jeudi 29 juillet 2021

Cinéma - Accouchez, la vie fera le reste


Film choral avec une ribambelle de têtes connues (Alice Pol, David Marsais, Léa Drucker, Julia Piaton), C’est la vie de Julien Rambaldi est de ces comédies qui tout en faisant rire nous remet les pieds sur terre. Car, à l’heure où un virus mortel terrifie les trois quarts de la planète, l’essence même de la vie est mise en valeur dans un film lumineux. Dès qu’un couple se forme, l’envie de bébé fait son apparition. Le prélude du film montre cinq de ces couples en pleine procréation. Et pas un seul de la même façon. Celle qui veut faire un enfant seule grâce à un donneur qui s’ignore, repéré sur un site de rencontre ; ceux qui tentent de mener la grossesse le plus naturellement possible ; celles qui demandent à un ami de féconder faute de PMA ; ceux qui jonglent avec l’emploi du temps surchargé de la future maman, par ailleurs  patronne d’une entreprise du CAC 40 ; et enfin, celle qui en est à sa 4e fécondation in vitro

Des histoires qui vont permettre de faire passer une journée mémorable aux deux héros du film : un chirurgien obstétricien et une sage-femme. Antoine (Nicolas Maury) arrive le jour même pour prendre ce nouveau poste. 

Dominique (Josiane Balasko), est une dernière fois de garde, avant sa retraite. Les rires se disputent à l’émotion dans ce film vivifiant comme un accouchement, avec ou sans péridurale.

Film français de Julien Rambaldi avec Josiane Balasko, Nicolas Maury

Josiane Balasko, parfaite en sage-femme très humaine. Récifilms

mercredi 28 juillet 2021

Cinéma - “Profession du père” : fou à enfermer

Tiré du roman de Sorj Chalandon, le film de Jean-Pierre Améris offre un rôle sur mesure à un Benoît Poelvoorde survolté. 

André (Benoît Poelvoorde), un père un brin mythomane et assez paranoïaque avec son fils Émile (Jules Lefebvre).  Caroline Bottaro

Pour captiver leur fils, certains pères aiment raconter des histoires, enjoliver la réalité et se donner le beau rôle. Un jeu innocent, sauf si le fameux père est complètement fou, mythomane et paranoïaque. Sorj Chalandon a raconté sa drôle d’enfance dans un récit paru chez Grasset en 2015.

Jean-Pierre Améris l’a adapté à l’écran, avec Benoît Poelvoorde dans le rôle du papa raconteur d’histoires. Le réalisateur a déjà dirigé à deux reprises l’acteur belge. Il a donc, logiquement, pensé à lui pour endosser l’habit de ce mythomane, paranoïaque, violent et secret. Un fou que, de nos jours, on enfermerait au regard de sa dangerosité.

Pourtant, pour Émile, son père André est simplement le héros d’histoires captivantes qu’il lui raconte à grand renfort de mise en scène. Il a été parachutiste, champion de judo, est même devenu l’ami d’un soldat américain qui désormais est affecté à la sécurité du président Kennedy. En réalité, c’est un fils d’ouvrier au chômage qui vit aux crochets de sa femme, comptable. 

Délire dangereux

L’action se déroule, en 1961, à Lyon. Émile gobe toutes les fanfaronnades de son papa. Sa mère (Audrey Dana), douce et aimante, essaie de le protéger, mais, à l’époque, le mari était tout-puissant au sein du foyer. Tout se complique quand des généraux tentent un putsch en Algérie. Profondément patriote, André prétend faire partie de l’OAS et veut enrôler son fils de 11 ans dans son combat. Émile, prenant tout au pied de la lettre, va se mettre en danger ainsi qu’un de ses camarades d’école. Car, la folie du père, même si elle ne dépasse que rarement les murs du foyer, n’est pas sans conséquence. 

Un film puissant sur le mensonge et l’endoctrinement en famille. Les trois acteurs sont parfaits dans des rôles pourtant très différents. Benoît Poelvoorde, grandiloquent, colérique, mais aussi lâche parfois, signe une de ses plus belles performances. Audrey Dana apporte cette touche de douceur qui permet à la famille de continuer vaille que vaille. Quant à Jules Lefebvre, dans le rôle du petit Émile, c’est la véritable révélation du film.

Film français de Jean-Pierre Améris avec Benoît Poelvoorde, Audrey Dana, Jules Lefebvre




mardi 27 juillet 2021

Cinéma - “Kaamelott” : le roi Astier en sauveur du cinéma

Préventes records, avant-premières complètes : la sortie du 1er volet de la saga d’Alexandre Astier est déjà un succès.

Les fans ont attendu dix ans pour découvrir la suite des aventures du Roi Arthur, version Alexandre Astier.  Regular


Ce 21 juillet 2021 pourrait devenir une étape marquante du cinéma français. La sortie de Kaamelott - Premier volet d’Alexandre Astier, devrait copieusement remplir les salles. Le film, annoncé depuis huit ans, terminé depuis deux, sort enfin au cœur de l’été, comme un gros blockbuster américain, preuve que les distributeurs français ont compris que le public n’est pas complètement en vacances, en juillet et août. 

