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dimanche 10 septembre 2017

BD - Une Dame de fer indestructible

Ce roman graphique de Michel Constant débute le jour de la mort de Margaret Thatcher. Dans ce petit pub d’une ville côtière près de Douvres, c’est la liesse. Donald le patron offre une tournée générale. Cela ne lui coûte pas très cher car plus personne ne fréquente son établissement. Ce n’est pas comme il y a 30 ans, quand il était un jeune adulte et qu’il faisait les 400 coups avec son meilleur ami Owen et la fille du trio, Amy, qui n’a jamais pu choisir entre les deux. 

La bande va se reformer. Pour une mauvaise nouvelle. Donald, cancéreux, n’a plus que quelques semaines à vivre. Il voulait revoir ses amis. Et surtout ressortir du garage la seule et véritable « Dame de fer » qu’ils connaissent : une Norton Manx, moto de légende… Dessinée dans un style franco-belge entre réalisme et rondeurs caricaturales, cette histoire, malgré sa nostalgie, est résolument optimiste. Même parfois un petit peu trop naïve. Mais l’utopie, dessinée, débouche parfois sur une réalité souriante.

➤ « La dame de fer », Futuropolis, 15 €

samedi 20 septembre 2014

Cinéma - “Pride” ou l’union des opprimés

Quand une association de gays et lesbiennes se mobilise pour des mineurs en grève, le résultat est émouvant.


L’Angleterre durant les années 80 a vécu bien des drames avec l’accession au pouvoir de Margaret Thatcher. La fameuse dame de fer, en plus de laisser mourir les grévistes de la faim de l’IRA, a mené une véritable guerre contre les syndicats ouvriers. Exemple avec la grève des mineurs qui a duré plus d’une année. La solidarité a joué à fond, mais rapidement les familles, sans revenus, sont acculées. Les policiers de leur côté multiplient les arrestations et provocations. Dans ce contexte, quelques militants londoniens de la cause homosexuelle décident de collecter des fonds pour aider les mineurs.

Gallois compréhensifs
Problème : quand ils contactent les syndicats, ces derniers ne veulent pas de cet argent. Les clichés ont la vie dure dans les milieux populaires. En désespoir de cause, le groupe d’ami propose les fonds à un petit village gallois. Sur un malentendu, le comité de soutien aux mineurs accepte. Une grande aventure débute, avec beaucoup d’obstacles et une grande fierté à l’arrivée.

Réalisé par Matthew Warchus, ce film est un petit bijou de comédie sociale anglaise. Il prend le temps de planter le décor. D’abord dans la communauté gay en donnant du corps aux militants, de Jonathan (Dominic West) à Mark (Ben Schnetzer) excellent en idéaliste de la lutte des opprimés en passant par Joe (George Mackay), jeune gay qui vit dans le secret, famille intolérante oblige. Et puis il passe aux mineurs, du leader syndical (Paddy Considine) à Sian (Jessica Gunning), la femme de l’ombre.
Entre les bars gays du Londres à la pointe de la libération sexuelle et la salle des fêtes du petit village gallois, le gouffre est immense. Pourtant, à force d’ouverture d’esprit, de discussion et d’épreuves, les deux communautés vont se comprendre, s’apprécier. Ce ne sera pas sans heurts ni crise, mais même si au final les mines au Pays de Galles ne sont plus qu’un lointain souvenir, il restera dans les mémoires cette union des opprimés qui a beaucoup fait pour l’avancée des droits civiques au Royaume-Uni. Un choc des cultures sur une terre bouillonnante toujours prête à s’enflammer. Une incontestable réussite qui va bien au-delà des simples problèmes de lutte syndicale ou de tolérance.