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dimanche 5 septembre 2021

Cinéma - Une “Boîte noire” peut-elle mentir ?

Enquêtant sur le crash d’un avion en montagne, un ingénieur tente de faire parler la boîte noire

Matthieu (Pierre Niney) a des doutes sur la version officielle du crash. WY PRODUCTIONS 24 25 FILMS

Un vol long-courrier comme un autre. Entre Dubaï et Paris. L’avion est neuf, de la dernière génération. Mais, au-dessus de la Savoie, il se crashe contre la paroi d’une montagne. Pas un seul survivant. Boîte noire, film de Yann Gozlan s’ouvre par un long travelling dans tout l’avion, du cockpit aux derniers passagers de la queue de l’appareil. De la première inquiétude à la dernière seconde de vie de 300 personnes. Immédiatement, dans les locaux du Bureau Enquête Accidents chargés de déterminer les causes des accidents d’avion, c’est le branle-bas de combat. Victor Pollock (Olivier Rabourdin) est l’enquêteur en chef. Mais, pour la première fois, il part sans Matthieu Vasseur (Pierre Niney), son meilleur élément. Matthieu, pointilleux, bénéficiant d’une ouïe exceptionnelle, est pourtant celui qui devine dans les enregistrements de vol, le petit détail qui permet de découvrir l’origine d’une panne. 

Étranges parasites

Le dossier est hypersensible car l’appareil en cause est le fleuron du constructeur européen. Quand Pollock disparaît au bout de deux jours, Matthieu est réintégré et détecte, derrière les parasites, un cri dans le cockpit, avant le crash. Un des passagers, fiché S, criant son allégeance à Allah. Ce serait un attentat. Malgré cette avancée importante, Matthieu continue à chercher et constate dans des photos publiées sur les réseaux sociaux, juste avant l’accident, que le suspect ne peut pas matériellement avoir rejoint le cockpit. Qu’a-t-il entendu ? 


D’autres enregistrements, des appels téléphoniques de passagers en panique, laissent entendre eux aussi des parasites. Alors que tous ses supérieurs le félicitent de son travail, Matthieu a de plus en plus l’impression qu’il a été manipulé. Qu’on l’a guidé vers une piste trop grossière. Mais, entre les doutes, la paranoïa et le complotisme, la frontière est mince. 

Ce thriller technologique plonge le spectateur dans la tête de ce surdoué en aéronautique. Limite autiste parfois. Pourtant, il a tout pour être heureux : une femme brillante qui, elle aussi, travaille dans l’aéronautique, des amis fidèles, un chef (André Dussollier) à l’écoute. Comment va-t-il devenir le vilain petit canard qu’on veut faire taire ? Et pourquoi ? La tension va croître exponentiellement, transformant le film en thriller d’une efficacité implacable. Une réussite absolue pour comprendre que, parfois, la vérité est ailleurs. Et que certains sont capables de tous les sacrifices pour la révéler. 

Film de Yann Gozlan avec Pierre Niney, Lou de Laâge, André Dussollier




jeudi 19 août 2021

Cinéma - OSS 117 : espion vieillissant mais toujours aussi décalé

Jean Dujardin, en agent secret de plus en plus ringard, doit affronter des révolutionnaires africains et un jeune et brillant espion. 

Deux générations d’espions en compétition entre OSS 117 (Jean Dujardin) et OSS 1001 (Pierre Niney).


En acceptant de réaliser le 3e volet des aventures d’Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, Nicolas Bedos savait parfaitement qu’il s’exposait à de fortes critiques. D’autant que l’espion français est envoyé en Afrique noire pour aider un dictateur, placé sur un trône par l’ancienne puissance coloniale, à rester au pouvoir. L’action se déroule en 1981, quelques mois avant l’arrivée de la gauche au pouvoir, à des siècles de notre époque politiquement correcte, glorifiant la cancel culture. L’humoriste et metteur en scène en a particulièrement conscience, quand il déclare que « le fossé s’est creusé entre ceux qui trouveront toujours qu’un tel film n’est pas suffisamment transgressif et ceux qui, au contraire, lui reprocheront de pratiquer un humour ‘offensant’». S’il place la barre parfois très haut dans les références aux thématiques actuelles comme #MeToo avec une incroyable arrivée d’Hubert au bureau, claquant les fesses de toutes les jolies filles et pérorant sur les rides des autres, le film reste avant tout divertissant et très rafraîchissant pour les Boomers. 

Course burlesque

Après une mission agitée en Afghanistan (occupé par les troupes soviétiques), Hubert (toujours interprété par l’impeccable Jean Dujardin) doit partir en urgence en Afrique pour retrouver Serge (Pierre Niney), jeune agent matricule OSS 1001. Tout oppose 1001 à 117. 

Le premier, décontracté, ouvert, la mèche rebelle, admire pourtant 117, agent auréolé de ses glorieuses missions, mais désormais vieux jeu, qui place De Gaulle dans toutes les conversations et ne jure que par le raffinement français. Vestimentaire. Pas sociétal, car arrivé dans ce pays imaginaire, il multiplie les gaffes racistes, les préjugés et clichés lourdingues. 

Définitivement hors jeu, Hubert ? Oui, quand il doit comparer ses performances à son jeune collègue. C’est d’ailleurs le meilleur du film. Cet affrontement entre deux générations, parfaitement illustré par les deux comédiens que l’on sent très complices, atteint des sommets dans une course-poursuite dans la savane. On frise le burlesque. 

Cela aurait pu continuer ainsi longtemps, mais le scénario a brutalement interrompu la séquence pour revenir au fil de l’histoire : des révolutionnaires, menés par la femme du président (Fatou N’Diaye), vont être stoppés nets par l’efficacité (souvent non volontaire) d’un OSS 117 qui amorce, pourtant, un semblant de mea culpa. Très différente des deux précédents opus, cette Alerte rouge en Afrique noire reste une excellente comédie française, denrée assez rare cet été. 

Film français de Nicolas Bedos avec Jean Dujardin, Pierre Niney, Fatou N’Diaye, Natacha Lindinger, Wladimir Yordanoff.