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mardi 6 janvier 2026

Polar – Wisting enquête dans le passé

Ne parlez pas de vacances à William Wisting. Le policier imaginé par Jorn Lier Horst est forcé de solder ses jours de repos. À contrecœur. En plein été il essaie de se raisonner. Tond la pelouse, tente de faire un peu plus d’exercice. Mais... Mais il profite du moindre moment pour s'intéresser au dernier fait divers qui fait réagir toute la Norvège : la disparition d'une jeune femme, Agnete Roll. Veuf depuis dix ans, ce drame le replonge dans une vieille affaire. Assez similaire. C'était à l'été 1999. 

L'arrivée d'une lettre anonyme va l'obliger à faire une croix sur ses congés payés (avec un immense plaisir) et reprendre toute la procédure du dossier 1569. Avec à la clé le risque de démontrer qu'un innocent est en prison depuis des années. Écriture au cordeau, intrigue millimétrée : Jorn Lier Horst, ancien policier, n'a pas son pareil pour rendre passionnante une banale investigation policière dans le passé.

« Le dossier 1569 », Jorn Lier Horst, Folio policier, 448 pages, 9,50 €

lundi 5 janvier 2026

Polar – Veuve évaporée

La seconde enquête de la cellule Sakura, imaginée par Cyril Carrère (Français installé depuis des années au Japon), tourne autour du phénomène des évaporés. Dans ce pays, il existe des officines qui permettent, contre rétribution, de « disparaître ». On repart de zéro sous une nouvelle identité. Le roman policier se déroule à deux époques. De nos jours, c'est le patron d'une agence de détectives privés qui s'évapore. On comprend qu'il est sur les traces d'une autre évaporée d'il y a 20 ans. Une meurtrière en série, surnommée la « Veuve blanche » par la presse. Elle tuait sauvagement des hommes ou femmes simplement car ils étaient... heureux. Ce polar, imprégné de culture nipponne, est très accessible aux Français. Sans doute en raison de la nationalité de l'auteur qui a eu la bonne idée d'intégrer à la cellule Sakura une flic française, Noémie Legrand, partagée entre les deux cultures.

« Le crépuscule de la Veuve blanche », Cyril Carrère, Denoël, 400 pages, 22 €

dimanche 4 janvier 2026

Polar – L'assassinat de Kennedy par Steve Berry

Long, tumultueux et bourré de rebondissements : le nouveau thriller de Steve Berry ravira les amateurs d'action et de complot. Le créateur de Cotton Malone s'est associé à Grant Blackwood (vétéran de l'US Navy) pour imaginer la première aventure en solo de Luke Daniels. Alors qu'il est en vacances à Londres, l'agent secret US de la division Magellan reçoit un appel à l'aide d'une ancienne amie militaire : Jillian. Luke se rend immédiatement en Belgique et plonge dès lors dans une course poursuite effrénée. 

De la vieille Europe en passant par les marécages de Louisiane, les montagnes enneigées du Wyoming ou les plages des Bahamas, il va affronter un vieux grigou de la CIA, ayant commencé sa carrière en novembre 1962 au Texas, le jour de l'assassinat de Kennedy.

Grande histoire, secrets d'Etat et coups tordus ponctuent ce pavé bourré d'adrénaline et de testostérone. 

« La manipulation Kronos », Steve Berry et Grant Blackwood, Pocket, 600 pages, 9 €

vendredi 2 janvier 2026

Polars - Amies, pour le pire et le meilleur

Les tribulations compliquées de deux copines sont au centre de ces polars signés par Sophie Stava, Américaine et Marlène Charine, Suissesse.

Autant que l'amour, l'amitié peut vous pousser à réaliser des actions que l'on risque de regretter de longues années après. Dans La menteuse et De ma famille, polars signés par Sophie Stava et Marlène Charine, ce sont des amitié féminines qui vont durablement faire évoluer le cours de la vie de ces quatre femmes.

Sloane a un gros problème. Depuis son plus jeune âge, elle aime mentir. Plus exactement elle a tendance à enjoliver son quotidien. Quitte à faire croire à ses copines de classe que son père est un célèbre comédien et que sa mère est riche à millions. Dans la vraie vie, Sloane arrive difficilement à boucler ses fins de mois. Elle semble sur la bonne voie (celle de la rédemption et de la vérité), quand elle croise la route d'un beau mec, Jay, dans un parc. Et pour tenter de le séduire, elle prétend être infirmière. Un petit mensonge qui va la transformer en Caitlin, et lui permettre de devenir la nounou de la fille de Jay et Violet. Violet... La femme que Sloane rêve d'être. Elle va donc se transformer pour lui ressembler au maximum, devenant ainsi la meilleure amie de l'épouse de l'homme qu'elle convoite. Le roman noir de Sophie Stava débute comme une romance basique. Mais ces deux femmes, qui ont beaucoup à cacher l'une à l'autre, vont finalement se rencontrer et se comprendre. A moins que les mensonges, de l'une comme de l'autre, ne faussent complètement le jeu. Une intrigue qui vous surprendra, machiavélique, très tordue. Au point qu'elle a séduit Lindsay Lohan qui interprétera dans une série cette incroyable menteuse.

