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mardi 5 septembre 2017

De choses et d'autres - L’origine de tous les maux

La réflexion d’un écrivain, spécialisé dans la science-fiction m’a fait sourire et cogiter. En substance, il demande aux auteurs français de ne surtout pas s’intéresser à la fantasy et de retourner à leurs problèmes avec leur mère... Caricatural mais finalement pas si idiot. 

Je me remémore les quelques titres de la rentrée littéraire passés entre mes mains. Il ne s’agit plus de romans, mais d’arbres généalogiques assortis de considérations d’une opportunité contestable, depuis le génial « Famille je vous hais » d’André Gide dans « Les nourritures terrestres ». Prenez le nouveau roman d’Amélie Nothomb, elle y explore la relation mère-fille sous toutes ses coutures. La narratrice souffre de ne pas avoir été aimée par sa mère. Qui au contraire se montra beaucoup trop possessive avec sa petite dernière. Déjà des tonnes de grains peuvent être moulus sur un tel sujet, mais la romancière belge y rajoute une autre mère tout aussi problématique. 

Des mères compliquées, des filles tordues, rien de bien exceptionnel. Mais sous la plume d’Amélie, le sujet devient aussi passionnant qu’un thriller. 

Patrick Deville dans «Taba-Taba » parle également des siens. Il les suit à la trace partout en France, de Saint-Nazaire à Bram. Premier opus, premier règlement de compte chez Eric Romand. Avec son père cette fois. Quant au héros de Jean-Michel Guénassia, il raconte lui ses démêlés avec ses... deux mères. 

Mais les problèmes familiaux ne sont pas l’apanage des romanciers. Le 13 septembre sort « Mary », film américain. Il y est question d’une fillette surdouée orpheline. Une mère décédée, une grand-mère possessive opposée à un oncle aimant. La famille reste et restera le meilleur terreau des histoires simples. Peut-être moins compliquées que de la fantasy mais dans lesquelles on se reconnaît toujours un peu. Ou beaucoup. 

jeudi 7 janvier 2016

DE CHOSES ET D'AUTRES - Le livre mystérieux

Vendredi, voilà exactement 20 ans, François Mitterrand s'éteignait. L'occasion de revenir sur son long parcours, d'opposant puis de président de la République. De tous les hommages, témoignages ou anecdotes, les circonstances de l'annonce de sa mort deviennent passionnantes sous la plume de Dominique Chabrol, journaliste de l'AFP (Agence France Presse) de permanence ce 8 janvier 1996.  Il raconte sur le blog de l'agence les longues heures entre la première rumeur et la confirmation du décès. Il explique qu'à l'époque, les réseaux sociaux n'apparaissaient que dans l'imagination des écrivains de science-fiction. Heureusement car les alertes se multipliaient depuis plusieurs semaines. A n'en pas douter, si Twitter avait existé en 1996, Mitterrand serait mort 20 fois avant la date fatidique. Une fois le recoupement de l'information effectué, c'est le branle-bas de combat. Dominique Chabrol, au desk (le service de réécriture des dépêches) veut apporter une "touche de couleur" dans les informations diffusées. Le lendemain, seul Pierre Favier, également journaliste à l'agence, obtient le droit de voir l'ex-président sur son lit de mort. Il décrit la chambre à Chabrol. Un livre est toujours placé sur la table de chevet. Favier se souvient y avoir lu "Madeleine" et "Gide" sur la couverture. 
Voilà la couleur tant espérée. Seul problème, Gide n'a jamais écrit de roman avec Madeleine dans le titre. Le rédacteur devra se contenter de décrire la gravure de Saint-François d'Assises au mur. Quant au mystérieux livre, 20 ans plus tard Chabrol l'identifie. La couleur est un peu passée, mais elle est toujours là.