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jeudi 5 février 2026

Polar - Deux femmes flics face à l'adversité

POLAR. Des débuts de la jeune Sanna Berling au purgatoire de l'expérimentée Helen Grace : deux thrillers au féminin pluriel.

On découvre dans « Prédateurs de la nuit » les débuts de la jeune Suédoise récemment sortie de l'école de police en 1986, on frémit en suivant dans « Pas de fumée sans feu » la longue descente aux enfers de Helen Grace, la policière intrépide de Southampton ayant préféré démissionner au lieu de couvrir les mensonges et magouilles de sa hiérarchie. Deux romans policiers trépidants signés Maria Grund et M. J. Arlidge avec un point commun : une femme face à l'adversité. Sanna doit faire face aux moqueries et dédain de ses collègues masculins peu enclins à accepter une femme parmi les enquêtrices, Helen, en décidant de donner un grand coup de pied dans la fourmilière se fait énormément d'ennemis et surtout perd toute crédibilité quand elle veut défendre une femme maltraitée.

Alors qu'elle vient de prendre du bon temps avec un amant, Helen, regarde une altercation dans la rue entre deux hommes et une femme. N'écoutant que ses presque trente années en tant que flic d'action partant au quart de tour, l'héroïne de M. J. Arlidge se précipite. Mais en petite culotte, dans le froid, elle est rapidement mis hors combat par les deux malotrus qui enlèvent la victime. Dès lors, Helen va tenter de la retrouver se lançant dans une enquête non officielle au cours de laquelle elle va constater qu'une fois hors de l'institution policière, les portes se ferment et les malfrats ne vous craignent plus. En l'occurrence des trafiquants de migrants. Un polar au cœur de l'actualité avec son lot de rebondissements côté feuilleton. Car M. J. Arlidge, par ailleurs producteur de séries télé, sait faire évoluer ses personnages. Helen va ainsi découvrir un pan inconnu de sa féminité alors que la journaliste Emilia retrouve son père et le pire ennemi de sa jeunesse. Sans oublier Charlie, la seconde d'Helen, bombardée chef et peu à l'aise dans ses nouvelles fonctions.

Maria Grund aussi aime ses personnages. Au point de leur imaginer une jeunesse à peine abordée dans les précédents thrillers. Sanna Berling, avant de devenir la redoutable enquêtrice découverte dans « La fille-renard », était peu sûre d'elle, fraîchement diplômée de l'école de police. Elle va être envoyée à Augu pour ramener au bercail une fugueuse, témoin d'un meurtre. Un travail peu intéressant mais quelle fait seule car en ce mois de mars 1986, toutes les autres forces de police suédoises sont mobilisées pour retrouver l'assassin d'Olof Palme, Premier ministre abattu en pleine rue. Avec obstination et opiniâtreté, Sanna va écouter la jeune victime, faire le rapprochement avec une autre disparition et plonger dans un monde secret où les prédateurs nocturnes aiment la chair fraîche. On appréciera tout particulièrement l'intrigue ciselée au cordeau, le rebondissement final et la description minutieuse des sentiments de la policière encore un peu naïve face à sa découverte de la noirceur de certaines âmes humaines.


« Pas de fumée sans feu », M. J. Arlidge, Les Escales, 448 pages, 22,90 €

« Prédateurs de la nuit », Maria Grund, Robert Laffont, 380 pages, 21,90 €


mercredi 12 mars 2025

Polar - Policière contre marionnettiste

Helen Grace, policière anglaise de Southampton imaginée par M. J. Arlidge, doit affronter sa hiérarchie et sa base pour tenter de sauver des adolescentes transformées en marionnettes sexuelles.

En Angleterre comme en France, les pontes de la police nationale apprécient de pouvoir communiquer après d'éclatantes réussites. À Southampton, dans le sud du pays, les trafics de drogue se transforment en guerre des gangs. Comme à Marseille, les règlements de compte se multiplient. La dernière fusillade qui a coûté la vie à un jeune convoyeur d'argent liquide tiré de la vente de drogue s'est déroulée en plein quartier résidentiel. Il faut donc rapidement trouver les auteurs de l'attaque pour rassurer la population. Comprenez les électeurs...