Adolescentes inséparables

Des mensonges, il y en aussi dans la vie de Claire, l'héroïne du roman de Marlène Charine. La petite quarantaine, mariée à Yohan, elle est la mère d'un petit garçon de moins d'un an. Quand Claire disparaît en pleine nuit, le mari panique. Il prévient la police qui décide de ne rien faire. Claire est majeure et a tout à fait le droit de «s'évaporer» volontairement. C'est en creusant dans le passé de Claire que Yohan va découvrir l'existence de Mathilde, la meilleure amie de sa femme quand elle était adolescente. Deux copines opposées (Claire, placide fille de grand bourgeois, Mathilde, sans le sou, effrontée et intrépide) au parcours chaotique. C'est dans les événements du passé que Yohan va découvrir la véritable personnalité de sa femme. Il va tomber des nues. Comme La menteuse, De ma famille est un polar à l'intrigue plus que tortueuse. De ces romans qui déboussolent le lecteur, amené à une fin qu'il n'aurait jamais imaginé, preuve de l'immense talent de ces deux autrices. 

« La menteuse », Sophie Stava, Les Escales, 368 pages, 21,90 €

« De ma famille », Marlène Charine, Calmann-Lévy, 352 pages, 20,90 €

jeudi 16 octobre 2025

Polar poétique - Baudelaire et l'affaire de la femme sans tête

Nadine Monfils, après Magritte, transforme Baudelaire en héros d'une série de polars dans le Paris du milieu du XIXe siècle. 

Charles Baudelaire meilleur que Vidocq ? Le poète parisien n'est pas connu pour ses polars. Mais comme Nadine Monfils aime ce genre, elle n'a pas hésité à convoquer l'auteur des Fleurs du mal pour lancer cette nouvelle série entre hommage littéraire, polar historique et biographie romancée. La femme de lettres belge, sans jamais avoir renié son pays d'origine, bien au contraire, a mis toute sa connaissance parisienne dans cette déambulation de Baudelaire dans les rues de la capitale. De l'hôtel Pimodan (siège du club des Haschischins) à la rue de la Femme sans tête en passant par le pont Marie et toutes les petites venelles de l'île Saint-Louis, il va tenter de découvrir qui a tué cette femme dont on a retrouvé que le corps décapité dans la rue. 

Si Baudelaire s'intéresse à l'affaire (outre le fait qu'il a trébuché sur le corps au petit matin en rentrant chez lui ivre mort), c'est que la tête lui a été livré à domicile. Dans un grand carton à chapeau. Il l'ouvre en présence de sa maîtresse adorée, Jeanne Duval, une métisse, comédienne à l'occasion, un peu prostituée par obligation pécuniaire. Il sera même encouragé à démasquer l'assassin par un mystérieux personnage qui lui paiera chaque avancée dans l'enquête. Une rentrée d'argent inespérée pour un Baudelaire en perpétuelle recherche de devises. Bien obligé pour assumer son goût du luxe, le train de vie de sa maîtresse, les multiples sorties culturelles et gastronomiques ou les tournées des bars. 

Concierge envahissante

Nadine Monfils, dans des chapitres courts et rythmés, profite de la première moitié du roman pour raconter dans le détail la vie du génie de la poésie française. Et de dresser la revue de ceux qui gravitent dans son entourage. Les connus (Allan Kardec, Victor Hugo ou Vidocq) mais aussi les anonymes qui participent à l'enquête. On apprécie particulièrement le policier, l'inspecteur Delâbre, débonnaire, vivant seul avec sa chienne, manipulant ses hommes, Baudelaire et la pègre pour démasquer le  découpeur de femmes. Au pluriel car une seconde inconnue est retrouvée dans Paris. Toujours en deux morceaux... 

La concierge de Baudelaire devient aussi une figure marquante. Elle a des vues sur le poète et tente de l'exciter en expliquant qu'une de ses amies a « retrouvé un asticot dans sa culotte... » Dégoût de Baudelaire. Alors la concierge en remet une couche : « Bah, à notre âge, du moment que ça frétille ! » On retrouve dans ces trognes iconoclastes toute la richesse et  excès du style de Nadine Monfils. Car la poésie ne doit pas faire oublier la vie. Même triviale. Seul bémol à ce roman aussi riche en informations sur le Paris de l'époque qu'en scènes croquignolesques : la résolution de l'intrigue est trop vite expédiée. Comme s'il fallait terminer un poème avec une rime riche au détriment de sa beauté globale.    