Avant même sa première projection sur des écrans (hier soir lors d’avant-premières, partout en France, affichant souvent complet), Kaamelott a battu un premier record : celui des préventes. En 24 heures, plus de 60 000 places ont été vendues. Il n’a fallu que 5 minutes au Grand Rex de Paris pour écouler ses 3 000 places. Repoussée à trois reprises, la première partie de cette trilogie est très attendue. Un grand film (pour le budget et la durée, 14 millions et 2 heures) mais, surtout, une plongée dans un monde original qui est entré dans la culture populaire, depuis la diffusion sur M6 des premiers épisodes de la série. 

Arthur, le dépressif

Parler de culte pour Kaamelott n’est pas superfétatoire. « C’est pas faux » répondrait Perceval (Franck Pitiot), infatigable ressort comique, avec son compère Karadoc (Jean-Christophe Hembert). Lancée comme une pastille humoristique mêlant anarchiquement anachronismes et débilité de ces chevaliers de la Table Ronde, tout sauf héroïques, la série a évolué vers une histoire plus sombre. Lancelot (Thomas Cousseau) a endossé le rôle du super méchant et le roi Arthur, dépressif chronique, désabusé et fatigué de cette quête du Graal qu’il n’a pas décidé, a perdu sa joie de vivre et sa volonté de faire évoluer son pays vers plus de modernité. 

À la fin de l’ultime épisode, il cède son trône et tente de se suicider. Dans le résumé fourni par l’auteur : « Dix ans plus tard, le royaume de Logres souffre toujours sous le joug de Lancelot, qui fait régner la terreur avec l’appui de mercenaires saxons. La résistance tente de s’organiser, tandis qu’Arthur Pendragon, que beaucoup croient mort, fait son retour. » Pour Alexandre Astier, répondant à l’Agence France Presse, « C’est un ‘road movie’, l’histoire d’un mec qui revient de très loin. On a tourné sur des bateaux, dans le désert, dans la neige…, c’est un long parcours. »

Comédie doublée d’un film d’action, avec combats et trahisons, sans oublier un zeste de fantastique avec l’apparition de la Dame du Lac, toujours interprétée par Audrey Fleurot, la comédienne qui vaut 10 millions de téléspectateurs. On retrouve dans le film tous les personnages principaux d’origine et quelques nouveautés, comme ce Saxon interprété par Sting ou Guillaume Galienne en chasseur de primes. Le seul adversaire de Kaamelott risque d'être le pass sanitaire. Mais, rire deux heures pourrait être une excellente motivation pour certains jeunes à se faire vacciner. 

Film d’Alexandre Astier avec Alexandre Astier, Lionnel Astier, Joëlle Sevilla, Franck Pitiot, Jean-Christophe Hembert, Alain Chabat, Sting, François Rollin




lundi 26 juillet 2021

Cinéma - “Frères d’arme” ou la famille jusqu’au bout


Certains secrets de famille sont plus compliqués à porter que d’autres. Entre Emil (Vincent Rottiers) et Stanko (Kevin Azaïs), ce sont plusieurs morts qui provoquent ce lien impossible à rompre, même 15 ans après les faits dramatiques. Originaires des Balkans, les deux adolescents ont pris la fuite quand leur père a été assassiné et leur oncle emprisonné après l’avoir vengé. En France, à Brest, la veuve a patiemment attendu que le frère de son mari sorte de prison. Les deux frères, eux, ont trouvé un semblant de place dans la société française. 

Emil notamment a un bon boulot au port de Brest et a des projets avec Gabrielle (Pauline Parigot). Stanko, beaucoup plus instable, évacue sa violence dans des combats de coqs. Conçu comme une tragédie, Frères d’arme de Sylvain Labrosse est la quintessence du film noir. Car on sent que les plaies du passé ne sont pas refermées et qu’entre les deux frères, bien des vérités restent à énoncer. 

L’opposition est frontale entre Vincent Rottiers et Kevin Azaïs, deux jeunes comédiens français prometteurs. On regrettera cependant le côté un peu trop manichéen et donc prévisible de l’histoire. Les personnages manquent de nuances. Mais le réalisateur assume ce fait puisqu’il s’est basé sur une véritable histoire de famille pour écrire le scénario.

Film français de Sylvain Labrosse avec Vincent Rottiers, Kévin Azaïs, Pauline Parigot


dimanche 25 juillet 2021

Cinéma - Mystère (et grosse rigolade) à Saint-Tropez

Rires garantis dans ce film où, en 1970, un policier calamiteux tente de démasquer un assassin potentiel.

Un duo comique d’une rare efficacité formé par Benoît Poelvoorde et Christian Clavier Studiocanal


Un demi-siècle. Le nouveau film de Christian Clavier se déroule il y a un demi-siècle. Une éternité pour les plus jeunes qui risquent de ne pas toujours comprendre les gags et situations comiques émaillant cette histoire abracadabrantesque de policier incompétent envoyé chez des milliardaires sur la Côte d’Azur pour démasquer un maître chanteur par l’intermédiaire de lettres anonymes et probable assassin en puissance après la découverte du sabotage des freins d’une voiture. 

