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mercredi 1 février 2017

Cinéma - « Jackie », la veuve ensanglantée

Jackie Kennedy était à côté de son mari quand une balle lui a explosé la tête. Le film de Pablo Larrain raconte ce drame du point de vue de la First Lady, interprétée par Natalie Portman.


Trois jours. Le film de Pablo Larrain présenté comme un biopic ne couvre en réalité que trois jours de la vie de Jackie Kennedy, celle qui reste la plus célèbre des First Lady. Du 22 novembre 1963, date de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy au 25, date de ses obsèques.

Les amateurs de grandes histoires romantiques avec sanglots et bonheur pour ponctuer les grandes dates d’une vie en auront pour leurs frais même si quelques flash-backs permettent un peu de contextualiser la vie du couple Kennedy à la Maison Blanche, notamment lors d’un concert prestigieux de Pablo Casals. Le cinéaste chilien, pour son premier film en anglais, tourné en grande partie à Paris, a pris le parti de se concentrer sur la vision de cette femme, à qui tout réussit, adulée des foules, qui voit sa vie s’écrouler en trois jours. Non seulement elle perd son mari dans des conditions abominables (elle a tenté de remettre le cerveau en miettes de son époux dans le crâne ouvert alors que la décapotable filait à vive allure vers un hôpital), mais elle devra quitter dans l’urgence cette Maison Blanche qu’elle aimait tant, se retrouvant quasiment à la rue si la famille Kennedy ne lui était pas venue en aide.

■ Confessions
Le film débute par l’arrivée d’un journaliste américain chargé de recueillir la première interview de Jackie Kennedy (Natalie Portman) une semaine après les obsèques de son mari. Une femme qui fume cigarettes sur cigarettes, qui se confie sans peine mais ponctue chacune de ses déclarations par un intransigeant « Vous ne publierez pas cela ». Elle entend conserver jusqu’au bout l’imprimatur de sa vie, comme pour mieux préserver la mémoire de son mari, éphémère président qui n’a pas eu le temps de réaliser ses projets, obligé, dans l’urgence, de gérer la crise des missiles à Cuba. Natalie Portman incarne la partie la moins connue de la vie de Jackie, l’épouse et mère, soumise et dépendante d’un homme devenu trop puissant et éloigné d’elle. Elle reste longtemps dans le tailleur rose Chanel, taché du sang de son mari, à tenter de comprendre, de réaliser ce qui s’est passé. C’est dans cette tenue souillée qu’elle assiste à la prestation de serment du vice-président Johnson dans l’avion présidentiel. Elle ne se changera qu’une fois revenue, seule, dans la Maison Blanche qu’elle a considérablement embellie durant ses deux années de présence.
Dès le lendemain, il faut qu’elle organise les obsèques avec le frère Bobby (Peter Sarsgaard) mais aussi qu’elle fasse ses cartons : la femme de Johnson est déjà dans les couloirs en train de donner des ordres pour changer la décoration et les tapisseries. Grâce à des images d’archives, l’intérieur de la bâtisse a été reconstitué, permettant à Natalie Portman de déambuler, en veuve nostalgique, dans ces pièces chargées d’histoire. Un dernier tour dans son royaume de Camelot comme elle l’explique au journaliste.
Solide au niveau reconstitution historique, le film de Pablo Larrain évite les trémolos, gommant toute émotion, comme si face à ce bouleversement mondial d’ampleur, les sentiments s’effaçaient au profit de la raison d’État. 

vendredi 1 avril 2016

DVD - Terrence Malick en roue libre

Sacré à juste titre comme plus grand cinéaste de son temps, Terrence Malick est aussi le réalisateur américain le plus proche de certains artistes européens. Si ses grandes fresques historiques ("La ligne rouge" ou "Le nouveau monde") placent la barre très haut dans un certain académisme, il en est tout autre dans ses dernières réalisations, plus intimes et abstraites.


Sur un scénario minimaliste (un scénariste d'Hollywood en pleine dépression existentielle va de femme en femme), dans "Knight of Cups" il filme Los Angeles et Las Vegas comme personne. Chaque plan est composé comme un tableau. Avec le mouvement en plus. Que cela soit dans des décors urbains, en plein désert ou dans une piscine, on ne peut que rester hypnotisé par une telle maestria de cadrage. Quasiment tourné comme un documentaire, le jeu des acteurs semble le dernier des soucis de Malick. Christian Bale, le scénariste, ne dit pas un mot durant le 1 h 50, promenant son indifférence au monde entre parties et rencontres amoureuses. Il croise ainsi la route de Cate Blanchett, Natalie Portman, Freida Pinto et la pétulante Teresa Palmer. "Knight of Cups" est une superbe réussite esthétique, hypnotisante de bout en bout.
"Knight of Cups", Metroplitan, 19,99 euros le DVD, 24,99 euros le blu-ray avec un livret.