Pour son premier film, Ludovic Bergery a donné le rôle principal à une femme de 50 ans. Dans « L’étreinte » (Pyramide Vidéo), Margaux, interprétée par Emmanuelle Béart, vient de perdre son mari. Elle doit faire son deuil et commencer une nouvelle vie de veuve. Mais que veut dire « être veuve ? » Il y a la mort dans cette expression alors que cette femme, au contraire, découvre que rien n’est terminé. Elle décide de reprendre des études en littérature et fait face à une forte envie de ressentir de nouvelles émotions, d’aimer tout simplement. Un film sensible sur le deuil, l’absence et l’instinct de survie.
Le DVD offre dans ses bonus un entretien avec l’actrice et le réalisateur et le court-métrage « L’accara rouge », premiers pas de Ludovic Bergery à la réalisation.
En tant que Boomer (ça y est, j’ai passé le cap des 60 piges), je ricane en découvrant l’audience calamiteuse d’une série télévisée portant sur le monde des influenceurs. Vous savez, ces jeunes qui revendiquent des millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et qui feraient, désormais, la pluie et le beau temps dans l’opinion publique, selon eux.
NRJ12, la chaîne de la TNT qui s’illustre essentiellement par ses programmes de téléréalité, décide de se lancer, elle aussi, dans le feuilleton avec, tous les soirs à 18 h, un épisode de la série « Influences ». La vie au quotidien d’une agence d’influenceurs.
On est dans le cœur de cible du public visé, avec cependant cette nuance : la série entend raconter les coulisses de ce monde nouveau. Comment on fabrique une star ? Comment elle peut gagner des millions, sans avoir le moindre talent ? Comment une fausse histoire d’amour peut relancer deux carrières en berne ?
La chaîne n’a pas un gros budget, plusieurs rôles sont, donc, confiés à des… influenceurs. Et comme le scénario ne fait pas dans la délicatesse, l’ensemble semble étrangement plus factice que les émissions de téléréalité déjà très éloignées de la vie quotidienne.
Voilà comment le feuilleton, après de timides débuts à moins de 30 000 téléspectateurs (sur l’ensemble de la France), a signé lundi un record peu enviable. Seulement 3 000 personnes selon Médiamétrie pour regarder « Premier succès », l’épisode 6 qui portait très mal son nom. La fameuse part d’audience est donc de 0 % tout rond pour cause de chiffre inférieur à la marge d’erreur.
Comme quoi ces influenceurs ne sont finalement pas la panacée.
Un jour ou l’autre, on perd tous quelque chose auquel on tient. Une bague qui vient des grands-parents, un livre dédicacé qu’on relit régulièrement ou, c’est souvent plus compliqué pour la suite, ses papiers d’identité avec carte de crédit, clés de la voiture et de la maison.
Et puis il arrive que des objets disparaissent, mais on ne sait pas comment et surtout pourquoi son propriétaire y tient tant. Exemple avec cette information diffusée par France Bleu Creuse à propos d’un Belge venu participer au championnat européen de la coupe mulet. Arrivé à vélo depuis Mons en Belgique (600 km juste pour l’aller), il a perdu « le 7 septembre, entre Châtelus-le-Marcheix et Le Châtenet-en-Dognon », sa perruque mulet fétiche. Il lance donc un appel à la radio pour retrouver ce postiche qui a fait tout le voyage avec lui. Il y tient essentiellement pour sa valeur symbolique car une perruque mulet (c’est peut-être la seule information valable de l’article) coûte à peine 15 euros.
Un peu plus cher et encombrant cet objet perdu le 13 septembre au-dessus des Landes. Un « cylindre de couleur bleu, qui fait 10 cm de diamètre et mesure 1,90 m de long » L’appel est lancé par l’armée de l’air car ce que l’avion militaire, un Mirage 2000, a perdu ce jour-là, c’est tout simplement une bombe.
Cela a fait les gros titres de quelques sites en mal de clics. Sites qui n’ont précisé qu’en tout dernier lieu que la bombe est inerte et factice, ne représentant donc aucun danger. Aux dernières nouvelles, ni la perruque mulet ni la fausse bombe n’ont été retrouvées.
Je me dois de partager avec vous mon fou rire du jour. D’autant que je me suis un peu reconnu dans le portrait peu flatteur que cette femme fait de son mari.
Elle publie une petite annonce sur le net et explique que « pour cause de mari débile » elle vend une « boîte de 30 capsules Nescafé Dolce et Gabano ou je sais plus quel truc qui rime en O ». Elle lui avait demandé des capsules Nespresso et précise un poil énervée : « Ça fait 8 ans qu’on a la machine ! »
Chère madame, je me permets de vous faire remarquer que malheureusement, les hommes ont souvent des problèmes avec les listes de courses. Moi en particulier. J’ai deux problèmes quand je suis seul au magasin en mission commandée : je ne trouve pas ce qui est demandé et quand je crois l’avoir déniché, je me trompe.
