Bédu fait partie de ces destinateurs extrêmement doués mais qui n’ont pas eu la possibilité de magnifier leur talent. Longtemps il a dessiné des planches à la chaîne pour le journal Tintin. Puis il a rencontré le succès avec les Psy sur des scénarios de Cauvin. Mais il se contentait de passer d’un monde à un autre, sans pouvoir bâtir son propre univers graphique.
Or, à plus de 70 ans, Bédu signe d’un coup d’un seul sa grande œuvre, SangDragon, un album très personnel avec quantité de magie, de héros et de… dragons.
Dans ce Moyen Âge fictif, le roi Arthmel vient de rendre son dernier souffle. Son fils, le prince Oghor va prendre la relève. Même si secrètement le roi aurait préféré confier son royaume à sa fille, Hélia. Une mort et une naissance. Car au même moment un dragon s’éveille. Hélia est attirée par le monstre volant d’écailles et de feu. Elle va donc se lancer dans une longue quête pour retrouver la bête fabuleuse et découvrir qui en veut au Royaume. Car le roi a été empoisonné.
Le trait typique du style franco-belge de Bédu s’affranchit de ses traditionnelles rondeurs quand il imagine les dragons et surtout le peuple belliqueux qui vit avec eux. Le tout est d’une rare beauté combinée à une efficacité à toute épreuve. Un futur classique de la BD fantasy.
« SangDragon », Dupuis, 96 pages, 18,95 €
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