« Les fleurs du crime de Monsieur Baudelaire – La femme sans tête », Nadine Monfils, Verso – Seuil, 320 pages, 17,90 €

lundi 25 août 2025

Polar – La police au quotidien


Passez quelques jours dans la vie des membres de la brigade criminelle de Versailles. Quelques jours comme les autres. Benoît Séverac dans ce polar sans coups de feu, courses-poursuites, trahisons ou rebondissements extravagants tente de coller au plus près de la réalité. On pourrait craindre de s'y ennuyer. Pourtant, sous sa plume, la vraie vie policière est beaucoup plus intéressante que toutes les fictions trop alambiquées. Le commandant Cérisol récupère deux affaires. 
Le suicide suspect d'une jeune femme et la découverte du corps d'un Africain, emballé dans du film plastique alimentaire dans un caveau vide. Cérisol gère ses collègues avec leurs humeurs, du vieux bougon proche de la retraite à la la jeune diplômée, à cheval sur l'égalité hommes-femmes. 
Sans oublier sa vie de famille. Il file le parfait bonheur avec une aveugle, toujours joyeuse. Jusqu'au jour où. Écriture fluide, portraits fouillés, réflexions et problématiques très actuelles : ce polar est avant tout un grand roman.

jeudi 14 août 2025

Polar - Oslo, capitale du « Faux-semblant »

La capitale de la Norvège se prépare à faire la fête. En ce 31 décembre 2018, la population est massée devant l'hôtel de ville d'Oslo pour profiter du traditionnel feu d'artifice. A minuit pile une grosse explosion retentit : une bombe placée dans une poubelle fait quatre morts et de nombreux blessés. Blix, le policier et Emma, la journaliste, le duo d'enquêteurs imaginé par Horst et Enger, romanciers norvégiens, sont dans la foule. 

Après une première aventure (« Que le meilleur gagne » disponible en Folio policier) ils se plongent à corps perdu dans cette histoire qui a tout de l'attentat terroriste. Mais les apparences sont trompeuses. Et comme une des blessées est la mère d'une fillette enlevée dix ans auparavant et jamais retrouvée, Blix en déduit que la bombe n'a pas été placée au hasard. 

On apprécie la complémentarité des héros : Blix, âgé, taciturne obstiné, sert aussi de père de substitution à Emma, dépressive, impulsive et tout aussi obstinée. On suit la progression du duo, allant de découvertes en surprises, réussissant à rester sur le bon chemin malgré les nombreuses fausses pistes placées sur leur route. 

« Faux-semblant », Jorn Lier Horst et Thomas Henger, Série Noire Gallimard, 416 pages, 21 €

mercredi 11 juin 2025

Polar - Qui a tué Miss Belladone à Santa Catalina ?

Michael Connelly fait une infidélité à Harry Bosch pour raconter le quotidien de Stilwell, shérif sur l'île de Santa Catalina à quelques encablures de Los Angeles. 

Si certains considèrent que la Californie, la région de Los Angeles notamment, est la région la plus ressemblante au Paradis, ils devraient faire un tour sur l'île de Santa Catalina. Reliée quotidiennement au continent par ferry, le port d'Avalon fait figure de capitale de cet Eden préservé. Notamment des voitures. Tout le monde se déplace en voiturette de golf. Même la police. Il n'y a donc pas de course poursuite dans la première enquête de l'inspecteur Stilwell, nouveau héros (sans doute récurrent) imaginé par Michael Connelly. 

Un cadre préservé un peu trop tranquille parfois. Stilwell est un ancien de L.A., muté à Avalon après avoir dénoncé un collègue corrompu. Un ripou très protégé. Il est toujours en poste aux affaires criminelles alors que Stilwell se contente de bagarres d'ivrognes le week-end ou de tentatives de cambriolages. Alors qu'il est sur le point de découvrir qui a décapité un bison dans la réserve, l'inspecteur est appelé sur le port. 

Un pêcheur vient de découvrir un sac contenant un cadavre dans le chenal. « De longs cheveux noirs flottaient librement dans l'eau et Stilwell vit qu'ils étaient rattachés à un crâne blanc. Du bout des doigts, il agrandit l'ouverture du sac jusqu'à ce qu'il découvre le visage cireux et tellement déformé par le gonflement dû aux gaz de décomposition qu'il n'en avait presque plus rien d'humain. Il remarqua aussi une mèche de cheveux teinte en violet et en déduisit que le corps était celui d'une femme. » Le lecteur va alors se plonger dans le quotidien de ce flic au placard mais qui n'a pas perdu ses réflexes de limier. 

Il découvre que la morte se nomme Leight-Anne Moss, serveuse dans un club huppé de pêche sportive. La mèche est sa signature, elle adore la couleur de la belladone. Une fleur par ailleurs extrêmement vénéneuse. Comme cette intrigante Miss Belladone ? 

