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jeudi 1 février 2018

De choses et d'autres - Courrez, vous êtes suivis

Grosse panique récemment à l’état-major de l’armée américaine. La sécurité de nombreuses bases militaires à l’étranger, notamment en Irak, était menacée par les données transmises par une application de fitness. L’histoire est aussi édifiante qu’hallucinante. Et rétroactivement, on se dit que si le pot aux roses avait été découvert par les terroristes avant la presse, les pertes auraient pu être considérables. L’application en question, très répandue chez les militaires US, permet de visualiser, sans le moindre filtre, la vision globale des parcours de ses utilisateurs partout dans le monde. Aux USA, des milliers de tracés se chevauchent, un magma assez abscons. Par contre, dans certains pays, les empreintes sont peu nombreuses et concentrées autour des bases américaines. Certaines sont connues, d’autres secrètes. Mais vu les parcours tout autour de ces localités, le doute est vite levé.

Les soldats, en faisant leur jogging, permettaient à qui était connecté de les pister sans peine. Une occasion en or pour des ennemis qui chercheraient à leur tendre une embuscade. Car un sportif aime parcourir le même trajet pour savoir s’il améliore ses performances. On pouvait même repérer des circuits plus longs, sur des routes. Pas de joggeurs, mais plutôt de convois se déplaçant à l’intérieur du pays. Logique, si l’on ne coupe pas son téléphone, ni l’application en accusation, c’est comme si on se baladait avec un gyrophare sur la tête pour mieux se faire repérer.

Pourtant il suffit de passer en mode «privé » pour empêcher la publication de ses données. Mais par défaut, le GSM reste en mode public. Pratique pour les publicitaires si prompts à proposer les bonnes adresses des annonceurs en fonction de votre position. Même si au fin fond du Cachemire, pas évident que foisonnent les magasins Nike. Quoique. 

lundi 21 octobre 2013

NET ET SANS BAVURE - Joggeek


Partisan du moindre effort, sans me fatiguer ni brûler la moindre calorie, j'ai couru 16,75 km en 1 h 45 hier matin. En scrutant l'état du monde par Twitter interposé, je tombe sur ce message : "Je viens de débuter une session @runtastic à suivre en temps réel. Suivez ma progression et encouragez-moi." Et me voilà, par procuration, en train de cavaler entre vignes et bitume.

L'application, installée sur le smartphone du sportif, permet de suivre sa course à la seconde près grâce au GPS. Le petit point bleu parcourt mon écran et la carte de Google Earth. Un peu d'imagination et on halète à son côté. Sur un sentier, il fait un écart de 5 mètres. Soit il a repéré une belle grappe de muscat oubliée par les vendangeurs, soit il a fait une pause pipi à l'abri des regards. Dans une zone résidentielle, son rythme devient irrégulier. Il pique un sprint. Saine émulation avec un autre joggeur ou un chien agressif ? L'avantage avec cette application, c'est que le coureur est toujours localisable.
Mais dans notre monde un peu tordu, le petit plus peut se transformer en gros inconvénient. Supposons : le sportif que vous êtes veut profiter de ses escapades pour batifoler avec sa maîtresse. Raté. A l'inverse, pendant que vous avalez les kilomètres, madame sait qu'elle dispose d'une excellente fenêtre de tir pour vous tromper en toute quiétude. Il suffit de garder un œil sur le petit point bleu... Sans parler des cambrioleurs un peu branchés. Non seulement vous donnez votre adresse, mais vous leur indiquez de combien de temps ils disposent pour vous dépouiller...

Chronique "Net et sans bavure" parue en dernière page de l'Indépendant ce lundi matin.