus bucoliques ne préfèrent les promenades en barque dans le marais poitevin noyé de soleil. Images et décors d'une rare beauté, contrepoints d'une histoire âpre. Cinquième film d'Alain Guiraudie, "Rester vertical" a parfois des ressemblances avec "Le roi de l'évasion", son troisième long-métrage. Léo, recherché par son producteur puis par les gendarmes, au lieu de faire face à l'adversité, choisit la fuite. Dans "Le roi de l'évasion" aussi le personnage principal prenait ses jambes à son cou quand la situation devenait trop compliquée. Autre ressemblance entre les deux films, le milieu social. Il y est beaucoup question de paysans et de personnes isolées. Et d'envie de tout plaquer pour aller vivre ailleurs, mieux, forcément mieux. Quand Léo se retrouve bloqué dans des buissons, c'est comme quand Armand et Curly fonçaient dans les bois. Ils parvenaient à semer les chiens de la gendarmerie en marchant dans une rivière. Léo, de la même façon, disparaît aux yeux de son producteur en se plongeant dans le marais poitevin. Et puis il y a la question de l'homosexualité. Chez Alain Guiraudie, elle semble généralisée. Quasiment tous les personnages du "Roi de l'évasion" étaient homosexuels, du commissaire aux agriculteurs en passant par Armand, représentant de commerce. Même constat dans "Rester vertical où, étrangement, le père de Marie, ogre terrifiant, devient tout doux quand il avoue à Léo qu'il a envie de lui...

vendredi 26 août 2016

Rentrée littéraire : Les platanes de Christian Laborde

Écrivain du Sud-Ouest, Occitan oserait-on dire au risque d'irriter quelques Catalans, Christian Laborde a beaucoup écrit sur le sport. Dans ce, roman lancé dans la cohue de la rentrée littéraire, il préfère jouer sur la corde nostalgique. A deux niveaux. Rock pour le narrateur, France profonde pour le portrait des grands-parents disparus.

L'occasion aussi de pousser quelques gueulantes : contre les multinationales du net qui tuent les libraires et les élus qui coupent des platanes sous couvert de sécurité routière.
D'une écriture alternant uppercut rageurs et tirades lyriques. Tom, le narrateur, quitte la région parisienne pour rejoindre ce Sud tant aimé. Sa grand-mère vient de mourir. Un voyage triste ? Non car il part avec la belle Joy, pétillante copine qui n'a pas sa langue dans la poche.
Presque un road movie, avec de gros morceaux d'amour dedans, le tout saupoudré de souvenirs joyeux. A déguster frais, à l'ombre de ces platanes devenus trop rares le long des routes de la région.
« Le sérieux bienveillant des platanes » de Christian Laborde, éditions du Rocher, 14 €.

jeudi 25 août 2016

Rentrée littéraire - Le vilain canard et la belle endormie d'Amélie Nothomb

Amélie Nothomb s'aventure sur les terres du conte pour une nouvelle fable sur la différence.

Rendez-vous incontournable de la rentrée littéraire, le nouveau roman d'Amélie Nothomb s'aventure sur les terres du conte. En intitulant son roman « Riquet à la houppe », elle plante clairement le décor. Deux héros aux prénoms bizarres, comme toujours avec la romancière belge. Déodat, laid et savant. Trémière, belle et mutique.

Le livre se déroule de leur naissance à leur rencontre. Bébés, puis obligés d'aller à l'école, source de toutes les brimades. Premier sujet de plaisanterie : leur prénoms. Déodat devient dans la bouche des caïds vulgaires de la cour de récré « Déodorant ». Trémière, pour les petites pestes, futures lectrices de magazines spécialisés dans les ragots, se transforme en « la crémière ». Mais il en faut plus à ces deux introvertis pour être déstabilisés. Leur force intérieure est bien supérieure aux mesquineries du quotidien.
Surdoué, Déodat s'intéresse à tout, jusqu'au jour où un événement cocasse lui fait lever les yeux aux ciel et qu'il découvre l'existence des oiseaux. Il se passionne, ne vit plus que par eux, devient de fait un ornithologue renommé.

