jeudi 30 novembre 2017

Cinéma - Le stand-up pour réussir sa vie


Tous les chemins mènent au stand-up. Et souvent, le stand-up mène au cinéma. Parcours classique donc pour Nawell Madani, révélée au Jamel Comedy Club et devenue depuis une abonnée des théâtres complets. L’envie de faire un film, elle la porte depuis toujours. Comme une évidence.
Mais avant d’atteindre le graal, comme le personnage qu’elle interprète dans «C’est tout pour moi », la route est longue, semée d’embûches, de faux amis et, parfois, de mentor. « Mon histoire est universelle » tient-elle à préciser lors d’une rencontre au Méga Castillet de Perpignan, juste avant une avant-première dans une salle pleine à craquer.
Son histoire adaptée, modifiée, édulcorée parfois, c’est celle de Lila, jeune Belge d’origine maghrébine qui rêve de devenir danseuse. Mais le père, taximan, refuse cette voie. Alors elle s’entête, s’imagine en haut de l’affiche, rêve de Paris et de ses lumières. Elle part à l’aventure, dans sa voiture, faisant croire au paternel qu’elle a été admise dans une grande école de commerce. Mais tout en étant douée, la compétition est rude. Surtout les mauvaises rencontres nombreuses. Et elle tombe sur un escroc lui aussi très doué dans sa partie. Résultat, le rêve se transforme en cauchemar et Lila se retrouve en prison.
Le film prend alors une certaine gravité. Entre ces quatre murs, la jeune danseuse va devoir se forger une nouvelle personnalité. Et se découvrir des talents dans l’improvisation pour mettre en boîte ses codétenues quand la tension monte trop. Elle participe aussi à un atelier avec un metteur en scène réputé (François Berléand) et décide de tout faire pour devenir vedette de stand-up.
Il y a beaucoup de vrai dans le film. Si l’épisode de la prison semble inventé (même si Nawell laisse toujours un peu planer un doute), la partie concurrence entre humoristes semble directement tirée de son expérience du Jamel Comedy club. Et l’esprit régnant dans ce milieu ne semble pas des plus sympa, entre machisme et vol de blagues. Mais la force première du film reste la relation entre la fille et son père. Une thématique qui résonne encore plus fort dans son milieu d’origine. Comment faire comprendre à son père que l’on n’est pas fait pour ce qu’il nous destine ? Comment renouer le dialogue après un reniement ?
Cette épreuve, Nawell Madani l’a véritablement vécue. Et la fin du film est directement inspirée de sa propre expérience, comme pour rejouer et graver à jamais ce déclic qui lui a permis de retrouver sa famille, se faire accepter dans son métier et aussi retrouver une sérénité. Depuis elle est rayonnante, a réalisé son premier film malgré les difficultés financières, l’a présenté à des milliers de spectateurs en avant-première et espère que cela va marcher. Même l’incorrigible pessimiste (qui va de pair avec le perfectionnisme) avoue que « ce film a tout à prouver. Il faut qu’il fasse écho et qu’on en parle autour de soi. »
➤ « C’est tout pour moi », comédie dramatique de Nawell Madani et Ludovic Colbeau-Justin (France et Belgique, 1 h 43) avec Nawell Madani, François Berléand.

De choses et d'autres - Quatre jours d'hiver

Non, je ne vais pas vous parler de la vague de froid qui vient de s’abattre sur la région. Vous en avez sans doute assez qu’on vous bassine sur votre ressenti dès que vous mettez le nez dehors. L’hiver dont il est question ici est celui de « Game of Thrones » (allergiques aux dragons, nains et manigances politiques, passez votre chemin). Pour les autres, sachez que des chanceux sont en plein trip « marathon » dans un cinéma de Londres. L’intégralité de la série y est diffusée en continu depuis lundi soir à 19 heures. Cela représente un total de quatre jours nonstop, avec quelques pauses toilettes et repas, à base de pizzas.

Pas évident de supporter ces 67 épisodes d’affilée, mais les fans se sont pourtant bousculés et la salle a rapidement affiché complet. A l’heure où j’écris ces lignes, en théorie, les centaines de spectateurs sont plongées dans le 4e épisode de la cinquième saison : « Le gouvernement de Daenerys reste sous la menace des Fils de la Harpie. Ceux-ci organisent un guet-apens contre un groupe d’Immaculés. » Et si vous lisez ces lignes ce matin vers 8 heures en dégustant votre café, les fans de GOT entrevoient la fin de la saga, et vont entamer le premier épisode de la saison 7 où dans le Conflans (pas le Conflent des Pyrénées-Orientales...), « la Fraternité sans Bannière s’installe dans la vieille ferme ».

Reste à savoir si l’on peut décliner le concept en France. Parce que rester enfermé durant 6 jours (18 saisons, 85 épisodes de 90 minutes) avec Mimi Mathy en Joséphine ange gardien ou immergé dans le quartier du Mistral de Plus Belle la vie durant deux mois (3 415 épisodes de 25 minutes), même les plus Marseillais d’entre les Marseillais ne supporteraient plus le moindre « bonne mère ! » 

mercredi 29 novembre 2017

"Cinéma - La Villa" de Robert Guédiguian : quel héritage ou trace laisse-t-on ?

