Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
mardi 13 septembre 2016
DE CHOSES ET D'AUTRES : Assos en fête
Ce week-end, dans mon village, les associations étaient à la fête. Un "Forum" chargé de présenter aux visiteurs d'un jour la diversité des activités culturelles ou sportives proposées par le foisonnant tissu associatif. En déambulant dans l'allée centrale sous un soleil de plomb, entre le maire qui serrait des mains et l'animateur chargé de rendre joyeuse et informative cette après-midi, je me suis senti bien petit face à ces passionnés, capables de sacrifier un samedi et surtout nombre de journées et de soirées. Du rugby féminin à l'escrime en passant par la broderie ou les danses de salon, le choix était vaste. Le café philo a choisi pour le thème de sa rentrée un sujet d'actualité "Fanatisme et tolérance". Espérons que d'ici le rendez-vous, le 24 novembre à la Brasserie de l'Europe, les fanatiques n'aient pas apporté un peu d'eau au moulin de notre limite de tolérance. Les judokas, par besoin d'espace, sont restés dans leur salle attitrée, à une dizaine de mètres du forum. Les majorettes, courageuses, défilaient devant les badauds, transpirant dans leurs bottes et corsets serrés. Je les ai plaints. Et pour illustrer immédiatement cette fameuse tolérance, le stand du Krav maga faisait face à celui du Taï chi. D'un côté une technique de combat redoutable, de l'autre le must de la relaxation chinoise. Le ying et le yang. Mais tous se retrouveront certainement les 12 et 13 octobre chez les donneurs de sang, toujours en quête de bonnes volontés pour sauver des vies. Sans nul doute la meilleure des façons de donner un peu de sa personne.
lundi 12 septembre 2016
BD : Le zen comme religion d'état dans "Karma City" de Gabrion
"Karma City" (tome 1), Dupuis, 20,50 €
DE CHOSES ET D'AUTRES : « Ké ! Ké ! Ké ! Arglll... »
Samedi, direction la pharmacie. La responsable de l'officine lui conseille un produit fort et efficace . De retour à la maison, elle lit la notice et découvre une méthodologie pour le moins étrange. "Se placer devant un lavabo, renverser la tête en arrière et faire couler le produit dans une narine. Respirer par la bouche en prononçant de façon répétée la syllabe "ké"". "Ké" ? Kézaco ? Bonne élève, elle s'exécute. La scène vire au surréalisme. Ma chérie, consciencieusement placée devant l'évier de la cuisine, se remplit la narine et tente de prononcer le mot magique. Au bout de trois "ké", elle manque de s'étouffer, crache tout par la bouche et les narines en poussant un râle de fin d'existence. Elle tente l'autre narine. Encore moins concluant car, sans pitié, j'éclate de rire. Rire contagieux. Ses "ké" se terminent dans un fou rire entre crachats et reniflements.
Le pire ? Elle n'est pas guérie. Oublié le "ké", place aux inhalations d'huile essentielle d'eucalyptus. En silence et sous un torchon. Moins marrant mais plus efficace.
En bonus, du "Ké ! Ké ! Ké !" en live...
dimanche 11 septembre 2016
BD : Un réactionnaire bien sympathique
«Ma vie de réac", Dargaud, 17,95 €
DVD : "Eperdument", une détenue modèle et un directeur amoureux
Mais il a l'excuse d'être un premier film. "Éperdument" est l'histoire d'amour impossible entre une détenue et le directeur de la prison. Anna, avant son procès (le film ne dit jamais de quoi elle est accusée, mais on apprend au détour d'une conversation avec son avocate qu'elle risque dix ans de réclusion criminelle), est transférée dans une petite prison pour femme.
Amour impossible
Jean y règne en maître absolu. Ce père de famille, marié à une surveillante (affectée dans une autre prison), essaie d'être juste. Mais quand il croise le regard d'Anna, tout son monde s'écroule. Un amour fou naît entre ces murs froids. Anna va elle aussi se raccrocher à cet homme qu'elle désire. Au mépris de toutes les lois, ils vont mener une relation secrète, à l'intérieur même de la prison. Anna sera affectée au service général, une sorte d'administration composée de détenues, directement sous les ordres du directeur. Pratique pour passer de longues heures à deux dans la salle informatique ou pour la convoquer afin de faire le ménage dans son bureau. La romance ne reste pas secrète. Dénoncé par une détenue rancunière, Jean est mis à pied, jugé, condamné. Et dans le film, comme dans la réalité, en plus de perdre sa femme et sa fille, il sera rejeté par la belle Anna dès qu'elle sera remise en liberté.On retiendra surtout de ce film carcéral la performance d'Adèle Exarchopoulos. La jeune actrice, découverte dans "La vie d'Adèle" s'est fortement impliquée dans ce rôle, passant de longues semaines en compagnie de véritables détenues pour être la plus juste possible. Le DVD offre en bonus un making of centré sur le décor, la prison de la Santé.
"Éperdument", Studiocanal, 16,99 €
samedi 10 septembre 2016
BD : Dans les griffes du chat "Enragé"
"Confessions d'un enragé", Glénat, 25 €
DE CHOSES ET D'AUTRES : Julie jolie
S'il ne démord pas de sa ligne de conduite de refuser tout mélange entre vie publique et privée, ce n'est plus le cas pour elle. Julie Gayet, sans grande actualité culturelle à promouvoir (son dernier film, "C'est quoi cette famille" est sorti en août) se retrouve cette semaine à la Une de Paris Match et du Parisien Magazine. Motif : elle s'investit totalement dans la campagne contre le sexisme. Une bonne occasion pour parler du rôle des femmes, se plaçant ainsi, en filigrane, dans la posture pourtant tabou de "première dame de France".