La trop belle Trémière
Malgré sa laideur, comme dans le conte de Perrault, il plait beaucoup aux femmes. Femmes dont il ne comprend pas toujours les demandes d'attention quand elle sont amoureuses. « A la réflexion, l'insatisfaction et la vulgarité pouvaient s'interpréter comme les versions féminines et masculine d'une force identique : le désir. Celui-ci constituait le socle, la définition, le magma originel. » Visage ingrat et de plus quasi bossu. Heureusement la médecine moderne le redresse, au prix de quelques années coincé dans un corset métallique et de deux années de massages par une charmante kinésithérapeute qui malheureusement n'est pas sensible aux charmes de celui qui est surnommé « Riquet à la huppe » par ses facétieux collègues.
A l'opposé du jeune homme, Trémière paraît idiote. Sa mère la confie à la grand-mère, cartomancienne fascinée par les bijoux et les pierres précieuses. Trémière, belle mais bête ? Non, simplement contemplative, passive. C'est comme ça qu'elle supporte les moqueries de ses méchantes camarades, par l'indifférence. Car souvent, la trop grande beauté est tout aussi moquée que la laideur.
Le roman d'Amélie Nothomb est construit comme un double miroir inversé. Les itinéraires parallèles de Déodat et Trémière finissent par se rejoindre et la fin de l'histoire, si elle avait fait partie de la Comédie humaine de Balzac, serait dans la petite minorité (6 % des cent quarante sept ouvrages) mise en lumière par Amélie Nothomb qui parvient une nouvelle fois à nous distraire tout en nous apprenant quantité de choses sur l'art, la vie et l'amour.
« Riquet à la houppe » par Amélie Nothomb, Albin Michel, 16,90 €.

mercredi 24 août 2016

BD - Renoir et ses deux muses


La collection « Les grands peintres » loin d'être une simple encyclopédie, permet à des auteurs de BD de proposer des regards originaux sur ces maîtres du passé. Dodo et Ben Radis se penchent sur Renoir. Mais au lieu de raconter linéairement la vie d'un des précurseurs de l'impressionnisme, le couple parle des modèles. Pour peindre, un artiste a besoin d'une muse, d'un modèle qui l'inspire. Renoir en a eu deux qui ont beaucoup compté. En 1893, en pleine remise en question de son style, il reçoit la commande de deux toiles. 

Suzanne Valandon posera pour « Danse à la ville », Aline Charigot pour « Danse à la campagne ». L'histoire de ces deux toiles, les rivalités des deux femmes et l'amour très partagé de l'artiste est au centre de cet album d'une grande érudition. On croise également dans ces pages Satie, Cézanne et Monet en plein déménagement vers Giverny.

« Renoir », Glénat, 14,50 €


mardi 23 août 2016

BD - "Red Skin", une héroïne en rouge vif


Capitalistes numérotez vos acabits, « Red Skin », la justicière communiste débarque aux USA. Écrite par Xavier Dorison et dessinée par Terry Dodson, cette série entre humour et glamour, brocarde les histoires de superhéros et les bondieuseries américaines. Red Skin c'est Véra Yienikof, espionne au service de l'URSS à la fin des années 70. Envoyée en mission en Californie, elle doit favoriser la signature du traité de désarment Salt. Sa couverture ? Assistante d'un réalisateur de films pornographiques. Un rôle loin de déranger la belle soviétique qui, en dehors de siroter de la vodka, aime particulièrement faire l'amour où et quand et avec qui elle veut. 
Sur son chemin se dresse Le Charpentier, catholique intégriste. Un combat homérique l'oppose donc à la justicière communiste armée d'un marteau et d'une faucille. Ce récit plus savant qu'on ne le croit, bénéficie des dessins de Dodson, expert en jeunes femmes dénudées pour le plaisir des yeux de ses nombreux lecteurs esthètes (et un peu salaces...).
« Red Skin » (tome 2), Glénat, 14,50€

lundi 22 août 2016

BD - Le vieux tueur récalcitrant de "Polar, venu du froid"