Les situations sont parfois très datées, pourtant cette grosse rigolade mâtinée d’un peu de mystère fonctionne assez bien en raison d’un casting de premier choix. Écrit et produit par Christian Clavier qui s’est donné le premier rôle, celui de l’inspecteur Boulin, Mystère à Saint-Tropez est avant tout une envie de duo. Clavier voulait tourner un film avec Benoît Poelvoorde, comédien belge au potentiel comique énorme. Un Poelvoorde très à l’aise dans ce rôle de Claude Tranchant, milliardaire belge arrogant et pédant, en vacances dans sa villa luxueuse de Saint-Tropez en cet été 1970 et dépensant sans compter pour faire plaisir à sa femme Éliane (Virginie Hocq). Un bon duo comique, pour fonctionner efficacement, doit jouer sur les oppositions. Donc Boulin est idiot, vieux jeu et bourré de préjugés. Pour enquêter discrètement, il endosse la livrée du majordome de la villa Tranchant. Il va espionner les invités des Tranchant parmi lesquels se trouve le corbeau. 

Depardieu en flic

On détaille alors le casting : Cyril (Jérôme Commandeur), le cuisinier de la villa, irascible et coléreux, Jacquot (Nicolas Briançon), meilleur ami de Tranchant et par ailleurs amant d’Éliane, Carmen (Rossy de Palma), actrice espagnole renommée et amie d’Éliane, Ben, (Gauthier Battoue) son amant et filleul d’Éliane sans oublier l’ex d’Éliane, un comédien raté (Thierry Lhermitte), un cinéaste maudit (Vincent Desagnat) ou une starlette (Elisa Bachir Bey) persuadée qu’elle va devenir Mme Alain Delon. Pour couronner le tout, Gérard Depardieu endosse le costume du chef de Boulin pour réparer les nombreuses catastrophes provoquées par son subalterne incompétent. 

Il y a beaucoup d’Inspecteur Clouseau dans Boulin. Mais avec un peu de Bourrel des Cinq dernières minutes ou de Maigret. Si le succès est là, le personnage offre un beau potentiel pour une suite. Saint-Tropez oblige.

Film français de Nicolas Benamou avec Christian Clavier, Benoît Poelvoorde, Virginie Hocq, Gérard Depardieu


samedi 24 juillet 2021

Cinéma - “Kuessipan”, de l’exiguïté des réserves indiennes

Sharon Fontaine-Ishpatao, bouleversante dans le rôle de Mikuan.  Max Films Media

De nos jours, il existe toujours des réserves indiennes au Canada. Au bord du Golfe de Saint-Laurent, près de la grande ville de Sept-Iles, une petite communauté d’Innu vit de plus en plus repliée sur elle-même. C’est dans ce cadre de plus en plus étriqué que Mikuan et Shaniss (Yamie Grégoire) sont devenues amies. La première vit dans un foyer équilibré, entouré de l’affection de ses parents ainsi que du petit frère. La seconde n’a pas de père et sa mère est alcoolique. 

Quand elle est placée chez sa tante à l’âge de 7 ans, Mikuan (Sharon Fontaine-Ishpatao), de nuit, fait des kilomètres pour la rejoindre. Devenues adultes, les deux jeunes filles sont toujours proches même si tout les éloigne. Shaniss, mère d’un bébé, subi les violences d’un compagnon à la dérive. Mikuan, avide de savoir et de culture, rêve d’aller poursuivre ses études à Québec. Dans ce film, aussi austère et parfois glacial qu’une tempête de neige dans ces contrées du Nord, on découvre deux sensibilités à fleur de peau. Elles se cherchent. Tentent de trouver un équilibre. 

Mais quand Mikuan tombe amoureuse d’un « Blanc », leur monde s’écroule. Un film d’une remarquable beauté doublé d’une histoire plus universelle que les limites de la réserve indienne.

Film québécois de Myriam Verreault avec Sharon Fontaine-Ishpatao, Yamie Grégoire, Étienne Galloy


vendredi 23 juillet 2021

Cinéma - Ces marins mélomanes vont vous envoûter

De véritables marins-pêcheurs anglais chanteurs amateurs vont aller à l’assaut des hit-parades dans Fisherman’s Friends.

Entre deux sorties en mer, les Fisherman’s Friends, poussent la chansonnette par plaisir. Splendid Film


La scène musicale anglaise est la plus dynamique au monde. Une industrie réglée au millimètre qui a pourtant parfois des ratés. Car au pays des artisans du tube planétaire, certains groupes atypiques parviennent à sortir des sentiers battus. Fisherman’s Friends est l’exemple parfait de ces grains de sable dans la machinerie minutieuse de la vente d’albums. Le film biopic de Chris Foggin revient sur l’étonnante ascension de ce groupe de neuf chanteurs originaires de Port Isaac dans les Cornouailles. Dix hommes, loin des standards des boy’s bands, qui ont signé un contrat à un million de livres avec une grosse maison de production. Le film raconte l’avant succès transformant cette saga musicale en jolie comédie opposant aussi deux mondes : le moderne de Londres où l’argent est roi et l’ancien, celui de ces petits marins-pêcheurs qui tentent de survivre en pêchant des homards dans l’Atlantique. 