Dans ce polar, à l'intrigue méticuleusement élaborée, on retrouve tout le savoir de Michael Connelly. Il n'a pas son pareil pour raconter le quotidien de ces hommes et femmes chargées de maintenir l'ordre sur Santa Catalina. Stilwell est triplement intéressant : pour son côté chien fou qui ne lâche jamais sa ploie, pour ses amours récentes sur cette île qu'il aurait dû détester, pour ses cas de conscience, cherchant toujours les moyens de prouver sa bonne foi dans l'affaire, encore en cours de jugement, contre le collègue indélicat. Autant de possibilités de suite pour cette première enquête brillamment résolue par un Stilwell de plus en plus sympathique.

« Sous les eaux d'Avalon », Michael Connelly, Calmann-Levy, 400 pages, 22,90 €

jeudi 5 juin 2025

Nouvelles – 19 dérapages par 19 Louves

Talentueuses et bourrées d'imagination, ces 19 autrices de polar ont planché sur le thème simple et assez large des « Dérapages ». Coordonné par l'association des Louves du Polar, ce recueil pas cher au format poche, publié par Pocket, offre un large panorama de ce qui se fait de mieux dans le domaine du roman policier ou tout simplement noir. 

Quelques noms connus (Céline Denjean, Johana Gustawsson, Céline de Roany..) mais aussi des signatures nouvelles, qui donnent envie d'aller plus loin, de découvrir leur production au long cours. Compliqué de mettre des textes en avant, mais on ne peut pas rester indifférent à la « Nuit bleutée » de Rosalie Lowie. Style percutant, horreur écrite noir sur blanc, fin peu conventionnelle : elle frappe fort dans un genre où il est compliqué de marquer les esprits. 

Dans un monde plus proche du fantastique, Marlène Charine propose « Séisme ». Le parcours d'un jeune Haïtien, symbole de l'exploitation de l'homme par l'homme. Ou plus exactement de la femme par l'homme. Piochez, frémissez, réfléchissez : les Louves vont assombrir votre été. 

« Dérapages », Pocket, 360 pages, 9 €

vendredi 9 mai 2025

Thriller - Sharko, en vers et contre tous

Le nouveau roman de Franck Thilliez ne fait pas dans la poésie. Dans « A retardement », il est surtout question de folie et de bestioles visqueuses, de celles qui peuplent nos pires cauchemars.


A plus de 60 ans, Frank Sharko, le policier d’élite imaginé par Franck Thilliez souffre-t-il d’un petit coup de mou ? A Lucie, sa compagne, il dément énergiquement (malgré son souffle court, ses nuits agitées et ses genoux douloureux) : « Quand je serai à la retraite, j’aurai tout le temps de me poser, OK ? De faire des siestes comme les vieux ou d’arracher ces saloperies de mauvaises herbes. » Faut pas lui faire remarquer qu’il n’est plus un poulet de première jeunesse, ça a le don de l’énerver le Sharko. Alors il continue à chasser les méchants (qui eux semblent de plus en plus jeunes) même s’il laisse les courses et bagarres à son second, Nicolas Bellanger, de plus en plus au centre des intrigues imaginées par le maître du thriller français. 

Dans « A retardement », le groupe de Sharko est de garde pour la dernière semaine de l’année. Il est mobilisé après la disparition d’une Parisienne, envolée en traversant le parc des Buttes-Chaumont. Au même moment, un schizophrène est interné dans une unité de malades difficiles de banlieue. Il sera suivi par Eléonore Hourdel, psychiatre renommée. Deux débuts sans directs, permettant de suivre une enquête qui s’enlise et de découvrir le quotidien dans une UMD, endroit au coeur du roman. Quelques jours plus tard, les deux mondes se rencontrent. Sharko et Nicolas vont enquêter sur le meurtre sauvage d’un quinquagénaire. Mort de cinquante coups de tournevis au niveau de l’abdomen, la bouche remplie de soude. L’homme serait le père de la psychiatre. 

Le roman bascule dans l’horrible lors de l’autopsie. Une étrange découverte est faite dans l’intestin du mort : Les visages des deux policiers « se plissèrent de dégoût lorsque, du bout des doigts, le légiste tira de là un organisme blanchâtre, écrasé comme un haricot, présentant de nombreux replis de la forme de ceux de l’intestin où il était logé. » Un ténia plus connu sous le nom de ver solitaire. «Les coups de tournevis avaient atteint la bestiole à certains endroits, la tuant également. » Ce que ne savent pas encore les flics contrairement au lecteur, c’est que le mystérieux patient d’Eléonore Hourdel a tenté de s’éventrer, persuadé que des vers sont en train de le dévorer de l’intérieur. 

La folie est omniprésente dans ce gros roman noir. Dans l’entourage d’Eléonore, évidemment, mais aussi dans le passé de Sharko et le quotidien de Nicolas, homme blessé au bord de la rupture. Même si A retardement peut se lire indépendamment de autres titres, il est cependant fortement conseillé de plonger dans les autres titres de Sharko. Car c’est dans ce volet feuilleton (on dit plutôt série de nos jours), que réside le plus grand intérêt de l’oeuvre de Thilliez. 

