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| Eve (Catherine Frot), petite patronne en difficulté, va transmettre son savoir à des jeunes en réinsertion comme Nadège (Marie Petiot). Estrella Productions |
Un film sur les roses ? Le concept semble assez incongru. Et pourtant Pierre Pinaud transforme cette idée peu banale en un long-métrage remarquable par sa finesse, son intelligence et son universalisme. Car tel un hybrideur de talent (ceux qui créent de nouvelles variétés de roses), il a greffé sur la tige austère du savoir incarné par Eve (Catherine Frot), la bonne volonté et l’innocence de trois personnes en réinsertion sociale.
La fine fleur débute lors du concours international de roses au parc de Bagatelle à Paris. Le plus prestigieux au monde. Eve, horticultrice dont la petite exploitation est en redressement judiciaire, tente une nouvelle fois de remporter le premier prix. Elle s’est spécialisée depuis quelques années dans le blanc nacré. Une nouvelle variation, très belle mais qui n’a pas les faveurs du jury.
La situation économique ne fait qu’empirer. Son unique employée, la très cartésienne Véra (Olivia Côte), tente de trouver une solution pour sauver la saison. À court de finances, elle fait appel à une association de réinsertion pour avoir de la main-d’œuvre moins chère. Eve découvre donc la nouvelle équipe composée d’un délinquant en liberté conditionnelle, d’une timide maladive et d’un chômeur de 50 ans en fin de droits.
■ La menace du rachat
La fine fleur, c’est surtout la fine équipe. Car entre ce trio qui n’a jamais mis les pieds dans une jardinerie et la très exigeante Eve, le courant va difficilement passer. Mais les circonstances font qu’il est parfois utile d’avoir des néophytes et qu’en plus, quand ils ont certains talents cachés, le travail collectif paye doublement. Le film repose en grande partie sur les épaules de Catherine Frot. Cette patronne de fer, attachée à son indépendance (un des ressorts du film est la menace de rachat de l’entreprise par une grosse société), semble au début peu sympathique. Obnubilée par ses roses, incapable de voir que la richesse est aussi dans les gens qui travaillent avec elle. Il lui faudra faire un long cheminement pour devenir touchante. Alors certes on en apprend beaucoup sur la création de roses dans ce film, mais son véritable intérêt reste cette histoire de réinsertion exemplaire.
« La fine fleur », film français de Pierre Pinaud avec Catherine Frot, Melan Omerta, Vincent Dedienne
