Quelques chroniques de livres et BD qui méritent d'être lus et les critiques cinéma des dernières nouveautés. Par Michel et Fabienne Litout
samedi 25 août 2018
Série télé - « Lost », la bible des années 2000
Pour clore cette énumération estivale de séries télé nouvelles ou cultes, impossible de ne pas faire un clin d’œil à la mère de toutes les créations, la bible : « Lost ». Phénomène mondial lors de la diffusion des deux premières saisons, Lost a pris une direction plus exigeante et compliquée dans sa narration qui a fait fondre ses audiences comme neige d’Alaska au soleil d’Hawaï. Mais un gros noyau de fidèles a continué à se passionner pour ces naufragés du temps. Derrière Lost on trouve deux créateurs qui depuis ont fait un sacré chemin. J. J. Abrams d’abord. Il a déjà connu le succès avec Alias, mais en imaginant ce monde fantastique, il marque les esprits. Du public mais aussi des professionnels. Il va quitter le petit écran pour relancer Star Trek puis la Guerre de Etoiles. On n’a pas fini d’entendre parler de lui. L’autre showrunner, Damon Lindelof, a réussi l’exploit de faire encore mieux en série télé avec « The Leftovers ». Parmi les acteurs, Mathew Fox est celui qui s’en tire le plus mal. Le héros plein de doute n’a pas su concrétiser son succès mondial sur grand écran. À l’opposé de sa « chérie », Evangeline Lilly, devenue la Guêpe pour Marvel et cumulant les millions d’entrées partout dans le monde.
➤ « Lost », ABC Vidéo
jeudi 14 septembre 2017
Cinéma - "Mary", une petite tête remplie d’équations
Mary ressemble à toutes les petites filles de 7 ans. Pourtant elle est différente. Radicalement. Comme sa mère, morte peu de temps après sa naissance, elle a la bosse des maths selon l’expression usuelle et un peu désuète.
En réalité elle est surdouée, intelligente et vive. Pour l’instant, elle vit chez son oncle, ancien professeur de philosophie reconverti réparateur de moteurs de bateaux dans cette petite ville de Floride. Franck (Chris Evans) a tout sacrifié pour Mary (Mckenna Grace). Il vient pourtant de prendre la décision de l’inscrire à l’école. Elle a besoin de se sociabiliser. Mary est d’un autre avis. Elle trouve les autres élèves idiots et sa maîtresse (Jenny Slate), gentille mais un peu trop collante.
Cette dernière se sent obligée de signaler Mary à sa direction. Un génie n’est pas chose courante dans la région.
■ A qui la garde ?
Dès lors les ennuis commencent pour Franck et Mary. Car l’oncle n’a aucun droit sur sa nièce. La grand-mère exige elle aussi un droit de garde. L’affaire va se juger au tribunal avec d’un côté un célibataire fauché et de l’autre une grand-mère millionnaire et sommité dans le monde de la recherche. Pour elle, Mary est un diamant brut à protéger et faire briller.
Plus qu’un drame sur les déchirements de la famille (la grand-mère est également la mère de Franck), ce film de Marc Webb est une réflexion sur l’équilibre nécessaire à toute personne. Des plus simples aux plus intelligentes, ce juste milieu est essentiel pour « réussir » sa vie. Mary, quand elle ne jongle pas avec des équations, aime aussi jouer à la poupée avec son chat borgne, chanter à tue-tête les tubes du moment et faire de la balançoire avec ses amies.
Une petite fille, plusieurs personnalités : le challenge était particulièrement compliqué pour la comédienne retenue. McKenna Grace s’en tire plus qu’avec les honneurs. Jamais on ne doute qu’elle est surdouée. Encore moins qu’elle est comme tout le monde. Sa personnalité irradie le film, associée à celle de Chris Evans, dans un autre style que son rôle récurrent de Captain America.