LA VILLA. Robert Guédiguian retrouve sa bande et les calanques de Marseille pour un film émouvant.



Un concentré de sentiments et d’émotions fortes. Le nouveau film de Robert Guédiguian est une réussite, signe que le réalisateur marseillais est devenu une référence incontournable du 7e art français. Une évidence en sortant de la projection de ce film simple dans sa facture mais aux ressorts multiples et allant crescendo dans les remises en cause intellectuelles des protagonistes. Impression confirmée quand Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin, deux fidèles de la bande, admettent que c’est son meilleur film, celui où, âge et expérience aidants, il casse la carapace et se confie le plus.

Entièrement tourné dans une calanque préservée près de Marseille, « La villa » débute par l’accident du père. Un AVC qui le laisse tel un lé- gume dans son lit, maintenu en vie par les appareils mais avec des dommages cérébraux irrémédiables. L’occasion pour ses enfants de se réunir dans cette villa qu’il compte leur léguer. Armand (Gérard Meylan) vit toujours sur place, repreneur du restaurant populaire monté par son père. Joseph (Jean-Pierre Darroussin), professeur à la retraite, arrive en compagnie de sa très jeune fiancée (Anais Demoustiers). Quant à Angèle (Ariane Ascaride), elle revient dans cette calanque après des années d’absence. Cette célèbre actrice de théâtre a voulu gommer de sa mémoire ce père et ce lieu après un drame.

■ Réunion de famille
Sur cette thématique de la réunion de famille, Robert Guédiguian va essentiellement parler de transmission, d’héritage, d’éducation. De l’idéal du père il ne reste plus grandchose. Juste ce petit restaurant et surtout celle villa et son balcon en arrondi qui surplombe la baie, vue paradisiaque qui fait bien des envieux parmi les nouvelles fortunes. Il est aussi beaucoup question de mort dans « La villa ». Physique comme ce couple de retraités qui se donne la mort, main dans la main, serein, persuadé que le monde n’est plus pour eux. Intellectuelle aussi pour le personnage de Jean-Pierre Darroussin, reniant son passé installé pour retourner à la source, dans cette calanque inspirante pour le livre qu’il a toujours rêvé d’écrire.
Mais il ne faut pas forcément tenter de tout comprendre dans le film, l’analyser. La meilleure façon de profiter de cet univers, c’est encore de se laisser couler dedans. Et de se laisser entraîner par le tourbillon d’émotions. Alors on comprend pourquoi on est sur terre et on garde longtemps en tête le prénom nom de cet enfant qui va, avec ses trois frères et sœurs, donner toute son humanité à ce très grand film.
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Paroles du réalisateur et de son actrice


Robert Guédiguian, sur la genèse du projet : « On est parti sur une histoire autour du constat que notre monde est en train de disparaître mais qu’on essaie à garder ce qu’il a de bon. Pendant qu’on écrivait, il y a eu le Bataclan. On a été, comme la terre entière, secoué par cette tragédie. Et je me suis dit qu’il est impossible de faire un film sans parler du problème des réfugiés. La question des attentats m’a renvoyé à se qui se passe aujourd’hui dans le monde d’une façon générale. »
Ariane Ascaride, sur le métier de comédienne : « Moi je cherche à retrouver l’aisance totale que j’avais sur une scène quand j’étais enfant. J’étais d’une liberté inimaginable. Le théâtre français est un théâtre bourgeois et ma représentation n’est pas celle de la bourgeoisie, que je le veuille ou non. Et encore j’ai fait des progrès parce que ça fait longtemps que je vis à Paris. C’est un métier très cruel. Moi j’appelle ça l’endurance du coureur de fond. Un truc très solitaire. » Sur le film : « C’était comme un studio à ciel ouvert. On habitait tous dans la calanque donc le soir on mangeait tous ensemble. C’est le seul film où je me suis levée le matin en pyjama et où je suis passée de ma maison en pyjama à la loge sans m’habiller puisque j’allais mettre mon costume. » Sur Robert Guédiguian et le théâtre « il l’a fait une fois mais c’était très mauvais. ça l’emmerde les répétitions, il n’aime pas ça. Il préfère le cinéma, ça va beaucoup plus vite. » 
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 ➤ « La villa » de Robert Guédiguian (France, 1 h 47) avec Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan.

DVD - L'amour éternel en colle

« Deux heures de colle ! » Qui n’a jamais entendu cette phrase durant sa scolarité ? Des retenues interminables...

Au sens propre pour Benjamin (Arthur Mazet) qui découvre que ces deux heures se répètent éternellement. Ce film d’Alexandre Castagnetti lorgne vers deux films cultes : « Un jour sans fin » et Breakfast Club ». Tourné dans un lycée désaffecté, il offre une jolie palette à l’acteur principal, entouré de jeunes talents et épaulé par Thomas VDB en pion taré. Le côté fantastique est rapidement gommé pour laisser la place à plus d’humanité. Sans oublier une rafale de gags.

Et si vous hésitez encore à acheter ce DVD, sachez que Sonia Rolland, dans un petit rôle d’infirmière sexy, y exhibe ses seins !

