jeudi 11 janvier 2018

De choses et d'autres - Sur les trottoirs de la communication

Comment marchez-vous dans la rue, nez en l’air tel un insouciant ou tête baissée comme un timide chronique ? Quelle que soit votre réponse, si vous habitez Lyon, vous ne pourrez plus désormais éviter la publicité. En plus des abribus, des panneaux 4 par 4 et des affiches dans les vitrines, les annonceurs ont l’autorisation d’imprimer des publicités sur les trottoirs alors qu’elles étaient jusque-là interdites par les codes de la route et de l’environnement. Après les hommes-sandwichs, les trottoirs de la pub.

Cette expérimentation, d’une durée de 18 mois, devait initialement être ouverte à trois grandes villes. Mais si Lyon n’a pas rechigné à cet envahissement du domaine public, Bordeaux et Nantes ont refusé l’expérience. Un refus sec et net, avec des arguments très culturels en Gironde (pas question de souiller la zone de la ville classée site de l’Unesco) et plus prosaïque (refus de tout marquage au sol) en Loire-Atlantique. 

A Lyon, d’où est venue l’idée d’une start-up, pas de remise en question. Étrange initiative quand de plus ne plus de monde dénonce la prolifération de panneaux publicitaires en périphérie des villes. Donc, pas de jaloux. Les centres-villes aussi auront leur overdose. Et comme il n’y a plus de place en hauteur, elles seront placées au sol.

Pourtant ces nouvelles publicités étaient vendues comme « éphémères » avec un marquage « biodégradable ». Comme quoi, la pub écolo reste de la pub... De toute manière, tout ce débat est particulièrement vain : les gens ne regardent plus autour d’eux (vers en haut ou en bas) mais seulement leur smartphone... au risque de percuter le poteau d’une publicité. 

Aucun commentaire: