Énorme roman gigogne de l'univers du Cosmère, « L’île de Noirebraise » de Brandon Sanderson mélange plusieurs mondes, de l'espace à la jungle, avec dragons, aventuriers et conquérants galactiques.
Certains romans viennent de très loin. Une petite idée qui va faire du chemin dans la tête de l'auteur. Quand il se lance dans la rédaction de la novella (une grosse nouvelle) intitulée Sixième du Crépuscule, comme le nom du personnage principal, Brandon Sanderson ne se doute pas que ce n'est que le début d'un de ses plus ambitieux projets dans l'univers du Cosmère qu'il développe depuis quelques années. On y découvre la vie de ce trappeur, sorte de défenseur de la nature, chargé de capturé les Aviares, des oiseaux aux pouvoirs fantastiques et mystérieux. Ces volatiles prolifèrent sur l'île de Patji, « le dieu de toutes les îles ». Crépuscule a continué à trotter dans la tête de Sanderson et après une longue maturation est reparti à l'aventure dans « L'île de Noirebraise » qui sort simultanément aux USA et en France début 2026.
Une partie du roman reprend la novella, sous forme de flash-back, quand Crépuscule, trappeur solitaire, rencontrait pour la première fois Vathi, jeune femme ambitieuse. On la retrouve dix ans plus tard, gouverneure de ce monde qui doit faire face à deux menaces : la modernité inéluctable et l'arrivée d'un peuple d'explorateurs spatiaux à bord de vaisseaux volants.
On est rapidement happé par les inventions de l'auteur. Notamment sur l'île de Patji, terre dangereuse où seuls les meilleurs trappeurs parviennent à survivre. Car la faune et la flore sont d'une rare agressivité. L'arrivée en bateau se fait au risque d'être broyé par une « ombre », monstre sous-marin sans pitié. Sur terre gare aux « fourmis tueuses » cachées dans les rares fruits comestibles, aux « tranchelianes » qui vous tombent dessus depuis la branche d'un arbre et vous broient les os.
Les plus redoutables restent les « Gueule de nuit », oiseaux ne sachant pas voler, sortes de gros dodos nocturnes, dotés d'un bec muni de dents acérées. Pour se protéger, Crépuscule peut compter sur ses deux oiseaux, Sak et Kokelii, capables de le rendre invisible et de prévoir les possibles morts de leur « humain ».
Cette seule partie du roman suffit largement à contenter les fans de mondes imaginaires. Mais Sanderson va beaucoup plus loin. Il imagine un univers parallèle, où vit une dragonne, Alcyone, seconde héroïne du récit. Elle a une apparence humaine, a perdu en partie ses pouvoirs et va de planète en planète à bord d'un astronef de commerce. On bascule alors dans la série de science-fiction. Mais pas longtemps car Alcyone découvre une entrée vers l'univers de Crépuscule. Ce même Crépuscule qui débarque dans le monde d'Alcyone après la longue et périlleuse traversée d'une « non-mer », plongée dans une obscurité totale. Les deux mondes se rencontrent, les deux héros unissent leurs forces, le roman décolle vers des sommets rarement atteints dans le genre de la fantasy.
« L'île de Noirebraise » de Brandon Sanderson, 672 pages, 24,90 € l'édition courante, 29,90 € l'édition collector.