➤ « La colle », Universal, 14,99 €

mardi 28 novembre 2017

BD - Soigner ou tuer, pourquoi choisir ?


Ralph Meyer, Belge installé en Catalogne, ne s’inspire cependant pas des paysages méditerranéens l’entourant pour planter le décor de sa série Undertaker que l’on peut cataloguer dans le genre western. Au contraire, dans le 4e album « L’ombre d’Hippocrate », suite et conclusion de « L’ogre de Sutter Camp », il n’y a que froid, humidité et forêts. Le héros, Jonas Crow, croque-mort itinérant, ancien soldat nordiste, se retrouve face à un de ses pires cauchemars. Quint, chirurgien, fou en liberté, maniant la psychologie et le chantage aussi bien que ses bistouris et sa scie à amputer, a enlevé Rose, cette femme que Jonas ne voudrait pas aimer. 
Il va pourtant tenter de la retrouver, de tuer Quint même si son alliée de circonstance, une Chinoise dure au mal est plus philosophe que son aspect de petite femme boulotte le laisse penser. Xavier Dorison déroule son intrigue, multipliant les coups fourrés dans les décors grandioses de ces Rocheuses désertes et hostiles. Décors magnifiés par Ralph Meyer, particulièrement à l’aide dans ces compositions minérales et organiques.
➤ « Undertaker » (tome 4), Dargaud, 13,99 €


De choses et d'autres : Alerte urgente !

On fait un drôle de métier, nous les journalistes. Un métier vaste, aux ramifications et spécialisations parfois radicalement différentes. Au point que Pierre Ménès, le rigolo de service de la télévision, jamais en reste pour pousser des coups de gueule en arrive à avouer qu’il a « honte de faire le même métier qu’Elise Lucet », la présentatrice de « Cash Investigation ». Car dans l’absolu, ils sont tous les deux journalistes. Même si le premier est plus « amuseur public » et l’autre « enquiquineuse publique ». Mais c’est effectivement un seul métier. Journaliste.

Dans le même ordre d’idée, on se fait parfois une haute idée de l’information nationale et internationale délivrée par l’AFP, l’Agence France Presse. Rapide, fiable, pertinente, l’AFP est une pointure en matière d’information. Mais parfois il y a des ratés. 

Hier, en surveillant les dépêches qui tombent sur les téléscripteurs (image du passé, tout est désormais informatisé), le petit « ding » de l’information importante (je l’entend toujours, nostalgie du papier) m’attire à 11 h 04 exactement. Effroi. L’AFP fait une alerte car « Le prince Harry et Meghan Markle vont se marier au printemps 2018 (officiel) ». Un prince qui se marie, ça mérite une alerte ? Je crois rêver. Et pourtant...

Et ce n’est qu’un début : 11 h 33, nouvelle alerte : « La reine Elizabeth II est ‘enchantée’». On est à la pointe de l’actualité brûlante. Mais le meilleur est à venir dans le feuilleton Harry-Meghan raconté par l’AFP. Au point que je me demande s’il n’y a pas un peu de second degré dans cette nouvelle dépêche : « Le Prince Harry a su que c’était Meghan ‘au premier regard’». Une jolie histoire d’amour pour les fêtes de fin d’année, juste ce qu’il faut au Royaume-Uni pour faire oublier Brexit et risques d’attentats. 

lundi 27 novembre 2017

Polar - Quand la mort frappe les enfants de la Meute



Moitié cité ghetto, moitié campagne perdue. Le polar de Jérémy Bouquin fait le grand écart entre deux mondes que tout oppose. Deux sociétés qui à priori ne se rencontrent jamais. Pas les mêmes codes ni populations. À moins que certains aient cette double origine comme Garry, le personnage principal de cette histoire ramassée sur deux jours. Garry a longtemps zoné dans cette banlieue parisienne où la came est le seul espoir de s’en sortir. Il y a grandi, faisant semblant d’aller à l’école.
Et l’été, sa mère le laissait, avec son grand frère Karl, chez le grand-père. Papy comme il dit. Un vieux qui pourrait être sympa avec son côté original d’ermite vivant en quasi-autarcie dans sa cabane au fond des bois de La Meute, minuscule village du Jura. Mais c’est en réalité la pire raclure qui existe.

■ Sec et incisif
Garry n’est pas mieux. Il revient dans la cabane car il cherche un endroit où se planquer. Il vient d’enlever un gamin, Yannis. Le fils de son « patron », un gros dealer qui gère son réseau depuis la prison. Garry est en service commandé. Mettre Yannis à l’abri, loin de sa mère, car le caïd va s’évader.

Les retrouvailles permettent de comprendre les rapports entre le vieux et son petit-fils. Pas de respect. Papy redoute que Garry soit un « pédé », pire qu’il « baise avec une bougnoule ou une négresse ». Raciste, intolérant, paranoïaque, le papy ne croit plus en l’Humanité. Sans doute s’est-il trop côtoyé car au fil des pages, Jérémy Bouquin dévoile la véritable personnalité de Papy. Raclure est finalement très gentil.

