dimanche 19 septembre 2021

Série télé - « Into the night » redécolle

Projet belge s’internationalisant de plus en plus, la série arrive sur Netflix pour une seconde partie. Si la première saison se déroulait essentiellement dans l’avion (un dérèglement du soleil tue toute personne exposée. Il fallait donc rester de l’autre côté de la Terre, en pleine nuit), la suite se déroule dans le bunker où les survivants ont trouvé refuge. 

Dans ce monde cloîtré, les jeux de pouvoir vont rapidement faire exploser la solidarité et transformer la vie en survie. Et comme ce type d’histoire doit être plein de rebondissements, quelques personnages pourtant essentiels vont mourir et surtout, l’avion va redécoller pour, tout simplement, tenter de sauver l’Humanité.

De choses et d'autres - Record du monde, il a vu le même film au cinéma 203 fois !

Samedi dernier, à 18 heures dans un cinéma de Reims, Arnaud Klein est allé voir le film Kaamelott premier volet. L’information ne semble pas particulièrement palpitante ni essentielle, j’en conviens.

Mais derrière la séance du film d’Alexandre Astier se cache un record du monde. Car c’était la 203e fois qu’Arnaud Klein visionnait les aventures du roi Arthur au cinéma.

Un marathon lancé par boutade il y a sept semaines : « Je te parie que je vais aller voir Kaamelott plus de 200 fois ! » a-t-il affirmé à des copains un peu vite. Et voilà le jeune homme embringué dans un truc qui va rapidement le dépasser. Car à l’heure des réseaux sociaux, il partage chaque séance (un selfie avant et la photo du ticket d’entrée), récoltant des milliers d’abonnés.

Finalement, pour être sûr de battre le record du monde détenu par un Américain (Avengers Endgame vu 191 fois), il décide qu’il ira voir le film 203 fois. S’il s’est senti parfois seul (le cinéma de Reims a conservé jusqu’au bout les quatre séances quotidiennes pour lui permettre d’arriver au score voulu), la fin du parcours a attiré des dizaines de supporters. Même Alexandre Astier est allé voir son propre film en sa compagnie.

Samedi, ils étaient plus de 200 dans la salle pour la séance du record. Si certains trouvent Arnaud « abruti et débile », en ces temps de ‘sous-marinsgate’, couler le record d’un Américain ne peut pas faire de mal à la grandeur de la France.

Par contre à l’issue de ce parcours on ne sait pas ce que pense véritablement Arnaud du film, mais il a dû un peu apprécier pour arriver à tenir son pari. Car voir un mauvais film c’est assez pénible, alors imaginez voir 203 fois le même navet ?

Reste à savoir si le défi sera relevé. Est-ce qu’un autre « débile et abruti » tentera de voir Kaamelott second volet 204 fois quand il sortira ? La réponse dans quelques années puisque le tournage n’a pas encore débuté.

samedi 18 septembre 2021

Série télé - Les grands espaces sur Arte


Arte est devenue un rendez-vous incontournable en matière de séries de qualité. Loin des clichés trop formatés américains, la chaîne franco-allemande propose des productions en provenance de tous les pays. En cette rentrée, vous pouvez vous évader en Nouvelle-Zélande, puis en Finlande (avec un crochet en Grèce). 

One Lane Bridge, toujours à l’antenne le jeudi soir et sur la plateforme Arte.tv, se déroule dans la ville de Queenstown dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Dans ce sud sauvage, froid et montagneux, Ariki, un policier d’origine maori, va devoir enquêter sur la mort d’un fermier. Il est retrouvé en contrebas d’un pont à une voie de sinistre réputation. Suicide ou homicide ? Ariki (Dominic Ona-Ariki) penche pour la seconde solution. Mais son chef, Stephen (Joel Tobeck), qui a fait toute sa carrière sur place et connaissait parfaitement la victime, croit plutôt au suicide. 

La série, sur six épisodes, offre des images somptueuses de ces montagnes désertiques peuplées de fermiers bourrus et de centaines de moutons. Avec un soupçon de magie, Ariki ayant un don de double vue, notamment quand il est sur le fameux pont. 