Virtuose, Victor Santos l'est, sans conteste. Ce dessinateur espagnol, renommé aux USA pour ses nombreux comics, se lance en solo dans un projet plus personnel. Si le scénario est basique (un ancien agent tueur est traqué par son employeur), le résultat graphique est époustouflant. Sur un format à l'italienne, les 176 pages sont une accumulation de bagarres, combats et duels au découpage très cinématographique. 
Et pour renforcer le tout, Santos rajoute de grosses zones rouges sur ses images tout en ombres. La violence n'en est que plus prégnante, l'action plus mouvementée, l'angoisse au maximum. Le héros, Black Kaiser, est à la limite de la caricature. Mais qui n'a jamais émis des doutes sur les capacités d'un James Bond, Jason Bourne et autre Ethan Hunt ? En fait, pour que cela marche, il faut forcer le trait. Santos est un véritable cador dans cette pratique.
« Polar, venu du froid » (tome 1), Glénat, 15,95 €


dimanche 21 août 2016

DVD et blu-ray - Colocation en folie dans "Five" avec Pierre Niney


Avant de réaliser son premier film, Igor Gotesman a roulé sa bosse dans des formats courts à la télévision. Mais quand il décide de se lancer dans le grand bain, une évidence s'impose : il doit gonfler son court-métrage « Five ». Une belle histoire de colocation entre potes amis depuis l'école primaire. Le projet bénéficiera de l'apport du nom de Pierre Niney, jeune acteur français tout terrain mais au fort potentiel comique. Avec plus de 500 000 entrée en salles, « Five » a connu un beau succès mais pourrait devenir culte dans les prochaines années en raison de scènes particulièrement déjantées.



Sam (Pierre Niney), profite de la fortune de son père pour assurer la belle vie à ses quatre amis, trois gars et une fille. Mais quand le paternel coupe les vivres, il doit trouver une solution pour assurer le loyer d'un immense appartement dans Paris. Ce n'est pas avec ses pourboires de voiturier qu'il pourra honorer sa signature. Alors, sans rien dire à ses copains, il se lance dans le commerce d'herbe, à petite échelle puis à un niveau plus important. La belle vie jusqu'à un problème avec son fournisseur.
C'est alors la fuite en avant avec de gros risques dont celui de voir ses potes eux aussi victimes de la vindicte du trafiquant. On peut laisser de côté le volet intrigue assez basique pour pleinement profiter de ces scènes hors normes, inhabituelles dans le cinéma français souvent trop sage. La scène du paillasson, l'entrevue avec le dealer, le 'pignolage' ou les hallucinations sous ecstasy sont autant d'incongruités trop rares.
Le meilleur reste la négociation de la soirée avec Barnabé (Pascal Demolon), milliardaire excentrique en présence d'une Fanny Ardant (dans son propre rôle) totalement hilare. On peut d'ailleurs constater dans le bêtisier offert à la fin du DVD toute la difficulté de garder son sérieux dans un tel contexte. Fous rires assurés.
« Five », Studiocanal, 14,99 € le DVD ou le blu-ray

samedi 20 août 2016

Cinéma - Le voyage sans limites de l'équipage de Star Trek


Star Trek est entre de bonnes mains. La reprise de la franchise par J. J. Abrams était réussie. La suite est au niveau. Normal, le producteur de «Lost» et réalisateur du dernier «Star Wars» est resté à la production exécutive confiant la mise en scène à Justin Lin.



Ce volet permet de mieux comprendre la mentalité des différents membres d'équipage. Mais ce n'est quand même pas un film psychologique... Action et batailles spatiales composent la majorité du film. Avec pour une fois une utilisation très bonne de la 3D, largement au niveau du "Réveil de la Force". On retrouve l'Enterprise aux limites du monde connu. Le capitaine James T. Kirk (Chris Pine), le fils donc, offre à un peuple alien un vieil artefact de leur civilisation. Refus violent de leur part. Kirk échappe à leur furie et se pose de plus en plus de questions sur son utilité. A quoi bon sillonner la galaxie pour consolider la paix ? Un gros cafard pour le commandant du fameux vaisseau spatial. Au point qu'il envisage de démissionner pour occuper un poste à terre, ou du moins sur une station spatiale gigantesque.
Spock (Zachary Quinto) aussi gamberge. Son mentor vient de mourir n excellente façon pour les scénaristes de rendre hommage au regretté Leonard Nimoy n et il pourrait se consacrer au projet de nouveau Vulcain. Mais la routine ne dure jamais bien longtemps dans ce milieu. Un navire en détresse demande de l'aide à la Fédération. Après un atterrissage en catastrophe sur une planète inconnue, une seule survivante a pu prendre la fuite. Une mission parfaite pour les hommes de l'Enterprise, enchantés de rompre avec la monotonie du quotidien.

