mercredi 13 décembre 2017

DVD - Mariage en temps de guerre

La guerre qui a déchiré l’ex-Yougoslavie est au centre de l’œuvre d’Emir Kusturica. Mais « On the milky road » est le dernier portant sur ce sujet. Un tournant dans le parcours de ce réalisateur souvent primé dans les festivals les plus prestigieux. D’autant que pour la première fois, il ose l’histoire d’amour. L’accueil du film a été assez mitigé, tant chez la critique que de la part du public. Pourtant, un Kusturica, même moyen, reste large ment supérieur à tout ce qui se fait dans bien des cas... Alors ne boudons pas notre plaisir de retrouver ce joyeux univers, toujours un peu bordélique, complètement dé calé et unique. 

Dans un petit village, la guerre dure depuis des années. Au point que certains ne savent même plus pourquoi ils se battent. Pour assurer le quotidien, il faut du lait. C’est la mission au quotidien de Kosta (Emir Kusturica). Sur son âne, avec un rapace sur l’épaule, abrité du soleil par un parapluie, il parcourt quelques kilomètres dans la montagne pour re joindre la ferme de Milena (Sloboda Micalovic) afin de remplir ses deux gros bidons de lait. Milena rêve d’épouser Kosta. En même temps que le mariage de son frère qu’elle est en train de mettre sur pied. Ce militaire, héros national, en mission en Afghanistan, n’a pas le temps de chercher une épouse. Alors Milena dégotte la perle rare dans un camp de réfugiés. Cette quadra, de mère italienne et de père serbe, est belle. Mais compliquée. Elle a dénoncé son amant anglais qui venait de trucider sa femme. Un gradé des Nations Unies qui va tout faire pour la retrouver et lui faire payer sa trahison. 

Enlevée, amenée à la ferme, Nevesta (Monica Bellucci) remarque vite ce mili taire taciturne qui risque sa vie tous les jours pour quelques litres de lait. Au niveau du scénario, on se doute que le mariage arrangé va se transformer en coup de foudre. Mais passé cette facilité, le film est d’une richesse étonnante. On découvre ébahi une horloge mordeuse, un serpent géant nourri au lait de vache, des moutons protecteurs, des oies recouvertes de sang et même une poule danseuse devant un miroir. 

Tout ce bestiaire étonnant donne une touche très surréaliste à « On the milky road ». Kusturica se permet même quelques touches de burlesques comme cette scène de Nevesta qui ne parvient pas à re monter un seau du puits. La poésie est aussi très présente, notamment à la fin. Une fin un peu longue à arriver. C’est la seule critique : les longues poursuites dans la nature sauvage donnent à voir le pays au spectateur mais ne font pas avancer l’histoire.

 ➤ « On the milky road », Wild Side, 9,99 € le DVD 

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