lundi 29 novembre 2021

Beau livre - Le sud d’antan des époux Gaurenne


Fenêtres ouvertes sur le Maghreb et l’Égypte d’antan, les minutieuses peintures à l’huile d’Annie Gaurenne - près de 80 - aux scènes de vies pittoresques, accompagnées de commentaires et de réflexions, invitent au voyage dans les ruelles de la casbah d’Alger ou celles d’un village, au bord d’un oued, au Sahara, dans les gorges d’El Kantara ou encore dans la fascinante vallée du Nil… 

Avec Robert Gaurenne et ses dessins, on partage les expériences inoubliables de voyageurs : mirages dans le désert, tempête de sable, chasse au faucon, vie nomade, pain du désert des Touaregs… La galerie de tableaux composant cet ouvrage intitulé « Un été dans le Grand Sud », sert avec bonheur de trame à ce livre d’art richement illustré dans lequel, à chaque page, le soleil darde ses rayons d’or.

« Un été dans le Grand Sud », Annie et Robert Gaurenne, Edilivre, 29 € (edilivre.com)


dimanche 28 novembre 2021

Cinéma - "Red Notice", un trio délirant sur Netflix


C’est le gros coup de Netflix en cette fin d’année. Red Notice a tout du blockbuster qui aurait attiré au minimum 2 millions de spectateurs dans les salles françaises. Le film sort directement sur la plateforme de streaming et en totalise sans doute beaucoup plus. Certes le scénario n’est pas original, mais le bagou des acteurs fait tout l’attrait de cette parodie qui n’ose pas dire son nom. Deux voleurs et un flic se tirent la bourre à travers le monde pour des œuvres d’art datant de Cléopatre. La palme à Ryan Reynolds, totalement en roue libre, arnaqueur qui sera victime de son besoin d’amour.  Dwayne Johnson, dans le rôle de l’agent du FBI, sait rire de ses muscles. Quant à Gal Gadot, sa beauté parfaite lui ôte toute humanité jusqu’au coup de théâtre qui propulse Red Notice au sommet des films d’humour.


Cinéma - “Si on s’aimait”, comédie sociale en chansons


Marre de la grisaille et des mauvaises nouvelles ? Prenez un grand bol d’air d’optimisme en allant voir Si on chantait, sorte de comédie musicale nordiste doublée d’un fonds social sur la difficile reconversion dans ces bassins d’emplois sinistrés. A Quiévrechain, une usine est sur le point de fermer. Les ouvriers en grève cherchent un moyen de s’y opposer. Franck (Jérémy Lopez), adore chanter et tente d’organiser un concert avec les employés volontaires. En vain. Deux ans plus tard, Franck est livreur. Il va avoir l’idée de proposer aux clients, au lieu d’une pizza, une chanson dédicacée. 

Il va recruter les meilleurs éléments de la chorale : Sophie (Alice Pol), sa meilleure amie depuis l’enfance qu’il aime secrètement, Jean-Claude (Clovis Cornillac), un cadre technique qui ne retrouve plus de travail et José (Artus), qui chante comme une casserole mais se révèle un roi de l’organisation. 

Leur petite entreprise va lentement mais sûrement décoller, donnant à chaque livraison un peu de frissons à un public réduit mais conquis. Le film raconte la création de cette belle équipe, la solidarité, l’envie de faire quelque chose d’utile et de bon pour la société. 

Un message qui aurait pu être trop gentillet s’il n’y avait pas cette bande-son extraordinaire avec les sublimes chansons que tout le monde aura envie de reprendre en chœur dans la salle. Dont le titre qui donne son titre au film, chantée par Julien Clerc et écrite par le regretté parolier catalan, Étienne Roda-Gil. 

Film de Fabrice Maruca avec Jeremy Lopez, Alice Pol, Artus

samedi 27 novembre 2021

Série télé - Invasion spatiale dans la saison 2 de « Another life »


Si les films de science-fiction cartonnent au cinéma, en série c’est souvent du quitte ou double. Si une plateforme ou une chaîne accepte de financer une saison 1, la 2 n’est jamais confirmée d’entrée. Pour Another Life, produite par Netflix, il s’en est fallu de peu que les abonnés ne découvrent jamais ce qui est advenu du vaisseau spatial piloté par Nico (Katee Sackhoff) lancé pour tenter d’en savoir un peu plus sur une civilisation alien qui a envoyé d’immenses artefacts sur Terre. 