Grâce à L’homme de la chambre 301, (à l’antenne à partir du 23 septembre et déjà sur Arte.tv), cap sur les bois de la Finlande. La série porte sur les mensonges tenaces dans une famille bourgeoise. L’action se déroule en 2007, lors d’un drame qui va marquer durablement les différents protagonistes. La suite, de nos jours, montre ces individualités brisées tentant de survivre, d’Helsinki à la Grèce lors de vacances où le mystère de l’homme de la chambre 301 fait son irruption. 

Une série à l’ambiance trouble où on ne sait jamais exactement où se cache la vérité. Du suspense de haut niveau.

De choses et d’autres - Emballage et emballement

L’art contemporain, parfois aussi beau qu’incompréhensible, a beaucoup fait parler de lui cette semaine. Comme si, sur les réseaux sociaux, les gens n’avaient que ça à se mettre sous la dent, alors qu’il y a la campagne passionnante de la primaire écologiste ou le congrès essentiel des petites villes de France en présence de Jean Castex.

Non, on préfère s’étriller sur la pertinence d’emballer l’Arc de Triomphe et on s’extasie devant la statue monumentale érigée en hommage à Johnny Hallyday.

L’emballage passe mal. Comme si cacher un monument équivalait à le raser. Rappelons, dans un premier temps, que c’est temporaire. Le dimanche 3 octobre, ils seront sans doute des millions à regretter la fin de cet exceptionnel happening, le dernier voulu par l’artiste récemment disparu.

Par contre, du côté de la future esplanade, Johnny Hallyday, face à la salle de Bercy, tout le monde s’est extasié au moment du dévoilement de la statue hommage. Un manche de guitare vertical avec au sommet une Harley Davidson cabrée. L’artiste ne s’est pas foulé, mais c’est souvent l’impression que donne l’art contemporain. Et, franchement, ce n’est pas une grande réussite.

Alors, après le 3 octobre, si on ne sait pas quoi faire des toiles de l’Arc de Triomphe, pourquoi ne pas en récupérer une partie pour emballer l’hommage à Johnny ? Et pas provisoirement si possible !

 

vendredi 17 septembre 2021

Streaming - Décevant « Chaos Walking »


Certains films semblent un peu maudits. Pourtant à la base, tout était réuni pour que Chaos Walking fasse un carton dans les salles. Un roman à succès, deux acteurs dans le vent (Tom Holland alias « Spiderman » et Daisy Ridley alias Rey dans Star Wars) et Robert Zemeckis derrière la caméra. Mais finalement la très grosse production a été réalisée par Doug Liman, le tournage s’est étalé dans le temps et au final, la production qui a coûté la bagatelle de 125 millions de dollars sort directement sur Amazon Prime. Raté ce film ? Pas totalement, mais il ne reste pas dans les mémoires. 

L’idée que ces pionniers sur une autre planète soient victimes d’une maladie qui les rend tous télépathes, devinant ainsi ce que pensent les autres, incapables de masquer leurs propres pensées, est difficile à rendre à l’écran. Quant à la disparition totale des femmes, elle n’est pas crédible une minute. Les deux acteurs principaux sont sous-exploités et même Mads Mikkelsen, excellent en méchant, manque de crédibilité. Si les romans forment une trilogie, le film risque de se retrouver très isolé.


De choses et d’autres - Vite, changez de prénom

Zemmour candidat à la présidentielle ? Il maintient le suspense et dans ses (très nombreuses) interventions en tant que grand timonier de la pensée de droite, il distille ses propositions.

Tel Pétain, il a la famille chevillée au corps. Voilà pourquoi il veut que désormais, en France, ne soient donnés aux nouveau-nés, que des prénoms en provenance des calendriers français. Rien de nouveau puisqu’il s’appuie sur une loi votée le 1er avril 1803 (non, ce n’est pas un poisson d’avril) mais abrogée en 1993. Cette idée saugrenue a suscité nombre d’interrogations chez nos concitoyens.

