Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
lundi 3 avril 2017
Livre - Les pouvoirs déclinants du héros de "Super normal"
Paru en 1977, ce roman de Robert Mayer est considéré par tous les passionnés de comics comme une œuvre culte. Un basculement vers un enrichissement du genre. Alors qu’auparavant les héros étaient sans peur et sans reproches, vivant des aventures linéaires sans relief, ce journaliste newyorkais les a humanisés. L’histoire se déroule alors que les superhéros ont tous disparus. Devenus inutiles. Le plus célèbre d’entre eux est retombé dans l’anonymat sous le nom de David Brinkley. Marié, père de deux petites filles, il a pris du poids, est devenu journaliste rewriter (celui qui reste dans un bureau) et il n’utilise, bien entendu, plus ses pouvoirs. Mais quand une vague d’attaques embrase la ville, il ressort son uniforme. Le roman, en plus d’être particulièrement marrant, ouvre aussi des pistes qui n’étaient pas d’actualité à l’époque comme l’écologie ou la fascination du peuple pour les loosers.
Une pépite qui tombe à point pour comprendre la mode des superhéros qui déferle sur le monde depuis une dizaine d’années.
➤ « Super Normal » de Robert Mayer, Aux forges de Vulcain, 21 €
lundi 19 décembre 2016
Série Télé : Jessica Jones, la petite dernière de chez Marvel
dans New York. Devenue détective privée, elle utilise sa force surhumaine avec parcimonie. Elle devra cependant mettre les bouchées double pour arrêter Kilgrave (David Tennant), un « méchant » qui a le pouvoir de manipuler l’esprit de toute personne qui est proche de lui.
On ne s’ennuie pas une minute dans cette série, malgré la quasi absence d’effets spéciaux. L’intérêt de l’histoire est ailleurs, dans les méandres des esprits torturés de ces super héros volontairement anonymes pour ne plus attirer l’attention d’une population qui attend trop d’eux. On apprécie particulièrement l’embryon de romance entre Jessica et Luke Cage, autre « mutant » qui bénéficie lui aussi d’une série.
➤ « Jessica Jones » (saison 1), Netflix et Marvel, coffret 4 DVD
lundi 7 novembre 2016
Ces femmes-là, elles sont « super » !
Décembre 1941, un nouveau personnage entre avec fracas dans l’univers des super héros qui se cantonnent à cette époque dans les comics publiés aux USA. La princesse Diana est une Amazone. Seule sur son île paradisiaque, elle voit débarquer un aviateur américain. Ce dernier l’emmène dans son mode et elle devient Wonder Woman. La première super héroïne vient de naître. Le succès est immédiatement au rendez-vous et la jolie brune armée d’un lasso magique et des ses bracelets anti-balles, obtient six mois plus tard un titre spécifique à son nom. La consécration. Dans ce monde exclusivement masculin des super héros américains, cette première femme dotée de pouvoirs va rapidement se transformer en apôtre du féminisme. Même si au fil des décennies (et d’une certaine « morale » typiquement américaine) elle a parfois été réduite à une simple femme au foyer... Dans les années 70, Wonder Woman franchit un nouveau cap avec la série télévisée où le rôle titre est incarné par Linda Carter. Totalement kitch, mais plein de charme un demi-siècle plus tard. L’an prochain, au début de l’été, le film « Wonder Woman » devrait confirmer que les femmes aussi peuvent attirer les foules. Le personnage, interprété par Gal Gadot, a déjà fait une apparition dans le récent « Batman VS Superman ». Mais cette fois elle sera la vedette incontestée d’un long-métrage réalisé par Patty Jenkins.
■ Girl power
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Stan Lee, le maitre-étalon des comics
● « Stan Lee, Homère du XXe siècle », Jean-Marc Lainé, Fantastik, 25 €
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Encore plus d’héroïnes à la télévision
(Dossier paru le dimanche 30 octobre dans l'Indépendant.)
lundi 25 mars 2013
Billet - Super sponsor
Chronique "ÇA BRUISSE SUR LE NET" parue ce lundi en dernière page de l'Indépendant.
mardi 17 mars 2009
Science-fiction - Quand les héros doutent...
Malaise chez les super-héros. Ces handicapés d'une autre dimension se posent beaucoup de questions dans ce roman d'Austin Grossman.
Il est loin le temps de Superman, super-héros infaillible, toujours prêt à rendre service sans se poser de questions. De même, les "méchants" de cet univers, toujours en quête d'un pouvoir absolu, n'ont que rarement expliqué cette soif de vengeance. Austin Grossman dans "Un jour je serai invincible" aborde le genre comme un s'il s'agissait d'un roman psychologique. Il va imaginer toute une bande de héros, bons ou mauvais, et leur triturer l'intellect pour tenter de découvrir pourquoi ils ont choisi un camp plutôt qu'un autre, comprendre ce qui les fait avancer.