La suite du polar, sec, incisif, violent, est digne des meilleurs romans noirs. Garry, après une course au village revient à la cabane. Et là, « Crevé. Le chien, sur le côté, par terre, la gueule ouverte, la langue dehors. Le corps tordu dans une flaque de sang, sur le seuil de la maison. Il a tenté de protéger son maître. (...) J’observe autour de moi, la forêt, les arbres dansent. Le rideau de pluie, le vacarme lourd et effrayant. L’orage approche ». La tension monte à son maximum.
Car un troisième larron entre en scène. Il est chargé de retrouver le gamin. Et n’a pas l’intention de faire de cadeau ni de quartier. Le déchaînement des éléments se dispute avec celui de la violence du nouveau venu qui lui aussi a quelques comptes à régler avec le Papy. Un texte très dur, sans concession, mais on comprend au final que le malheur de ces enfants de La Meute justifie tous les excès, toutes les horreurs, passées et présentes. 
➤ «Enfants de la Meute» de Jérémy Bouquin, Rouergue Noir, 18 €


De choses et d'autres - Dans le slip du survivaliste

« J’espère vous avoir donné envie d’apprendre à crocheter! » Telle est la conclusion d’un article déniché sur internet. Ne pas confondre faire du crochet et crocheter. Dans le premier cas, il s’agit d’une activité de « mémère à chat », dans le second de cambrioleur. Ou de survivaliste. Car cette phrase je l’ai extraite du site «La bible du survivalisme ».

Une mine d’idées toutes plus étonnantes que saugrenues. Elle recense les trucs et astuces pour survivre le plus longtemps en milieu hostile. Le rédacteur explique que le crochetage, c’est avant tout un jeu pour «mieux comprendre le fonctionnement des serrures ». Et en cas de catastrophe mondiale et d’écroulement de la société, « vous avez tout intérêt à être discret. » Bon, pour trouver de la nourriture et voler par la même occasion, faut pas se voiler la face. Ainsi, « si vous venez de crocheter la serrure de la porte d’une pièce où vous souhaitez vous abriter, cette serrure vous protégera par la suite » explique le site.

Le survivalisme permet aussi à certains de se retrouver au plus près de la nature. Un sac à dos, un couteau et on part dans les bois. On vivote avec le minimum, on se prépare pour le grand chaos. Il faut, dans l’absolu, garder toujours un sac prêt avec le plus utile. Pour une semaine, compter deux jeux de sous-vêtements, car, comme l’annonce le site de façon très cash, « on n’est pas là pour sentir bon, la seule raison de changer de vêtements c’est pour en mettre des secs si ceux qu’on porte sont mouillés. » Une bonne solution également pour éloigner les indésirables.

Attention cependant car au bout de quelques jours sans vous changer, la dernière femme que vous croiserez risque d’émettre quelques réserves à vos avances, même si l’avenir de l’humanité est en jeu. Le slip sale, aussi survivaliste soit-il, n’émettra jamais de phéromones. 

En bonus, Gaétan dans les bois comme Rahan : le survivalisme ça ne s'improvise pas...

dimanche 26 novembre 2017

Livres de poche : Tim Burton et Ken Follett, la sélection du week-end

Dans la tête de Tim Burton


D’Edward aux mains d’argent à Sweeney Todd, en passant par L’Étrange Noël de Mr Jack ou Batman, Tim Burton livre les secrets de sa création à son ami Mark Salisbury et ouvre les portes de son imaginaire, peuplé de rêves et de cauchemars. Edition collector d’un livre essentiel, bénéficiant d’une préface de Johnny Deep et d’une centaine de dessins du génial cinéaste.
➤ « Tim Burton », Points, 11,90 €
Les dix ans d’un monde sans fin

Edition anniversaire pour les 10 ans de la parution d’Un monde sans fin de Ken Follett, le Livre de Poche propose une édition anniversaire avec jaspage argenté, rabat fourreau, fer à dorer vert et vernis sélectif. Un cadeau de poids pour ces fêtes de fin d’année (1360 pages) mais surtout un roman fleuve d’une grande richesse dans l’Angleterre du XIIe siècle.
➤ « Un monde sans fin », Le Livre de Poche, 13,10 €

BD - Bilal revient sur fond de bug numérique mondial


Enki Bilal, après quelques excursions dans le cinéma ou l’art pur, revient à son média de prédilection : la bande dessinée. Les nombreux admirateurs de la trilogie Nikopol apprécieront ces 88 pages sur un avenir proche qui forcément nous parle. Car on pourrait tout à fait se retrouver, dans une trentaine d’années dans ce bug numérique mondial

En 2041, à 23 h 61, internet est mort. Tout ce qui fonctionne grâce au numérique disjoncte. Panique au plus haut niveau, mort et pillages chez les anonymes. Un homme semble avoir toutes les réponses car colonisé par un insecte extraterrestre, un bug. Kameron Obb arrive de Mars et se retrouve au centre de l’intrique. Captivant, pessimiste et prémonitoire : du grand Bilal tant du point de vue dessin que thématique.

