Attention, série brillante et originale mais aussi, et surtout, très violente et donc à ne pas mettre devant tous les yeux. Si les productions coréennes sont parfois longues, sirupeuses et très répétitives, Squid Game sort de ce cadre. Le concept a été imaginé il y a quelques années par Hwang Dong-hyuk pour un film. Il en a finalement tiré le scénario de cette série qui est devenue la première production coréenne à se retrouver à la première place des programmes de Netflix sur l’ensemble des pays couverts par la plateforme de streaming. Ce thriller aux scènes parfois insoutenables, est également une critique sociale percutante. Car loin du miracle économique, des millions de pauvres subsistent difficilement dans ce pays ou le capitalisme triomphe. Des hommes et femmes couverts de dettes, prêts à tout pour effacer leur ardoise. C’est le cas de
Seong Gi-Hun (Lee Jeong-jae), chômeur vivant chez sa mère, incapable de rembourser ses dettes, dévoré par le démon du jeu. Quand un inconnu lui propose de participer à un nouveau jeu, avec une cagnotte énorme à la clé, il accepte. C’est le début du cauchemar pour le candidat 456. Sur une île coupée de tout, les joueurs sont enfermés et doivent remporter des parties de jeu d’enfant sous peine d’élimination. Ne plus gagner le pactole mais surtout être abattu froidement par les gardiens de ce qui devient une véritable boucherie. Au cours de 9 épisodes d’une heure, on fait connaissance avec les autres concurrents qui se rapprochent de Seong Gi-Hun. Une jeune réfugiée de Corée du Nord, un ambitieux cadre supérieur, un mafioso pour qui tricher est comme respirer, une folle hystérique, un travailleur Pakistanais ou un vieux papi inconscient, comme s’il était de retour en enfance. Le sadisme des organisateurs semble sans limites.
Le téléspectateur, lui, est captivé par ces jeux mortels, et tente de comprendre (souvent en vain) comment ces hommes et femmes tiennent psychologiquement.
Une série qui change aussi par sa fin, loin d’être consensuelle et prévisible.