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Marc Webb : « Nous fêtions l’anniversaire d’Einstein »
Marc Webb, surtout connu pour avoir réalisé deux Spider-Man, est issus d’une famille où les mathématiques ont toujours eu de l’importance. « Mon père était professeur de maths. Chaque année, il y avait un gâteau d’anniversaire pour célébrer la naissance d’Albert Einstein. »
Après le blockbuster, ce film est un retour aux sources : « J’ai voulu faire un film simple, accessible. Beaucoup de scènes sont tournées caméra à l’épaule. Le défi était de trouver l’enfant que l’on a imaginé. Il doit avoir de l’humour et une profondeur émotionnelle. Sans être trop mignonne ou mièvre. Avec la directrice de casting nous avons auditionné 1 000 fillettes. Mckenna Grace avait déjà tourné. C’est une véritable actrice et rapidement l’alchimie a été trouvée avec Chris Evans. On aurait dit un vieux couple. Ils aiment le sarcasme tous les deux. ». Une complicité qui crève l’écran. Un film qu’il a aimé réaliser car pour lui, « le cinéma ce doit être du plaisir, le plaisir de raconter une histoire avec des acteurs formidables. » Sur le message de l’histoire de Mary, il peut se résumer en une phrase : « L’ambition c’est bien, mais cela ne doit pas être au détriment de sa vie. »
➤ Drame de Marc Webb (USA, 1 h 41) avec Chris Evans, Mckenna Grace, Lindsay Duncan.
mercredi 2 août 2017
Cinéma - Une ultime utopie simiesque
vendredi 12 mai 2017
DVD - "Alien", la terreur ultime
Sorti en 1979, ce film a révolutionné les films de science-fiction et d’horreur à la fois. Il a également permis à nombre de cinéastes de trouver une légitimité à soigner l’aspect artistique de leurs réalisations. Car contrairement aux séries B de l’époque ou les space-opéra de plus en plus en vogue, Alien est avant tout une œuvre picturale originale et unique. Avec beaucoup de suspense et d’angoisse, mais ce qui reste, c’est l’univers graphique d’ensemble. La créature et les décors du vaisseau à l’abandon, sont issus du cerveau torturé du peintre suisse Giger. Un mélange de vivant et de ferraille, avec bave et lames de rasoir. Un cauchemar vivant.
Mais il ne faut pas oublier que d’autres graphistes ont participé à la création des décors. Dont Moëbius, alias Jean Giraud responsable du design des scaphandres. Un premier film au succès mondial (près de 3 millions d’entrées en France) suivi de trois suites confiées à de grands réalisateurs (Cameron, Fincher et Jeunet). Ridley Scott, après nombre de tergiversations, a accepté de lancer la production d’un préquel (une histoire se déroulant avant le récit original).
Pas véritablement présenté comme un film de la saga Alien, « Prometheus » sorti il y a cinq ans, est aussi une histoire de huis clos. Sur une planète, un vaisseau d’exploration est à la recherche des traces d’une civilisation extraterrestres. Ils réveillent quelque chose de véritablement inquiétant. Un film tourné en numérique et en 3D, visuellement parfait, éblouissant par bien des aspects mais avec pas mal d’interrogations au final. Normal car Prometheus n’est en réalité que la première partie des explications.
Il faut se projeter quelques années plus tard pour retrouver de nouvelles ruines et faire le lien avec Alien. « Covenant » est le chaînon manquant que tous les fans se délecteront de décrypter après avoir vu et revu, en DVD ou en VOD, les différents chapitres de la franchise.
jeudi 17 mars 2016
Les sorties DVD de la semaine, de Spectre aux Anarchistes
Enorme succès de la fin d'année 2015, "Spectre" de Sam Mendes, nouvel opus de la saga James Bond, est normalement la dernière apparition de Daniel Craig dans le costume de l'espion anglais. Durant plus de deux heures, de Mexico à l'Autriche en passant par l'Italie et le Maghreb, Bond remue ciel et terre pour protéger sa dulcinée (Léa Seydoux) et tenter de mettre un terme aux agissements du chef de Spectre (Christoph Waltz). Du très grand spectacle qui doit obligatoirement se déguster en haute définition.