➤ « Bug » (tome 1), Casterman, 18 € Édition luxe, format plus grand et avec un ex-libris, 30 € 

samedi 25 novembre 2017

De choses et d'autres - Terre ronde et tête plate

Copernic doit se retourner dans sa tombe. Et tous les savants qui avant lui ont démontré, calculs à l’appui que la terre est ronde. Car pour certains, cette évidence scientifique, prouvée visuellement depuis la conquête de l’espace et la mise en orbite de centaines de satellites d’observation, reste un mensonge, complot de la NASA « contrôlée par les Francs-maçons ». Les guillemets sont de Mike Hugues, un Américain rempli de certitudes dont celle qu’en réalité la terre est plate et a la forme « d’un disque entouré d’une muraille de glace ».

Vous avez un doute ? Pas de problème, il a l’intention de le dissiper aujourd’hui depuis la ville fantôme d’Amboy dans le désert de Mojave. Il pilotera une fusée de sa construction, sur un pas de tir mobile (un vieux mobile home acheté sur le Bon Coin américain). Son objectif, à suivre en direct sur sa chaîne YouTube à partir de 23 heures ce samedi, décoller à 800 km/h, atteindre la hauteur de 550 mètres et prendre des photos de ce fameux disque plat...

La fusée fonctionne à la vapeur. Et il est vrai que parfois on a l’impression que cela fume un peu dans la tête de cet ancien chauffeur de limousine. Il aurait pu abandonner son projet après un premier essai en 2015. Explosion en vol de son engin et descente en parachute. Mais il est prêt, pour l’œuvre de sa vie, à y laisser la sienne.

Finalement je le plains ce Mike, l’homme à la tête aussi plate que sa terre : il ne vit pas à la bonne époque. Au Moyen âge il serait une sommité de la recherche. Reconnu à sa juste valeur. Mais à se retrouver bataillant contre les scientifiques du XXIe siècle, il passe pour un simple farfelu. Même si dans son cas précis, un internement ne lui ferait sans doute pas de mal. 

vendredi 24 novembre 2017

Cinéma - Delon et Melville, carrières épluchées dans deux livres références

L es carrières de deux monstres sacrés du cinéma français sont épluchées minutieusement dans ces deux biographies qui feront date.


« Jean-Pierre Melville, le solitaire », de Bernard Tessier, explore le parcours cinématographique du réalisateur du Samouraï ou du Cercle Rouge. De son engagement dans la Résistance, thème récurrent de son œuvre, à sa mort prématurée à 55 ans, le lecteur découvre un homme obsessionnel et perfectionniste qui se cachait derrière son chapeau et ses lunettes noires.

Alain Delon doit beaucoup à Melville. Il lui a donné des rôles emblématiques. Mais dans « Alain Delon, ange et voyou », Vincent Quivy se penche plus sur l’homme que sur l’acteur. Car de figure tutélaire du cinéma français, il est devenu une caricature de lui-même, plus entrepreneur qu’artiste, ombrageux et parfois un brin mégalomane. Mais qui se cache véritablement derrière cette image peu flatteuse ? La longue enquête de l’auteur permet de donner des éléments de réponse. 

➤ « Jean-Pierre Melville, le solitaire », Fayard, 22 €

➤ « Alain Delon, ange et voyou », Seuil, 22,50 €

Cinéma - Mazinger Z, l’avant Goldorak


Les fans de Goldorak vont certainement apprécier ce long-métrage japonais tiré de l’œuvre de Go Nagai, le créateur du robot qui a fait les beaux jours de Récré A2 à la fin des années 70. Goldorak, série culte en France est pourtant beaucoup moins appré- ciée dans son pays d’origine car ce nouveau robot n’était que le remplaçant du premier de son genre : Mazinger Z. Mazinger a passionné les petits Nippons dès sa création au dé- but des années 70. Un nouveau type de robot, ressemblant à une armure géante, qui permettait à son pilote d’être au cœur de l’action. 

La nostalgie aidant, un film sur Mazinger a vu le jour, avec la bénédiction de Go Nadai. Il est la suite directe de la série télé. Dix ans sont passés depuis que Kôji Kabuto (Alcor dans Goldorak), aux commandes du super-robot Mazinger Z, créé par son grand-père, a ramené la paix en combattant l’Empire des Ténèbres et le maléfique Dr Hell. Aujourd’hui, Kôji (voix d’Arnaud Ducret dans la version française) n’est plus pilote, il a pris le chemin de son père et grand-père en devenant scientifique. 

Il a mis au point la production d’électricité propre grâce à l’énergie photonique, permettant à la Terre de mieux respirer et de ne plus être polluée. A l’occasion de ses recherches, il découvre une structure gigantesque profondément enterrée sous le mont Fuji. Une nouvelle fois, c’est à Mazinger Z et son impétueux pilote que revient la lourde charge de sauver le monde.

■ Humour et charme

Loin d’être une simple succession de combats entre « gentils » et « méchants », ce film au graphisme léché est également rempli de scènes romantiques (qui va séduire Kôji entre Sayaka et Lisa ?), de quelques pin-up aux poitrines opulentes et de gags avec toute l’exubérance de certains personnages. Un retour en enfance pour les adultes qui n’ont toujours pas perdu leur âme de gamin.

➤ « Mazinger Z », animation de Junji Shimizu (Japon, 1 h 30) avec la voix d’Arnaud Ducret dans la version française.

