"Dans la famille Desclaux, je veux la fille." Jouer aux 7 familles a longtemps été impossible chez les Desclaux, célèbre dynastie de Collioure. Car en près d'un siècle, il n'y a eu qu'une seule et unique fille : Mylène. C'est sans doute la raison qui a conduit l'ancienne entrepreneuse reconvertie en écrivain à prendre comme sujet central de son premier roman les relations compliquées entre une mère et sa fille adolescente.
Écrit à la première personne, Gala et moi est la vision fraîche et amusante des déboires d'Andréa, une mère solo de 50 ans, dépassée par les multiples lubies et écarts de sa fille, Gala, 14 ans. Un roman en partie inspiré de la véritable vie de l'autrice, qui a longtemps été publicitaire à Paris et a élevé ses enfants seule. Souhaitons simplement que ses rejetons n'aient pas fait autant de "bêtises" que la Gala du roman.
Autopsie de l'amour maternel
Un roman qui débute en Californie. Andréa, pour se rapprocher de sa fille en pleine crise adolescente, décide de passer une semaine de vacances découverte. Mais dès le premier jour, dans la voiture de location, c'est la soupe à la grimace. Gala veut conduire. Or elle n'a pas l'âge et pas de permis. Le ton monte et la mère craque. Car Gala a une propension affirmée pour faire exploser sa mère. Après une incroyable péripétie (le roman est parfois très mouvementé et plein de suspense), les vacances redeviennent presque reposantes. Mais de retour à Paris, Andréa doit gérer les errements de sa fille au collège catholique sélect où elle poursuit laborieusement ses études. Le début d'un engrenage fatal pour les nerfs d'une maman de plus ne plus au bord de la crise.
Ce roman, le premier de Mylène Desclaux qui avait publié en 2018, déjà chez Lattès, un essai sur Les jeunes femmes de 50 ans, propose le portrait de deux femmes modernes. La mère, sortie d'une éducation patriarcale, tient à son indépendance, sa réussite professionnelle et sa liberté d'aimer. La seconde, jeune pousse pleine de certitudes, semble une caricature de ces adolescentes trop intelligentes, un peu séductrices, beaucoup manipulatrices. Mais tout aussi attachée à son indépendance et sa liberté que maman. Comment de dépêtrer de cette liaison presque toxique ? Car "l'amour maternel est quelque chose d'indulgent, d'éternel et de complètement tordu. Il est lié à cette acceptation immanente d'endurer à nouveau sa propre enfance, en changeant de rôle."
Souvent comique (l'histoire du tatouage ou de l'usurpation d'identité d'une photographe en vogue), le texte permet aussi à Mylène Desclaux de distiller l'air de rien quelques conseils aux mères face aux jeunes filles rebelles.
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