Spectre, Fox, 20 euros
Avril, quand Tardi s'anime
Injustement boudé par le public lors de sa sortie en salles, "Avril et le monde truqué" de Franck Ekinci et Christian Desmares est un film d'animation français directement inspiré par l'univers du dessinateur de BD Tardi. Pas de Poilus dans cette histoire de monstres et de mutants tentant de dominer le monde, mais de belles inventions comme ce train montgolfière entre France et Allemagne ou ce chat doté de la parole (voix de Philippe Katerine) apportant une touche espiègle qui séduira les plus jeunes. En bonus, l'explication de la fabrication d'un monde par Jacques Tardi en personne.
Avril et le monde truqué, Studiocanal, 17,99 euros
Adèle l'anarchiste
Compliqué de rebondir après un gros succès au cinéma. Adèle Exarchopoulos en fait l'expérience. Celle qui a rayonné dans "La vie d'Adèle", peine à retrouver des rôles forts. Dans les Anarchistes d'Elie Wajeman, elle interprète une jeune Française se découvrant une conscience politique au début du XXe siècle. Instructif, un peu romantique, mais bien plat au final.
Les anarchistes, France Télévisions, 20 euros
mardi 30 décembre 2014
Cinéma - Grandiose Égypte dans "Exodus" de Ridley Scott
Sacré défi que celui relevé par Ridley Scott : adapter la vie de Moïse dans un film grand spectacle en 3D. « Exodus, gods and kings » est la grosse production de ces fêtes de fin d'année. Un mélange de péplum, de réflexion religieuse et d'histoire. Plus de deux heures d'un spectacle total et absolu, entre batailles, scènes épiques et scènes plus intimistes. Cela manque parfois un peu d'humanité, mais c'est le destin d'un peuple qui se joue dans cette fresque monumentale. Ramsès règne sur l'Égypte. Il a deux fils. Son descendant direct, Ramsès II (Joel Edgerton), futur pharaon, et Moïse (Christian Bale), son frère de lait. Si le premier est impétueux et parfois arrogant, l'autre, grand stratège et courageux général, semble plus posé et a une vision à plus long terme du devenir de l'empire. En ces temps fastueux, les pyramides sortent à peine de terre. Pour les bâtir, les Égyptiens ont une main-d'œuvre gratuite et corvéable à merci : les Juifs. Ce peuple esclave meurt sous les coups de fouet de contremaîtres sans pitié.
samedi 4 janvier 2014
CINEMA - Ben Stiller, rêveur éveillé
La vie, la vraie, n'a souvent rien à voir avec un film d'Hollywood. Pas de héros intrépide, encore moins de jolie femme en détresse à sauver. L'existence de Walter Mitty est insipide : travail triste dans les archives photos d'un magazine, célibataire, timide et renfermé. Mais finalement Walter est heureux comme ça. Son secret ? La possibilité de déconnecter de cette morne réalité pour rêver une vie plus exaltante. Mais au lieu de le faire couché en plein sommeil, il a tendance à rêver sa vie dans des endroits publics comme le quai d'une gare ou un ascenseur. Au risque de rater son train ou son étage... Walter pourrait se contenter de ces escapades palliatives si la belle Cheryl ne déboulait pas dans son train-train. Elle vient d'être embauchée dans le service comptabilité du magazine. Walter la croise dans les couloirs, à la machine à café... Elle devient l'héroïne des rêves éveillés de Walter. Mais pour une fois, cela ne lui suffit plus. Walter, fou amoureux à la timidité maladive, n'ose pas déclarer sa flamme. Comme dans un de ses rêves incongrus, il décide de s'inscrire sur le même site de rencontre que Cheryl pour la séduire sans qu'elle sache qu'il est un collègue de travail. Encore faut-il qu'elle le remarque. Son profil manque de relief : voyages : néant, passions : néant...