La saison 2, en dix épisodes, apporte beaucoup de réponses et  un point final à l’histoire. On sent cependant en cours de récit que les scénaristes ont rajouté des épisodes et des péripéties, comme pour tenter de la rendre plus comparable aux autres productions existantes. Notamment quand l’équipage découvre une planète habitable qui se révélera finalement très hostile… La très bonne idée de la série consiste à donner une apparence humaine à l’intelligence artificielle du vaisseau. Cet arc narratif est passionnant quand on découvre que l’IA (interprétée par Samuel Anderson) se crée un double féminin. 

Mais on échappe heureusement au « Et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… » Sur l’intrigue principale, on est longtemps incertain sur les véritables motivations des aliens. Mais en bonne série américaine très manichéenne, tout sera clair à un moment pour que les principaux personnages endossent leur armure de sauveur. 

Au niveau du casting, si  Katee Sackhoff s’en tire avec les honneurs (elle a déjà beaucoup sillonné l’espace dans le reboot de Galactica), son mari dans la série, Justin Chatwin, semble toujours dans l’excès, le trop. Une fausse note qui rend pénible toute l’intrigue sur terre.  

Écrans d'automne : quatre jours de pur cinéma à Argelès-sur-Mer

 Deux avant-premières de films français attendus, des films rares à redécouvrir pour un public de cinéphiles et de connaisseurs : le programme du festival Ecrans d'automne, organisé par les Amis de Cinémaginaire à Argelès-sur-Mer du jeudi 2 décembre au dimanche 5 décembre, a tout de l'excellence.


Quelques jours après Confrontation à Perpignan, un nouveau festival offre une programmation ambitieuse aux cinéphiles du département. Cette fois c'est à Argelès-sur-Mer que plusieurs films seront proposés aux cours des Ecrans d'automne organisés par les Amis de Cinémaginaire au Cinéma Jaurès. Tout débute ce jeudi 2 décembre à 19 h avec une courte présentation du festival précédant la projection d'un film français en avant-première. Ouistreham, d'Emmanuel Carrère, est adapté du livre de Florence Aubenas. La journaliste, incognito, a travaillé durant plusieurs semaines avec les femmes qui font le ménage dans les bateaux assurant la navette entre France et Angleterre. Une œuvre poignante, avec Juliette Binoche dans le rôle principal. Le film ne sort partout en France que le 12 janvier 2022.

Le vendredi 3  décembre, deux films au rendez-vous. Gagarine à 18 heures et Indes galantes à 21 heures. Le premier est un film de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh mêlant critique sociale et fantastique. Dans la cité de Gagarine, en banlieue parisienne, un adolescent se rêve en cosmonaute. Mais quand les autorités annoncent que la cité va être rasée, il se lance dans la résistance avec la volonté de transformer la cité en vaisseau spatial.

Le soir, beaucoup de spectacle avec le documentaire de Philippe Béziat. Une plongée dans la création d'un spectacle à Opéra de Paris faisant dialoguer danse urbaine et chant lyrique dans l'adaptation contemporaine du chef-d’œuvre baroque de Jean-Philippe Rameau, Les Indes Galantes. Un film présenté par Imago publica avec le soutien du Groupement National des Cinémas de Recherche.

Le festival voyage autour du monde en musique le samedi 4 décembre avec Africa Mia (17 h 30), documentaire sur  le premier groupe afro-cubain de l'histoire : les Maravillas de Mali.

À 21h, redécouvrez, en version rénovée, ce film yougoslave de 1980 de Slobodan Sijan. Qui chante là-bas ? place le public dans le sillage d'un bus brinquebalant menant à Belgrade une bande d'originaux. Beaucoup d'humour et de musique dans ce film qui annonce les prémices des œuvres de Kusturica. 

Fin des Ecrans d'automne le dimanche 5 décembre. Après la projection de Digger, film grec à 14 h 30, place à la clôture du festival, vers 17 heures, avec une autre avant-première française. La croisade est signée Louis Garrel. Le réalisateur interprète également une des rôles principaux en compagnie de Laetitia Casta. Une belle histoire de prise de conscience de l'urgence climatique par de jeunes enfants. 