« A retardement », Franck Thilliez, Fleuve Noir, 456 pages, 22,90 €

mardi 6 mai 2025

Polar – Les mensonges de l'Hydre


Au royaume des fake news, l'Hydre est la reine. Une sorte de secte, aux disciples persuadés de détenir la vérité. En réalité ils ne font que mentir, maquiller la réalité, tenter de faire peur pour que la société s'écroule face à des vagues de paranoïas de plus en plus fortes. Simon Lacroix, étudiant parisien, est persuadé avoir infiltré l'organisation. Il compte en faire son sujet de thèse. Mais il n'aura pas le temps de la finaliser. Il est retrouvé mort au pied de son immeuble. Suicide par défenestration ? Son père est sceptique et va mobiliser la brigade criminelle. 

Une enquête hors norme pour le commandant Sénéchal, héros récurrent de Sébastien Le Jean. 

Un flic en pleine déprime. Après une grosse bourde (lire Le grand effondrement), on veut le priver de terrain. Alors il va s'accrocher à cette affaire pour sauver sa carrière. Un polar réaliste qui fait froid dans le dos car au final, on a l'impression que tout le monde manipule... tout le monde.

« La conspiration de l'Hydre », Sébastien Le Jean, Folio Policier, 336 pages, 9,50 €

samedi 12 avril 2025

Thriller - La glace et le feu

Alors que Trump espérait annexer le Groenland, ce thriller de Simon Mockler, inspiré de faits réels intervenus durant les années 60, prouve que la grande terre glacée est depuis longtemps un enjeu stratégique pour les USA. 

En pleine guerre froide, une base secrète, construite dans la glace du Groenland, abrite des missiles nucléaires. Quand elle est démantelée, les trois derniers militaires restés sur place sont victimes d'un accident. Deux sont morts dans les flammes d'un incendie, le troisième grièvement brûlé. Un survivant interrogé à Washington par le docteur Jack Miller, intermittent de la CIA, lui-même ancien militaire. Ce poche, paru initialement chez Belfond, est très cérébral dans sa première partie. Le psy tente de ne pas brusquer le grand brûlé. Découvrir s'il dit la vérité. Accident ou double meurtre ? 

La suite devient un véritable thriller d'espionnage, avec action et rebondissements. Passionnant et étonnant jusqu'à la dernière page.

« Projet Iceworm », 10/18, 408 pages, 9,50 €

mercredi 9 avril 2025

Polar – Ladouce justicière

Si vous avez des difficultés à comprendre le concept de sororité, plongez dans ce roman d'Ingrid Desjours et vous n'aurez plus aucune excuse. L'héroïne imaginée par la romancière (essentiellement connue pour des romans noirs et durs), Capucine Ladouce, a un passé trouble. Elle met à profit sa froide colère contre la société patriarcale pour voler au secours des femmes maltraitées. 

Ainsi elle emménage dans un quartier résidentiel pour aider une femme craignant pour sa vie. Reste à savoir qui. Seul indice, son prénom débute par un C. Capucine va donc explorer le quotidien de Charlène, Cordélia, Clotilde et Camille. Et devenir leur amie. 

Un roman subtil, futé et surtout humoristique dans ses premiers chapitres. Car la romancière n'est pas tendre pour ces habitants de la banlieue, entre train-train, espionnage des voisins et ragots. La seconde partie est plus dramatique. Le méchant est identifié et Capucine va tout faire pour l'empêcher de nuire. Les mâles en prennent pour leur grade. 

« Capucine Ladouce », Ingrid Desjours, Hauteville, 384 pages, 8,95 €

mercredi 2 avril 2025

Polar - La guerre des Croix


Le département S, composé de deux personnes, Paule Nirsen, archiviste, et l'ancien gendarme Guillaume Lassire, va devoir se pencher, dans sa troisième enquête toujours signée Joseph Macé-Scaron, sur des meurtres agitant la petite ville de Baugé en Anjou. Des hommes retrouvés décapités et éventrés. Fou sanguinaire ou bête maléfique ? 

L'auteur déroule son intrigue entre présent et passé. Le présent c'est la menace de l'islamisme, thème récurrent dans les interventions du romancier, par ailleurs éditorialiste tendance droite tradi-catho. De religion il en est aussi question dans le passé quand il revient sur la révolte des gentils Chouans (quand le wokisme est de droite) ou l'histoire de la vraie Croix du Christ, célèbre relique de Baugé. Un polar de terroir dans l'air du temps : à droite toute !  