On est immédiatement mis dans le bain lors d’une sortie en mer. Jim (James Purefoy), le leader du groupe d’amis, entonne avec son équipage une chanson sur l’amiral Nelson. Ils travaillent dur tout en chantant à tue-tête ces ballades tirées du répertoire musical ancestral de la région. Au même moment, quatre copains très riches et gravitant dans le milieu musical des grandes compagnies, viennent à Port Isaac pour un enterrement de vie de garçon. Les trois les plus chambreurs donnent pour mission au trop naïf Danny (Daniel Mays) de faire signer le groupe entendu par hasard lors d’une représentation sur les quais du port. Danny, beau parleur et sensible au charme d’Alwyn (Tuppence Middleton), la fille de Jim, trouve les arguments pour persuader les marins très réticents à faire un enregistrement dans des conditions professionnelles. Les Fisherman’s Friends prennent vie et vont casser la baraque dès leur première participation à une émission de télévision. 

Ce conte de fées moderne (depuis leur premier album en 2010, les Fisherman’s Friends continent leur carrière musicale en parallèle à leur travail en mer), fait partie de ces feel good movies dont on a tant besoin en ce moment. C’est simple, entraînant et positif. Et carrément dépaysant puisque le long-métrage a été tourné dans le village d’origine de Port Isaac.

Film musical anglais de Chris Foggin avec Daniel Mays, Tuppence Middleton, James Purefoy


jeudi 22 juillet 2021

Roman - Redécouvrir "Les larmes de la vigne"

Publié pour la première fois en 1991, Les larmes de la vigne de Jean-Louis Magnon est un grand roman racontant le lent déclin de la viticulture intensive du sud de la France. un roman terroir selon l’expression usagée, mais qui raconte surtout le dur labeur de ces hommes et femmes qui ont cultivé la vigne avec amour dans cette zone allant de Béziers à Carcassonne. La Cité qui est en couverture de la réédition du roman par les Éditions Retrouvées.

Leur particularité : le texte est en gros caractère permettant un confort de lecture aux lecteurs qui ont la vue qui a baissé avec l’âge. Replongez donc dans la vie de Louis, né en 1900, qui a connu tous les grands combats du XXe siècle et qui raconte simplement cet amour de la vigne : « Quand je travaillais et que je voyais autour de moi la beauté de ce qui m’entourait, j’étais le plus riche du monde. » Un état d’esprit qu’il résume par cette phrase : « Dans mes vignes, le monde entier m’appartenait ». 

« Les larmes de la vigne », Éditions retrouvées, 14,50 € 

mercredi 21 juillet 2021

Récit - La France en stop

L’autostop est un peu passé de mode. Mais, il existe encore des irréductibles qui lèvent le pouce dans la vraie vie ou brandissent une pancarte où est notée leur ville d’arrivée. Philibert Humm, journaliste, a décidé, lui aussi, de traverser la France en stop. Avec une sorte de gage : sur sa pancarte, il a inscrit « N’importe où ».

Voyager, mais sans décider de l’itinéraire. Se laisser porter par les âmes charitables qui s’arrêtent. Il va ainsi partir de la Normandie pour arriver en Charente-Maritime, en passant par l’Alsace et le Sud. Un sud qu’il ne fait que frôler « A l’échangeur de Montpellier, nous imaginions continuer vers Sète, Nîmes, Toulouse, Barcelone… Mais, avec cette foutue pancarte, ce sont les autres qui décident pour nous. Séverine et Stéphane ont choisi Aurillac ».

Un périple dépaysant, car, dans chaque région, l’auteur met en exergue des coins aux noms dépaysants, comme la Petite Russie de Nice ou la Tolède du Cotentin à Coutances.

« Les tribulations d’un français en France », Ed. du Rocher, 15,90 €

mardi 20 juillet 2021

BD - Le Texas, royaume de la violence


Être shérif dans une petite ville du Texas n’est pas une sinécure. Joe Bob Coates, qui va sur ses 70 ans, est pourtant toujours fidèle au poste. Il sillonne les environs d’Ambrose tout en discutant au téléphone avec sa femme qui prépare le repas d’anniversaire.

Après avoir neutralisé un serpent à sonnettes, il découvre le cadavre d’un délinquant local. Abattu. Et méchamment mutilé. Une enquête de plus dans sa longue carrière. Imaginée par Chris Condom et dessinée par Jacobs Philips, cette histoire caniculaire et violente voit le retour à Ambrose de Travis, le frère du mort.

Binoclard brimé dans son enfance, il est passé par la case drogue et alcool. En quittant le Texas il a retrouvé un équilibre dans l’écriture. Mais, le romancier a-t-il assez de résilience pour affronter son passé ?

Plus qu’un simple polar, Texas Blood est une œuvre sociologique et psychologique d’une étonnante évidence. 

«Texas Blood» (tome 1), Delcourt, 14,50 €

lundi 19 juillet 2021

Biographie - Marseillaise mélomane et humaniste

Sous-titré « La comtesse, la musique et la guerre », cette biographie de Lily Pastré sort de l’oubli la figure d’une femme qui a beaucoup fait pour les artistes, notamment durant la seconde guerre mondiale.