Écrans d'Automne, du 2 au 5 décembre, cinéma Jaurès à Argelès-sur-Mer. 5 € la séance, Pass 4 films : 15 €, Pass «Amis de Cinémaginaire» : 20 €

vendredi 26 novembre 2021

Série télé - "Gloria" et les ondes de la Guerre froide


Alors que le Portugal est encore une dictature, les Américains ont planté dans le pays une multitude d’antennes pour arroser le bloc de l’Est d’émissions radio censées pousser le peuple à se révolter face à l’oppression soviétique. L’action de cette série produite et diffusée sur Netflix se déroule vers la fin des années 60. Dans la ville de Gloria (qui donne son titre à double signification à la série), loin de Lisbonne, une petite colonie américaine travaille avec des techniciens locaux pour entretenir les émetteurs et les antennes et produire les émissions. Joao (Miguel Nunes), jeune ingénieur, vient d’être embauché à Gloria. Il a quitté la radio nationale pour surveiller les installations de la RARET, nom de la société chargée de diffuser la propagande occidentale. Il arrive en terrain conquis car Joao est le fils d’un ministre très influent de Salazar, toujours au pouvoir. 

Cette série historique signée Pedro Lopes aborde frontalement plusieurs thèmes qui s’imbriquent. Joao, avant de travailler, a tenu à faire son service militaire et à servir son pays en Afrique. Le Portugal a été un des derniers pays occidental à reconnaître l’indépendance de ses colonies. C’est dans la jungle de l’Angola que Joao a compris que le monde était en train de changer. Former à la dure par son père, il bascule vers le camp des opprimés. On comprend rapidement que s’il a demandé sa mutation à Gloria, c’est uniquement pour devenir un espion insoupçonnable, au service de l’URSS. Se greffe sur cette trame classique de l’agent double (il donne aussi des informations à son père sur les activités des Américains), plusieurs romances. Il cherche à savoir qui a tué son amoureuse secrète, elle aussi espionne au service de l’URSS. Et tombe sous le charme de Carolina (Carolina Amaral), une employée de maison de RARET, au service des responsables américains de la société, également grands pontes de la CIA du pays.

Remarquablement écrit, interprété et reconstitué avec justesse, Gloria permet de découvrir un pan assez ignoré du rôle du Portugal dans la Guerre froide, quelques années avant la fameuse révolution des Œillets

De choses et d’autres - De quoi parlerons-nous à Noël ?

Dans la catégorie des saillies politiques à mettre au panthéon des énormités, cette déclaration de Christian Jacob, pourtant président du parti Les Républicains au Journal du Dimanche : « Il faut que les discussions du repas de Noël des Français tournent autour de notre candidat. »

Le fameux candidat n’est pas encore désigné. Normalement c’est le 4 décembre que l’on saura donc, qui sera aux centre des discussions des repas de Noël de tous les Français.

Enfin, ça c’est le vœu pieux de Christian Jacob. Si l’on réfléchit deux secondes (ce que le président Jacob a oublié en prononçant ces malheureux mots), on se doute qu’entre les petits fours et la bûche, le repas de famille portera essentiellement sur la crise sanitaire.

Du moins si on parle de choses sérieuses. Car souvent pour Noël, on met de côté les choses qui fâchent. On se consacre surtout aux enfants, à leur joie de découvrir de nouveaux jouets. On profite de la bonne bouffe et des liquides qui vont si bien avec. Alors vous pensez bien, la politique... Et encore moins le candidat de la droite républicaine.

A moins bien sûr que finalement les militants désignent un outsider absolu, comme Éric Ciotti (mais ça ferait quasiment un troisième candidat étiqueté extrême droite) ou le docteur Juvin. Mais ce dernier, tant qu’il se contentera de squatter les plateaux télé sans trouver le remède miracle au coronavirus, risque de conserver cette dernière place que lui prédisent tous les sondages.

Et vous, quel sera votre sujet de discussion préféré pour le repas de Noël ? Dinde ou chapon ? Huîtres ou langouste ? Blanquette ou champagne ? Élection ou vaccination ?