« La croix des ténèbres », Joseph Macé-Scaron, Presses de la Cité, 320 pages, 22 €

samedi 29 mars 2025

BD - Parker de Richard Stark débarque dans la collection Aire Noire


Certains personnages imaginaires survivent à leurs créateurs. Parkar, archétype du braqueur américain fait partie de la galerie. Imaginé par Donald E. Westlake au début des années 60, Parker ne devait pas vivre de nouvelles aventures après ce polar noir et sombre où il terminait en prison. Mais l'éditeur américain, visionnaire, a demandé à Westlake (qui avait signé ce titre sous le nom de Richard Stark), de trouver une astuce pour remettre le dur à cuire sur le circuit. Chose faite pour une vingtaine de romans. Parker adapté souvent au cinéma mais aussi en bande dessinée. Après quelques titres illustrés par Darwin Cooke (publiés chez Dargaud), Parker est de retour, dans une adaptation (très francophone) de Doug Headline et des dessins de Kieran. 

C'est un titre de 1969 qui est proposé pour ce premier titre de la nouvelle collection de Dupuis, Aire Noire. Les romans avec Parker en vedette sont froids, sans émotion ni affect. Un gangster qui n'agit que pour l'argent. Les premières pages le montre en train de mettre la dernière main à son nouveau braquage. Une banque avec trois complices dont George Uhl, le chauffeur, qu'il ne connait et dont il se méfie. Il a raison car une fois de retour à la planque avec le magot, Uhl tue deux de ses complices, rate Parker qui prend la fuite, met le feu à la ferme perdue et se tire avec l'ensemble du pactole. 

Tout l'album raconte comment Parker, avec opiniâtreté et malgré le peu d'indices, va tout faire pour retrouver capturer "La proie" qui donne son nouveau titre à l'histoire. Des kilomètres en voiture, plusieurs états, des désillusions, de vieux ennemis qui ressurgissent et un Uhl toujours aux aguets. 

On admire la parfaite adaptation de Doug Headline, expert en polars plus sombres que l'âme humaine. Quant au dessin de Kieran, il est au diapason, froid, anguleux, sans effet ni couleurs inutiles. Du roman noir comme seuls les vrais amateurs savent apprécier.

"Parker - La proie", Dupuis, Aire Noire, 112 pages, 20,50 € 

dimanche 16 mars 2025

Romans policiers - Des employées envahissantes dans "La Nounou" et "Dream Girl"

Une nounou dans le roman d'Evelyn Piper et une infirmière dans celui de Laura Lippman: quand les employées de maison deviennent de véritables cauchemars.


Bien que parus à plus de 60 ans d'écart, ces deux polars américains ont quelques points en commun. Dans La nounou d'Evelyn Piper (paru aux USA en 1966), la femme chargée d'éduquer l'enfant d'un riche couple semble exemplaire dans sa mission. Mais alors pourquoi le jeune Joey a-t-il si peur d'elle ? De la même façon, l'infirmière de nuit chargée de veiller sur Gerry, célèbre écrivain riche à millions grâce au succès de son roman Dream Girl, immobilisé après une chute, semble moins bête qu'elle s'échine à le faire croire. Deux employées qui vivent chez leur patron, devenues intimes, indispensables. Mais quel est leur but exactement ? Des relations complexes devenant au fil des chapitres de plus en plus anxiogènes.

La nounou fait partie de ces romans noirs ciselés comme un bijou de luxe. Evelyn Piper signe un polar où la paranoïa est en permanence sous-jacente. La faute à cette nounou anglaise au service de la famille depuis des décennies. Elle se charge de l'éducation de Joey. Un petit garçon de 6 ans qui redoute revenir à la maison après un séjour dans une clinique psychiatrique. Accidentellement, il a tué son petit frère. Quand il prétend que la nounou lui en veut, ses parents, son médecin et les voisins n'y croient pas. Le lecteur, lui, se doute que l'enfant n'est pas fou et qu'au contraire la vieille fille est bizarre. Joey va-t-il convaincre quelqu'un, a-t-il une chance de s'en sortir ? Le roman, sous une forme très classique (un peu démodée même), amène le chaud dans une ambiance glaciale. 

Paranoïa aussi pour Gerry Andersen, l'écrivain au centre du roman Dream Girl de Laura Lippman se déroulant dans un appartement au sommet d'une tour à Baltimore. Gerry est romancier. Un vieil intellectuel qui regrette ces années 80 et 90 quand tout semblait permis. Il vient de chuter dans l'escalier. Jambe cassée, le voilà immobilisé pour plusieurs semaines. 

Gerry va devoir remettre son quotidien entre les mains de son assistante, une jeune étudiante fan de ses écrits et une infirmière de nuit, qui passe son temps à regarder des niaiseries à la télé. Gerry, marié trois fois, récemment séparé et qui vient d'enterrer sa mère. Un homme amorphe, ayant perdu l'inspiration, étonné quand il reçoit un coup de fil d'une certaine Aubrey. Elle prétend être la femme qui lui a inspiré le personnage de son best seller. Et lui réclame la moitié de sa fortune. Qui est cette Aubrey ? Ne devient-il pas sénile et un peu fou, comme sa mère ? Ni son assistante, ni l'infirmière ne se souviennent de ces appels. 