Helen Grace, enquêtrice très solitaire (et efficace) du commissariat, est elle aussi mobilisée. Sur le terrain, elle interroge ses indics mais se désintéresse rapidement de l'affaire. Le matin même, elle a été très touchée par le cri de détresse d'une mère. Sa fille, Naomi, a disparu depuis la veille. Une adolescente en rupture. Si la hiérarchie d'Helen lui demande de ne pas s'investir dans une simple fugue, le sixième sens de la policière d'élite la pousse à désobéir. Alors que la base est sur les dents à la recherche des tireurs, elle demande à plusieurs enquêteurs de se concentrer sur le cas Naomi. Rapidement, beaucoup trouvent ce travail inutile.

M. J. Arlidge, dans ce nouvel épisode des aventures d'Helen Grace, place à nouveau son héroïne en fâcheuse posture. Cette fois elle risque la mise à pied pour insubordination. Le lecteur sait pourtant qu'elle a raison. Car entre les chapitres consacrés à l'enquête, l'auteur relate le cauchemar vécu par la jeune fille. Enfermée dans une cave, enchaînée, elle est transformée en objet sexuel par un ravisseur qui filme son calvaire, obéissant aux ordres de voyeurs payant cher pour ce spectacle abominable.

Le roman devient palpitant car en plus de tenter de découvrir qui est le ravisseur et tortionnaire, le lecteur craint pour la vie de la captive. Sans oublier les risques encourus par Helen. Sur le terrain mais également dans les bureaux du commissariat, quand ses chefs veulent la mettre sur la touche après les récriminations et plaintes des agents sous ses ordres. Et comme le romancier ose tout, le dénouement sera étonnant à plus d'un titre et annonce une suite encore plus déstabilisante pour les fans.

« Ainsi font font font » de M. J. Arlidge, Les Escales, 480 pages, 23 €

vendredi 24 mai 2024

Polar - M. J. Arlidge mène la vie dure à son héroïne Helen Grace

 Policière exemplaire et d’une rare efficacité, Helen Grace est acculée. Menacée par un psychopathe, elle doit découvrir qui assassine à la hache des citoyens au-dessus de tout soupçon. 


Helen Grace semble indestructible. La policière de Southampton imaginée par M. J. Arlidge vit dans Quand le chat n’est pas là… sa 11e aventure. Cet écrivain britannique, par ailleurs producteur de séries télé, maîtrise à la perfection l’art du feuilleton. Une héroïne récurrente humaine et de plus à plus à fleur de peau, quantité de personnages secondaires tout aussi attachants, des rebondissements à foison : le lecteur en a pour son argent. L’auteur, pour relancer la série, n’hésite pas à mettre son héroïne en position de plus en plus délicate.

Tout en menant une nouvelle enquête, elle devra surveiller ses arrières car un psychopathe qui lui a échappé manipule des hommes faibles pour l’éliminer. De plus, son chef, ne supporte plus son indépendance et sa réussite. La discréditer est devenu sa principale occupation.

Mais en attendant, Helen doit veiller sur les citoyens. Or, un crime effroyable vient de remonter d’un cran la paranoïa des habitants de la ville du sud de l’Angleterre. Une femme a été tuée, le crâne fracturé d’un coup de hache, dans son lit. Quelques bijoux ont été dérobés.

Tout en développant des intrigues annexes (Charlie, l’adjointe d’Helen, est persuadée que son mari la trompe, Emilia la journaliste est prête aux pires actions pour un scoop…), M. J. Arlidge lance les enquêteurs sur plusieurs pistes, du collègue harceleur au cambrioleur violent et sadique. Des impasses qui font douter Helen, d’autant que de nouveaux meurtres sont commis (un ado et une autre femme au foyer) et qu’elle se retrouve après un accident, mise à pied, quasiment renvoyée de la police.

Même si parfois c’est presque un peu trop gros, ce polar reste d’une efficacité radicale. On est avec Helen, on veut savoir comment elle va pouvoir se sortir de cette situation quasi désespérée, tout en se demandant qui est ce tueur à la hache.

« Quand le chat n’est pas là… » de M. J. Arlidge, Les Escales, 480 pages, 22 €