DVD et blu-ray - Visages de la France des villages

Comment ne pas être touché par les films d’Agnès Varda ? Ce petit bout de femme, malgré son grand âge, continue de regarder le monde avec bienveillance, persuadée que derrière les murs se trouvent des visages méritant d’être filmés, écoutés. Une dé- marche qu’elle a mise en pratique avec JR, artiste original, habitué à placarder ces fameux visages sur les murs des villes et villages qu’il traverse avec sa camionnette. «Visages Villages », c’est d’abord la rencontre entre deux artistes, différents mais complémentaires. Ils ont le même but: mettre en valeur le modeste devenu invisible. Ils vont donc partir aux quatre coins de la France et rencontrer ces petites gens si attachantes. Un film puzzle, financé grâce au crowfunding, mais qui au final a remporté l’œil d’or au dernier Festival de Cannes.

La sortie en DVD et blu-ray correspond à la remise de l’Oscar d’honneur à la réalisatrice française. Elle est pourtant très loin des strass d’Hollywood, mais parfois une reconnaissance à l’international donne du baume au cœur. On aura l’occasion dans les bonus de redécouvrir le court-métrage « Les fiancés du Pont McDonald » avec Anna Karina et un certain Jean-Luc Godard. Godard qui occupe une place importante à la fin du documentaire, le transformant de ce fait en véritable œuvre de fiction. Un paradoxe à la JLG...

 ➤ « Visages Villages », Le Pacte, 19,99 €

mardi 21 novembre 2017

De choses et d'autres - Le rectificatif ultime

A l’Indépendant comme dans tous les journaux de France, de Navarre et du monde entier, régulièrement nous arrivent des rectificatifs ou droits de réponse. Parfois sur des sujets très sérieux. Souvent aussi des détails, du pinaillage. Qui a remarqué que nous avons annoncé par erreur qu’Aurore Kichenin, la Miss Languedoc-Roussillon, est en réalité arrivée 4e à l’élection de Miss Monde et non 5e comme nous l’avons écrit ? Certes, nous aurions pu publier un rectificatif, mais ses conséquences sur l’équilibre politique planétaire et la soif d’exactitude de la plupart de nos lecteurs en auraient été infimes. 

Quoi que. L’exemple vient du quotidien suisse Le Temps. La semaine dernière, dans un article tout ce qu’il y a de plus documenté sur « un conflit entre Bernard Nicod et le groupe Orllati », par une de ces circonvolutions cérébrales caractéristique de l’esprit tortueux d’un journaliste en mal d’image forte, il est dit que « le Cracoucass est l’oiseau affreux du sorcier Gargamel dans la bande dessinée des Schtroumpfs ».

Mais, car il y a un mais, un spécialiste de la BD n’a retenu de l’article qu’une grossière erreur. Et de s’en plaindre à la rédaction qui du coup a publié le droit de réponse le plus surréaliste jamais vu : «En réalité, le Cracoucass est le produit d’une malencontreuse manipulation des Schtroumpfs eux-mêmes, sans que Gargamel soit impliqué ». A priori, les véritables belligérants de l’affaire principale ne se sont pas manifestés. Un bon point pour Le Temps.

Reste à savoir si le pinailleur expert en BD possède ou non le sens de l’autodérision et a signé de son vrai nom ou de Gargamel, le sorcier mis en cause. 


lundi 20 novembre 2017

[De choses et d'autres] - La Catalogne parle aux extraterrestres

Les Catalans n’ont pas attendu une hypothétique indépendance pour avoir des idées originales. Sónar Festival, un des plus gros de musique électronique en Europe, avec son rendez-vous tous les mois de juin à Barcelone, a décidé, pour fêter ses 25 ans d’existence, de réaliser un mix de toutes les musiques et de l’envoyer dans l’espace pour communiquer avec les extraterrestres.

Pour rappel, le point commun entre l’indépendance de la Catalogne et les fameux extraterrestres c’est que certains croient à une réalité alors que dans les faits, la majorité en attend toujours la preuve. Le festival barcelonais cible «notamment l’exoplanète Luyten b, dans le but d’établir le premier contact de l’humanité avec une intelligence extraterrestre». Si ça marche, j’espère que les aliens aiment les musiques actuelles car les 33 artistes sollicités se distinguent par leur manque de célébrité pour tout humanoïde terrien de plus de 40 ans. Nina Kraviz, The Black Madonna ou Kerri Chandler, ça vous parle?

On se moque, mais si ça fonctionnait? Je suggère aux indépendantistes de profiter du voyage intersidéral musical pour populariser au-delà de la galaxie la lutte des Catalans. Des messages subliminaux tels que «Venez nous libérer du joug de Dark Rajoy». Quand une armada de vaisseaux spatiaux franchira l’atmosphère pour lancer un ultimatum au PP, on rigolera moins du côté de Madrid. Et tout à coup, au vu de la puissance de feu de ses nouveaux alliés, la Catalogne deviendra la bienvenue en Europe. En Chine ou aux USA aussi d’ailleurs.