Cette riche héritière, vivant dans un château, pas loin de Marseille, a dilapidé sa fortune colossale en aidant musiciens, peintres, poètes et autres danseurs. Avant et pendant le seconde guerre mondiale. Mais, aussi et surtout, durant l’occupation allemande. Car, Lily Pastré a tout à fait conscience que ses amis, souvent juifs ou aux mœurs que les nazis réprouvent, n’ont plus de revenus. Elle organise des soirées, chez elle, dans cette Campagne Provençale devenu un des plus beaux parcs de Marseille.

Lily Pastré, alcoolique, obèse, mais définitivement amoureuse de la musique. Elle est à l’origine du festival international d’Aix-en-Provence. Cette biographie, signée Olivier Bellamy, nous entraîne dans un monde aujourd’hui révolu. Lily Pastré est morte, en 1974, à plus de 80 ans. 

« La folie Pastré », Grasset, 18 €

dimanche 18 juillet 2021

BD - Gil Saint-André en Ariège


Les bons héros ne meurent jamais. Gil Saint-André, imaginé par Jean-Charles Kraehn, en 1996 (il a assuré scénario et dessin des deux premiers tomes), a rapidement remporté un beau succès.

Cet entrepreneur, vivant de multiples aventures mouvementées, collait à l’air du temps. Par la suite, le filon feuilletonnesque s’est épuisé et une longue absence a donné l’occasion à Kraehn de multiplier les projets. Mais, visiblement, il n’en avait pas terminé avec son héros favori. Il lui fait reprendre du service en confiant le dessin à Chrys Millien. Ce 14e opus raconte comment Gil reçoit des menaces incompréhensibles.


On l’accuse d’un crime datant de 9 ans. A priori, il aurait sévi en Ariège. Mais, le tout nouveau patron de start-up n’a aucuns souvenirs.

Avec l’aide de sa petite amie policière, il se lance, à corps perdu, dans l’enquête qui passe par quelques cols mythiques des Pyrénées. Car, Gil, en plus d’être pilote d’avion, s’est mis au vélo. Un polar rondement mené au dessin réaliste irréprochable.

« Gil Saint-André » (tome 14), Glénat, 12,50 €

samedi 17 juillet 2021

Jeunesse - Bientôt les Jojolympiques

Les Jeux Olympiques de Tokyo ont débuté de vendredi. Avant d’être bombardés de questions par vos jeunes enfants, glissez leur dans les mains (pour ceux qui ont de 6 à 8 ans), ce nouveau roman de Chien Pourri.

Le héros, imaginé par Colas Gutman (illustrations de Marc Boutavant), est entraîné bien malgré lui aux Jojolympiques, organisés entre poubelles et terrain vague. A la base, c’est pour remonter le moral de leurs amis, Josette et Jojo, que Chien Pourri et Chaplapla se lancent dans cette compétition inédite. Mais, les deux chenapans sont loin de l’esprit originel de la compétition. Ce qu’ils veulent, avant tout, c’est l’emporter, écraser l’adversaire, triompher sous les acclamations.

Une histoire très originale, qui permet de remettre en avant cette si belle citation de Pierre de Coubertin : « L’important, c’est de participer ». Même si une médaille ne fait pas de mal, une fois autour du cou. 

« Chien Pourri aux Jeux Olympiques », L’École des loisirs, 8 €

vendredi 16 juillet 2021

BD - Des héroïnes très colorées


Ancienne institutrice en maternelle, Carbone sait parfaitement trouver les mots pour toucher les plus jeunes. Avec sa nouvelle série dessinée par Hélène Canac, elle se lance dans l’histoire de super-héros. De super-héroïnes exactement.

Trois copines de classe tout ce qu’il y a de plus banal : Gwen, Mel et Lisa. Elles doivent rendre un exposé ensemble. Elles se rendent chez Gwen mais cette dernière oublie vite ses devoirs en découvrant que sa grande sœur, Lulu, a disparu. Cette jeune chimiste pleine d’avenir a été enlevée par un savant fou.


Le trio, avec l’aide de Razmote, le rat de Lulu, va découvrir la base secrète et se trouver au contact d’une matière dangereuse. Conséquence, elles développent des pouvoirs et deviennent de véritables justicières, les Rainbow Girls.

Une BD simple et rythmée, avec un dessin favorisant la lisibilité. Une série destinée aux plus jeunes et qui pourrait parfaitement se décliner sous forme de dessin animé si le succès est au rendez-vous.

« Rainbow Girls » (tome 1), Dupuis, 9,90 €

jeudi 15 juillet 2021

Cahier de vacances - Révisez votre Histoire sans pression

Très présent à l’antenne cet été, Stéphane Bern est aussi dans les kiosques et librairies avec la seconde livraison de son « Cahier de vacances Secrets d’Histoire ».

L’animateur et son équipe ont décliné le concept de l’émission sous forme de quizz amusant destinés à s’instruire pour la majorité, confirmer qu’on est un as de l’Histoire de France pour quelques grosses têtes. Cela va de l’époque romaine avec des expressions latines courantes que l’on doit relier à leur bonne signification, à la Révolution en rébus en passant par la seconde guerre mondiale avec un Appel du 18 juin du général de Gaulle à compléter.

