Non, Netflix ne se contente pas de produire des séries de superhéros ou d’horreur destinées à un public très large. La plateforme américaine ose a aussi investi sur des auteurs originaux, à la voix singulière. Master of None en est l’exemple parfait. Développé par le comédien d’origine indienne Aziz Ansari, la première saison ressemble à une sitcom presque classique.
Dev (Aziz), tente de percer dans le cinéma. Il enchaîne les castings mais on ne lui propose que des rôles de chauffeur de taxi. Les quelques rôles dans des publicités lui permettent de payer son loyer. Dev-Aziz raconte les compromissions incessantes qu’un acteur typé indien doit subir au quotidien. Les dix épisodes de la saison 1 explorent aussi sa vie sentimentale assez compliquée.
Changement de ton avec la saison 2. La série gagne en profondeur et surtout en qualité cinématographique. Un premier épisode en noir et blanc, se déroulant en Italie, est un hommage au cinéma de la péninsule.
Et les épisodes 9 et 10 clôturant la saison, mis bout à bout, forment un long-métrage de 90 minutes qui supporterait la diffusion en salles.
Mais Aziz Ansari place la barre encore plus haut avec la saison 3. Il s’efface totalement pour ne raconter en cinq épisodes que les « moments d’amour » entre Denise (Lena Waithe, également coscénariste) et Alicia (Naomi Ackie). La première, écrivaine, a remporté un énorme succès avec son premier roman. Elle a acheté une vaste maison à la campagne et y a aménagé avec sa femme, ancienne chimiste qui veut se reconvertir dans la décoration d’intérieur. Elles sont toutes les deux noires et quand Alicia décide d’avoir un enfant, leur couple va lentement se désagréger.
La réalisation, sobre, presque minimaliste, renforce cette impression d’immersion dans le quotidien de Denise et Alicia. L’ensemble des épisodes forme un tout qui fait plus penser à un film d’Ingmar Bergman qu’à une pantalonnade franchouillarde. Un petit chef-d’œuvre rafraîchissant qui nous ouvre les yeux que le quotidien des minorités aux USA.

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