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samedi 17 septembre 2022

Cinéma - « Le Tigre et le Président », un film sur Paul Deschanel, le président lunaire

Biopic historique sur l'affrontement entre un politique iconoclaste et le grand Clemenceau. 


Il y a les petites histoires et la grande Histoire. Le Tigre et le Président, premier film de Jean-Marc Peyrefitte fait parfaitement la synthèse de ces deux façons de raconter le passé. D’un côté Clemenceau, homme d’État dont on aime encore aujourd’hui se référer, de l’autre Paul Deschanel, éphémère président de la République dont on ne se souvient que d’une chose : il est tombé d’un train.


Pourtant, ce film porté par deux grands comédiens (Jacques Gamblin est Deschanel, André Dussollier est Clemenceau), montre une tout autre réalité. Clemenceau, revanchard, cynique et assoiffé de pouvoir veut devenir président de la République. mais il se fera battre au Congrès par Paul Deschanel, farfelu, poète, visionnaire.
Or, en 1920, Deschanel représentait le futur radieux d’une France qui voulait s’émanciper. Il voulait donner le droit de vote aux femmes, abolir la peine de mort, interdire le travail de nuit. Pourtant, en 2022, il ne reste rien de sa pensée, avant-gardiste pour l’époque. Comme si cet homme était trop en avance sur son temps.

Le film, un peu didactique par moments, nous permet de le redécouvrir. En réalité de le découvrir tout court pour la majorité des Français.

Film français de Jean-Marc Peyrefitte avec Jacques Gamblin, André Dussollier

dimanche 26 septembre 2021

Cinéma - “Tout s’est bien passé” derniers mots d’une vie

Diminué après un AVC, un père demande à sa fille de l’aider à en finir. François Ozon signe un film fort en émotion.

Emmanuelle (Sophie Marceau), par amour, organise le suicide de son père (André Dussollier) en Suisse. Carole BETHUEL/Mandarin Production/Foz

Quand André (André Dussollier), cloué dans son lit d’hôpital après un AVC demande à sa fille de « l’aider à en finir », la vie d’Emmanuelle (Sophie Marceau) bascule dans une lutte incessante entre espoir et résignation. Ce film de François Ozon, tiré du roman Tout s’est bien passé d’Emmanuelle Bernstein, inspiré de sa propre expérience, raconte le cheminement de la famille face à l’idée de suicide, de mort. On a tous, à un moment de notre vie, après avoir passé le cap de la trentaine, pensé à la vieillesse. Jusqu’où on peut s’accrocher ?  

André, 85 ans, a déjà eu plusieurs ennuis de santé. Mais cet AVC semble beaucoup plus grave. Quand il se réveille, il a le côté droit paralysé. Les risques de récidives sont importants. Emmanuelle et sa sœur Pascale (Géraldine Pailhas) se relaient à son chevet. Contre toute attente, son état s’améliore un peu. Il quitte le service de neurochirurgie où il a demandé à sa fille de l’aider à mourir pour un hôpital plus humain. Il fait des progrès, mais, à chaque visite d’Emmanuelle, il relance la discussion sur le sujet, lui demande si elle s’est renseignée, comment faire, quand, où ?

Par des touches subtiles et des flash-back distillés à bon escient, on comprend qu’entre Emmanuelle et son père cela n’a jamais été le grand amour. Il était méchant avec elle. Elle le détestait. Elle avoue à un moment, « c’était un mauvais père, mais j’aurais adoré l’avoir comme ami. » Et telle une petite fille qu’elle est un peu restée, elle se renseigne à l’Association pour le droit de mourir dans la dignité et contacte une structure en Suisse pour la dernière étape. Avec une réalité crue, Tout s’est bien passé raconte dans les détails les modalités de ce suicide assisté dans un pays qui le tolère. En France, c’est encore un sujet tabou. Voire dangereux : les personnes n’ayant pas agi pour empêcher un suicide risquent la prison pour non-assistance à personne en danger. 