Mais alors mon prénom, est-il autorisé ou pas ? Pour en avoir le cœur net des petits malins ont donc mis au point un logiciel en accès libre sur le net. Sur le principe de vitemadose qui renseigne sur les lieux et dates de vaccinations disponibles près de chez soi, le site vitemonprenom.com a connu un succès fulgurant.

Les inventeurs sont partis du postulat que Zemmour, élu en mai prochain, a remis en place cette loi. Il suffit donc d’inscrire son prénom et on sait si on doit en changer. Le site dit même quel sera votre nouveau patronyme s’il n’est pas valable. Personnellement, Michel entre dans les clous. Dommage, je n’ai jamais véritablement aimé ce prénom très commun et vieillot.

J’ai ensuite testé des prénoms au hasard et force est de constater que le petit logiciel ne manque pas de malice. Mohamed, donné en exemple par Zemmour, doit se transformer en Maxime. Plus étonnant, Marine n’est plus permis et doit se faire appeler Marie. Les milliers de Dylan devront devenir des Odilon. La honte…

Par contre les Kevin, aussi bizarre que cela paraisse, sont autorisés.

Enfin j’ai testé ce qui se fait de plus Français et désormais vous ne devrez plus dire Général de Gaulle mais Gontran de Gaulle. Je suis sûr que Charles, de là où il est, doit bien se marrer.

Le plus étonnant c’est que comme pour vitemedose, si vous n’avez pas un bon prénom, vous pouvez cliquer pour prendre un rendez-vous afin de vous mettre en conformité avant le 31 décembre 2022. Cela vous conduit directement sur la page de servicepublics.fr permettant réellement de changer de prénom.

Chronique parue (partiellement) en dernière page de l’Indépendant le vendredi 17 septembre 2021

jeudi 16 septembre 2021

Streaming - « Le bal des folles », pratiques glaciales


Du grand et du bon cinéma français débarque sur Prime Vidéo d’Amazon. Réalisé par Mélanie Laurent, « Le bal des folles » est adapté du roman de Victoria Mas. À la fin du XIXe siècle à Paris, les femmes considérées comme folles étaient internées à la Salpêtrière. Eugénie (Lou de Laâge) prétend voir et entendre les morts. Cela suffit à son ambitieux père pour l’enfermer dans ce sinistre endroit. 

Les « malades » sont traitées au laudanum ou à l’hydrothérapie technique consistant à être plongée dans de l’eau glaciale. Un film de femmes sur les femmes et surtout les brimades d’hommes qui étaient tout-puissants à cette époque. 

Décors somptueux, interprétation léchée, intrigue captivante : ce film est l’excellente surprise de cette rentrée sur les plates-formes de streaming par abonnement

De choses et d’autres - Quand la politique devient violence

Durant de longues années, l’extrême droite n’a plus eu droit de cité en Allemagne. Il est des crimes difficiles à oublier ou à assumer. Finalement, comme partout en Europe, les thèses nationalistes les plus nauséabondes ont refait surface.

Et certains partis se réclament ouvertement du nazisme comme « La Troisième voie » qui vient de lancer une campagne d’affichage dans l’Est du pays. Il y est simplement écrit : « Pendez les Verts ». Un appel au meurtre, clair et précis.

De quoi se poser des questions dans un pays qui a exterminé, le siècle dernier, des millions de personnes quand il était dirigé par des nazis. En France, j’en connais certains qui aimeraient aussi qu’on pende les Verts, mais ils n’oseraient jamais le dire aussi directement. La justice le leur interdit.

En Allemagne aussi, les juges ont été saisis à propos de ces messages d’une rare violence. La campagne a été retoquée, dans une première ville, par un tribunal, mais autorisée à Zwickau, grosse bourgade de 90 000 habitants. Les juges estiment qu’interdire cette campagne serait une atteinte à la liberté d’expression. Le tribunal a cependant assorti la décision d’une condition, que les affiches appelant à la pendaison des militants écologistes soient placardées à plus de 100 mètres des affiches des Verts, car l’Allemagne est en pleine campagne électorale pour la succession d’Angela Merkel.