Reste maintenant à François Hollande à trouver le bon équilibre entre le président sortant, sobre, investi de sa mission au service de la France et le candidat qui devra forcément casser l'armure, redevenir humain, capable de sentiments comme l'ensemble de ses électeurs.
vendredi 9 septembre 2016
Cinéma : "Frantz" ou la quête d'un pardon impossible
Tourné en grande partie en noir et blanc dans une petite bourgade allemande, "Frantz" de François Ozon fait partie de ces films au fort pouvoir de rémanence. Pris par l'histoire, on n'est pas sensible immédiatement à la beauté des images. Puis, une fois sorti de la salle, des flashs picturaux nous reviennent en mémoire. Les gros plans sur le visage lumineux de l'actrice principale, ces branches d'arbres qui bruissent dans le vent, les ambiances des cafés en Allemagne comme en France, avec en toile de fond une fierté nationale qui appelle à de nouveaux combats, le cimetière, calme et reposant. Une époque reconstituée, sans beaucoup de moyens, mais avec toute son âme.
Mensonge pieu
D'âme, il en est beaucoup question dans ce film sur le pardon. Adrien Rivoire (Pierre Niney), jeune soldat français fraîchement retourné dans le civil après l'Armistice, se rend dans cette petite ville allemande qui accueille la tombe de Frantz. Lui aussi soldat. Dans l'autre camp. Et moins chanceux puisqu'il est mort au combat. Il croise dans le cimetière Anna (Paula Beer), la fiancée inconsolable de Frantz. Entre ces deux jeunes que tout oppose, une complicité, une amitié, voire plus, va se nouer. Malgré l'ambiance générale qui pousse la majorité des Allemands à cracher au passage d'Adrien. Adrien prétend avoir connu Frantz avant la guerre, quand ils étaient étudiants à Paris. Il raconte à Anna et aux parents du jeune Allemand disparu leurs visites au Louvre, les soirées dans les cafés animés, leur passion pour la musique, le violon en particulier. Le père (Ernst Stötzner), après avoir rejeté violemment Adrien, accepte de l'écouter et va éprouver beaucoup de plaisir à retrouver une partie de la vie de son fils. Mais tout n'est que mensonge. La relation entre Adrien et Frantz est tout autre.Longtemps durant la première partie du film on suspecte une relation homosexuelle. Il n'en est rien, François Ozon a respecté le scénario original du film de Lubitsch. Adrien est simplement le meurtrier de Frantz, croisé dans une tranchée sous la mitraille des deux camps. Il veut se faire pardonner, tout dire aux parents. Anna l'en dissuade, veut se raccrocher désespérément à ce bel inconnu si charmeur qui lui rappelle tant son amour. Frantz, omniprésent au début du film, va peu à peu s'effacer des mémoires et Adrien comme Anna vont enfin accepter de tourner la page.
François Ozon, sans la moindre ostentation, raconte comment un mensonge peut parfois être plus constructif que la cruelle vérité. Même si vivre avec ce secret est une souffrance de tous les jours pour les initiés.
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Radieuse Paula Beer
Remarquable en veuve éplorée, Laura Beer l'est encore plus quand elle enfile une robe vaporeuse pour aller au bal au bras du "Français", malgré les regards désapprobateurs de ses amis allemands, torturés, déjà, par l'envie de revanche. Certes elle est belle, bonne actrice, tant en allemand qu'en français, mais cette joliesse, ce mignon minois, doit aussi beaucoup à la délicatesse de François Ozon. Il filme ce visage avec une rare intensité, comme si Paula Beer portait en elle toute la finalité du film : le malheur, la résilience, l'espoir d'une vie meilleure, la décision de vivre, malgré la peine. Seule une grande actrice peut relever un tel défi.
DE CHOSES ET D'AUTRES : Reconversions
De même, pour continuer d'exister, Daniel Cohn-Bendit assure une chronique chaque matin sur Europe1 et Jean-Louis Debré anime sa propre émission sur Paris Première.
Nicolas Sarkozy a failli suivre le même chemin. Battu en 2012, il annonce son retrait de la politique. Avec l'ambition, jamais avouée mais flagrante : engranger le plus d'argent possible en donnant des conférences excessivement rémunératrices (un rôle de comique aurait également pu lui rapporter gros). Mais le démon de la politique lui est chevillé au corps. Il part à nouveau en campagne. S'il perd à la primaire, il ne lui restera que la retraite. À 61 ans. Un paradoxe pour celui qui voudrait en prolonger l'âge légal de quelques années.
L'an prochain, si Hollande renonce ou perd, je le verrais bien devenir commandant de paquebot. Un gros, un énorme. L'antithèse du pédalo.
Valls dispose du physique et du rictus propres aux vigiles de supermarché. Les petits voleurs feront demi-tour aussi sec.
Quant à Jérôme Cahuzac, à la fin de son procès, son avenir d'acteur semble tout tracé. Les yeux dans les yeux, il peut endosser tous les rôles. De méchants, de préférence.
jeudi 8 septembre 2016
BD : La dérive de la Corée du Nord
"L'anniversaire de Kim Jong-Il', Delcourt, 16,95 €
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