Une nouvelle E.T.
Après le passage d'une nébuleuse, l'attaque est brutale et sans pitié. Des milliers de petits missiles, comme autant de guêpes, transpercent la coque. Ils sont pilotés par des klingons avides de revanche. On voit alors l'incroyable : la destruction du vaisseau. Une longue séquence de près d'une demi-heure jusqu'au crash de la soucoupe sur la planète Altamid. Perdu aux confins de l'univers, sur une planète hostile, pourchassé par des méchants menés par Krall (Idris Elba), le capitaine se retrouve seul avec Checkov. Spock, blessé, est heureusement en compagnie de McCoy, médecin tout terrain. Quand à Scotty, il est sauvé par une ravissante extraterrestre qui devrait revenir dans le 4e volet de la série.
"Star Trek - Sans limites" est le film le plus proche d'un épisode de la série d'origine. On retrouve tous les ressorts des épisodes qui ont fait la légende de ce feuilleton de science-fiction. Équipage prisonnier, chef seul face à l'adversité, menace de destruction du monde libre... A la différence que cela dure 2 heures et que l'on ne s'ennuie pas une minute. Regrettons simplement l'ajout d'une moto, totalement incongrue mais qui semble être à la base des cascades les plus en vogue ces dernières années.
Enfin saluons l'esprit de camaraderie de J. J. Abrams qui a toujours un petit rôle pour son pote Greg Grunberg. Vu dans «Alias», «Lost» ou «Heroes», il a l'incroyable chance de jouer dans les deux "Star" du moment... Trek et Wars.

vendredi 19 août 2016

Cinéma - Père et fille dans un triangle compliqué de "Toni Erdmann"

Wilfried semble ne plus comprendre sa fille Ines, femme d'affaires allemande ambitieuse vivant en Roumanie. Il s'immisce dans sa vie en se grimant en "Toni Erdmann", coach gaffeur.


Présenté en compétition officielle en mai dernier à Cannes, "Toni Erdmann" de Maren Ade a longtemps fait la course en tête. Les critiques présents aux projections plébiscitaient le film de la jeune Allemande tant pour son histoire, sa réalisation que le brio des deux comédiens principaux. Mais les critiques ne font pas le palmarès de Cannes et Maren Ade est revenue bredouille de la Croisette devant simplement se contenter du prix de la critique internationale.



Un peu long (2 h 40), ce chassé-croisé entre un père et sa fille, sans cesse entre la comédie et le drame, ne méritait peut-être pas la palme, mais c'est fort regrettable pour les deux acteurs, excellents dans des rôles particulièrement compliqués à interpréter. Ils resteront cependant longtemps dans les mémoires des spectateurs. Peut-être la plus belle récompense pour un comédien.