Presque une malédiction sous le signe du beurre doux à la place du demi-sel, de la pâte brisée à la place de la feuilletée. J’avoue, seul en courses, je suis catastrophique. Pas au point du mari aux mauvaises capsules, cependant.
Dans la petite annonce, l’épouse en remet une couche : « L’autre fois je lui demande un pot de gommage moussant et il m’a ramené un pot de houmous. » Le meilleur pour la fin, le mari, pour justifier son achat argumente : « C’est dommage, on aurait pu en donner à notre fils de 8 ans au petit-déjeuner ».
Réponse définitive de madame : « Le 7, c’est l’intensité du café, pas une recommandation de jeu vidéo, pauvre nouille ! ». Les nouilles, c’est quel rayon déjà ?
Ils étaient la coqueluche de Paris dans les années 50. Le duo Poiret et Serrault a débuté au cabaret en interprétant des sketches où la fantaisie se battait en duel avec l’absurde. Des sketchs parfois oubliés retrouvés et publiés dans ce livre que tous les humoristes d’aujourd’hui devraient lire de toute urgence. Leur spécialité au début étant la parodie d’interview. Ainsi en cette période de prix littéraires, le sketch sur les œuvres (et la prétention) du romancier Stéphane Brineville semble encore tout à fait d’actualité en pleine résurgence de l’autofiction.
Mais le plus flagrant est le sketch sur M. Schnops, réfugié politique venu demander l’asile en France. Poiret, en bon journaliste demande à Serrault s’il a fui l’URSS ou un pays communiste (on est en pleine guerre froide), mais ce dernier avoue qu’il est Suisse. Mais pourquoi quitter ce pays démocratique et pacifique ?
« Car la tyrannie du régime helvétique pèse sur tout… Toutes les libertés sont réduites à néant. »
Vous ne trouvez pas que la parodie ressemble à l’actualité d’aujourd’hui ?
Pour ceux qui doutent du retour en force du monde d’avant, il leur suffit d’aller jeter un œil à leur boîte aux lettres. S’ils n’y ont pas apposé l’autocollant « Stop à la pub », ils ont constaté que les prospectus arrivent de nouveau en quantité.
Mercredi, c’est plus d’un demi-kilo de dépliants et catalogues divers qui ont atterri chez moi. Comme si la reprise de la consommation ne suffisait pas, il fallait en plus pousser les Français à acheter encore et encore. Mais que nous conseille-t-on d’acquérir en ces temps sombres entre pandémie et fin du monde pour cause de dérèglement climatique ? Des canapés et des téléviseurs encore plus grands pour les enseignes spécialisées.
La pub s’adresse aussi aux gens dans le coup puisqu’on propose une banquette-lit en palettes pour 300 €. Ce sont de fausses palettes, sans doute plus confortables, mais ne vaut-il pas mieux faire avec le matériau original qui est souvent gratuit ?
Dans les grandes enseignes, les promos touchent surtout ce qui se mange. Des pages et des pages de photos de viande sanguinolente ou de poissons à l’œil éteint. Feuilleter ces prospectus permet de voyager à moindres frais. Saumon de Norvège, agneau de Nouvelle-Zélande, crevettes d’Équateur ou avocats du Kenya, tous les continents s’offrent à nos papilles.
Attention, ces pubs d’un autre âge continuent à plomber notre bilan carbone. Même recyclé ce papier n’est pas neutre. Et savoir que le « trafic est fluide pour la Normandie », jeu de mot approximatif pour promouvoir de la crème légère, ne m’apporte pas grand-chose.
Finalement, je vais moi aussi accoler l’autocollant « Stop à la pub ». Même si j’y perds certainement quelques idées de chroniques…
Ainsi donc, la ligne à grande vitesse entre Perpignan et Montpellier avance. Pas trop et pas trop vite, mais elle avance. Le calendrier est de nouveau mis à plat et au regard des dernières décisions gouvernementales, des délais normaux pour le foncier et, bien évidemment, la phase de construction, on arrive désormais à la date approximative d’après 2040.
Encore près de 20 ans à attendre, telles des vaches dans le pré qui ruminent en regardant passer les tortillards. Mais, attention, 2040 c’est pour la jonction avec Perpignan.
La ligne entre Montpellier et Béziers, elle, pourrait être mise en service beaucoup plus tôt. Enfin, pas tant que ça, les prévisions les plus optimistes évoquant l’année 2033.
Cette ligne est en train de devenir la Sagrada Familia du sud de la France. Un chantier qui n’en finit plus. Chaque année qui passe rajoute deux ou trois ans à la date finale des travaux.
En comparaison, les Américains estiment qu’ils pourront lancer un vol habité vers Mars en 2033 ou, plus certainement, lors de la fenêtre de tir suivante de 2037. Dans tous les cas de figure, il semble plus simple d’aller sur Mars que de prendre un véritable TGV de Perpignan à Montpellier.
