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mardi 7 avril 2020

De choses et d’autres - Les confinés se surpassent



Que restera-t-il de cette pandémie de coronavirus ? Des dizaines de milliers de morts et des services de santé débordés, on ne conservera que quelques lignes dans les futurs manuels d’Histoire numériques des écoliers du siècle prochain. Par contre on a toutes les chances de voir apparaître un genre culturel pérenne dit « du confinement ». Comme il y a des films de zombies ou une littérature policière.
Paradoxalement, quand on a dit aux Français (et au 2/3 des autres habitants de la planète) de rester chez eux et d’en profiter pour consommer de la culture, ils se sont pris au jeu et après avoir regardé de vieilles œuvres ont décidé d’en fabriquer de nouvelles.
Et, miracle de la technologie abolissant les barrières, frontières et s’affranchissant des salles de spectacle, ce nouvel art a déferlé partout.

On ne compte plus les milliers de courts-métrages, souvent très au point techniquement, mettant en scène des confinés. Scènes tournées dans la cuisine, avec femme et enfants, dans la chambre où les draps blancs se transforment en montagnes enneigées, derrière la fenêtre, avec le chat en vedette et une voix off lui faisant dire des énormités.
On a vu aussi que les visioconférences, au-delà de l’aspect pratique, permettent de transformer un nuage d’écrans en superbe création. Qui n’a pas eu des frissons en regardant le Boléro de Ravel joué par chaque musicien de l’orchestre de Radio France confiné dans son salon ou la version de l’Estaca jouée par la cobla Mil•lenària en hommage aux soignants.
Alors je ne sais pas encore combien de temps va durer ce confinement (le moins de temps possible selon le vœu de tout le monde), mais les créations qu’il a provoquées ces trois dernières semaines, elles, seront toujours les bienvenues sur nos écrans d’ordinateur.

Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le mardi 7 avril, 22e jour du grand confinement.

lundi 6 avril 2020

De choses et d’autres - À nos actes masqués

Alors que Pâques va passer à l’as et que Carnaval est derrière nous, l’époque est au masque généralisé. Tous masqués, comme le chante la Compagnie créole, référence musicale qui risque de provoquer bien des cauchemars à notre chroniqueur rock (voir en page Culture à domicile son hommage au premier chanteur d’AC/DC).
De denrée ridicule et inutile au début de la pandémie, le masque est devenu par la suite une sorte de Graal porté par ceux qui, plus trouillards que prévenants, voulaient se protéger des miasmes du voisin de caisse.
Et puis, pénurie oblige et messages alarmants des scientifiques (le virus est partout !), on a vu fleurir nombre de versions artisanales, parfois cocasses, pas très bien ajustées voire folkloriques (oui, certaines ont recyclé les bonnets de leur soutien-gorge pour se protéger).
Aujourd’hui, en ce lundi de la quatrième semaine de confinement, il est conseillé à tous et toutes de sortir couverts.
Un masque, même bricolé, ne peut que ralentir la propagation du virus. Des patrons circulent sur le net. Encore faut-il être un peu habile de ses doigts.
A la maison, ce sera peut-être l’occasion de déballer cet achat convulsif datant de 2014. Car cela fait six ans que la machine à coudre ramenée d’un magasin d’électroménager attend qu’on ouvre son emballage. Si cela se trouve elle est toute rouillée. Je n’ose aller voir. De toute manière, pour les ourlets et autres retouches, notre voisine Élisabeth a toujours répondu présente.
En attendant, je n’ai pas de masque. À moins de recycler le déguisement de notre petit-fils. Le haut de Yoyo, un des membres des Pyjamask. Mais ce serait ridicule et totalement inutile car comme Zorro, le masque de ces héros de dessin animé ne couvre que les yeux et laisse la bouche à l’air libre.


Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le lundi 6 avril, 21e jour du grand confinement.