Un nouveau père
La scène d'ouverture plante le décor. Un livreur de colis est accueilli par Wilfried (Peter Simonischek). Mais il prétend que le courrier est pour son frère, Toni, qui vient de sortir de prison. Il revient une minute plus tard grimé en Toni avec perruque, lunettes et fausses dents. Wilfried, malgré son âge avancé (il est professeur de musique en fin de carrière) est un peu gamin sur les bords. Et très mythomane. Un peu malheureux aussi. Divorcé, vivant seul avec son très vieux chien, il n'a plus beaucoup de nouvelles de sa fille, Ines (Sandra Hüller), responsable du bureau roumain d'une société de conseil en entreprise. Son boulot consiste à réduire les coûts, voire délocaliser. Une tueuse dans un monde de plus en plus capitaliste. Pas souvent présente, au point que Wilfried va jusqu'à louer les services d'une fausse fille, pour quelques dîners en tête à tête et lui couper les ongles des pieds. À moins que ce ne soit une de ses nombreuses inventions.
A la mort du chien, Wilfried quitte l'Allemagne et débarque à l'improviste chez sa fille. C'est peu de dire que cela se passe mal. Alors pour tenter de renouer les liens avec cette belle jeune femme qui lui semble totalement inconnue, il ressort sa perruque et ses fausses dents et se déguise en Toni Erdmann, coach. Tout l'attrait du film réside en cette incommunicabilité viscérale entre père et fille. Avec l'arrivée d'une tierce personne, un nouveau départ semble possible. Faut-il encore qu'Ines accepte de jouer le jeu, ce qu'elle n'ose pas au début. Sérieuse, trop sérieuse, elle ne peut pas prendre les choses à la légère.
Jusqu'au jour de son anniversaire. Une contrariété va la faire basculer du côté paternel, dans la zone trouble de l'extravagance et de l'humour. Une renaissance et des retrouvailles, tout le sel de cet excellent film intelligent et bourré de scènes hilarantes.
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Une robe serrée et toute une vie change

Ines, tout en se débattant dans son travail où une femme est forcément sans cesse sur la sellette, doit subir les excentricités de son père, devenu Toni Erdmann sous sa perruque, ses fausses dents et parfois ses lunettes. Il invente sans cesse de nouvelles histoires, devenant coach de Ion Tiriac (célèbre joueur de tennis roumain devenu homme d'affaires milliardaire) puis conseiller pour les multinationales et même ambassadeur d'Allemagne spécialiste de la peinture sur œuf. Ines, froide et rationnelle, prend beaucoup sur elle pour ne pas craquer. Mais inconsciemment le travail de sape de son père fait effet.

Le jour de son anniversaire, elle organise une soirée chez elle. Elle a acheté une nouvelle robe. Un peu étroite. Elle se débat avec la fermeture éclair quand un premier invité sonne. Sur un "coup de tête", expression favorite de son père, elle va faire quelque chose qui marque la bascule de sa vie trop sérieuse et guindée. Elle risque d'exploser en vol, mais qu'importe si la conséquence est de se sentir mieux dans sa peau et son corps.
Une belle apologie du "lâcher prise", même si la réalisatrice préfère parler de situation permettant de "s'assumer pleinement".

jeudi 18 août 2016

Thriller - "Rêver" de Franck Thilliez, un pavé pour la plage

Franck Thilliez, en faisant cauchemarder son héroïne, risque de sérieusement perturber vos propres nuits. Abigaël est psychologue pour la police française. Une experte dont les avis sont essentiels pour résoudre les affaires criminelles. Mais elle souffre d'une forme aiguë de narcolepsie qui fait qu'elle peut s'endormir à tout moment. Même en pleine réunion avec l'état-major. Et dès quelle rêve, ses songes empiètent sur sa réalité. Incapable de savoir si elle est dans un cauchemar ou un véritable guet-apens.

Elle va trouver une parade, simple et efficace : la douleur. Mais pour s'empêcher de sombrer dans le sommeil (ou la folie dans son cas particulier), elle doit se faire de plus en plus mal. Thriller écrit par Franck Thilliez, ce roman déconcerte un peu au début par sa construction désordonnée dans le temps. Mais c'est essentiel pour que le lecteur partage les angoisses d'Abigaël. Au point qu'un chapitre est même manquant (mais lisible sur un site dédié). Le tout est véritablement passionnant et novateur si l'on accepte de se projeter dans la peau (et les rêves) de l'héroïne.
« Rêver » de Franck Thilliez, Fleuve Noir, 21,90€.

mercredi 17 août 2016

BD - Des nazis pour raser New York


A la croisée de l'uchronie et du récit historique, le quatrième tome de la série « Dent d'ours » fait de nouveau planer la menace nucléaire sur New York. Hitler vient de se suicider, Russes et Américains s'enfoncent dans l'Allemagne, mais des fanatiques veulent continuer le combat. Pour l'honneur. Ils veulent lancer un engin de mort sur la principale ville des USA et il leur faut une pilote d'exception.


