Certains policiers prennent leurs enquêtes tellement à cœur qu’ils ne peuvent s’empêcher d’y penser sans cesse. Et quand elle n’est pas résolue, cela devient un long cauchemar qui vous accompagne mois après mois, années après années. William Wisting, inspecteur dans le sud de la Norvège, était jeune flic quand il a été mobilisé sur la disparition de Katharina Haugen. Une jeune femme qui a quitté le domicile, laissant derrière elle une valise pleine de linge propre et un papier rempli de chiffres. 24 ans plus tard, Wisting tente une nouvelle fois de déchiffrer ce code qui, il en est persuadé, lui donnera le fin mot de l’histoire. Fugue, enlèvement, meurtre ? Personne n’a la réponse. Mais il est pourtant sûr et certain que Katharina est morte et c’est lui qui s’était chargé, cinq années après le début des recherches, d’expliquer au mari, Martin, que l’administration la considérait désormais comme décédée. Et chaque année, au jour anniversaire de la disparition de Katharina, le policier rendait visite au mari. Ils étaient devenus amis. Discutaient de tout et n’importe quoi. Partaient pêcher dans un lac près d’un chalet que possédait Martin.
Enquête peu orthodoxe
Quand Adrian Stiller, un jeune inspecteur d’Oslo chargé des affaires non résolues débarque dans le commissariat de Wisting pour relancer une autre enquête restée sans réponse, l’affaire Katharina refait surface. Il y a 24 ans, une autre disparition inexpliquée avait fait les gros titres des journaux. Une adolescente, fille d’un riche industriel, avait été enlevée contre une rançon. L’argent a été réuni, mais personne n’est allé le chercher et la jeune kidnappée n’a jamais réapparu. Or, sur la lettre demandant la rançon, les services de Stiller en reprenant l’affaire ont retrouvé les empreintes digitales de Martin Haugen. L’idée de Stiller est simple : demander à Wisting de profiter de son statut d’ami du suspect pour le pousser à se confesser. Car Stiller soupçonne Martin Haugen d’avoir également assassiné son épouse, malgré un alibi à l’époque en béton.
Cette nouvelle enquête écrite par Jorn Lier Horst met en opposition deux écoles dans la police. Si Wisting est persuadé que le travail et le respect du droit permettent toujours d’arrêter les coupables, Stiller préfère flirter avec l’illégalité, profiter de toutes les techniques d’écoutes et d’infiltration pour piéger et faire avouer les coupables. Cela ne plaît pas à Wisting qui se retrouve bombardé comme taupe. Qui plus es auprès de celui qu’il considère comme un ami. Pour corser le tout, la fille de Wisting, journaliste, va elle aussi être manipulée par Stiller pour augmenter les chances de confession.
Ce roman, aussi sombre que le ciel de cette Norvège glaciale et humide, donne aussi l’occasion au lecteur de réfléchir sur la culpabilité, les secrets du passé et la façon de vivre avec.
« Le code de Katharina » de Jorn Lier Horst, Série Noire Gallimard, 20 €

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