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jeudi 19 août 2021

Cinéma - OSS 117 : espion vieillissant mais toujours aussi décalé

Jean Dujardin, en agent secret de plus en plus ringard, doit affronter des révolutionnaires africains et un jeune et brillant espion. 

Deux générations d’espions en compétition entre OSS 117 (Jean Dujardin) et OSS 1001 (Pierre Niney).


En acceptant de réaliser le 3e volet des aventures d’Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, Nicolas Bedos savait parfaitement qu’il s’exposait à de fortes critiques. D’autant que l’espion français est envoyé en Afrique noire pour aider un dictateur, placé sur un trône par l’ancienne puissance coloniale, à rester au pouvoir. L’action se déroule en 1981, quelques mois avant l’arrivée de la gauche au pouvoir, à des siècles de notre époque politiquement correcte, glorifiant la cancel culture. L’humoriste et metteur en scène en a particulièrement conscience, quand il déclare que « le fossé s’est creusé entre ceux qui trouveront toujours qu’un tel film n’est pas suffisamment transgressif et ceux qui, au contraire, lui reprocheront de pratiquer un humour ‘offensant’». S’il place la barre parfois très haut dans les références aux thématiques actuelles comme #MeToo avec une incroyable arrivée d’Hubert au bureau, claquant les fesses de toutes les jolies filles et pérorant sur les rides des autres, le film reste avant tout divertissant et très rafraîchissant pour les Boomers. 

Course burlesque

Après une mission agitée en Afghanistan (occupé par les troupes soviétiques), Hubert (toujours interprété par l’impeccable Jean Dujardin) doit partir en urgence en Afrique pour retrouver Serge (Pierre Niney), jeune agent matricule OSS 1001. Tout oppose 1001 à 117. 

Le premier, décontracté, ouvert, la mèche rebelle, admire pourtant 117, agent auréolé de ses glorieuses missions, mais désormais vieux jeu, qui place De Gaulle dans toutes les conversations et ne jure que par le raffinement français. Vestimentaire. Pas sociétal, car arrivé dans ce pays imaginaire, il multiplie les gaffes racistes, les préjugés et clichés lourdingues. 

Définitivement hors jeu, Hubert ? Oui, quand il doit comparer ses performances à son jeune collègue. C’est d’ailleurs le meilleur du film. Cet affrontement entre deux générations, parfaitement illustré par les deux comédiens que l’on sent très complices, atteint des sommets dans une course-poursuite dans la savane. On frise le burlesque. 

Cela aurait pu continuer ainsi longtemps, mais le scénario a brutalement interrompu la séquence pour revenir au fil de l’histoire : des révolutionnaires, menés par la femme du président (Fatou N’Diaye), vont être stoppés nets par l’efficacité (souvent non volontaire) d’un OSS 117 qui amorce, pourtant, un semblant de mea culpa. Très différente des deux précédents opus, cette Alerte rouge en Afrique noire reste une excellente comédie française, denrée assez rare cet été. 

Film français de Nicolas Bedos avec Jean Dujardin, Pierre Niney, Fatou N’Diaye, Natacha Lindinger, Wladimir Yordanoff.

 


lundi 19 octobre 2015

BD - Espion mignon

Certains héros sont immortels. Ceux qui ont cru enterrer Hubert Bonisseur de la Bath sous les décombres de la guerre froide en sont pour leur argent. Hubert, plus connu sous son nom de code de OSS 117, après le succès des romans de Jean Bruce, est revenu par grand écran interposé et son interprétation ironique de Jean Dujardin. Il revient une seconde fois, presque au premier degré cette fois, dans des aventures écrites par Gihef et dessinées par Rinaldi. Dans « Tequila Molotov pour OSS 117 », Hubert s'infiltre dans l'ambassade russe de Mexico pour découvrir qui se cache derrière les bandelettes portées par un mystérieux transfuge. Plaque tournante vers Cuba, le Mexique grouille d'agents troubles. OSS 117 aura fort à faire face à la belle et totalement nymphomane Anna Kousakova, au perfide Piotr Pogossian et au musculeux Chimichanga, catcheur mexicain au masque terrifiant. L'agent américain aux ascendances françaises pourra cependant bénéficier de la complicité de Pilar Tomez-Rojaz, aspirante espionne, bonne Mexicaine dans tous les sens du terme. On retrouve dans cette BD distrayante tous les ingrédients des romans : action, bagarre, humour et un soupçon d'érotisme. Vintage, mais très réussi.

« OSS 117 » (tome 1), Soleil, 11,95 €