L'auteur se penche plus spécialement sur le cas du Docteur Impossible. Le méchant absolu. Au début du roman il est en prison. Comme souvent dans son existence. Car s'il a des pouvoirs extraordinaires et une imagination débordante pour tenter de devenir le maître du monde, ses plans foirent toujours au dernier moment. Notamment quand entrent en jeu les "bons", menés par CoreFire.
L'arrivée de Fatale
Emprisonné, le Docteur Impossible attend la bonne occasion pour se faire la belle. Etre méchant, c'est avant tout être patient et discret. Alors qu'il répète une millième fois son plan dans sa tête sans rien laisser paraître, l'escouade des héros positifs est inquiète. CoreFire a disparu. Le groupe d'une petite dizaine d'individualités va se renforcer avec l'arrivée d'une ancienne militaire, mi-humaine, mi-ciborg : Fatale. Gravement blessée, elle a été sauvée et "améliorée". « Il me semblait symboliser à la perfection ce que j'étais devenu : une femme toute neuve, mystérieuse, sexy, cybernétique et dangereuse » explique Fatale qui est une des narratrices de ce roman. C'est elle qui va décrire les relations parfois tendues entre Damoiselle, Blackwolf ou Lily, la seule ayant débuté méchante (elle a même été la maîtresse du Docteur Impossible) pour finalement changer de camp.
Fatale qui a longtemps admiré les super-héros, est très impressionnée d'être devenu l'une des leurs. Des super-héros bien différents du début. « Certains d'entre eux ne portent même plus de masque. Ils ne s'encombrent plus d'identité secrète genre cadre classe moyenne ; ils sortent avec des stars, participent à des galas de charité. Même leurs pouvoirs sont plus cools : vivacité, fluidité, non-linéarité. Adieu les montagnes de muscles, place à de nouveaux pouvoirs relevant surtout du style. »
L'origine du Docteur
A l'annonce de l'évasion du docteur Impossible, c'est le branle-bas de combat chez les super-héros. D'autant que CoreFire, le meilleur d'entre eux, est toujours introuvable. Le docteur, de son côté, doit tout reprendre à zéro. Car être un super-méchant, cela signifie souvent ne pas avoir d'amis et devoir se débrouiller seul. On le suit dans cette quête insensée : devenir le maître du monde. Et l'auteur, par petites touches, grâce à des flashbacks, explique pourquoi cet étudiant insignifiant, a basculé du côté obscur et mis sa formidable intelligence au service d'une vengeance sans fin. On découvre ainsi comment il s'est choisi son surnom. C'était au tout début de sa carrière. Son premier braquage pour avoir les liquidités nécessaires à l'achat du matériel indispensable à ses expériences. « Les humiliations s'accumulent et vous savez que jamais vous ne pourrez les venger toutes, même si vous êtes infiniment supérieur à vos persécuteurs. Votre ego est ailleurs, invisible, inconnaissable. Impossible. "Je suis le Docteur Impossible !" Je criais littéralement. »
Un roman qui fascine par la complexité des personnages, loin d'être lisses et manichéens. Il y a beaucoup de souffrance et de gamberge, avec un zeste d'humour typiquement britannique pour détendre l'atmosphère et faire au final un objet littéraire unique.
"Un jour je serai invincible", Austin Grossman (traduction de Jean-Daniel Brèque), Calmann-Lévy, 19,90 euros
lundi 21 août 2006
BD - Les secrets (picturaux) des super-héros
La bande dessinée américaine n’est jamais parvenue à percer en France. Pourtant nombre de dessinateurs sont extraordinairement doués. Ce sont quelques-uns des meilleurs qui ont accepté de dévoiler leurs secrets dans ce volume didactique de plus de 140 pages. Joe Quesada, rédacteur en chef de Marvel Comics explique dans la préface que « les éditeurs recherchent trois choses : le désir brûlant, l’art de raconter une histoire et la capacité de tout dessiner ? Tout. A la demande ». Chaque chapitre aborde les fondamentaux comme l’anatomie, la perspective, le mouvement ou les décors. Chaque spécialiste tente de faire partager son savoir. Jim Lee se charge des scènes d’action, Joe Kubert de la documentation et c’est Michael Turner en personne qui donne d’une savoureuse leçon sur le sex-appeal… Un bouquin passionnant pour les amateurs de dessin, essentiel pour les jeunes dessinateurs autodidactes en mal de conseils et de solutions. (Delcourt, 14,95 €)