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mardi 30 novembre 2021

jeudi 25 novembre 2021

DVD - Maman encombrante


Sorti en 2016, « Retour chez ma mère » d’Eric Lavaine avait attiré plus de 2 millions de spectateurs pour rire face à cette comédie mettant aux prises une fille de 40 ans obligée de retourner vivre chez sa mère sa mère. Une suite a été écrite, « Un tour chez ma fille » (Pathé Vidéo) et vient de sortir en DVD et blu-ray. On retrouve Josiane Balasko dans le rôle de la mère et c’est Mathilde Seigner qui endosse celui de la fille. Le principe du film inverse les situations. 

La mère, dont l’appartement est en travaux, doit aller vivre quelques jours chez sa fille. Mais la cohabitation entre les deux est très compliquée. Les gags s’enchaînent, les situations loufoques prolifèrent et rien n’est épargné à cette famille dysfonctionnelle

Josiane Balasko est excellente, de même que Jérôme Commandeur en mari tentant de reconquérir son épouse, malgré l’omniprésence très lourde de sa belle-mère.

De choses et d’autres - Un gouvernement de confinés

Rien ne sert de se cacher derrière son petit doigt (vieille expression remise au goût du jour par la ministre des Sports), ce mois de décembre n’est pas encore commencé, mais je sens qu’il va être long, très long. Comme l’impression que le cirque Covid est de retour au centre de la place publique.

Avant même le décollage « fulgurant » de la 5e vague et l’arrivée du variant Omicron, l’annonce de la contamination de Jean Castex, Premier ministre, et de sa mise à l’isolement a remis notre détesté virus en tête des débats politiques. Oublié le Z. qui signe ses exploits d’un I majuscule. On n’a même pas le temps de prendre un rendez-vous pour la 3e dose. De toute manière, il n’y a plus beaucoup de place et même Doctolib a craqué.

Un Premier ministre confiné et le lendemain un autre membre du gouvernement testé positif au Covid 19. La ministre déléguée à l’Insertion, Brigitte Klinkert. La pauvre, plaignons-la. Pas d’être malade, elle explique être asymptomatique, mais de se retrouver tout à coup propulsée sur le devant de la scène médiatique pour un test PCR positif. Car il faut bien l’avouer, personne ne se souvenait de sa nomination le 20 juin 2020 à ce poste.

Et l’hécatombe continue puisqu’on a appris ce week-end que Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la ruralité, était lui aussi malade. Ce dernier non plus ne souffre pas d’une surmédiatisation excessive. Mais enfin lui au moins je savais qu’il existait depuis la découverte de « La pause rurale » série de capsules vidéo assez étonnantes mises en ligne chaque mercredi sur les réseaux sociaux de son ministère.

Le générique est chanté par un coq et quand il a un invité, c’est ce dernier qui lance l’épisode. On a ainsi vu un Jean Castex totalement hilare en septembre dernier et le dernier numéro visible montre Olivia Grégoire, autre secrétaire d’État, chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, glisser que Joël Giraud, en plus d’être incollable sur « les finances publiques », l’est aussi sur le « hard rock ».

Et ce dernier de rebondir en expliquant qu’« Aujourd’hui le coq n’aura pas des accents de Métal et de Rammstein, on va rester dans le classique. » Cocorico ou co-covid-rico ?

Chronique parue (en partie) en dernière page de l’Indépendant le lundi 29 novembre 2021

mercredi 24 novembre 2021

DVD - Une si belle fleur

Un film sur les roses ? Le concept semble assez incongru. Et pourtant Pierre Pinaud transforme cette idée peu banale en un long-métrage remarquable par sa finesse, son intelligence et son universalisme. Car tel un hybrideur de talent (ceux qui créent de nouvelles variétés de roses), il a greffé sur la tige austère du savoir incarné par Eve (Catherine Frot), la bonne volonté et l’innocence de trois personnes en réinsertion sociale. 

Cette sortie en vidéo de « La fine fleur » (Diaphana vidéo), on retrouve le film mais aussi de nombreux bonus qui éclairent encore plus ce film humain, chaleureux et à l’esthétique léché.  En plus du film commenté par Pierre Pinaud, le réalisateur, le spectateur à droit à six scènes coupées ainsi qu’un petit reportage sur le métier de rosiériste réalisé chez la famille Dorieux, propriétaires de la grande exploitation de roses où le film a été tourné.