Face à ce jugement, plusieurs partis politiques de la région ont décidé de réagir sur le terrain. Ils devaient, la nuit dernière, placarder des affiches des Verts à peu près partout dans Zwickau, obligeant, de ce fait, la police à décrocher toutes les affiches « Pendez les Verts » devenues illégales, car situées à moins de 100 mètres. 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 16 septembre 2021

mercredi 15 septembre 2021

Cinéma - Cauchemar de veuve


Une grande maison isolée entre forêts et lac. Toute l’angoisse de La proie d'une ombre, film de David Bruckner, est contenue dans cette bâtisse d’architecte en bois. Elle aurait pu être lumineuse, bruyante des cris et chahuts des enfants du couple formé par Beth (Rebecca Hall) et son mari Owen (Evan Jonigkeit). C’est au contraire une sorte de tombe où tous les cauchemars prennent forme. Beth, professeur, rentre chez elle tout habillée de noir. Elle vient d’enterrer son mari. Il s’est suicidé. Au milieu du lac. Sans raison. 

Double vie

Elle tente de comprendre pourquoi ce geste. Se repasse les vidéos du mariage ou de la construction de la maison. Le temps du bonheur. Abusant de l’alcool, clairement dépressive, Beth croit entendre du bruit dehors. Sur l’embarcadère. Puis c’est une radio qui s’allume en pleine nuit. Son téléphone reçoit des messages. Cartésienne et pragmatique, elle commence pourtant à se demander si les fantômes n’existent pas. Et c’est en cherchant des signes dans le quotidien d’Owen qu’elle découvre sa double vie, ses pires déviances. Le cauchemar actuel a débuté il y a très longtemps sans qu’elle s’en aperçoive. 

Le film repose à 99 % sur les épaules de Rebecca Hall, parfaite dans la peau de cette femme navigant entre désespoir, rébellion et envie de se venger.

"La proie d'une ombre", film américain de David Bruckner avec Rebecca Hall, Sarah Goldberg, Evan Jonigkeit

De choses et d’autres - Les smoothies de la discorde

Peut-on mélanger irrévérence et commerce ? Visiblement non. Du moins pas en France. La marque de smoothies allemande True Fruits (vrais fruits) s’est spécialisée dans l’emballage iconoclaste. En fonction de l’actualité ou du pays, les bouteilles sont gravées, comme pour des éditions spéciales.

Pour cette rentrée 2021, à destination des élèves, True Fruits a transformé la bouteille en mur recouvert de graffitis. Pas des gentils smileys mais de ces messages que l’on peut lire parfois sur les murs ou toilettes publiques. Pas distingués du tout, même carrément très vulgaires comme « Céleste à poil », « Fuck le système » sans oublier les dessins simplistes d’étrons ou de sexe en érection.

En vente dans plusieurs magasins français, c’est Monoprix le premier qui a retiré ces produits après qu’un syndicat de police a découvert, bien en évidence sur la bouteille, un « ACAB », acronyme définitif pour ceux qui détestent la police. Le produit ne se contentait pourtant pas des policiers puisqu’on peut lire aussi cette pensée lumineuse « Celui qui lit ceci est un bâtard ».

Cette mauvaise publicité (les appels au boycott se multiplient depuis le début de la semaine) ne doit pas cacher les autres trouvailles de True Fruits. Notamment un bouchon « moulin à épices » qui est « parfait pour toutes les herbes. TOUTES. » Sur la photo, pas de doute, on se trouve devant des herbes très odorantes mais aussi très interdites en France.

Enfin dans le genre sous-entendu graveleux, ne manquez pas le petit film sur le compte de la société montrant une banane être enfoncée dans une bouteille pleine de smoothie à la banane. Le tout filmé au ralenti avec cette remarque « C’est satisfaisant quand tout rentre d’un coup hein ? » Mais quel tact, quelle délicatesse… 

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 15 septembre