Vivre en autarcie au cœur des forêts du nord-ouest de USA : la famille de Ben Cash, le « Captain Fantastic », est en marge. Père autoritaire, il doit faire face à une révolte de ses six enfants.
Il y a deux moments clés dans « Captain Fantastic » de Matt Ross. Deux cérémonies d’obsèques diamétralement opposées. La première, dans une église est d’un sinistre absolu. Normal pour un enterrement. Sauf quand la personne décédée a spécifiquement précisé avant sa mort qu’elle voulait une cérémonie joyeuse et festive. La seconde cérémonie, d’un tout autre genre, est emblématique de ce film particulièrement émouvant. Pour cette scène, et bien d’autres avant et après, il faut absolument le voir, s’en imprégner, réfléchir sur notre vie, notre quotidien. Œuvre de salubrité publique, d’intelligence et de liberté, il donne une autre vision de l’Amérique, pas celle de Trump ni de Clinton, plutôt la tendance Bernie Sanders mâtinée d’un peu de préceptes libertariens.
■ Des livres et un tipi
De la tentation des hamburgers aux jeunes filles en fleurs en passant par les jeux vidéo, Ben devra se battre pour maintenir un certain état d’esprit et conserver la garde de ses enfants face aux manœuvres procédurières des grands parents (Frank Langella et Ann Dowd). Et dans l’adversité, la famille sauvage se fissurera mais parviendra encore à trouver un terrain d’entente pour qu’une fois de plus la raison et l’intelligence l’emportent. Tel est le message de tolérance de « Captain Fantastic ».
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Viggo Mortensen totalement dans le rôle