Et entre les exercices ou jeux, détendez-vous avec de courtes anecdotes racontées par Stéphane Bern. Vous y apprendrez tout sur les animaux royaux d’Angleterre ou les raisons du scandale des décorations en 1887 qui a provoqué la démission du président Grévy.

« Mon cahier de vacances Secrets d’Histoire » (2), Stéphane Bern, Albin Michel, 9,90 €

mercredi 14 juillet 2021

Guide - Tourisme pour agoraphobes

En ces temps de gestes barrière et de distanciation sociale, voilà le guide touristique idéal. Il propose aux vacanciers de Voir la France loin de la foule. Car si l’on est amateur de vieilles pierres et de remparts, se frayer un chemin dans les ruelles de la Cité de Carcassonne est une véritable épreuve.

A la place, le livre vous propose de découvrir Sainte-Eulalie-de-Cernon dans le Larzac, village médiéval où l’on peut visiter les commanderies de Templiers les mieux préservées de France.

On ne peut plus visiter Notre-Dame à Paris ? Pas de problème, mettez le cap sur Laon en Picardie où la cathédrale ressemble étrangement au chef-d’œuvre de l’art gothique de la capitale. Enfin, amateurs d’étangs salés, au lieu de vous bousculer autour de l’étang de Thau près de Sète, ce guide vous conseille l’étang de Leucate où « l’on déguste les meilleurs coquillages de la région ».

Au total c’est une cinquantaine de destinations qui sont détaillées dont le fameux trou de Bozouls dans l’Aveyron.

« Voir la France loin de la foule », Hachette, 19,90 €

mardi 13 juillet 2021

BD - La vie à la campagne version US


Dans la veine autobiographique, Lucy Knisley, autrice américaine au dessin doux et lumineux, raconte comment, alors qu’elle n’a que 10 ans, sa mère a divorcé et est allée vivre dans une ferme à la campagne.

Un changement radical pour cette petite fille qui passait ses journées dans ses livres ou son carnet à dessin et adorait traîner dans les boutiques de comics. Car, à la ferme Petit pois, il y a toujours quelque chose à faire : nourrir les poules, nettoyer leur enclos, arroser le potager, entretenir les sentiers. Sans parler du stand au marché hebdomadaire.

Ce roman graphique de 224 pages décrit ce quotidien harassant, les relations tendues avec le beau-père et ses filles d’un premier mariage ; la grande, très donneuse de leçons et la petite, chouineuse. Mais, paradoxalement, Gen (la Lucy de fiction), va découvrir de nombreux aspects positifs à cette nouvelle vie qu’elle n’aurait jamais envisagée.

« La nouvelle vie de Gen » de Lucy Knisley, Gallimard, 18,40 €

lundi 12 juillet 2021

Thriller - Fantôme d’amour de jeunesse

Premier roman et thriller d’exception pour Stéphane Galas. Ce documentariste qui vit aux USA raconte, dans Un signe d’elle, la lente plongée dans la folie d’un homme cruellement marqué dans son adolescence. Niels a 15 ans, n’est pas la vedette du lycée mais a le bonheur d’être aimé par Stella. La plus belle fille de la petite ville de New London. Mais, Stella, derrière une façade rieuse et resplendissante, cache de lourds traumatismes.

Quand elle demande à Niels de mettre fin à leurs jours ensemble par défenestration, il accepte. Mais, au dernier moment ne saute pas. 15 années plus tard, Niels est devenu un médecin respecté, marié, père d’un petit Oscar. Mais, à la date anniversaire de cette nuit fatale, le fantôme de Stella vient le hanter.

Entre roman fantastique et enquête policière rigoureuse, ce roman virtuose explore les tréfonds du subconscient de l’âme humaine. Et, méfiez-vous, les fantômes ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

« Un signe d’elle » de Stéphane Galas, Ed. Michel Lafon, 17,95 €

dimanche 11 juillet 2021

BD - L’absurde, médicament salutaire


On doit bien l’admettre, encore plus depuis la crise sanitaire, les gens sont de plus en plus sans limites. Les réseaux sociaux se sont transformés en vaste caisse de résonance pour les plus idiots. Et maintenant que le confinement n’est plus qu’un souvenir, ils ont conservé ces pratiques dans la vraie vie. Si vous en doutez, plongez dans cette série de gags de Germain Huby, où tous les personnages vivent décomplexés.

Comme cette maman qui raconte à sa meilleure amie comment sa gosse lui tape sur les nerfs quand elle lui raconte les dessins animés qu’elle ingurgite presque 24 heures sur 24. Réponse de sa fille (7 ans) : « Je saurai m’en souvenir quand tu seras sénile ! »

En réalité, tout le monde est affreux dans cette BD très rigolote. Et, comme les dessins font penser à des photos décalquées, on a tendance à se reconnaître plus que de raison. Oui, nous sommes décomplexés, mais est-ce une bonne chose ? 