De toute manière, si cela continue à ce rythme, les dernières traverses des rails seront posées vers 2070, au moment même où une équipe d’ingénieurs mettra au point la téléportation instantanée rendant totalement caduques toutes ces installations.
Et, à ceux qui me rétorquent que c’est de la pure science-fiction, je répondrais que cette ligne TGV en a aussi tous les airs.
L’inflation repart à la hausse et, par conséquent, le smic va être un peu augmenté en octobre. Après cette étrange période de crise sanitaire où les milliards d’aides en tout genre ont déferlé sur la France, où en sont les Français avec leurs finances ?
Difficile de dresser des tendances, chaque cas étant particulier et la relation avec l’argent, quelque chose de très personnel. Se contenter de deux catégories (fourmis qui épargnent et cigales dépensières) est trop réducteur.
J’ai pourtant eu un petit indice quand une personne, pour expliquer qu’elle n’arrivait pas à utiliser son application d’une banque, a partagé une capture d’écran. Un exemple, pour preuve ce sont les comptes de M. et Mme Exemple qui sont détaillés. Le compte de M. est crédité de 2 540 €, le compte joint de M. et Mme de 6 643 € et le livret A (de M. encore) de 17 922 €.
Les réactions portaient, essentiellement, sur les montants. Pour certains, jamais ils n’ont eu plus de 500 € sur le Livret. D’autres soulignaient qu’ils étaient tous les mois à découvert. Les plus pragmatiques s’étonnaient d’une telle somme sur le compte courant qui ne rapporte pas…
Bref, la majorité trouvait M. et Mme Exemple très riches.
Personnellement, ce qui me gênait dans le tableau, c’est la répartition des comptes. Si M. Exemple peut utiliser, comme il l’entend, les trois comptes, soit une somme de près de 27 000 €, Mme doit se contenter du compte joint et des 6 600 €. Mais, il est vrai que les banques ont longtemps freiné l’indépendance financière des femmes. N’oublions pas que ces dernières ne peuvent ouvrir un compte à leur nom que depuis le 13 juillet 1965.
Rien ne va plus pour la petite entreprise Hallangen dans la ville de Skarnes en Norvège. Elle a pignon sur rue et propose ses services à la population depuis quatre générations. Mais voilà, plus personne ne meurt à Skarnes, sous-titre de la série télé Post Mortem depuis peu sur Netflix. Les Hallangen sont croque-morts depuis des générations. Le fils, Odd (Elias Holmen Sørensen), se prépare à succéder à son père. La fille, Live (Kathrine Thorborg Johansen) est infirmière dans une maison de retraite.
Tout débute quand les policiers locaux (un couple hilarant formé par un pur local, amoureux de Live quand il était à l’école primaire et une Femme en surcharge pondérale originaire d’Afrique mais dotée du flegme inébranlable des Norvégiens) découvrent un corps dans la campagne. C’est Live. Conduite à la morgue, c’est au tout début de l’autopsie que les médecins s’aperçoivent que finalement elle est vivante.
Série horrifique avec quelques scènes gores, Post Mortem est avant tout l’histoire d’une famille en déroute. Live souffre d’un mal héréditaire qui l’empêche de mourir et la pousse à boire du sang humain. Loin de se concentrer sur elle, le scénario raconte comment Odd, raté parmi les ratés, tente désespérément de remettre l’entreprise à flot, quitte à transporter de la drogue dans des cadavres en provenance de Suède ou pire, utiliser les combines des « forces de vente » pour obliger les clients (la famille en deuil), à acheter le cercueil et la cérémonie la plus coûteuse.
Bref le noir n’est pas réservé aux costumes lors des enterrements mais aussi à l’humour distillé dans cette série très transgressive.
On vit une époque formidable ! L’expression, popularisée dans les années 70 par un album de dessins d’humour de Reiser, est encore plus valable aujourd’hui. C’est du côté de la pandémie que l’on trouve le plus de faits et gestes qui se rapprochent de l’esprit de la maxime.
Prenez Fabrice Di Vizio, un des plus actifs dans le monde des antivax. Dans une vidéo où il a l’air clairement illuminé, il affirme que face à l’épidémie « les moines ont sauvé des millions de vies par la prière silencieuse. » Finalement Pfizer et Moderna sont des nains inefficaces face à ces sauveurs de l’Humanité.
Enfin, dans cette « époque formidable », on apprend, mais là c’est du très sérieux, que l’armée américaine a inventé une machine à faire taire l’ennemi. Exactement, ce système informatique provoque, sur les ondes de communication, un écho tellement perturbant que plus personne ne comprend.
Dommage qu’elle ne soit pas en vente libre pour les civils, je l’utiliserai avec plaisir pour en faire taire certains un peu trop présents sur les ondes pour raconter leurs salades.