Suite et fin de la quête de Samuel, un "dépisteur" chargé de retrouver une petite fille disparue depuis dix ans. L'action se déroule en 1951 à Saint-Cirq-Lapopie, petit village du Lot. Dans cette campagne typique, il y a dix ans donc, un couple de juifs, acculé par l'occupant allemand, a confié sa fillette âgé d'un an, à une famille française. La cacher avant la déportation vers les camps de la mort. Ces endroits maudits où Samuel a passé de longues années. Un survivant, ancien scout, qui décide de se mettre au service des familles à la recherche de ces enfants cachés, oubliés.
Le scénariste de ce diptyque historique, Antoine Ozanam, en a confié la réalisation graphique à Marco Venanzi, dessinateur réaliste dans la veine de Juillard. Le premier tome montrait le dépisteur arriver dans le village et se heurter au silence des habitants. Comme si parler de l'enfant caché en 1941 faisait ressortir tous les cauchemars enfouis de ces mauvaises consciences.
Malgré ce mur du silence, Samuel va retrouver la trace de la fillette. Et de son funeste sort. Il va alors sortir de son rôle de simple dépisteur. Dans ce second tome, à la tension implacable, il est pris en chasse par la police. Il croisera la route de quelques bonnes âmes. Comme le facteur, au courant de tous les mensonges.
Cette BD, en ces temps de volonté délibérée d'oubli (voire de remise en cause) des exactions de l'occupant nazi et des collaborateurs français, apporte une petite note d'espoir. Même si on comprend qu'hier comme aujourd'hui, être antifasciste est souvent le chemin le plus compliqué et risqué dans une société penchant de plus en plus à droite.
"Le dépisteur" (tome 2/2), Glénat, 56 pages, 15,50 €