« Vivons décomplexés », Delcourt, 12,50 €

samedi 10 juillet 2021

Poche - Faits divers authentiques

Les émissions sur les faits divers récents se multiplient dans les programmes télé. Logiquement, le genre se décline, désormais, sous forme de livres, faciles à lire, mais passionnants, car empreints de cette réalité qui a le don de faire frissonner le lecteur (encore plus la lectrice). Jean-Marc Bloch, ancien commissaire de police, raconte ces histoires criminelles adaptées en documentaires pour l’émission Indices par Rémi Champseix.

Le duo vient de sortir Rencontre mortelle sur Internet, l’affaire Marina Ciampi, 6e titre de la collection. En juin 2012, Marina Ciampi, veuve, cherche à tuer la solitude en s’inscrivant sur un site de rencontres. Quelques mois plus tard, la quadragénaire est retrouvée morte dans son appartement.

Les enquêteurs de la PJ de Marseille vont devoir éplucher tous ses contacts sur le net pour remonter jusqu’au coupable. Ces textes, courts et inédits, sont parfait pour passer un bon moment durant ses vacances. Du moins, si les crimes et le sang ne vous effraient pas….  (Pocket, 4,95 € chaque volume)

vendredi 9 juillet 2021

BD - Jeune Lord mais grand policier


Après un premier tome pour présenter le personnage et le contexte, Philippe Charlot au scénario et Xavier Fourquemin au dessin, terminent la première enquête de Lord Harold. Ce jeune noble a décidé de devenir policier. Et il officie dans le pire quartier de cette Londres très malfamée de la fin du XIXe siècle.

Accompagné de ses hommes (ressort de gags incessants tant ils sont stupides), il va tenter de résoudre plusieurs énigmes. Notamment de la mort de plusieurs dizaines de vaches dans le port de la Tamise et l’apparition d’un bateau fantôme. Il soupçonne trois jeunes femmes qui sous des airs innocents semblent diriger d’une poigne de fer tous les voyous du quartier.

Harold va devoir utiliser tous ses atouts pour s’en sortir : sa séduction naturelle mais surtout son flair et esprit de déduction. La parfaite reconstitution des bas-fonds de Londres donne un cachet inégalé à cette série au ton entre Dickens et Sherlock Holmes

« Les enquêtes de Lord Harold » (tome 2), Glénat, 14,50 € 

jeudi 8 juillet 2021

Clap Ciné de Canet : plusieurs "Fantasmes" pour une inauguration

Moment fort de l'inauguration estivale du Clap Ciné de Canet-en-Roussillon : la projection à 20 h 30 ce jeudi 15 juillet en avant-première du film "Les fantasmes" de Stéphane et David Foenkinos, en présence du second. 


Le clap Ciné de Canet-en-Roussillon dans les Pyrénées-Orientales continue vaillamment son parcours. Le complexe du bord de mer, après avoir surmonté quelques obstacles juridiques, a enfin pu mettre en service sa quatrième salle pour offrir un choix plus large aux cinéphiles du littoral. Privé de véritable inauguration, le Clap Ciné a symboliquement choisi cette semaine de juillet pour offrir des animations aux amateurs de bons films. Ce jeudi 15 juillet à 20 h 30, ils pourront découvrir le tout nouveau film des frères Foenkinos, Les fantasmes. Une avant-première exceptionnelle (le film ne sort que le 18 août) en présence de David Foenkinos qui présentera ce 3e film réalisé avec son frère Stéphane. 

Faire un film sur les fantasmes n'a pas été évident à mettre en place pour ces passionnés de création qui se révèlent parfaitement complémentaires. Face à la diversité des pratiques abordées, ils ont opté pour un film à sketches. Une solution qui permet en plus d'afficher une distribution de prestige, de Monica Bellucci à Jean-Paul Rouve en passant par Carole Bouquet ou Denis Podalydès.

A la base, l'idée est tirée d'un film australien. "La proposition est venue de nos producteurs, explique David Foenkinos lors d'une rencontre avec la presse au Clap Ciné. Le concept nous a beaucoup plu, mais nous avons réécrit 80 % des intrigues." Le film est composé de six sketches sur six fantasmes très spécifiques comme la dacryphilie  en passant par la beaucoup moins drôle taphophilie. Les deux réalisateurs ont soigneusement choisi les fantasmes à mettre en scène car ce devait être à la base une comédie.

Pas un film graveleux, mais de ces distractions intelligentes qui permettent au public de sortir plus instruit, voire plus ouvert. Car les frères Foenkinos ne sont pas "dans le jugement". Les spectateurs, seuls ou en couple, pourront apprécier les différentes histoires et se reconnaître (ou pas) dans ces relations parfois compliquées. 

Parmi les comédiens sélectionnés, on trouve des habitués au monde des Foenkinos (Karin Viard et Jean-Paul Rouve réunis pour un sketch final presque en forme de biopic, aux spectateurs de découvrir de qui), Nicolas Bedos, excellent dans un rôle pourtant très compliqué puisqu'il a passé, littéralement, quatre jours à pleurer toutes les larmes de son corps.

Denis Podalydès, dans le premier sketch, prouve l'immensité de son talent dans ces jeux sexuels provoqués par sa femme interprétée par Suzanne Clément. Cette dernière, lasse de la routine après 19 ans de mariage, propose à son petit comptable de mari d'interpréter des rôles. Il se prend au jeu, devient policier ou médecin et prouve qu'un homme quelconque peut se transformer en excellent dramaturge s'il y a comme récompense l'excitation de sa compagne. Mais gare aux excès de réalité. Car les fantasmes, souvent, ne doivent durer que le temps de préliminaires.  

