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jeudi 16 juin 2022

Cinéma - Ce conduit souterrain est “Incroyable mais vrai”

Film énigmatique qui doit le rester, la dernière réalisation de Quentin Dupieux est fidèle à sa folie douce.


Mission quasi impossible de raconter Incroyable mais vrai, film de Quentin Dupieux. Exactement, il ne faut surtout pas dévoiler le ressort comique et dramatique de l’histoire. Se contenter de généralités, éluder le sujet, rester énigmatique et le moins précis possible. Donc, au début, Alain (Alain Chabat) et Marie (Léa Drucker) décident d’acheter une maison en banlieue parisienne. Une belle bâtisse moderne, spacieuse entourée d’un jardin arboré. Ils ont immédiatement un coup de cœur. 

Pourtant, selon l’agent immobilier qui fait visiter, ils n’ont pas encore vu le meilleur, ce petit plus qui donne tout son cachet à l’ensemble. Un agent immobilier très mystérieux, refusant d’en dire trop. Il faut le voir pour le croire, selon lui. Il conduit donc le couple dans la cave et ouvre une trappe qui donne sur un conduit s’enfonçant dans les profondeurs des fondations. 

Motus et bouche cousue

C’est à partir de ce moment que le critique de cinéma et scribouillard de service ne peut plus rien dévoiler du scénario. Qu’y a-t-il au bout de ce conduit ? Quel effet a-t-il sur les aventureux qui l’empruntent ? Vous ne saurez rien en lisant la suite de cet article qui peut concourir au grand prix national du journalisme creux et abscons. 

L’effet de surprise doit être préservé pour que le spectateur profite pleinement de la folie du réalisateur (également scénariste et monteur) et de l’évolution des personnages principaux, pris dans ce processus souterrain. Silence sur le conduit, mais on peut quand même parler un peu des amis du couple : le patron d’Alain (Benoît Magimel) et sa maîtresse du moment (Anaïs Demoustier). Eux aussi ont un secret à révéler. Mais dans le même ordre d’idée, mieux vaut ne pas dévoiler ce qui arrive à Benoît Magimel. 

Ce dernier est le meilleur ressort comique du film. Macho, arrogant, prétentieux : il se donne à fond dans ce rôle de composition. La distribution s’en tire d’ailleurs avec les honneurs dans cette histoire abracabradantesque. Alain Chabat reste le plus normal face à l’exceptionnel, Léa Drucker va être la plus influençable alors qu’Anaïs Demoustier, en charmante cruche de service (parfait pendant du macho), apporte ce côté populaire que l’on retrouve toujours dans un film de Quentin Dupieux. Enfin, dernier indice pour les amateurs d’animaux, il y a dans Incroyable mais vrai des chats, des fourmis et même des puces. Mais ces dernières sont électroniques.

Film français de Quentin Dupieux avec Alain Chabat, Léa Drucker, Benoît Magimel et Anaïs Demoustier


mardi 27 juillet 2021

Cinéma - “Kaamelott” : le roi Astier en sauveur du cinéma

Préventes records, avant-premières complètes : la sortie du 1er volet de la saga d’Alexandre Astier est déjà un succès.

Les fans ont attendu dix ans pour découvrir la suite des aventures du Roi Arthur, version Alexandre Astier.  Regular


Ce 21 juillet 2021 pourrait devenir une étape marquante du cinéma français. La sortie de Kaamelott - Premier volet d’Alexandre Astier, devrait copieusement remplir les salles. Le film, annoncé depuis huit ans, terminé depuis deux, sort enfin au cœur de l’été, comme un gros blockbuster américain, preuve que les distributeurs français ont compris que le public n’est pas complètement en vacances, en juillet et août. 

Avant même sa première projection sur des écrans (hier soir lors d’avant-premières, partout en France, affichant souvent complet), Kaamelott a battu un premier record : celui des préventes. En 24 heures, plus de 60 000 places ont été vendues. Il n’a fallu que 5 minutes au Grand Rex de Paris pour écouler ses 3 000 places. Repoussée à trois reprises, la première partie de cette trilogie est très attendue. Un grand film (pour le budget et la durée, 14 millions et 2 heures) mais, surtout, une plongée dans un monde original qui est entré dans la culture populaire, depuis la diffusion sur M6 des premiers épisodes de la série. 

Arthur, le dépressif

Parler de culte pour Kaamelott n’est pas superfétatoire. « C’est pas faux » répondrait Perceval (Franck Pitiot), infatigable ressort comique, avec son compère Karadoc (Jean-Christophe Hembert). Lancée comme une pastille humoristique mêlant anarchiquement anachronismes et débilité de ces chevaliers de la Table Ronde, tout sauf héroïques, la série a évolué vers une histoire plus sombre. Lancelot (Thomas Cousseau) a endossé le rôle du super méchant et le roi Arthur, dépressif chronique, désabusé et fatigué de cette quête du Graal qu’il n’a pas décidé, a perdu sa joie de vivre et sa volonté de faire évoluer son pays vers plus de modernité. 

À la fin de l’ultime épisode, il cède son trône et tente de se suicider. Dans le résumé fourni par l’auteur : « Dix ans plus tard, le royaume de Logres souffre toujours sous le joug de Lancelot, qui fait régner la terreur avec l’appui de mercenaires saxons. La résistance tente de s’organiser, tandis qu’Arthur Pendragon, que beaucoup croient mort, fait son retour. » Pour Alexandre Astier, répondant à l’Agence France Presse, « C’est un ‘road movie’, l’histoire d’un mec qui revient de très loin. On a tourné sur des bateaux, dans le désert, dans la neige…, c’est un long parcours. »

Comédie doublée d’un film d’action, avec combats et trahisons, sans oublier un zeste de fantastique avec l’apparition de la Dame du Lac, toujours interprétée par Audrey Fleurot, la comédienne qui vaut 10 millions de téléspectateurs. On retrouve dans le film tous les personnages principaux d’origine et quelques nouveautés, comme ce Saxon interprété par Sting ou Guillaume Galienne en chasseur de primes. Le seul adversaire de Kaamelott risque d'être le pass sanitaire. Mais, rire deux heures pourrait être une excellente motivation pour certains jeunes à se faire vacciner. 

Film d’Alexandre Astier avec Alexandre Astier, Lionnel Astier, Joëlle Sevilla, Franck Pitiot, Jean-Christophe Hembert, Alain Chabat, Sting, François Rollin