Le sujet, grave et morbide, ne manque pas d’émotion, mais n’en fait pas trop. François Ozon est parvenu à mettre un soupçon de drôlerie ou d’humour dans ces scènes essentiellement tournées dans des chambres d’hôpital. Enfin, il faut saluer la performance de tous les comédiens, les deux principaux évidemment, Sophie Marceau prouvant que c’est une grande actrice, André Dussollier capable de toutes les transformations, sans oublier Géraldine Pailhas, parfaite sœur à l’écoute et Grégory Gadebois dans le costume d’un énigmatique personnage surnommé par les sœurs « Grosse merde » et qui traîne près de la chambre d’André.

“Tout s’est bien passé”, film de François Ozon avec Sophie Marceau, André Dussollier, Géraldine Pailhas

 



dimanche 5 septembre 2021

Cinéma - Une “Boîte noire” peut-elle mentir ?

Enquêtant sur le crash d’un avion en montagne, un ingénieur tente de faire parler la boîte noire

Matthieu (Pierre Niney) a des doutes sur la version officielle du crash. WY PRODUCTIONS 24 25 FILMS

Un vol long-courrier comme un autre. Entre Dubaï et Paris. L’avion est neuf, de la dernière génération. Mais, au-dessus de la Savoie, il se crashe contre la paroi d’une montagne. Pas un seul survivant. Boîte noire, film de Yann Gozlan s’ouvre par un long travelling dans tout l’avion, du cockpit aux derniers passagers de la queue de l’appareil. De la première inquiétude à la dernière seconde de vie de 300 personnes. Immédiatement, dans les locaux du Bureau Enquête Accidents chargés de déterminer les causes des accidents d’avion, c’est le branle-bas de combat. Victor Pollock (Olivier Rabourdin) est l’enquêteur en chef. Mais, pour la première fois, il part sans Matthieu Vasseur (Pierre Niney), son meilleur élément. Matthieu, pointilleux, bénéficiant d’une ouïe exceptionnelle, est pourtant celui qui devine dans les enregistrements de vol, le petit détail qui permet de découvrir l’origine d’une panne. 

Étranges parasites

Le dossier est hypersensible car l’appareil en cause est le fleuron du constructeur européen. Quand Pollock disparaît au bout de deux jours, Matthieu est réintégré et détecte, derrière les parasites, un cri dans le cockpit, avant le crash. Un des passagers, fiché S, criant son allégeance à Allah. Ce serait un attentat. Malgré cette avancée importante, Matthieu continue à chercher et constate dans des photos publiées sur les réseaux sociaux, juste avant l’accident, que le suspect ne peut pas matériellement avoir rejoint le cockpit. Qu’a-t-il entendu ? 


D’autres enregistrements, des appels téléphoniques de passagers en panique, laissent entendre eux aussi des parasites. Alors que tous ses supérieurs le félicitent de son travail, Matthieu a de plus en plus l’impression qu’il a été manipulé. Qu’on l’a guidé vers une piste trop grossière. Mais, entre les doutes, la paranoïa et le complotisme, la frontière est mince. 

Ce thriller technologique plonge le spectateur dans la tête de ce surdoué en aéronautique. Limite autiste parfois. Pourtant, il a tout pour être heureux : une femme brillante qui, elle aussi, travaille dans l’aéronautique, des amis fidèles, un chef (André Dussollier) à l’écoute. Comment va-t-il devenir le vilain petit canard qu’on veut faire taire ? Et pourquoi ? La tension va croître exponentiellement, transformant le film en thriller d’une efficacité implacable. Une réussite absolue pour comprendre que, parfois, la vérité est ailleurs. Et que certains sont capables de tous les sacrifices pour la révéler. 

Film de Yann Gozlan avec Pierre Niney, Lou de Laâge, André Dussollier