Alors Carles, les Jordis ou Oriol, saisissez votre chance et enregistrez le message le plus convaincant. Reste maintenant à vous mettre d’accord sur le choix d’un porte-parole. Et là, on risque d’y être encore dans dix ans. 

dimanche 19 novembre 2017

Cinéma - Les deux carrières de Chavela Vargas, la Piaf mexicaine


Comme Édith Piaf, Chavela Vargas a été une chanteuse immensément connue dans son pays, le Mexique. Comme Piaf, sa vie a été une succession d’embûches. Comme Piaf, elle est morte en pleine gloire, mais après avoir connu une très longue période d’oubli. Ce documentaire de Catherine Grund et Daresha Ky, réalisé après la mort en 2012 de la fière et solitaire Chavela Vargas, s’appuie sur un enregistrement réalisé alors qu’elle avait 70 ans. Interrogée par des jeunes femmes, elle raconte comment elle con- çoit la vie. Avec un leitmotiv : ne pas se soucier du passé ou de l’avenir, juste le présent compte. Une philosophie qui lui a donné l’occasion de briller. De connaître l’enfer aussi.

■ Homosexuelle et alcoolique

Née au Costa Rica, rejetée par ses parents car trop « garçon manqué », Chavela rejoint le Mexique pour faire ce qu’elle aime le plus : chanter. Elle tente de faire carrière en rentrant dans le moule : longue chevelure, robes à volants, sourire enjôleur. Mais elle ne perce pas. Alors, contre tous les avis, elle accorde son apparence avec sa voix, grave et sensuelle, et s’habille en homme. A cette époque c’est une révolution, mais le succès est énorme. Elle vit son homosexualité à fond. Mais cachée. 

Elle raconte comment elle séduit les femmes de ministres, les stars américaines en villégiature à Acapulco ou Frida Kahlo. Un obstacle se dresse cependant devant elle : son alcoolisme. Une maladie qui la détruit, l’empêchant de se produire. Elle tombe dans l’oubli, beaucoup croient même qu’elle est morte. 

Mais après une révélation auprès d’un chaman, elle redevient la Chavela Vargas, remonte sur scène et débute une seconde carrière encore plus prestigieuse que la précédente, remplissant même l’Olympia. Un documentaire exemplaire de justesse sur une femme entière, talentueuse et amoureuse de la vie.

➤ « Chavela Vargas », documentaire de Catherine Gund et Daresha Ky (USA, 1 h 30) avec Chavela Vargas

De choses et d'autres - Alerte à la casquette

La filiale brésilienne de Ford vient de mettre au point une innovation étonnante mais qui pourrait sauver de nombreuses vies. Une casquette connectée vous prévient si vous êtes en train de vous endormir en conduisant. En collaboration avec des experts du sommeil, les ingénieurs de la marque automobile ont développé des capteurs, placés dans une casquette toute simple. Ils analysent notamment les muscles de la nuque. Ces derniers se relâchent quand on entre en période de pré-endormissement. Immédiatement le couvre-chef prévient le conducteur. Soit en vibrant légèrement, soit en émettant un son ou encore la petite lumière placée dans la visière se met à clignoter. Des signaux suffisants pour que l’on comprenne qu’une pause est préférable au prochain pilier de pont ou à la rencontre abrupte avec un semi-remorque. Cette petite invention, toute bête mais géniale, devrait être étendue à d’autres situations. Pourquoi ne pas imposer le port à certaines personnes de ces casquettes « intelligentes », cette jugeote qui leur manque justement au quotidien. Vous jetez votre mégot dans la rue ? Paf, quelques vibrations. Vous grillez le priorité dans un rondpoint ? Un bip. Vous proférez un gros mot en présence d’enfants ? Une lumière s’allume.

Et puis pourquoi ne pas « corser » les avertissements en fonction des actions ? Monsieur, vous êtes un peu trop insistant avec cette jolie demoiselle qui ne vous a rien demandé ? Une main robotique sort de la casquette pour vous flanquer la gifle que vous méritez. Une réflexion raciste ? Pif, une petite décharge électrique dans le crâne histoire de vous remettre les idées en place. Certes le port de la casquette en toutes circonstances ferait hurler les stylistes mais au moins, offrirait un peu plus de civisme et de politesse dans les rapports humains. 

De choses et d'autres - Plaignons cet ancien ministre "humilié"

Grosse colère de Louis Mexandeau. Cet ancien ministre des PTT de François Mitterrand (ça date) s’est fendu d’une déclaration fracassante sur FranceInfo après ce qu’il considère comme une « certaine humiliation ». Rendez-vous compte : il a dû payer son billet de train entre Paris et Caen. Et même aligner 50 euros de plus d’amende forfaitaire pour absence de titre de transport. Il faut dire que depuis sa nomination au premier gouvernement de Pierre Mauroy en mai 81, il n’a plus déboursé un centime pour ses déplacements ferroviaires. 

Un privilège des ministres en exercice, qu’ils conservent ensuite. Jusqu’à l’arrivée au pouvoir de la bande d’« En marche ». Ces nouveaux élus, à la recherche de la moindre économie pour soulager le budget de la France (de son assemblée nationale en l’occurrence), ont voté la fin de la gratuité du train pour les députés honoraires et les anciens ministres. Une mesure qui a pris effet le 1er octobre. Résultat le 8, dans le train Paris - Caen, le contrôleur n’a rien voulu savoir et a fait payer Louis Mexandeau.