Ce thriller, à l'intrigue particulièrement tordue, se transforme parfois en jeu de piste littéraire. L'occasion de découvrir les dessous d'un milieu pas toujours très net. C'est un des atouts de ce thriller écrit dans un style fluide et savant, comme quoi l'intelligence, parfois, devient contagieuse.

« Dream Girl », Laura Lippman, Actes Sud, 368 pages, 22,80 €

« La nounou », Evelyn Piper, Denoël, 280 pages, 22,50 €

samedi 15 mars 2025

Polar - « Python » piquant sous la plume de Sébastien Gendron

Ce roman intitulé « Python » est le second de la série de Sébastien Gendron modestement baptisée  « Le grand livre des animaux ». Après le chevreuil, vision hallucinée de la campagne française, place à ce python venu semer le trouble dans le lotissement trop calme d'une ville moyenne française. Le serpent ne fait que de la figuration, le centre de l'attention est occupé par Constance, mère d'Hippolyte, 5 ans. Le portrait en miniature de son père, un sale con puissance mille. Constance n'en peut plus. Elle envisage de disparaître, abandonnant sa famille pour se cacher en Inde. Mais comme c'est Sébastien Gendron qui est aux manettes, tout dérape très vite. Un dentiste est assassiné, le mari de Constance meurt d'un AVC, un drôle d'ouvrier transforme une piscine en bunker... Un roman noir d'une méchanceté absolue, du pur esprit Hara-Kiri : bête et méchant. Assez jouissif aussi pour le lecteur qui s'ennuie dans son quotidien morne.

« Python » de Sébastien Gendron, Gallimard, 336 pages, 20 €

mercredi 12 mars 2025

Polar - Policière contre marionnettiste

Helen Grace, policière anglaise de Southampton imaginée par M. J. Arlidge, doit affronter sa hiérarchie et sa base pour tenter de sauver des adolescentes transformées en marionnettes sexuelles.

En Angleterre comme en France, les pontes de la police nationale apprécient de pouvoir communiquer après d'éclatantes réussites. À Southampton, dans le sud du pays, les trafics de drogue se transforment en guerre des gangs. Comme à Marseille, les règlements de compte se multiplient. La dernière fusillade qui a coûté la vie à un jeune convoyeur d'argent liquide tiré de la vente de drogue s'est déroulée en plein quartier résidentiel. Il faut donc rapidement trouver les auteurs de l'attaque pour rassurer la population. Comprenez les électeurs...

Helen Grace, enquêtrice très solitaire (et efficace) du commissariat, est elle aussi mobilisée. Sur le terrain, elle interroge ses indics mais se désintéresse rapidement de l'affaire. Le matin même, elle a été très touchée par le cri de détresse d'une mère. Sa fille, Naomi, a disparu depuis la veille. Une adolescente en rupture. Si la hiérarchie d'Helen lui demande de ne pas s'investir dans une simple fugue, le sixième sens de la policière d'élite la pousse à désobéir. Alors que la base est sur les dents à la recherche des tireurs, elle demande à plusieurs enquêteurs de se concentrer sur le cas Naomi. Rapidement, beaucoup trouvent ce travail inutile.

M. J. Arlidge, dans ce nouvel épisode des aventures d'Helen Grace, place à nouveau son héroïne en fâcheuse posture. Cette fois elle risque la mise à pied pour insubordination. Le lecteur sait pourtant qu'elle a raison. Car entre les chapitres consacrés à l'enquête, l'auteur relate le cauchemar vécu par la jeune fille. Enfermée dans une cave, enchaînée, elle est transformée en objet sexuel par un ravisseur qui filme son calvaire, obéissant aux ordres de voyeurs payant cher pour ce spectacle abominable.

Le roman devient palpitant car en plus de tenter de découvrir qui est le ravisseur et tortionnaire, le lecteur craint pour la vie de la captive. Sans oublier les risques encourus par Helen. Sur le terrain mais également dans les bureaux du commissariat, quand ses chefs veulent la mettre sur la touche après les récriminations et plaintes des agents sous ses ordres. Et comme le romancier ose tout, le dénouement sera étonnant à plus d'un titre et annonce une suite encore plus déstabilisante pour les fans.

« Ainsi font font font » de M. J. Arlidge, Les Escales, 480 pages, 23 €

dimanche 9 mars 2025

Polar - Les petites combines d'un dealer

Témoignage édifiant que ce « Deal », texte signé d'un énigmatique « 6 ». Un jeune, originaire de Grenoble, y raconte comment il s'est fait une place dans le juteux mais dangereux monde du trafic de drogue.


Les documentaires inondant les chaînes de la TNT nous proposent souvent des émissions racontant 24 heures ou une nuit avec les policiers de terrain. Plus rares sont les émissions montrant l'autre côté, celui des dealers. Ce récit, sous forme de polar-confession, plonge le lecteur dans la spirale infernale de la vie d'une jeune originaire de Grenoble. A la première personne, « 6 » (c'est sa signature...), explique qu'à la base, il est simplement un gamin qui, s'ennuyant ferme dans sa banlieue, a tendance à fumer un peu trop de cannabis pour atténuer la morosité ambiante. Une consommation exponentielle qui devient problématique. Il décide donc de revendre une partie don stock pour financer les futurs achats.

