Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
mercredi 19 septembre 2018
Cinéma - "Leave no trace", se couper du monde pour réussir à lui survivre
Will (Ben Foster), vétéran, et sa fille adolescente, Tom (Thomasin Harcourt McKenzie), fuient la civilisation. Ils vivent sous une bâche dans le parc naturel proche de la banlieue de Portland, récupèrent l’eau de pluie, cueillent des champignons, font pousser quelques légumes et s’entraînent à se cacher. Car il est interdit de vivre dans ce parc national.
Quand le nécessaire manque, ils vont en ville se ravitailler. Will touche sa pension de vétéran et revend les médicaments que le service de santé lui délivre pour cause de traumatisme post-conflit. Pilules qu’il cède à des SDF.
La première partie du film se concentre sur cette survie précaire, entre paradis (les bons jours) et lutte contre le froid et l’humidité (tout le reste du temps). Repérés, capturés, le père et sa fille sont séparés. Quand ils arrivent à se retrouver ensemble, ils fuient de nouveau, plus au nord, dans des forêts encore moins hospitalières.
Superbe symphonie naturelle, ce film d’une grande beauté, est avant tout la description du traumatisme d’un homme, persuadé que pour survivre au monde, il faut le fuir. Une réalité qu’il veut imposer à sa fille.
➤ « Leave no trace » de Debra Granik (USA, 1 h 49) avec Thomasin McKenzie, Ben Foster.
vendredi 16 mars 2018
De choses et d'autres - Juste pour survivre
Ce week-end à Paris s’est déroulé le premier salon du survivalisme. Mode américaine, souvent caricaturée, elle semble malheureusement de plus en plus d’actualité. Le survivaliste n’a qu’un but : se préparer à rester en vie dans un monde où la «normalité » protectrice n’a plus cours. Les Américains craignent l’arrivée de hordes de zombies.
Chez nous, il n’y en a pas plus que chez eux. La différence c’est qu’on ne vit pas avec la certitude qu’un jour des milliers de cadavres se relèveront pour tenter de nous manger la cervelle. A nous Français, qui n’envisageons pas un repas dominical de moins de quatre heures ou une défaite de Martin Fourcade. Ce dernier serait drôlement bon en survivalisme. Il pourrait courir sur de longues distances et avec sa carabine, il saurait toucher tout ce qui est menaçant ou en tout cas, ramener le repas du soir. Par contre, en sportif de haut niveau, il n’a pas de feu sur lui (seul avantage d’être fumeur dans ce futur apocalyptique) à moins qu’il ne se trouve en compagnie de Julie, la Catalane de Koh Lanta. Elle sait l’importance du feu. Au fond, cette mode n’est-elle pas tout simplement un reste de nos gamineries ? Quand on s’enfonçait dans la forêt à la recherche de la clairière idéale pour accueillir la cabane de nos rêves, à l’abri de tout.
En ces temps bénis, on ne redoutait pas grand chose. Juste les remontrances des parents si l’on déchirait son pantalon, voire les hurlements hystériques de la mère si l’on se coupait un doigt* avec la hache dérobée avant de partir en expédition.
Non décidément, le retour des morts-vivants n’est pas encore d’actualité. Ce qui l’est par contre, c’est l’action démente d’un homme bien vivant qui a semé la mort un vendredi ordinaire dans un supermarché près de chez nous.
➤ * Anecdote authentique arrivée à un ami de mon fils quand ils avaient 12 ans
lundi 27 novembre 2017
De choses et d'autres - Dans le slip du survivaliste
« J’espère vous avoir donné envie d’apprendre à crocheter! » Telle est la conclusion d’un article déniché sur internet. Ne pas confondre faire du crochet et crocheter. Dans le premier cas, il s’agit d’une activité de « mémère à chat », dans le second de cambrioleur. Ou de survivaliste. Car cette phrase je l’ai extraite du site «La bible du survivalisme ».
Une mine d’idées toutes plus étonnantes que saugrenues. Elle recense les trucs et astuces pour survivre le plus longtemps en milieu hostile. Le rédacteur explique que le crochetage, c’est avant tout un jeu pour «mieux comprendre le fonctionnement des serrures ». Et en cas de catastrophe mondiale et d’écroulement de la société, « vous avez tout intérêt à être discret. » Bon, pour trouver de la nourriture et voler par la même occasion, faut pas se voiler la face. Ainsi, « si vous venez de crocheter la serrure de la porte d’une pièce où vous souhaitez vous abriter, cette serrure vous protégera par la suite » explique le site.
Le survivalisme permet aussi à certains de se retrouver au plus près de la nature. Un sac à dos, un couteau et on part dans les bois. On vivote avec le minimum, on se prépare pour le grand chaos. Il faut, dans l’absolu, garder toujours un sac prêt avec le plus utile. Pour une semaine, compter deux jeux de sous-vêtements, car, comme l’annonce le site de façon très cash, « on n’est pas là pour sentir bon, la seule raison de changer de vêtements c’est pour en mettre des secs si ceux qu’on porte sont mouillés. » Une bonne solution également pour éloigner les indésirables.
Attention cependant car au bout de quelques jours sans vous changer, la dernière femme que vous croiserez risque d’émettre quelques réserves à vos avances, même si l’avenir de l’humanité est en jeu. Le slip sale, aussi survivaliste soit-il, n’émettra jamais de phéromones.
En bonus, Gaétan dans les bois comme Rahan : le survivalisme ça ne s'improvise pas...

