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dimanche 26 septembre 2021

Cinéma - “After Love”, étrange vaudeville post mortem


Entre Calais et Douvres, un homme mène deux vies. Une femme officielle en Angleterre, une maîtresse en France. Ahmed, originaire du Pakistan, cloisonne ses deux vies. Un secret préservé jusqu’au bout. Un soir, il rentre d’une soirée avec son épouse Fahima (Joanna Scallan) et meurt d’un coup d’un seul, une fois installé dans son fauteuil. La veuve, totalement déboussolée, trie les affaires et découvre, dans le portefeuille de son mari, la carte d’identité d’une certaine Geneviève, Française vivant à Calais. La lecture des messages sur le téléphone ne laisse aucun doute sur leur relation. Veuve et cocue. 

After Love, premier film d’Aleem Khan a parfois des airs de vaudeville qui n’ose pas dire son nom. Car, Fahima va se rendre à Calais pour dire la vérité à Geneviève (Nathalie Richard) : elle est la femme d’Ahmed, il est mort. Mais sur le pas de la porte, Fahima est paralysée et Geneviève la prend pour une nouvelle femme de ménage. Fahima va découvrir le second foyer de son mari cachotier. Ainsi que l’existence de Salomon, un adolescent. 

Rapidement, le film prend une dimension humaine très forte avec une multitude de thématiques : le pardon, la jalousie, la renaissance. C’est parfois un peu lent, mais la performance des deux actrices rattrape ces petits trous d’air.

"After love", film d’Aleem Khan avec Joanna Scanlan, Nathalie Richard, Nasser Memarzia

 


jeudi 9 janvier 2014

Cinéma - Sorcières et victimes hilarantes

Les Sorcières de Zugarramurdi font un peu peur et beaucoup rire.

Alex de la Iglesia, réalisateur espagnol, ne doit pas aimer être catalogué. Sa filmographie de plus en plus importante est d’une rare diversité. S’il a un goût prononcé pour les séries B (horreur et fantastique), il ne crache pas sur la comédie, a déjà réalisé un thriller et même des drames.

Avec Les Sorcières de Zugarramurdi il revient à ses premières amours, le fantastique, mais avec une grosse dose de gags et un soupçon de critique sociale.
Ça débute comme un film d’action, cela bascule dans la comédie loufoque pour s’achever dans le grand guignol fantastique. Un film, trois genres, des acteurs de toutes les générations et surtout des dialogues aussi percutants qu’une percée de Messi balle au pied (pour rester dans la métaphore ibérique). L’opposition entre ces hommes, tous dans des situations compliquées avec leurs compagnes (de la séparation à l’objet sexuel) et ces femmes- sorcières qui ne trouvent les mâles bons qu’en petits morceaux et longuement mijotés dans de grosses marmites, est une source inépuisable de bons mots.
Hold-up costumé
A Madrid, jour d’animation sur la Puerta del sol. Malgré la foule et les artistes de rue, des convoyeurs de fonds viennent récupérer l’or vendu par les petites gens durement touchées par la crise. Quand Jésus Christ entre dans la boutique, ce n’est pas la grâce qui touche les clients mais la peur. Il est armé et braque la boutique. Le bandit est aidé par un soldat vert, Bob l’éponge, Daisy, un homme invisible et... Sergio, son fils âgé d’une dizaine d’années. Le hold-up tourne mal. Bob l’éponge est criblé de balles, l’homme invisible se mange un lampadaire...
Jésus, le soldat et Sergio prennent la fuite à bord d’un taxi. Ils foncent vers la France mais n’atteindront pas la frontière. Arrivés à Zugarramurdi, petit village basque, ils tombent dans les griffes d’horribles sorcières.
L’affrontement sera très mouvementé jusqu’à la scène finale et l’apparition de la mère de toutes les sorcières, sorte de créature mutante entre un King Kong femelle et une divinité sortie de l’imaginaire de Botero.