Dans le milieu cela a un terme : il devient « brasseur ». Un consommateur qui peut, à l'occasion, dépanner les copains et connaissances. A la différence des dealers qui eux ne consomment pas.

La drogue n'est qu'un business comme un autre, le moyen de se faire beaucoup d'argent rapidement, comme nous le fait miroiter sans cesse notre société capitaliste et consumériste. L'auteur explique que « légal, illégal, licite, illicite... tout cela ne voulait strictement rien dire. Il n'y avait qu'une seule réalité : le profit, partout et tout le temps. Le produit, le service, la provenance ou la destination n'avaient aucune espèce d'importance. Le monde n'était qu'un immense champ de bataille ultralibéral parcouru par les flux incessants des capitaux. » Devenu incontournable dans son lycée ou son quartier, « 6 » gagne des clients et des relations. Touche à d'autres drogues (cocaïne, acides...), achète de grosses quantités et en fait son métier.

Attention, si vous croyez avoir découvert le livre qui prend la défense des consommateurs et des petits trafiquants, vous faites erreur. La concurrence est rude dans ce secteur particulier et la meilleure façon de s'imposer reste la méthode forte. Violente. Il n'y a rien de glamour à se faire tirer dessus ou à passer plusieurs mois en prison. On le découvre dans ce texte âpre, réaliste et sans concession au romantisme des brigands des temps nouveaux.

« Deal » de 6, Nouveau Monde éditions, 288 pages, 9,50 €

lundi 17 février 2025

Polar - Kalmann, simple d'esprit à la vie compliquée

Kalmann, pêcheur de requin dans un petit village du nord de l’Islande, a un léger handicap mental. Il voit la vie comme un enfant de 8 ans. Il est au centre de deux polars signés Joachim B. Schmidt, romancier allemand vivant à Reykjavik. 


Étonnant héros que ce Kalmann Odinsson, pêcheur de requin et aussi surnommé « shérif de Raufarhöfn », petit port dans le nord de la froide et glaciale Islande. Kalmann a commencé sa carrière de personnage principal dans le roman Kalmann, paru en 2023 et récemment repris au format poche dans la collection Folio policier. Kalmann de retour, toujours sous la plume de Joachim B. Schmidt, dans un second volume, suite directe du premier, intitulé Kalmann et la montagne endormie.
La principale originalité de Kalmann, c’est qu’il est atteint d’un léger handicap mental. Même s’il a 34 ans et qu’il vit seul dans sa petite maison héritée de son grand-père, Kalmann a des réactions d’un enfant de 8 ans. Il adore manger des hamburgers, engloutir des céréales au chocolat, regarder les émissions drôles à la télévision. Sa mère a quitté le village. Quant au père, c’est un mystère. Kalmann sait simplement que c’est un militaire américain qui a quitté précipitamment l’île glacée avec femme et enfants quand il a appris que sa maîtresse locale était enceinte. Il a juste laissé en héritage à ce fils qu’il n’a rencontré qu’une fois, un chapeau de cowboy, une étoile de shérif et un pistolet Mauser. La panoplie que Kalmann aime arborer quand il se promène dans le village, exactement comme s’il patrouillait pour protéger les habitants.


Un héros handicapé, c’est peu banal. Un handicapé qui raconte l’histoire à la première personne, c’est encore plus étonnant. Et assez déconcertant au début. Pourtant on se fait rapidement à ce raisonnement forcément un peu limité mais souvent plein de bon sens. Kalmann est un doux, un gentil garçon. Mais qui n’aime pas être contredit. Il peut alors entrer dans une colère noire.
Le premier roman est centré autour de la découverte par notre shérif en herbe d’une mare de sang dans la neige. Or, l’homme le plus riche du village, Robert, a disparu. Pas de corps, juste du sang. La police enquête, les sauveteurs cherchent et Kalmann élabore une théorie : Robert a sans doute été attaqué par un ours polaire venu à la nage depuis le Groenland.

Le second roman débute par l’interrogatoire de Kalmann par le FBI. Notre héros est à Washington et a été arrêté près de la Maison Blanche. Comment le shérif est il arrivé aux USA ? Quel rôle joue son père ? Une seconde partie un peu plus complexe, mais toujours racontée par cet esprit simple, dans une langue qui longtemps va résonner dans la mémoire du lecteur et lui permet d’avoir une vision très différente du quotidien de certains handicapés mentaux.

« Kalmann et la montagne endormie », Joachim B. Schmidt, La Noire - Gallimard, 320 pages, 22 €
« Kalmann », Folio policier, 368 pages, 9,50 €