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dimanche 10 décembre 2017

Beaux livres illustrés - De très grands classiques à redécouvrir


Jane Austen a parfaitement retranscrit les mœurs anglaises de son époque. La romancière, en croquant les histoires d’amour et d’influence de l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle, en plus se signer une œuvre littéraire immortelle, fait acte de quasi reportage. Alors laissez vous séduire par les sœurs Elinor et Marianne partagées dans leurs sentiments. Une dualité parfaite qui place ce roman dans le panthéon des textes de la littérature anglo-saxonne. Dans ce gros recueil, illustré des gravures d’époques, ce sont les trois textes emblématiques de Jane Austen qui sont proposés. « Raison et sentiments » puis « Orgueil et préjugés » pour terminer par « Northanger Abbey ».

Autre classique mais du milieu du XIXe siècle, « Carmen » de Prosper Mérimée mérite qu’on le redécouvre. Et pour l’occasion, la collection Métamorphose a proposé à Benjamin Lacombe de proposer sa version graphique de cette femme fatale envoûtante. Planches en couleurs ou cabochons à l’encre de Chine, ses illustrations sont d’une profondeur incroyable. Et l’effet dentelle noire sur la couverture très originale.

➤ « Coffret Jane Austen, Omnibus, 39 €

➤ « Carmen », Métamorphose, 32,50 €

mercredi 3 août 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES - Lettre du passé (3/3)

Messieurs, je suis en rage. La leçon racontée dans le récit fantastique que m'a consacré Prosper Mérimée en 1837 ne vous a donc rien appris ? Clairement écrit sur le socle, l'avertissement ne prête pas à confusion : "Prends garde à toi si elle t'aime." Oui, toute femme amoureuse est redoutable. Et jamais au grand jamais vous ne devrez le perdre de vue. Un engagement, on le prend pour la vie. Et en cas de rupture, la mort est au rendez-vous. Nous sommes ainsi, nous, les œuvres d'art : excessives et possessives.

Certes il est difficile de ne pas tomber sous le charme. Presque nue, je dévoile fièrement ma poitrine, des siècles avant la mode du monokini sur les plages de Méditerranée et d'ailleurs. Un simple drap cache le reste de ma nudité. J'attire les regards et ensorcelle. Mérimée le premier a compris la fascination exercée par mes courbes mais aussi mon visage : "Il y a dans son expression quelque chose de féroce, et pourtant je n'ai jamais rien vu d'aussi beau."
Vous savez messieurs que les femmes ne sont pas partageuses. Et malgré tout vous continuez à nous considérer comme des objets, corvéables à merci, carrément jetables après "utilisation".
N'oubliez pas que toute femme est une déesse, ses pouvoirs sont immenses, bien supérieurs à votre stupide force physique. Ne nous faites pas souffrir au risque de tout perdre. Non je ne suis pas de marbre. Au contraire ma chair est de bronze. Ce métal lourd et sombre dont on fabrique aussi les canons. Pas de beauté, mais de destruction massive.
Chronique parue en dernière page de l'Indépendant du Midi le mercredi 3 août.