Ce sera Hanna, la jeune héroïne de l'histoire écrite par Yann et dessinée par Henriet. Elle a perdu son ami Max, et Werner, le troisième larron de la bande, passé du côté des alliés, a pour mission de l'abattre. Mais l'amour... Une superbe série entre romantisme gothique et invention aéronautique. Un feuilleton palpitant plein de rebondissements. Vivement la suite.
« Dent d'ours » (tome 4), Dupuis, 14,50 €.

DE CHOSES ET D'AUTRES - Tintin, héros éternel (3/3)


Si Tintin est parvenu à conquérir la planète, donnant ainsi l'occasion au général de Gaulle de prononcer cette sentence savoureuse "Mon seul rival international, c'est Tintin", le succès des albums n'explique pas tout. Hergé, à l'image d'un Walt Disney, comprend rapidement que cette notoriété représente une seconde mine d'or. Il verrouille l'image du jeune reporter et embauche d'excellents dessinateurs pour réaliser publicités et autres produits dérivés.

Une exclusivité prolongée par la société Moulinsart, toujours vigilante (et parfois très procédurière selon ses nombreux détracteurs) quant à l'utilisation de la fameuse ligne claire popularisée par le dessinateur belge. Ensuite, partout où la BD n'est pas élevée au rang d'art populaire, on trouve des adaptations : dessins animés originaux comme "Le lac aux requins" ou films plus ou moins réussis (Les oranges bleues et la Toison d'or dans les années 60). Le succès vient surtout de l'adaptation fidèle des albums en dessins animés pour la télévision. Une série toujours au programme cet été chaque vendredi soir sur 6ter, chaîne de la TNT.
Enfin arrive Steven Spielberg en 2011. Il met des années à réaliser "Le secret de la Licorne". Succès public mais critiques négatives. Depuis, calme plat. Peter Jackson, producteur du premier film, pourrait réaliser le second qui serait tiré de "L'affaire Tournesol"... ou du "Temple du Soleil". Mais, délais de fabrication obligent, la sortie en salles n'aura pas lieu avant 2020. Quatre ans, dérisoire pour une saga lancée en 1929 ! 

mardi 16 août 2016

BD - Ducobu, un cancre plein de ressources


Petit rappel pour les adultes qui ont oublié ce temps béni des dieux : depuis début juillet ce sont les vacances scolaires ! De loin la période préférée de l'élève Ducobu. Il peut officiellement faire ce qu'il aime le plus : dormir ou lire des BD toute la journée. Mélangeant gags d'une planche et histoires plus longues de quelques pages, ce recueil titré « Système D » permet à Zidrou de revenir sur quelques unes de ses marottes comme la dictée savante, les clichés sur le métier d'enseignant ou la hantise des cahiers de vacances. On apprécie particulièrement les trouvailles sur les piscines. Par contre Léonie Gratin, vit très mal ces deux mois qui lui offrent moins d'occasions de martyriser son cancre préféré dessiné par Godi.

« L'élève Ducobu » (tome 22), Le Lombard, 10,60€

DE CHOSES ET D'AUTRES - Tintin, héros éternel (2/3)

Tout le monde a déjà lu une fois dans sa vie un album des aventures de Tintin et Milou. Privilège des héros universels, le jeune reporter à la houppette, imaginé par Hergé, est entré dans tous les foyers français. Pourtant il n'a pas vécu tant d'aventures, comparé à d'autres personnages, mais chaque album, en développant des univers spécifiques, est entré dans la légende comme une représentation définitive et parfaite du milieu décrits. J'avoue que personnellement, pendant longtemps, le monde extérieur n'existait que grâce aux dessins d'Hergé. La Chine ? Je ne connaissais rien de Mao ni de la révolution culturelle mais j'étais incollable sur la guerre avec le Japon et le massacre des civils chinois. L'Amazonie ? Raoni n'était pas sorti de sa forêt que j'en connaissais le moindre recoin en m'y baladant avec Tintin dans « L'Oreille cassée », « Le temple du Soleil » ou « Les Picaros ». Et si on me demandait de citer un dictateur sud-américain, le général Alcazar a longtemps été ma seule réponse. Jamais mis les pieds dans une casbah ou un désert au Maghreb, mais je sais exactement à quoi ils ressemblent grâce aux grandes cases du « Crabe aux pinces d'or ». On peut continuer ainsi presque à l'infini, de la Lune aux montagnes de l'Himalaya en passant par les pirates de la Mer Rouge, tant l'univers de Tintin est riche et diversifié.