Il est vrai que lorsqu’on obtient un privilège, il est difficile de tirer un trait dessus. Mais on ne peut pas d’un côté s’indigner des privilèges octroyés à certains et oublier de balayer devant sa porte. 

Comme si une décision des représentants du peuple ne semble bonne que si l’on n’est pas directement impacté. La surtaxe des entreprises ? Pas de souci, je ne détiens pas d’actions. La baisse des APL ? M’en fiche, je suis propriétaire. Mais toucher à MA gratuité des trains, là, c’est un « scandale » comme aimait le clamer Georges Marchais, homme politique contemporain de Louis Mexandeau qui, au passage, aurait mieux fait de se taire pour ne pas provoquer une baisse supplémentaire du cours du socialisme à la française

Livres de poche - Des collectors « Made in Pocket »

Les éditions Pocket proposent en cette fin d’année plusieurs de leurs meilleurs titres dans des éditions collectors. Idéal pour les cadeaux ou les bibliophiles. On admirera la couverture perforée avec rabats de « Le temps assassin », polar de Michel Bussi. Mais bien vite on oubliera l’enveloppe pour se passionner de cette histoire de vengeance corse et de disparition à cheval sur deux générations.

Parmi les autres titres, toujours au rayon polar français, « Le cercle » de Bernard Minier mérite le détour.

Enfin ne laissez pas l’occasion de plonger dans l’angoisse avec deux maîtres du genre repris dans des volumes doubles. Des pavés de 1 000 pages signés Maxime Chattam pour « Les Acanes du chaos » et « Prédateurs » ou Franck Thilliez pour « Angor » et « Pandemia »

BD - Le 3e envol des Passagers du Vent

La belle Isa, héroïne des Passagers du vent de François Bourgeon est définitivement rangée aux oubliettes de l’Histoire ? Heureusement sa descendance fait encore parler d’elle. Pour le 8e titre de la série, premier du troisième cycle, c’est Zabo, petite-fille d’Isa, qui est de nouveau en vedette. Mais elle s’appelle désormais Clara et vit à Paris. Elle va recueillir et aider une jeune Bretonne perdue dans la fureur de la révolution, le jour des obsèques de Jules Vallès

Avant de pouvoir admirer l’intégralité de l’histoire en couleur en novembre 2018, place au dessin en noir et blanc et grand format de Bourgeon dans le numéro 1 de cette revue papier vendue dans les librairies spécialisées. L’occasion de profiter pleinement de la richesse des détails des planches du plus grand dessinateur historique francophone.

➤ « Les passagers du vent, le sang des cerises » (numéro 1/4), Delcourt, 3 €

BD - Céline, génie littéraire ou simple vieux fou ?


Il est doublement risqué de s’attaquer à une biographie de Céline. D’abord parce que c’est un monstre sacré de la littérature. Et puis aussi car il n’a pas toujours été exemplaire dans ses opinions à l’emporte-pièce. Jean Dufaux tente de saisir le génie doublé de la folie de cet homme, foncièrement solitaire, même s’il a toujours vécu avec une muse dans les parages. 

Il a confié le dessin de ce biopic romancé à Jacques Terpant, maniant pour l’occasion le gris mâtiné de sépia à un récit se déroulant entre la première guerre mondiale et les dernières années de l’ermite de Meudon

Les auteurs ne tentent pas de vous persuader que Céline n’était pas le monstre antisémite honni, mais ils apportent témoignages et anecdotes pour mieux comprendre la complexité du personnage et d’où vient cette haine, cette rancune se transformant en phobie, délire paranoïaque et parfois, chef-d’œuvre de la littérature.

➤ « Le chien de Dieu », Futuropolis, 17 €

De choses et d'autres - Ligne droite solidaire

Alors que le Téléthon se prépare activement dans toutes les communes de France, d’autres opérations caritatives sont régulièrement organisées. Moins visibles et médiatiques, mais parfois beaucoup plus originales. Le week-end dernier par exemple, le Désert Bus de l’Espoir a roulé durant 60 heures avec la participation de plusieurs personnalités qui se sont relayées au volant. Un périple qui a permis à l’association « Petits Princes » de récolter 47 000 euros de dons destinés à rendre la vie plus douce pour les enfants hospitalisés.

A ceux qui croient qu’un bus rempli de stars a sillonné la France, vous avez tout faux. Ce bus, une version scolaire américaine jaune criard et grosse calandre, est virtuel. Les 60 heures de conduite se réalisent grâce à une manette de jeu vidéo. Toute la difficulté est de ne pas s’ennuyer. Dé- sertBus, par excellence est le jeu qui laisse le plus de temps de cerveau disponible. Vous conduisez un bus sur une ligne droite en plein désert. Il suffit donc de rester bien sur la route pour continuer la partie. Voilà comment la partie pour les Petits Princes a pu durer 60 heures.

Diffusée en streaming sur une plateforme partenaire, il y avait en permanence une dizaine de personnes pour se relayer, avec toutes les demi-heures une boîte surprise à gagner (si l’on faisait un don de 5 euros minimum) rempli de jolis cadeaux. Pour cette troisième édition, 47 000 euros ont été collectés. Preuve que les geeks, en plus d’une patience à toute épreuve, ont du cœur.