Humour noir

De l'humour dans Les fantasmes, mais aussi beaucoup de noirceur. Comme dans ces films à sketches italiens que les deux frères, cinéphiles assumés, aiment tant. Et dans cette catégorie, la palme revient à l'histoire portée par Carole Bouquet et Monica Bellucci. Deux icônes du cinéma, elles-mêmes souvent ramenées à l'image de fantasmes pour quantité de spectateurs, jouant avec les émotions autour de la mort. Des rôles inhabituels dans leurs parcours mais qu'elles ont immédiatement accepté car c'est un bonheur pour ces grandes comédiennes de pouvoir sortir des sentiers battus. 

Le film, tourné l'été dernier, sort le 18 août partout en France. Une comédie intelligente, émoustillante et inventive qui devrait facilement plaire au public en mal de bon cinéma.

Reste à savoir quels sont les fantasmes des deux frères. Stéphane, qui met en scène à la rentrée Tania de Montaigne au théâtre à Paris, reconnaît un penchant pour le jeu de rôle. Un fantasme qu'il réalise donc très régulièrement. Par contre David est plus proche d'un fantasme qui fonctionnerait à base d'échec. Paradoxal pour quelqu'un qui collectionne les succès dans tous les domaines, de la littérature (prix Renaudot et Goncourt des Lycéens) au cinéma en passant par le théâtre où il avait deux pièces à l'affiche à Paris au moment du premier confinement.

Discussion et rencontre avant le film

La soirée de jeudi débute à 20 h 30 au Clap Ciné de Canet par une prise de parole des élus, soutiens essentiel du cinéma. Le maire de la commune bien évidemment mais aussi Serge Regourg, récemment élu conseiller régional d'Occitanie et qui connait parfaitement le milieu du cinéma.

Ensuite, durant 20 minutes, Jérôme Quaretti, directeur du cinéma canétois, dialoguera avec David Foenkinos. L'occasion d'aborder sa carrière tant littéraire que cinématographique. Après un petit moment de partage autour d'une collation et d'une séance de dédicaces (en collaboration avec la librairie Torcatis), il sera temps pour les spectateurs de plonger dans "Les fantasmes" des frères Foenkinos. 

La séquence d'inauguration du Clap Ciné se poursuivra le vendredi 17 juillet avec une soirée "Réallisateurs d'Aqui". L'équipe du film "Le coin des copains" de Romain Coulougnon sera présente à 20 h 30 pour la projection de ce film tourné en Lozère. 

  

 

mercredi 7 juillet 2021

Littérature de jeunesse - Hermès, voyageur et voleur

Quatrième volet de la série sur l’Enfance des dieux sous la plume d’Évelyne Brisou-Pellen et le pinceau de Thierry Christmann. Après Zeus, Athéna et le duo Apollon et Artémis, c’est Hermès qui a droit au récit de ses premiers exploits. L’autrice, avec simplicité mais aussi fidélité à la mythologie grecque, retrace l’enfance des plus grands dieux de l’Olympe.

Hermès, né de l’union entre Zeus et Maïa, pousse son premier cri dans une caverne. Un peu trop sombre pour le galopin. Il prend vite la poudre d’escampette et commence son périple de dieu des voyageurs. Un peu plus tard, il réalise son premier larcin, un troupeau de dix vaches. Il endosse du coup le titre de Dieu des voleurs. Mais Hermès ne doit pas être réduit à ce dernier. Il est aussi le messager des dieux.

Comme pour les trois titres précédents, en fin de volume, quelques pages factuelles sur les douze dieux de l’Olympe replacent l’histoire d’Hermès dans son contexte. 

« L’enfance des dieux, Hermès », PKJ, 5,50 €

mardi 6 juillet 2021

Roman - Final en apothéose

Quand, la quarantaine entamée, on déprime grave, incapable de se relever après un  chagrin d’amour, quelle peut être la solution face à ce mal-être ? Nicolas Rey, dans son nouveau roman La marge d’erreur a trouvé une solution assez radicale. Le personnage principal, Gabriel Salin, sorte de doppelgänger de l’écrivain, tousse un peu trop.

Après quelques examens poussés le diagnostic tombe : cancer des poumons. Il lui reste trois mois à vivre. Avec une marge d’erreur de quelques semaines. Quand on est dépressif, c’est cette marge d’erreur qui est intéressante.

Alors, il va se souvenir de ses amours, retrouver quelques-unes de ses compagnes, tenter de reconquérir la dernière femme de sa vie et croiser la route d’une nouvelle voisine qui, tout en étant professeur des écoles, est dotée d’une belle franchise très philosophique et va lui offrir un final en apothéose.

On pourrait détester ce mâle blanc qui a trop profité de sa vie de privilégié, mais il fait plutôt pitié et Nicolas Rey nous donne surtout l’occasion de rire de lui.     

« La marge d’erreur », Nicolas Rey, Au Diable Vauvert, 18 €