Un monde, notre monde, imaginaire mais bien réel, présenté avec des pièces exceptionnelles à l'espace Henry-de-Monfreid de Port-Leucate jusqu'au 10 septembre.

lundi 15 août 2016

BD - De l'or chez de drôles de trolls


Les trolls aiment leur tranquillité. Les héros d'Arleston et Mourier, un peu à l'image des Gaulois d'Astérix, n'apprécient pas que des inconnus s'approchent trop de leurs maisons. Sauf s'ils sont dodus et tendres sous la dent, bien évidemment. Dans ce 21e épisode de leurs aventures, ce sont des chercheurs d'or qui, grâce à un quiproquo, obtiennent le protection des amis de Waha.


Immédiatement une ruée sur l'or se déclenche dans les environs et une partie des trolls devra trouver refuge au plus profond des marais pour éviter les sorts des sœurs Shanelle et Erwicque. Le salut viendra d'un dragon, transformé en drone lanceur d'engins par Waha, toujours très imaginative. Un album divertissant, avec quelques gags très osés (la maison de Profy) et des dessins un peu plus réalistes de Mourier quand le dragon fait son entrée en scène.
« Trolls de Troy » (tome 21), Soleil, 14,50 €

DE CHOSES ET D'AUTRES - Tintin, héros éternel (1/3)


N'en déplaise aux petits bonshommes bleus qui font la pluie et le beau temps dans le cahier vacances de L'Indépendant, cet été 2016 consacre aussi Tintin. Si les Schtroumpfs ont envahi l'abbaye de Caunes-Minervois dans l'Aude, ils doivent compter avec la concurrence de Tintin et Milou, exposés à l'espace Henry-de-Monfreid de Port-Leucate.

Tintin doublement à l'honneur puisque Paris Match vient de publier un hors-série consacré aux 70 ans du fameux journal destiné "aux jeunes de 7 à 77 ans". A côté des albums publiés chez Casterman, Tintin a longtemps eu son propre hebdomadaire. Fidèle au rendez-vous de 1946 à 1988, il a publié les dernières œuvres de Hergé jusqu'à "Tintin et les Picaros". Mais le journal de Tintin, en concurrence frontale avec Spirou qui, lui, paraît toujours, a également été un vivier formidable pour la bande dessinée franco-belge. Des incontournables comme Alix ou Blake et Mortimer en passant par des héros plus populaires ou récents comme Ric Hochet, Michel Vaillant ou Thorgal.
Ce superbe magazine de 116 pages, richement illustré, est en vente à 6,90 euros chez tous les marchands de journaux jusqu'en septembre. Un complément idéal pour donner l'envie de se replonger dans sa vieille collection ou relire ces albums devenus des classiques.

dimanche 14 août 2016

Roman - Fais-moi danser, beau gosse

Envie de dépaysement total ? Ouvrez vite « Fais-moi danser, beau gosse » de Tim Gautreaux. En quelques pages vous allez vous retrouver plongé dans la Louisiane, dans ces petites villes proches de bayous où la misère n'existe plus grâce à la musique et à la danse. Paul, mécanicien et beau gosse, a quelques difficultés avec sa jolie femme, Colette. Il a une forte propension à se battre. Colette, elle, ne l'aime que quand il danse avec elle. Mais elles sont nombreuses à vouloir s'abandonner dans les bras de Paul. Sur plus de 400 pages on découvre la vie, pas toujours facile, de ces deux qui s'aiment et se haïssent autant.

« Fais-moi danser, beau gosse » de Tim Gautreaux, Seuil, 22,50 euros